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S2ndreal

Je suis un homme. Je suis croyant. Je crois que la réalité existe, qu’elle est connaissable, qu’elle est indépendante de moi. Je crois que chaque individu se crée une vision personnelle de la réalité. Cela fonde son individualité. Il en devient radicalement différent de moi. Je crois que je peux rejoindre chaque individu sur sa vision de la réalité. Si jamais, il accepte l’altérité de cette dernière, je crois que nous pourrons nous entendre. Cette altérité permet d’accepter de sortir de ma vision du réel pour examiner celle de mon interlocuteur. C’est difficile. C’est effrayant. C’est rencontrer la vie au sens le plus fort du terme.

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  • S2ndreal 12 mai 2008 11:16

    L’idée d’équilibre dans les marchés doit être sérieusement tempérée par un autre aspect que la qualité dudit équilibre.

    Sa démonstration mathématique part des marchés dit d’Arrow-Debreu. Ces deux personnes ont démontré l’existence d’au moins un point d’équilibre. John Nash a montré qu’il en existait beaucoup plus qu’un seul. En mathématitques, dire qu’au moins un point d’équilibre existe autorise l’existence d’une infinité de points de cette nature. Nash a établi que l’unicité de ce point est fausse. Cela mine l’hypothèse de tout un courant économique supposant cette unicité. Cela soutient l’idée de choisir son point d’équilibre. Cela réintroduit l’idée de politique économique.

    Mathématiquement, même dans le cas des marchés d’Arrow-Debreu, il existe un grand nombre de points d’équilibre possible.



  • S2ndreal 30 avril 2008 09:49

    Entre Calmos et surtout Hihihihi,

    Je suis impressionné par la profondeur, la richesse et la subtilité de vos textes. Il sont d’une objectivité, d’une recherche, d’un réalisme tel que je pense aux mots :

    mépris, arrogance, insulte

    envers tous ceux qui voient le monde en dehors de votre vision du monde. Plus précisément, je vous trouve enragés, furieux, malades d’une haine terrible contre tout ce qui vous contredit. C’est impressionnant. Vous êtes devenus incapables de voir des opinions différentes sans les traiter comme je traiterais de la merde.

    Impressionnant votre blocage. Vous marquez un raidissement des esprits extrêmement fort face à tout ce qui coince dans le libéralisme. C’est une façon d’admettre la défaite.



  • S2ndreal 28 avril 2008 20:46

    C’est curieux. À l’aide du lien wikipedia que vous donnez, j’ai pu passer à sa version anglaise et de là à l’article de référence de Hardin.

    Selon ma compréhension, ce monsieur a observé très finement que les individus isolés dans un milieu beaucoup plus vaste qu’eux peuvent y faire n’importe quoi. Le milieu va les supporter. Ces individus isolés ont tout intérêt à accroitre leurs biens de toutes leurs forces. Ceux qui se montrent le plus malin, le plus travailleur, le plus créatif ou toutes ces choses recevra les plus grandes récompenses. Ces récompenses seront sous la forme d’un accroissement de leurs troupeaux ou autres biens.

    Le problème commence avec les limites de ce milieu. Les hommes arrivent toujours à lui en demander plus que ce qu’il peut donner. Chaque individu va isolément et parfaitement logiquement tenter de continuer à augmenter sa fortune ou ses biens. C’est ce qu’Hardin nomme la "logique des commons". Elle aboutit à un désastre. Faire pâturer deux bovins sur un hectare ne pose aucun problème. 10 000 bovins sur ce même hectare vous donnera un désert et un très gros paquet de cadavres de bovins.

    Cette "logique des commons" ressemble furieusement à la logique du libéralilsme économique. La croissance y est le seul horizon. Chaque individu s’occupe de son cheptel et néglige tous les autres. C’est du libéralisme selon Smith et sa main invisible. C’est de l’égoïsme selon ce même personnage. Ce fameux égoïsme qui rend généreux. Hardin trouve que la tragédie des biens communs s’oppose au libéralisme.

    Il examine ensuite quelques aspects de cette tragédie dans le monde moderne. Pour cela il voit la pollution, le taux de natalité, et j’en ai oublié.

    Pour sortir de cette tragédie, il est très modeste. Il suppose qu’il faut sortir de la logique des biens communs, accepter une coercion réciproque négociée et que cela est la liberté. Il suppose que la moralité d’un acte dépend de l’état du système dans lequel il prend place. Je trouve qu’Hardin ne conclut pas vraiment.

