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  • Saul 25 mai 2012 11:36

     Il faut relancer l’économie grecque, dût l’euro en périr  LE MONDE le 24.05.2012 Par Jacques Sapir, économiste, directeur d’études à l’EHESS :

     http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/05/24/il-faut-relancer-l-economie-grecque-dut-l-euro-en-perir_1706862_3232.html

     « Le mémorandum signé entre la « troïka » et le gouvernement grec a démontré sa nocivité. Rajoutant la rigueur à l’austérité, il a plongé la Grèce dans une dépression sans égale. Cette politique est l’équivalent contemporain de la déflation des années 1930 dans son esprit comme dans ses mesures les plus concrètes (baisse autoritaire des salaires, diminution des prestations sociales). Elle conduira aux mêmes catastrophes.

    En dépit des coups de menton de Berlin, Francfort ou Bruxelles, il n’existe pas de cadre légal pour expulser un pays de la zone euro. Les traités n’ont fixé aucun chemin pour en sortir. Ici encore, c’est un bel exemple d’intelligence politique !

    L’Union européenne (UE) peut certes décider de suspendre son aide, mettant ainsi le gouvernement grec dans l’incapacité d’honorer ses dettes. Mais ce dernier peut alors prendre conjointement deux décisions lourdes de conséquences.

    Tout d’abord, il peut répudier la totalité de sa dette. Les gouvernements de la zone euro, engagés directement à travers le Fonds européen de stabilisation financière, et la Banque centrale européenne (BCE), devront alors "prendre leurs pertes" (64 milliards d’euros pour la France). Il peut, dans le même temps, réquisitionner la banque centrale de Grèce et lui faire émettre autant d’euros que nécessaire pour couvrir ses besoins de financement à court terme. Cette mesure, illégale, n’en est pas moins techniquement possible. Pour l’essentiel, il s’agit de jeux d’écritures.

    Les détenteurs de la dette grecque privée, en provenance des entreprises, ne seront que trop heureux d’accepter cet argent qui sur les comptes en banque n’est pas discernable des euros légalement émis ! La dette des agents privés serait ainsi considérablement allégée. Quant au déficit budgétaire, il est lié pour près de 75 % aux paiements des intérêts sur la dette. Une fois la dette répudiée, le déficit budgétaire serait substantiellement réduit et ne se monterait qu’à 3 % ou 4 % du PIB. A ce niveau, il est tout à fait possible de le financer durablement par des emprunts à la Banque centrale sans effets inflationnistes majeurs.

    Le gouvernement grec a donc dans ses mains des instruments de rétorsion face aux menaces. Mieux vaudrait donc discuter et renégocier le mémorandum, ce qui est très précisément la position du chef de Syriza, le parti de la gauche radicale, Alexandre Tsypras.

    Le glas de l’euro sonne déjà

    Au-delà se pose la question de la compétitivité de la Grèce. Soit les pays de l’Union européenne sont prêts à investir dans l’économie grecque, lui permettant de combler une partie de son écart de compétitivité qui s’est accru de 35 % depuis 2002. Soit il faudra se résoudre à une sortie de la Grèce de la zone euro et à une lourde dévaluation (50 %) de la drachme.

    Cette solution, pour pénible qu’elle soit, sera préférable à la poursuite de la politique du mémorandum. La dévaluation est en effet une solution possible pour la Grèce. Le déficit de la balance commerciale représentait, en 2011, environ 20 milliards d’euros. Le déficit hors effets des hydrocarbures représentait 15 milliards. Les importations incompressibles, on le voit, ne représentent qu’une partie (25 %) du déficit commercial actuel. Une dévaluation permettrait à la Grèce d’augmenter ses exportations, qui représentaient en 2011 l’équivalent de 27 % du PIB, dont 12 % de ce dernier pour les exportations de biens. Cela est loin d’être négligeable.

    Une telle solution sonnerait probablement le glas de l’euro. Mais ce glas sonne déjà avec la crise espagnole et le retour de la crise irlandaise. Une solution à la crise grecque est possible, à la condition que l’on cesse d’en faire un point d’honneur. Les femmes et hommes politiques européens doivent faire preuve de pragmatisme. Sinon, les réalités économiques trancheront pour eux. »

    Les dirigeants allemands ont dit très clairement qu’ils ne sont pas disposés à renégocier quoi que ce soit avec la Grèce. La chancelière allemande Angela Merkel a fait du respect des engagements, notamment la réduction des déficits et les réformes structurelles, un « préalable » au maintien d’Athènes dans la monnaie unique :

    http://www.lesoir.be/actualite/monde/2012-05-24/la-grece-sommee-de-respecter-ses-engagements-917657.php

    De plus les l’Allemagne refuse toute les  mesures proposées dans l’urgence pour sauver la zone euro, telles que les euro-obligations. Je ne pense pas que les dirigeants allemands auront évolués d’ici la fin du mois de juin car, je crois, qu’ils ont secrètement décidés de débarrasser la zone euro des « malades » qu’elle contient, considérant que faire de l’acharnement thérapeutique sur ces malades seraient encore plus couteux, pour eux, sur le long terme.

    Donc si l’Allemagne persiste dans son attitude intransigeante envers la Grèce et cela devrait être le cas,  la probabilité qu’Alexandre Tsypras s’il arrive en tête aux élections législatives prennent les deux décisions lourdes de conséquences évoquées par Jacques Sapir est très forte.

