Lors de mes propres recherches et des séances d’information
auxquelles j’ai souvent assisté avec des juristes, des militaires et des
politiques israéliens, j’ai appris que leurs commandants accordaient
une grande importance au respect du Droit dans les conflits armés. Cela
inclut le principe de la proportionnalité qui figure dans le manuel du
Droit militaire de Tsahal et qui est reconnu par le Comité international
de la Croix-Rouge.
L’armée israélienne est responsable devant le gouvernement
démocratiquement élu et elle agit en conformité avec le système
juridique israélien. Tsahal, comme d’ailleurs toutes les forces armées
occidentales, forme ses soldats et ses officiers selon les codes
éthiques et les règles du Droit international.
Lors de mes entretiens avec les combattants de Tsahal, j’ai constaté,
comme dans les armées occidentales, les mêmes frustrations émergentes
chez les soldats en raison des risques supplémentaires imposés sur leurs
vies et celles de leurs camarades, et du fait que l’ennemi ne
respectait pas les règles de la guerre, négligeait la vie de civils
innocents et utilisait des boucliers humains.
Néanmoins, tous les soldats que j’ai interrogés – y compris ceux
ayant affirmé avoir été frustrés par ces restrictions – ont compris la
nécessité de respecter les règles d’engagement. La motivation chez eux
est plus forte que les engagements des soldats rencontrés dans les rangs
des armées occidentales.
J’ai parlé également avec des pilotes de l’armée de l’air et chacun
me racontait son dilemme avant toute frappe aérienne. L’un d’eux m’a
raconté qu’il avait abandonné plus de dix fois sa cible parce que des
civils avaient été identifiés dans son collimateur.
Certes, il existe d’autres options pour éradiquer complètement ces
attaques comme par exemple d’envahir tout le territoire et de détruire
toutes les infrastructures terroristes, ou de lancer un déluge de bombes
pour forcer le Hamas et les autres groupes terroristes à renoncer à
leurs attaques. Ces options ne sont pas réalistes car elles auraient
causé de nombreuses victimes dans les deux camps et une présence
coûteuse pour l’armée israélienne dans un contexte déjà explosif avec
les menaces de l’Iran, du Hezbollah et des différents mouvements
extrémistes islamistes dans le Sinaï.
De fait, la dernière opération fut la plus pragmatique pour réduire
les dégâts et éviter la reprise des hostilités. Toutefois, pour aboutir à
une accalmie complète et à long terme, j’exhorte la Commission à
recommander une coopération internationale efficace afin d’éviter une
nouvelle militarisation de la bande de Gaza.
Il est tout à fait irresponsable de condamner Israël pour avoir
imposé un blocus maritime et exiger la levée du contrôle israélien le
long de sa frontière sans comprendre ni prendre en considération les
actions israéliennes nécessaires pour empêcher le réarmement des troupes
terroristes et éviter de nouvelles attaques contre son propre
territoire.
Il convient de noter que l’Egypte prend des mesures préventives
similaires contre les extrémistes de Gaza et pour les mêmes raisons.
En l’absence d’une coopération internationale efficace dans la bande
de Gaza, il est certain que dans les mois et les années à venir le
scénario de l’été 2014 se reproduira. Votre Commission devrait jouer un
rôle constructif dans la promotion d’une approche internationale afin
d’éviter de nouveaux conflits.
L’armée israélienne n’avait pas non plus le choix de procéder à une
incursion terrestre limitée dans la bande de Gaza pour localiser et
détruire les tunnels d’attaque qui menaçaient directement la population
israélienne.
Soulignons que l’infrastructure militaire du Hamas est localisée
principalement au sein de la population civile. Dans ces circonstances,
et pour neutraliser la menace du Hamas, on ne pourrait jamais éviter des
victimes civiles.
En vertu des lois sur les conflits armés, cette réalité ne rend pas
ces opérations illégales en supposant qu’elles étaient nécessaires.
Cependant, l’armée israélienne avait le devoir de faire la distinction
entre les cibles militaires et les civils et de s’assurer que ses
opérations soient bien menées en conformité avec le principe de la
proportionnalité.
