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S2ndreal

Je suis un homme. Je suis croyant. Je crois que la réalité existe, qu’elle est connaissable, qu’elle est indépendante de moi. Je crois que chaque individu se crée une vision personnelle de la réalité. Cela fonde son individualité. Il en devient radicalement différent de moi. Je crois que je peux rejoindre chaque individu sur sa vision de la réalité. Si jamais, il accepte l’altérité de cette dernière, je crois que nous pourrons nous entendre. Cette altérité permet d’accepter de sortir de ma vision du réel pour examiner celle de mon interlocuteur. C’est difficile. C’est effrayant. C’est rencontrer la vie au sens le plus fort du terme.

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  • S2ndreal 9 septembre 2008 12:38

    L’article est une très mauvaise défense d’un acte pour le moins discutable. Il ne prend pas les faits, néglige la situation et oublie l’existence de l’amitié de vacances. Une attaque à la roquette d’un commissariat est un événement laissant indifférent. Une occupation de la villa d’un privilégié est un événement jugé scandaleux. Ce n’est qu’un aspect de l’histoire montrant une très grosse bulle dans le respect de l’équité ou le respect du second mot de la devise de la république française.

    Sarkozy s’est mis au dessus de tous les Français au point de se confondre avec toutes les initiatives, les lois et les idées. Il s’est mis si haut dans son estime que cela se remarque. Un homme qui est très au dessus de tout le peuple et qui prend toutes les initiatives a de très gros points communs avec un prince. Un homme qui a une si haute estime de lui-même qu’il ne peut plus échouer ne supportera jamais une atteinte à sa dignité. Réciproquement, faire appel à ce sentiment chez lui est actionner un levier très puissant qui le fera agir immédiatement.

    Claviez s’est distingué par sa très haute estime de lui-même. Une histoire au sujet de la corvée que représentait la promotion d’un "Astérix" en Suisse l’a illustré. Il a là un très gros point commun avec Sarkozy qui exigeait en tant que candidat d’être reçu à la télé par un directeur de chaine au minimum. Ce point commun peut fonder une amitié, une reconnaissance réciproque basée sur la confirmation qu’avoir une très haute estime de soi est une bonne chose. Chacun dit à l’autre qu’il a bien raison d’avoir ce trait de caractère.

    Cette estime de soi a pour inconvénient le crime de lèse majesté. Il devient intolérable. Comme l’amitié entre ces deux hommes est basée sur l’affirmation qu’ils ont raison de s’adorer eux-mêmes, toucher à l’un est toucher à l’autre. Ils s’identifient entre eux comme étant de même nature. Cette haute estime de soi a aussi comme corollaire la peur. Tout ce qui touche à cette autoadoration et qui la menace, menace toute l’identité de ces deux hommes. C’est aussi grave qu’une tentative de meurtre.

    Par conséquent, je crois que Christian Clavier était fou furieux quand il a appris l’occupation de sa villa. Je crois qu’il a appelé Sarkozy et lui a fait partager sa colère. Je crois que ce dernier a cherché et trouvé le responsable, qui fonctionnait selon les exigences de terrain. Je crois que Sarkozy s’est défaussé de sa responsabilité sur la ministre de tutelle et Claviez a raconté une histoire avec sa générosité le faisant offirir à boire aux nationalistes corses.

    Je crois aussi prendre un risque en donnant une opinion personnelle, même argumentée. Je risque l’accusation de lèse majesté (elle aura un autre nom) en doutant de la parole de si augustes personnes.



  • S2ndreal 7 août 2008 21:01

    J’ai remarqué une chose. Les spéculateurs ont disparu.

    Dans les journeaux économiques que j’aime consulter, il est question d’entrepreneurs, d’investisseurs, d’arbitragistes, d’actionnaires et autres. Un terme manque totalement à cette faune. Il s’agit de spéculateur. Ces derniers ont semble-t-il totalement disparu de la face de la finance mondiale.

    Autrefois, il y a très longtemps, les spéculateurs étaient des gens qui mettaient de l’argent en bourse pour en retirer une plus-value à la vente sans s’inquiéter de l’entreprise qu’ils avaient acheté. Aujourd’hui, ces gens ne sont plus des spéculateurs. Par conséquent, je ne sais plus ce qu’ils sont.

