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ocean

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  • ocean 31 mars 2008 13:42

    @mariner valley : est-ce que vous voulez dire que quelque chose peut être validé par le nombre de personnes qui y adhèrent ? Comme la platitude de la Terre dans l’Antiquité, par exemple ? Ou comme la Terre au centre de l’univers au Moyen-âge ? vox populi, vox dei ?

    Vous rendez-vous compte que c’est au nom de la liberté individuelle que vous réclamez le droit à être endoctriné par une pub, et que vous fustigez celui qui ne fait rien d’autre que proposer - sans nullement vous l’imposer - une aide à votre désaliénation !!

    Je crains beaucoup que vous ne sous-estimiez les savoirs et les techniques des communicateurs et des publicitaires.



  • ocean 31 mars 2008 13:29

    Merci Paul, de votre analyse !

    Hélas, cette affiche semble bien être - comme s’il en était besoin - un nouvel étalage du "triomphe de la vulgarité" qui caractérise l’époque.

    Je crains de voir encore dans cet universel non seulement un signe, mais un appel au ralliement : "Vulgos de tous les pays, unissez-vous", marchons, marchons...

    Car ce que montre aussi cette publicité, ce à quoi elle nous invite, je serais tenté de dire ce à quoi elle nous contraint, c’est l’uniformité comme réponse à notre angoisse d’être libre.

    Cette image opère une fois de plus la fusion entre un produit (qui n’est pas sans évoquer les architectures empilées de nos banlieues) et une marque. On vit Quick comme on vit Lacoste ou Nike.

    Ce que cette affiche nous envoie dans la figure, dégoulinante et nauséabonde, ne flattant que nos sens primaires comme vous le dites, c’est la pensée unique. Tout le monde chez Quick ! le burger est universel, ce n’est pas nous qui le disons (nulle présence humaine en effet), il s’impose de lui-même, comme une évidence, fonctionnant pour ce qu’on attend de lui : comme un plus petit commun diviseur.

    Permettez-moi de citer Denis Jeambar [La pensée unique, in Nouvelles mythologies, Jérôme Garcin, (Seuil)] :

    "Ce que respecte le plus notre société, c’est le conformisme. Plus l’individualisme prospère, plus il fabrique de l’uniformité. (...) La liberté semble devenue un fardeau trop lour à porter pour la majorité des êtres. (...) Le culte de la différence a pour corollaire une peur bleue de la quarantaine sociale. (...) On se veut moderne, on se croit unique, en fait on marche au pas".

    Maquillage éhonté d’un empilemenbt hétéroclite déguisé en riche diversité, concentré d’égocentrisme (l’art de la table étant l’art du partage), invitation à une (im ?)posture universelle, cette pub "invite chacun à s’évader dans le paradis artificiel d’un narcissisme qui fait consensus" (op. cit.).

    Il ne nous reste plus qu’à espérer que ce n’est pas parce que nous le valons bien.

     

     

     



  • ocean 29 mars 2008 03:53

    @Tristan Valmour : puis-je vous poser deux question ? est-ce de la gourmandise que je perçois dans votre "le marché est vraiment colossal !", et les entreprises que vous avez créées en France et à l’étranger sont-elles à but lucratif ?

     

    j’espère que vous y implanterez des syndicats : ils sont facteurs de progrès.



  • ocean 29 mars 2008 03:35

    je crois, Paul, qu’il ne faut pas confondre la fin d’un monde avec la fin du monde.

     

    Certes je n’ai pas votre expérience en la matière, mais j’ai été prof pendant assez longtemps pour proposer une ou deux idées :

    tout le monde sait que depuis maintenant des années, dans tous les classements sans exception où les résultats des structures françaises d’enseignement sont comparés à ceux d’autre pays, sur une quarantaine de comparaisons nous arrivons régulièrement dans les dix derniers quand ce n’est pas dans les cinq derniers.

    Dans le même temps tout le monde constate que la seule réforme qui pourrait trouver grâce auprès des enseignants serait l’augmentation du nombre de postes. Toute autre est immédiatement rejetée.

    Tout le monde sait que depuis des années le nombre d’élèves est en diminution, et que depuis des années on a continué à augmenter le nombre de profs, tout en constatant l’augmentation des problèmes.

