Je suis d’accord avec vous sur le fait que en 9000 av J-C, y’a aucune trace, rien de connu qui puisse faire penser à une civilisation si « avancée » que le dit Platon. En revanche, il faut pas oublier que la recherche est en constante progression, et rien n’empêche que demain, on trouve dans une partie de la méditerranée ou de l’Atlantique, à 100m de fond, les restes d’une civilisation qui s’est développée en vase clos. J’avoue qu’il y a pas forcément beaucoup de probabilités que la seule trace d’une telle culture soit un récit fait par un philosophe plus de 8000 ans plus tard, mais sait-on jamais...
"Article de presse : « C’est la première fois qu’une habitation
celte de la civilisation Hallstatt (époque du premier âge de fer allant
de 820 à 450 ans avant J.-C.) est mise au jour près de la sépulture de
la personne qui a pu l’habiter... Le palais de la Dame s’insère dans une
véritable petite ville fortifiée de 6 hectares... on pensait que
l’urbanisation de l’Europe occidentale n’avait commencé qu’avec la
civilisation des oppida au IIe et Ier siècle avant notre ère » (Isabelle
Brisson, Le Figaro du 3 août 2007).«
Pour commencer, ca se saurait si les journalistes avaient des connaissances en protohistoire... D’une, Hallstatt n’est pas une civilisation, mais une période historique. De deux, il y a un certain nombre d’exemples d’habitat type exploitation agricole liés à une nécropole ou à des sépultures isolées au Hallstatt. De trois, si elle voulait en fait parler d’un lien habitat/sépulture dans l’aire des résidences princières, elle a peut-être raison pour la France, mais en Allemagne du sud, dans la même aire culturelle, on a des exemples bien connus de résidence princière liée à une ribambelle de tumuli dont les plus richements dotés sont considérés comme les princes habitant la résidence (c’est le même raisonnement utilisé pour dire que c’est le »palais de la dame de Vix« ). Il faut faire très attention à ce que disent les journalistes quand ils parlent d’histoire, et encore plus d’archéologie. Ca se saurait si ils avaient des compétences la dedans.
»Le temple du
mont Lassois a été construit en armature de bois. Les remparts qui font
le tour du mouvement de terrain, les archéologues préfèrent ne pas en
parler. Les murailles de Bourges ont été construites en murus gallicus
avec, en façade, des pierres cimentées (le texte de César ne prête à
aucune autre interprétation).«
Le rempart de Bourges en murus gallicus est bien postérieur à l’occupation du Mont Lassois. Ce type de rempart est assez tardif et se développe aux 2e et 1er siècle avant J-C. Et encore, pour l’Europe tempérée, la pierre ne concerne en grande partie que les remparts. »Strabon dit que les maisons habitées par
les (paysans) gaulois sont en torchis et claies avec toit de chaume.
C’est tout et c’est bien maigre."
C’est sans doutes en partie vrai, mais Strabon généralise ici l’ensemble de la Gaule, et c’est un peu trop. En effet, la Gaule méditerranéennepossède des particularités fortes suite à l’influence de Marseille et de ses colonies.
« Partant du principe que les constructions maçonnées en pierre n’ont pu apparaître en Gaule que par une influence romaine, ils en arrivent à imaginer une »civilisation des oppida, véritables cités de terre et de bois« . Ils oublient que César a dû construire une rampe d’accès de presque 23 mètres de haut contre les tours et les murailles d’Avaricum dont les murs de pierres étaient maçonnés, évidemment au mortier de chaux (coagmentis). »
Personne ne part de ce principe d’une utilisation de la pierre par influence romaine. D’ailleurs, le murus gallicus que César mentionne et qui est bien attesté par l’archéologie n’est pas considéré comme étant d’influence romaine (ou alors par une minorité de chercheurs). Par contre, que la majorité des constructions de la Gaule tempérée soient de terre et de bois, c’est tout à fait juste. Le rempart est un peu un cas particulier dans cette histoire. Cela dit, il ne faut pas penser que la terre et le bois sont inférieurs à la pierre. C’est juste des modes de construction différents dont le choix est fait principalement sur des raisons culturelles mais aussi de disponibilité de la matière première et d’effort à fournir.
« Ils décrètent que la capitale/forteresse/ville du mont Lassois, récemment mise au jour, est un accident qui n’a pas eu de suite »
Ce n’est pas un accident, mais juste un moment de l’histoire, celui des résidences princières des 6e et 5e siècles. D’ailleurs, il n’y a pas de bâtiments de pierre au Mont Lassois il me semble. Le palais de la dame de Vix est un beau bâtiment mais en terre et bois.
« Ce que je regrette, je ne le reproche pas à l’auteur, mais à la communauté archéologique française qui n’a cessé, et ne cesse encore, de rabaisser notre histoire antique pour valoriser, par comparaison, celle de la colonisation romaine, et cela, avec l’approbation du ministère de la Culture, ce qui est un scandale. »
C’est pas du tout un problème de valoriser l’une ou l’autre histoire, c’est surtout que l’histoire antique (gallo-romaine) et beaucoup mieux documentée que la protohistoire (les celtes) . En effet, les textes sont largement plus nombreux pour parler de la Gaule romaine que la Gaule indépendante et aussi, il est vrai que l’archéologie s’est longtemps intéressée davantage à la période romaine parce que plus « beau » et plus facile a repérer que les trous de poteaux et fosses-silos entourés de fossés de la période précédente. Mais cela change quand même dernièrement, surtout avec l’archéologie préventive depuis les années 80.
Quant à vos convictions sur l’emplacement de l’Atlantide, vous avez assez été contredit à mon gout.
Ils ont en effet commencé par faire patron de PME comme vous le dites, même si au bout d’un moment, ils ont changé leur politique par la pratique des razzia. c’est ce que signifiait "Si à l’inverse le
commerce ne suffit plus et que le territoire est peu protégé, c’est vrai
qu’ils s’en privent pas" que vous avez cité. Ces razzia étaient en effet sans doutes assez violentes, même si le parti pris des sources, qui sont toutes cléricales et donc une des cibles privilégiées, les exagère sans doutes.
J’ai
jamais dit qu’ils étaient des tendres, mais j’ai juste relativisé leur
violence par rapport à celle d’autres forces à l’époque, comme
Charlemagne par exemple. Ce n’était pas des tendre, mais pas non plus des monstres uniques.
Il faut voir quand même que, même au Moyen-Âge (à partir du 13e il me semble avec Saint Louis), il est possible de faire appel d’une décision de justice seigneuriale dans une cour de justice royale. De ce fait, l’arbitraire du seigneur jugeant pour lui même est atténué. On peut même attaquer son seigneur si il abuse.
Mais je comprend bien qu’on puisse avoir de gros doutes sur la partialité des procédures. C’est surement le cas pour une partie des procès.