    Si je ne suis pas le seul dans cette situation, je peux imaginer cette commission US combattre la spéculation comme ce pays combat le terrorisme. Ils font d’énormes efforts, mais sans savoir ce qu’ils combattent.

    Une autre conséquence est qu’il est devenu impossible de trouver un spéculateur à la bourse.

    Ma question est qu’est-ce qu’un spéculateur ?

    L’exemple donné à la fin de l’article donne l’idée de quelqu’un qui triche avec les règles de la bourse. C’est trop technique pour moi. Cela semble vouloir dire que ce groupe a acheté ou vendu avant la fermeture et a réglé sa dette juste après cette fermeture. J’ai observé un très fort pic d’activité à Wall Street juste avant la fermeture et juste après l’ouverture. Ce pic est assez banal selon mes observations. Il pourrait traduire l’obligation de se décider avant la fermeture et le changement d’avis des boursicoteurs d’une session à l’autre. Il y aurait donc là un biais artificiel influençant le marché boursier. Ce biais étant une violation du libre jeu du marché, il est spéculatif.

    Je sens que ce n’est pas la bonne réponse. Ma question est donc : qu’est-ce qu’un spéculateur ? Car moi, je ne sais plus. Je pense ne pas être le seul dans ce cas. Cela expliquerait pourquoi ils sont si difficiles à trouver. C’est, je l’admets, une hypothèse.

    Qu’est ce qu’un spéculateur ? Je vais adorer la réponse.



  • S2ndreal 7 août 2008 11:07

    Monsieur Bruxman,

    Votre réaction est fantastique. Elle reprend tout ce que je sais de Milton Friedman, le résume et le défend. Cela vous situe du côté des défenseurs de la stratégie du choc. Je vous recommande le livre de Naomie Klein.

    Tout ce qui sort de vos idées est traité de communiste et autres. Communiste étant l’épithète la plus polie.

    Votre intervention me fait voir la rupture de Sarkozy comme un choc "à la Friedman". Sarkozy vous a déçu. Il a eu peur de l’émeute. Il n’a pas été aussi loin que vous le vouliez. En cela, je vous vois bien le considérer comme un traitre.

    Quant à la dette de la France, je crois qu’elle vous bénéficie. Elle représente des papiers valeurs garantis par l’Etat avec un intérêt. C’est un placement très sür vous permettant de placer, avec bénéfices, vos gains et vos baisses d’impôts. La dette publique vous sert également à justifier toutes vos demandes de moins d’Etat. Il vous faut moins d’Etat car il faut payer la dette. En plus, ces baisses d’Etat diminuent l’efficacité des services publics. Ayant moins de moyens, ils feront moins. Cela vous permet de justifier la fermeture de ces services. Ce sont quelques très gros bénéfices que vous retirez de la dette publique. Les récriminations sur la dette me semblent donc très surfaites, voire carrément hypocrites.

    Vous êtes un idéologue.



  • S2ndreal 5 août 2008 11:29

    Au Péripate,

    Vous écrivez "Ce qui différencie le vivant des choses, c’est la volonté de persevérer dans son être. Ceci est une fin en soi. Et le moyen de persévérer dans son être pour un individu humain est la liberté." Je lis que la "volonté de persévérer dans son être" est une "fin en soi" permise par la "liberté". Vu que la liberté est, selon vous, la valeur ultime, sans rien en dessus, elle signifie ici, selon moi, une volonté de grandir, de s’étendre, de se promouvoir, de s’avancer plus loin sans égards pour son voisin. Il n’entre pas dans la question ou le voisin serait au moins égal à la lilberté.
    Les gens derrière les produits dérivés ont vécu et agi selon vos propres termes. Leur être est de faire de l’argent avec des titres, des LBO et autres. Cela a marché très fort. Les montants en jeu sont astronomiques. Ils ont obtenu la liberté de le faire. C’est donc le moyen de persévérer selon vos termes. Encore une fois, les montagnes de titres créés montrent à quel point, ils ont persévéré grâce à cette liberté. Ces gens ont appliqué et appliquent ce que vous dites.
    Ils ne sont pas une anomalie de votre libéralisme. Ils sont libéraux.



