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S2ndreal

Je suis un homme. Je suis croyant. Je crois que la réalité existe, qu’elle est connaissable, qu’elle est indépendante de moi. Je crois que chaque individu se crée une vision personnelle de la réalité. Cela fonde son individualité. Il en devient radicalement différent de moi. Je crois que je peux rejoindre chaque individu sur sa vision de la réalité. Si jamais, il accepte l’altérité de cette dernière, je crois que nous pourrons nous entendre. Cette altérité permet d’accepter de sortir de ma vision du réel pour examiner celle de mon interlocuteur. C’est difficile. C’est effrayant. C’est rencontrer la vie au sens le plus fort du terme.

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  • S2ndreal 17 décembre 2008 19:48

    Monsieur Santi,

    Merci pour votre réponse.

    Madame Schwartz a critiqué Greenspan en 2007, si je vous comprends bien. Cela me semble bien tardif. La crise des subprimes avait déjà éclaté. Pourquoi n’a - t - elle rien dit auparavant ? Pourriez vous me donner une référence pour retrouver cette critique de la politique laxiste. Si elle critique le comportement de la FED entre 2001-2002, elle critique sa méthode.
    En matière de laxisme, il y a eu un cadeau de Greenspan à Bush vers 2004 (je crois) pour donner à ce dernier de quoi être fier de ses réductions d’impôts. Il avait besoin de bons résultats économiques. Il fallait aussi effacer Enron, Worldcom et autres. Il fallait faire oublier LTCM. Pour cela, l’argent facile était un moyen de soutenir la consommation. A ce moment, la bulle n’existait officiellement pas. Cette opinion était basée sur l’impression que l’économie US n’était pas très brillante. Comment reconnaître une bulle dans cette situation ? La critique de Madame Schwartz est alors fondée, mais elle ne s’applique pas pour cause d’invisibilité de la bulle. En plus, je n’ai jamais trouvé quelqu’un capable d’expliquer comment reconnaître une bulle avant son explosion. Sans ce critère, je ne vois pas du tout comment éviter de terribles erreurs de gestion des bulles spéculatives.
    En dehors de ces deux périodes, je ne vois pas quand Mr Greenspan a eu une politique de l’argent facile durant la période 2000 - 2008.

    Devant moi, Madame Schwartz n’a aucune autorité morale. Ses titres de gloire ou académiques ne m’intéressent pas. Si vous la respectez, c’est votre affaire. Je souhaite pouvoir lire dans le texte ce qu’elle a dit et ainsi me forger ma propre opinion sur ses accusations. C’est pourquoi je répète ici ma demande d’une référence (journal, livre, autre) donnant les critiques de cette dame vis-à-vis de Greenspan.

    Sur la base de mes souvenirs, il y a eu la bulle internet, la bulle Enron, la bulle immobilière, la bulle du crédit entre 2000 et 2008. Cela fait beaucoup de bulles en très peu de temps. Elles ont toutes été invisibles jusqu’à leur explosion. La dernière menace d’anéantir tout le système. C’est pourquoi elle est vue comme si grave. C’est pourquoi, il me semble impératif d’attribuer cette crise à une cause externe au système. Cela permet de disposer d’une méthode pour sortir de la crise (le système la donne), de considérer la catastrophe actuelle comme momentanée (l’avenir radieux) et d’éviter à tous les acteurs du système financiers des questions embarassantes sur leurs responsabilités vis-à-vis du reste du monde (préserver la liberté d’entreprendre). Greenspan et la FED deviennent ici des boucs émissaires aussi commodes qu’utiles. Leur condamnation sauve le système de tout examen embarrassant.



  • S2ndreal 17 décembre 2008 15:06

    Mr Santi,

    Je vois une difficulté dans l’argument selon lequel c’est la politique de Greenspan qui a provoqué la catastrophe actuelle.

