Surtout, continuons à faire simple : primo battre Sarkozy, secundo rendre leur utilité aux législatives en s’en servant pour équilibrer les pouvoirs entre PS et FdG. Au-delà de Hollande, il y a au PS des militants de tout âge et de tout courant qui ont l’intention sincère de redresser la France (comme ils disent) et d’amender l’Europe. Ces gens-là peuvent un jour admettre qu’une guerre ouverte (et générale, dans le cadre du monde occidental entier, pour commencer) contre la monétarisation de l’économie est indispensable. Sans Sarkozy, tout devient au moins possible. S’il reste au pouvoir, les cinq à venir seront un trou noir dans l’histoire.
Penser contre soi n’est pas l’exercice le plus facile, mais c’est parfois indispensable. La « dynamique révolutionnaire du Front de Gauche » est le pire cauchemar de tous ceux qui croyaient pouvoir se débarrasser de la racaille sarkozyste, cette bande de menteurs, d’enfumeurs et de cyniques. En facilitant le ralliement à Sarko du tiédasse Bayrou et d’un plus grand nombre d’électeurs lepenistes, JL Mélanchon, que j’aime bien a priori, risque de rejoindre Chevenement au palmarès des cons intergalactiques qui auraient mieux fait de fermer leurs gueules et d’aller à la pêche. Mais comme aurait (presque) dit Ferré :
L’élection ne se gagnera pas en faisant le plein des voix de gauche (ça c’est acquis) mais en récupérant une partie des centristes de cette enflure de Bayrou et des « égarés » de la fille Le Pen. L’équation est incontournable. Tout le reste c’est du bla-bla. Il faut juste savoir ce qu’on veut : offrir un nouveau quinquenat à Sarkozy, qui se déchaînera en pensant « après moi le déluge » ou se préparer, dès aujourd’hui, à une intransigeante opposition face à un pouvoir socialiste plus « respirable » mais fondamentalement incompétent et lâche.
Je le répète : à choisir entre un gros rhume et un cancer généralisé, je n’hésite pas un instant.