  • S2ndreal 5 août 2008 04:16

    Si l’antiaméricanisme est un antisémitisme, alors les Etats-Uniens sont des Juifs.
    Ensuite, être Juif ne signifie pas être sioniste. Un Juif antisioniste est un Juif qui s’oppose à l’existence de l’état d’Israël. C’est possible.

    Après, Alexandre Adler fait peur selon le premier paragraphe de votre citation. Il a su s’imposer à tous, partout.

    Dans le second paragraphe, je ne vois pas le lien entre le simplisme de la vision des Français par rapport à celle de l’Amérique et l’antiracisme de Bush. En plus son antiracisme est "justifié" par le capital de sympathie qu’il dispose, selon vous, chez les Noirs et les Hispaniques. Comme il en a un très grand chez les pétroliers, il est donc aussi anti quelque chose. Je propose anti-dictateurs (cf Irak). Je ne vois pas le lien entre la peinture et le simplisme de la vision française. Il n’éclaire pas beaucoup les subtilités de l’opération irakienne.

    Dans le troisième paragraphe, il confirme l’idée que les Américains sont des Juifs. Il y croit par l’association qu’il fait entre l’interdit de dire du mal des Juifs et la permission de dire du mal des Américains. Le lien logique entre ces deux objets reste à découvrir. Si vous en voyez un, je suis curieux. Mettre avant ce point douteux, une affirmation très sensible sur l’état de la France, qui provoque automatiquement des réactions émotives fortes, évite de se demander quel est le lien entre la France en mauvais état et l’antiaméricanisme qui est un antisémitisme. En plus, le lien est douteux entre ce point et la France.

    Dans le paragraphe suivant, je n’y connais rien. Donc je me tais. Par contre, il me donne une idée. Si vous ne savez rien, vous vous inclinez devant son talent. Il sait écrire. Il sait tourner une belle phrase. Il sait les aligner les unes à côté des autres. Sur la base des deux paragraphes précédents, je crois qu’il sait jouer à l’expert et impressionner tous ceux qui ne savent pas. Il y a toujours une phrase que son interlocuteur ne peut pas maîtriser ou comprendre. Cette phrase lui donne l’avantage dans une dispute publique. C’est le point de départ évident de sa contre attaque. Je suis convaincu d’avoir ici la méthode Adler. Elle impressionne et n’est pas aussi solide que vous l’aimeriez.

    Dans le dernier paragraphe, le Figaro ne se montre pas si hostile aux Etats-Unis. Je crois qu’il est possible de trouver d’autres publications assez favorables aux Etats Unis. En plus, selon le premier paragraphe, il passe souvent à la télé et dans les journaux. Cela implique une presse pas du tout hostile aux Etats-Unis. J’en déduis que cette affirmation d’hostilité généralisée est une posture lui permettant de justifier sa méthode agressive d’empilement d’affirmations péremptoires laissant toujours une porte ouverte pour l’attaque. La cohérence n’est pas son fort. L’attaque par esbrouffe à partir de son expertise est son fort. Elle est en plus fort rentable car elle lui permet d’écrire très vite beaucoup de textes. Sa popularité a bien baissé, mais il impressionne et sait faire croire qu’il sait tout.

    En résumé, il empile des phrases pour défendre les Américains et Israël. Ces phrases touchent des domaines très divers sans liens entre eux sinon les émotions suscitées chez l’auditeur ou le lecteur. Elles servent à bloquer la pensée du contradicteur par les émotions ou l’idée qu’il ne connait rien au sujet. Le sens ou la direction du discours disparaissent ainsi à la vue de l’auditeur ou du lecteur. Il est obligé de s’en remettre à Alexandre Adler pour le retrouver. C’est à cet endroit que ce dernier assène sa vérité, l’affirmation qu’il veut promouvoir. L’auditeur n’a pas le choix. Il l’accepte. C’est encore plus facile si l’auditeur a confiance en Monsieur Adler. Sinon, il paralyse son adversaire avec sa méthode. Le temps que l’’adversaire réagisse. Adler a gagné. Cette méthode marche.

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