    Il a tenu des taux très bas à l’époque car la bulle internet venait d’exploser. L’explosion de cette bulle était considérée comme très grave. Pour éviter la récession, il a appliqué la procédure Friedmann - Schwartz. Il a été loué pour l’efficacité de son action et son grand succès en évitant à toute la planète une récession. Cela a "prouvé" que la théorie de Friedmann tient la route.
    Maintenant, il lui est reproché d’avoir tenu des taux artificiellement bas qui ont provoqué des comportements irresponsables. Je me rappelle qu’à l’époque, l’économie US n’était pas du tout flamboyante. J’ai vu passer des déclarations allant dans ce sens.
    Ma difficulté est que Greenspan a appliqué la théorie de Friedmann des taux bas. Elle a marché. Maintenant, il lui est reproché d’avoir appliqué cette théorie de Friedmann et donc d’avoir provoqué la catastrophe.

    Faudrait savoir.

    Un aspect secondaire de ma difficulté est que se défausser de ses responsabilités sur Greenspan me semble trop facile. L’avidité des acteurs économiques n’aurait eu aucun rôle dans cette catastrophe. Comme vous le remarquez, il n’y a pas si longtemps l’avis dominant était que l’économie US était saine et dynamique, que la consommation soutenait tout cela. Si j’ai bien compris, cette consommation était payée par la titrisation des obligations, dettes et emprunts. Cela devait exploser. Tout mettre sur le dos d’un seul homme équivaut à se défausser de ses responsabilités sur lui est beaucoup trop facile et évite les questions gênantes.



  • S2ndreal 26 novembre 2008 00:50

    @ l’auteur,

    Je garde de votre article une notion : la comptabilité a une dimension subjective. Puisqu’il est possible d’augmenter ou de diminuer ses bénéfices selon que l’on s’adresse à une banque ou au fisc. Il est possible d’attribuer la même somme d’argent à plusieurs postes. C’est toutes les fois légal. Il est aussi possible d’avoir plusieurs normes comptables. Le fait de pleurer à essayer de lire la comptabilité d’une boîte chinoise va dans ce sens. Votre limitation des achats aux domaines que vous connaissez bien montre une comptabilité spécifique à chaque domaine. Cela me donne l’idée d’une subjectivité de la comptabilité.

    Cette subjectivité ouvre de très grosses perspectives. Elle vont de la possibilité de trafiquer les comptes selon la situation et l’honnêteté du comptable, à l’expression d’écoles de pensées différentes. L’adoption d’une norme unique devient le triomphe d’une puissance sur les autres. L’idée de la nature rationnelle de la finance en souffre. J’en reste rêveur.

    P. S. : Je ne suis pas comptable.



  • S2ndreal 25 novembre 2008 11:38

    D’accord avec vous à un détail près. La catastrophe n’est pas terminée.



  • S2ndreal 24 novembre 2008 18:55

    Mr Santi,

    De votre texte, je retiens la grande valeur de la dette qui fait marcher notre monde. Je retiens aussi que l’incertitude associée à cette dette a été "totalement" maîtrisée par la science économique.
    C’est contraire à la morale car la dette, moralement condamnée, fait du bien à tout le monde et ses inconvénients ont disparu. C’est ma compréhension de votre thèse.

    Je la prends au second degré et je pense que vous serez d’accord avec moi. Le titre "Le meilleur des mondes" est aussi celui d’un livre d’Aldous Huxley. Cette dystopie décrit un monde rationnel, rigoureux, sans problèmes économiques, moraux, humains, etc... C’est un monde terrifiant. Votre référence à Marx et à l’instrument de contrôle par la dette me donne un autre indice de second degré. Vous n’aimez pas du tout cette évolution de la finance et de la société.

    Cette évolution a une valeur morale. Vous le notez dans votre texte. Je vous en propose un autre regard.

    Une morale est à l’oeuvre dans cette société. Je l’énonce en deux phrases. "Ce qui rapporte de l’argent est bon. Ce qui en coûte est mauvais." Je sépare le bien du mal avec ces deux phrases. C’est donc une morale.

    Elle guide toute l’activité financière, sans le moindre égard pour les humains qu’elle détruit. Je rejette donc cette morale.

    Mais elle m’apprend qu’une activité financière est sous-tendue par une morale. La nature de cette dernière organise la finance. L’argent vient après la vision que ses acteurs ont du bien et du mal.

    Cette vision du bien et du mal a changé en mal. Je vous l’accorde. Mais la morale continue de diriger la finance.

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