    Tout le monde sait que depuis longtemps les gens qui choisissent d’être profs choisissent un mode de vie et non pas une carrière ni une passion pour leurs élèves.

    les structures françaises actuelles d’enseignement sont ce qu’on en a fait, de façon consciente, d’abord voulue puis de plus en plus incontrôlée : une garderie pour les plus petits [avez-vous lu "il faut fermer les écoles maternelles" de Julien Dazay ? (inspecteur de l’éducation nationale)], un lieu d’endoctrinement (histoire, philo...), de destruction de l’esprit critique et des appartenances (littérature), un lieu d’apprentissage du flou et du manque de rigueur (partout), un lieu où l’on apprend que le jeu et le loisir valent mieux que l’effort, où l’on apprend à confondre passer du temps et travailler (les étudiants qui vous disent "j’ai fait cinq ans d’études !" sans même se rendre compte que ces cinq années représentent 2 ans de travail effectif...)

    que penser d’un livre d’économie (dans le secondaire) qui consacre 40 pages (quarante !!!) à la précarité !!!!!?

    franchement, que cette école se suicide à force d’être confite et surconfite dans le confort, qui pourrait le regretter ? (et qu’on arrête de citer les quelque écoles difficiles en zones sensibles, elles sont loin d’être toutes semblables, ou que les enseignants qui n’y sont pas bien aillent une bonne fois se reposer dans l’industrie !!)

     

    la fin de cet enseignement n’est pas la fin de l’enseignement, la fin de cette culture du verbe ne sera pas la fin de la culture, et la fin des sachants qui vous répondent en récitant le pédagol (Philippe Meyer !) dont ils se sont gavés dans les IUFM ne sera pas la fin du savoir...

    et quant aux savoirs corrects, la relève est déjà assurée : elle s’appelle wikipedia !



  • ocean 29 mars 2008 03:18

    je crois, Paul, qu’il ne faut pas confondre la fin d’un monde avec la fin du monde.

     

    Certes je n’ai pas votre expérience en la matière, mais j’ai été prof pendant assez longtemps pour proposer une ou deux idées :

    tout le monde sait que depuis maintenant des années, dans tous les classements sans exception où les résultats des structures françaises d’enseignement sont comparés à ceux d’autre pays, sur une quarantaine de comparaisons nous arrivons régulièrement dans les dix derniers quand ce n’est pas dans les cinq derniers.

    Dans le même temps tout le monde constate que la seule réforme qui pourrait trouver grâce auprès des enseignants serait l’augmentation du nombre de postes. Toute autre est immédiatement rejetée.

    Tout le monde sait que depuis des années le nombre d’élèves est en diminution, et que depuis des années on a continué à augmenter le nombre de profs, tout en constatant l’augmentation des problèmes.

    Tout le monde sait que depuis longtemps les gens qui choisissent d’être profs choisissent un mode de vie et non pas une carrière ni une passion pour leurs élèves.

    les structures françaises actuelles d’enseignement sont ce qu’on en a fait, de façon consciente, d’abord voulue puis de plus en plus incontrôlée : une garderie pour les plus petits [avez-vous lu "il faut fermer les écoles maternelles" de Julien Dazay  ? (inspecteur de l’éducation nationale)], un lieu d’endoctrinement (histoire, philo...), de destruction de l’esprit critique et des appartenances (littérature), un lieu d’apprentissage du flou et du manque de rigueur (partout), un lieu où l’on apprend que le jeu et le loisir valent mieux que l’effort, où l’on apprend à confondre passer du temps et travailler (les étudiants qui vous disent "j’ai fait cinq ans d’études !" sans même se rendre compte que ces cinq années représentent 2 ans de travail effectif...)

    que penser d’un livre d’économie (dans le secondaire) qui consacre 40 pages (quarante !!!) à la précarité !!!!!?

    franchement, que cette école se suicide à force d’être confite et surconfite dans le confort, qui pourrait le regretter ? (et qu’on arrête de citer les quelque écoles difficiles en zones sensibles, elles sont loin d’être toutes semblables, ou que les enseignants qui n’y sont pas bien aillent une bonne fois se reposer dans l’industrie !!)

     

    la fin de cet enseignement n’est pas la fin de l’enseignement, la fin de cette culture du verbe ne sera pas la fin de la culture, et la fin des sachants qui vous répondent en récitant le pédagol (Philippe Meyer !) dont ils se sont gavés dans les IUFM ne sera pas la fin du savoir...

    et quant aux savoirs corrects, la relève est déjà assurée : elle s’appelle wikipedia !

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