    Il introduit ou réintroduit la dimension politique dans les relations humaines. Négocier les coercions réciproques me semble être une activité très politique. Il prône la fin du libéralisme en parlant de mettre en place des règlements allant jusqu’à la restriction du nombre d’enfants, la consommation des biens comme l’eau, etc...

    Le lien entre ces éléments et le marché du CO2, de l’eau et Dieu sait quoi d’autre m’échappe ici. Ce genre de marché me semble relever d’une toute autre logique que celle de Hardin. Elle me semble être liée à la vision de Smith sur l’égoïsme naturel des individus. Ces derniers n’agiront que par égoïsme sans chercher à voir au-delà de leurs intérêts directs.

    J’admets que le marché du CO2 a un côté contraignant librement consenti. La preuve en est ce refus des USA d’entrer dans le jeu (si mes souvenirs sont exacts). La Chine et l’Inde ne font pas mieux. Ces gens sont dans la logique des biens communs. Ils ne jouent pas le jeu de Hardin. Le pré de sa parabole sera détruit et nous avec. Pas bon ça.

    Le marché du CO2 et analogues veulent sauver la primauté de l’économique sur le politique. Selon ma compréhension, Hardin n’est pas de cet avis. J’associe cette primauté à cette fameuse logique des biens communs. Dans cette logique, plus du CO2 est libéré et plus la croissance, la richesse, le bien être est au rendez vous. Ce marché inciterait alors les acteurs économiques à trouver des solutions hors du carbone. Selon mes souvenirs, ce sont les USA qui ont coulé la première version de Kyoto en faisant remplacer des contraintes légales par ce genre de marché. Ils ont fait sortir ces discussions de la théorie de Hardin pour les remettre dans l’optique libérale. Est-ce un succès ?

    J’ai un doute. Selon quelques souvenirs personnels, des gens ont parlé récemment d’un échec de Kyoto et même du marché du CO2. Ce serait à vérifier. Suivre rigoureusement le processus de Kyoto n’a guère de sens si d’autres bousillent tous nos efforts par leur propre développement économique. La Chine et l’Inde sont ici en tête de liste pour illustrer cette idée. C’est une forme d’échec.

    La tragédie des biens communs est en route. Le marché du CO2 n’a jamais été appliqué. Il ne relève pas de la sortie de cette logique dramatique. Il la prolonge et tente d’y remédier sans la changer. Comme cette logique exige impérativement de la croissance économique et que cela est parfaitement contradictoire avec une croissance nulle du CO2 ou autres dans l’air, l’eau et la terre, je pense que ces marchés sont voués à l’échec.

    Je me sens triste.



  • S2ndreal 1er avril 2008 11:38

    Je retiens de votre texte une idée. L’augmentation de la productivité se traduit en un pouvoir d’achat plus important pour le péquin que je suis. Je la trouve correcte avec l’idée des économies d’échelle. Je n’ai pas lu le texte de Fourastié. J’aime beaucoup votre observation sur les limites de la terre. Dans ce sens, je vous suggère de lire ce texte. http://globalpublicmedia.com/transcripts/738. C’est une application surprenante des fonctions exponentielles. Je le trouve très convaincant.

    La conclusion évidente est qu’un jour la croissance sera nulle. Comme vous le notez, les matières premières sont une limite à la croissance. Celle ci demande chaque année un peu plus de ces matières. La croissance économique étant en pour cent (%). L’augmentation de consommation s’exprime aussi en %. C’est une loi exponentielle dont l’exposant est supérieur à 1. Elle diverge vers l’infini. Cela peut prendre du temps pour y arriver. Mais la terre étant finie, la consommation va arriver à épuiser les ressources en matières premières. Ce jour là, la croissance sera nulle.

    La vitesse à laquelle cela nous tombera dessus nous surprendra. Une autre propriété des fonctions exponentielles est qu’à un temps nécessaire pour doubler une consommation correspond une consommation égale à tout ce qui a été consommé avant la période considérée. Sous un autre angle, cela donne qu’une réserve énorme correspondant à tout ce qui a été consommé auparavant sera avalée durant la période de doublement. Avec 7 % de croissance, cela représente 10 ans. Avec 5 %, il faut 14 ans. Avec 3.5 %, cela signifie 20 ans. Ce n’est pas infini. Sur la durée de l’histoire humaine, 20 ans est un instant.

    Bien à vous



  • S2ndreal 27 mars 2008 17:16

    Monsieur Alberjack,

    Je crois que vous avez décrit ici la formation d’une bulle financière et son éclatement. Si jamais il est possible de modéliser ce phénomène, je crois que votre exemple y entrera parfaitement. Ce n’est pas drôle et c’est vrai.

    Merci.

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