Il convient aussi de souligner que la proportionnalité n’est pas une
relation entre le nombre de victimes au sein des deux parties, mais un
calcul des pertes accidentelles, des blessures ou des dommages subis par
les civils par rapport à l’avantage militaire.
Extraits de propos tenus par le Colonel Richard Kemp sur la guerre de Gaza (été 2014) devant la Commission d’enquête de l’ONU.
J’ai servi 29 ans dans l’infanterie britannique. Durant mon service
militaire j’ai combattu le fléau du terrorisme dans divers pays,
notamment en Irak, en Afghanistan et en Irlande du Nord. J’ai commandé
les forces britanniques en Afghanistan et j’ai participé à la Première
guerre du Golfe. J’ai ensuite dirigé des troupes avec les Forces des
Nations unies en Bosnie et à Chypre.
Pendant les années 2002-2005, j’ai été chargé du renseignement sur le
terrorisme national et international au sein du gouvernement
britannique. Le Hamas et le Jihad islamique palestiniens figuraient en
tête de mes préoccupations et mon rôle était de suivre leurs activités
et d’évaluer leur stratégie. J’ai eu accès à tous les renseignements
secrets et confidentiels que le Royaume-Uni possédait sur les différents
groupes extrémistes.
J’ai eu l’honneur et le privilège d’obtenir de la Reine Elizabeth II
d’Angleterre la médaille de Commandeur de l’Ordre de l’Empire
britannique.
Durant mon service militaire et mes activités au sein du gouvernement
britannique, j’ai eu des contacts avec l’armée israélienne et ses
services de Renseignement. Lors des deux dernières opérations de Tsahal
dans la bande de Gaza en 2012 et 2014, j’ai vécu en Israël pour
approfondir mes connaissances dans la lutte antiterroriste. J’y ai
rencontré des dirigeants politiques, des hauts-fonctionnaires et des
officiers de Tsahal. Lors de mes séjours, j’ai passé de nombreuses
journées près de la frontière avec la bande de Gaza. J’ai pu voir sur le
terrain, de mes propres yeux, le déroulement des opérations. J’ai été
informé sur place et j’ai interrogé de nombreux officiers et soldats
avant leur déploiement sur le champ de bataille et immédiatement après
leur retour.
Mon témoignage devant la Commission d’enquête des Nations unies sur
le conflit de Gaza de l’été 2014 est donc basé sur des observations sur
le terrain pendant le dernier conflit ainsi que sur ma longue expérience
militaire.
Je précise que mon témoignage est volontaire et neutre et que je ne
suis rémunéré par aucun organisme de Tsahal ou du gouvernement
israélien.
A mon avis, les mesures prises par Israël étaient nécessaires pour
défendre la population locale contre les attaques quotidiennes et
meurtrières du Hamas et du Jihad islamique. C’est en effet le devoir
inaliénable de tout gouvernement d’utiliser ses forces armées pour
protéger ses citoyens et son territoire contre des attaques extérieures.
La bande de Gaza étant un territoire séparé, en dehors du contrôle
israélien, les actions de Tsahal sont une réponse légitime à des
attaques en provenance d’un pays étranger. Dans ces circonstances, je ne
connais pas d’autres moyens réalistes et efficaces pour arrêter des
tirs de roquettes et de missiles que ceux employés par l’armée
israélienne. Aucun expert militaire dans le monde n’est capable de
proposer une alternative viable de défense contre une telle agression.
« J’étais otage, et du fond de ma cachette, j’avais une pensée
pour tous mes amis musulmans. Je me suis dit "ils vont encore s’en
prendre plein la tête, les pauvres" ».
C’est une blague ? Une personne normale sous stress intense ne raisonne pas ainsi.
J’ai participé à de nombreuses opérations et je n’ai jamais reçu ou donné un ordre illégal ou touchant délibérément des civils. BTS tout comme votre article cherche à noircir le nom d’Israël et ses citoyens et nous traîner dans la boue sans une once de vérité.
Peu importe nous continuerons notre mission sans honte, défendre notre pays est un privilège.