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Luciole

Luciole

Economiste de formation, mais ayant compris que le vivant ne se réduit pas à l’économie ni le bonheur à l’hyperconsommation.

Tableau de bord

  • Premier article le 10/10/2007
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Derniers commentaires



  • Luciole Luciole 7 décembre 2007 20:58

    Nous sommes déjà dans un état sérieusement dégradé on dirait...

    Les stratégies d’adaptation que nous déployons sont essentiellement défensives. Elles visent à éliminer un « ennemi », coupable de tous nos problèmes. Elles sont donc essentiellement de nature violente et destructrices.

    Il est vrai que la stratégie de type « téléspectateur de TF1 » est une forme de négation de soi-même, d’anihilation de sa volonté remise entre les mains du grand mamamuchi dont le Présentateur est le chaman hystérique. Elle est néanmoins destructrice puisque le chaman nous gave de désirs frustrés jusqu’à plus soif et nous nous ruons ensuite comme des bêtes avides vers le premier hypermarché venu pour combler à très court terme, avec force graisses et sucres, l’effroyable vide qu’il a laissé en nous. Puis nous laissons derrière nous des montagnes de déchets pourissant dans la campagne ou brûlant dans les incinérateurs. Nous sommes des animaux médiocres remplis par le mysticisme du morceau de viande sanglante sous plastique, de la bouteille de coca zéro pour en dissoudre la graisse, et du sac poubelle expiatoire...



  • Luciole Luciole 7 décembre 2007 14:24

    Pas pour l’éternité maxim...

    L’humanité est absolument incapable de trouver un équilibre heureux, non violent et non destructeur.

    Nous ne sommes plus là pour très longtemps.



  • Luciole Luciole 17 octobre 2007 22:03

    Bonsoir JL,

    Vous avez entièrement raison. Chacun s’imagine toujours que la violence a été initiée par l’autre, sans comprendre que les deux adversaires poursuivent le même objectif, sont fascinés l’un par l’autre au point de s’épier jusque dans les moindres gestes, qui sont toujours interprétés de façon défavorable dans un contexte rivalitaire.

    Les américains sont tellement persuadés du bien fondé de leur domination du monde, qu’ils interprètent comme une agression infâme toute tentative de remise en question de leur statuts.

    Les peuples dominés éprouvent une amertume terrible car ils ressentent le confort des américains et des occidentaux comme une insulte à leur misère. Leurs tentatives de protestations sont écrasées par le mépris ou la violence. Aussi ont-ils le sentiment, en perpétrant le terrorisme, de ne faire que se défendre en massacrant des innocents, en ayant le sentiment que les souffrances qu’ils infligent resteront toujours en-deçà des souffrances qu’ils endurent.

    Du côté des américains ou des occidentaux, les actes de terrorisme sont logiquement assimilés à la barbarie de gens violents agressant des peuples pacifiques.

    La pire violence perçue est toujours celle de l’Autre. La réplique semble toujours légitime et modérée par celui qui la commet et paraît immonde à celui qui la subit.

    Telle est la loi implacable de la réciprocité violente.

    Le dernier livre de Girard « Achever Clausewitz » est essentiellement consacré à cette question.

    Bien à vous.



  • Luciole Luciole 13 octobre 2007 16:17

    à Christophe,

    Merci pour ce lien qui présente les thèses de Girard de façon claire et dépassionnée. Je suis toutefois très ennuyée d’apprendre que les girardiens formeraient une sorte de secte aux Etats-Unis. Cette théorie me semble tellement à l’opposé de ce qui peut engendrer la formation d’une secte ! Mais il est vrai que le sentiment de persécution peut avoir aussi des effets unificateurs paranoïsant...



  • Luciole Luciole 13 octobre 2007 16:12

    Bonjour Christophe,

    Merci pour vos commentaires très intéressants (même si je ne connais pas tous les auteurs que vous citez).

    Pour revenir à votre dernière idée, je vais paraître extrêmement pompeuse en rappelant qu’Einstein avait découvert que l’espace et le temps n’étaient pas deux dimension totalement discontinues...

    Il me semble que dans les théories de Girard, il existe effectivement une discontinuité temporelle, mais qui relève plus de l’évolution que d’autre chose (Girard aime d’ailleurs plus se comparer à Darwin qu’à Copernic).

    Les discontinuités spatiales peuvent donc s’interpréter non pas comme des différences ontologiques majeures entre différentes catégories d’êtres humains, mais plutôt comme la résultante d’un équilibre « écologique » local, qu’une perturbation extérieure peut remettre en question, voire anéantir.

    Pour vous montrer toutefois à quel point Girard ne voit pas de fondement métaphysique à la discontinuité spatiale, c’est qu’il admet d’appliquer « à peu près » les mêmes mécanismes fonctionnels de base (le lynchage unificateur) à l’homme moderne comme au Néandertal, mais même aux dauphins et aux chimpanzés.

    La discontinuité temporelle est introduite soit par une pacification temporaire de la société qui peut conduire à une idéalisation des formes du sacré (ou des valeurs philosophiques ?) soit par un message subversif qui empêche le mécanisme victimaire de fonctionner correctement et l’oblige à s’adapter vers des formes culturelles plus sophistiquées.

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