C’est un autre débat. Il me semble avoir écrit dans mon article que la question de la Constitution ne me semblait pas la question essentielle. Constitution ou non, le sujet qui m’intéresse est celui de la pratique de l’enseignement bilingue dans l’éducation, et particulièrement du bilinguisme précoce. En langues régionales et aussi en langue minoritaire. Ce qui, inévitablement, obligerait à repenser les pratiques pédagoqiques et à réorienter certains moyens. Ce débat, qui est un débat de société, est autrement plus profond que la question de la reconnaissance, ou non, des langues régionales dans la Constitution française.
Quelle que soit les choix finaux de nos parlementaires, la question restera entière.
EN réponse à vos deux premiers paragraphes, le bilinguisme scolaire précoce est la réponse à vos objections. Oui, on apprend toujours mieux dans sa langue maternelle. C’est bien pour cette raison qu’il faudrait enseigner en créole dès la maternelle dans les DOM, en passant progressivement au français.
Pour les linguistes, tout se joue aveant 7 ans (voir notamment les ouvrages de Gilbert Dalgalian sur ce sujet). Même sans connaître l’apport des sciences cognitives, il suffit d’aller dans une maternelle bilingue et de se méler aux enfants. Ils passent spontanément d’une langue à l’autre selon leur interlocuteur. Et ils progressent au même rythme dans les deux langues. Certains, qui ont des difficultés avec le français, n’en ont pas dans l’autre langue. Ou l’inverse. Mieux, certains troubles du langage, qui nécessiterait l’intervention d’un orthophniste ou d’un psychologue, parfois n’apparaissent pas dans l’autre langue... et disparaissent spontanément dans les mois ou les années qui suivent au fur et à mesure que l’enfant progresse dans les deux langues.
ENcore une fois, l’enseignement bilingue précoce, c’est non seulement apprendre deux langues, c’est aussi apprendre DANS deux langues.
une fois le cerveau formé, il sera disponible pour en apprendre d’autres plus tard, et avec beaucoup plus de disponibilité et de facilité.
Vous êtes amusant ! Car personne n’empêche, ni n’empêchera vos enfants d’apprendre les langues que vous citez.
Ce n’est pas le cas aujourd’hui pour les langues régionales ou minoritaires de France. ET c’est anormal.
EN outre, il est probable que vos enfants apprendront les langues étrangères dans les conditions actuellement proposées par l’éducation nationale, qui sont réellement désastreuses.
l’ensiegnement bilingue précoce est une solution pour, non seulement apprendre d’autres langues, mais aussi apprendre d’autres matières dans d’autres langues. Comprenez bien la différence.
Le breton n’est pas plus difficile à appréhender que l’anglais. Apprendre ou connaître le breton, c’est aussi plus facilement appréhender l’anglais.
ET quand vous venez en Bretagne, ou quand vous allez en Corse, il y a (de plus en plus) de panneaux bilingues. Ils vous aident à comprendre le sens du nom des lieux. C’est plutôt facile.
ET dans bilingue, il y a 2 langues : le français n’est pas oublié. Vous ne serez donc pas dépaysé.