    La question est : « Combien de temps reste t-il au château de cartes de la zone euro pour s’effondrer ? »

    La France s’est fortement désindustrialisée depuis la création de la zone euro et il faut savoir que cette désindustrialisation a concerné l’ensemble pays membres de la zone euro.

    http://www.coe-rexecode.fr/public/Analyses-et-previsions/Presidentielle-2012-Faits-Chiffres/Faiblesses-et-atouts-de-la-France-dans-la-zone-euro-le-defi-de-la-reconvergence/La-desindustrialisation-a-ete-particulierement-rapide-en-France

    Donc une autre question est : Combien de temps reste t-il  pour que ceux qui ont conçus le château de cartes de la zone euro admettent qu’ils ont fait une grosse bêtise ?





  • Saul 20 mai 2012 14:43

    Les pays en difficulté en zone euro font l’objet d’une thérapeutique vouée à l’échec en raison des problèmes institutionnels de la zone euro et des intérêts contradictoires de ses pays membres. Pendant que certains pays font des plans d’austérité sans précédent pour sortir de leur crise d’endettement, il faudrait que ces pays puissent emprunter sur les marchés à des taux très bas pour que ces plans d’austérité aient une chance de marcher. Mais ces pays doivent se financer directement sur les marchés financiers qui voient que les plans d’austérité conduits par ces pays provoquent des récessions et qui donc continuent de les considérer comme des emprunteurs risqués en dépit des plans d’austérité menés et leur imposent en conséquence des taux d’intérêt très élevés rendant impossibles l’assainissement financier souhaité voulu par lesdits pays. Voir cette étude qui est en dit plus que ces quelques lignes mais qui abouti à la même conclusion. Elle est intitulée : Un ajustement réel rapide peut-il réussir ?

    http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=64011

    Une solution aux problèmes rencontrés par les pays en difficulté de la zone serait la mutualisation des dettes. Voir sur celle—ci : "La Commission européenne propose de créer des « eurobonds » :

    http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2011/11/demain-un-tr%C3%A9sor-europ%C3%A9en-sera-t-il-charg%C3%A9-d%C3%A9mettre-des-obligations-europ%C3%A9ennes-eurobonds-en-anglais-afin.html


    Mais l’Allemagne refuse un système de dette mutualisée car elle craint qu’il lui coûte trop cher. Le vice-chancelier et ministre allemand de l’Économie, Philipp Rösler, a déclaré : « Les eurobonds signifieraient que tout le monde partagerait le même poids des taux d’intérêts, ce qui serait une punition pour les pays (financièrement) sains. Avis partagé pour le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, qui déclare : « Les eurobonds restent exclus aussi longtemps que les États membres de l’Union décident de leur propre politique financière. »

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Euro-obligation

    Voir aussi : Pourquoi Paris et Berlin ne veulent pas des eurobonds (article du 17/08/2011)

    http://lexpansion.lexpress.fr/economie/pourquoi-paris-et-berlin-ne-veulent-pas-des-eurobonds_260918.html

    Citation : « Selon les récentes estimations du célèbre institut allemand Ifo, le surcoût d’euro-obligations pour le budget allemand se chiffrerait ainsi à 47 milliards d’euros par an environ. »

    Également :

    1) « Euro-obligations : et si Angela Merkel avait raison ? »

    http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/euro-obligations-et-si-angela-105033

    2) Pourquoi l’Allemagne refusera les euro obligations :

    http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/archive/2011/08/21/pourquoi-l-allemagne-refusera-les-euro-obligations.html

    Tout cela indique que le positionnement allemand sur les eurobonds semble parfaitement logique et compréhensible (sauf pour le nouveau gouvernement français et le nouveau président de la république qui ne l’ont pas encore compris) :

    http://www.20minutes.fr/economie/936239-croissance-paris-fixe-fin-juin-comme-horizon-accord-berlin


    Actualité récente (du 18 Mai 2012) :

    Les rendements espagnol et italien en hausse, au-dessus de 6% :

    http://www.lesechos.fr/investisseurs/actualites-boursieres/reuters-00444364-les-rendements-espagnol-et-italien-en-hausse-au-dessus-de-6-324736.php

    Citation :

    « Les coûts d’emprunt de l’Italie et de l’Espagne sont en hausse vendredi sur le marché obligataire, l’impasse politique en Grèce et les inquiétudes sur le secteur bancaire espagnol incitant les investisseurs à fuir les actifs jugés risqués. A l’inverse, les futures sur le Bund allemand ont inscrit dès le début de la journée un nouveau record historique à 144,05, profitant du repli vers les valeurs refuges. Le rendement à 10 ans allemand est tombé sous 1,40%. Le rendement des obligations italiennes à dix ans augmentait de huit points de base dans les premiers échanges, à 6,06%. Le rendement de l’emprunt espagnol à dix ans était en hausse de cinq points de base, à 6,39% »

    On voit que l’Allemagne considéré comme emprunteur fiable par les marchés financiers profite pleinement de son refus des eurobonds, alors que l’Italie et de l’Espagne considérés comme investisseurs risqués en pâtissent. Et bien évidemment l’Allemagne ne veut pas courir le risque de perdre son statut d’emprunteur fiable pour le bien commun européen.

    Quand est-ce que les dirigeants de la zone euro comprendront qu’ils n’ont le choix qu’entre deux solutions viables. Soit faire de la zone euro un véritable État fédéral, analogue à l’État fédéral américain, en dépit des hétérogénéités linguistiques, culturelles, économiques et sociales (gros défit en perspective mais qui pourrait s’appuyer sur ce qui a déjà été fait en matière d’intégration européenne), soit retourner vers les monnaies nationales qu’on n’aurait jamais du quitter si c’était pour faire ce que l’on a fait.












  • Saul 30 avril 2012 17:41

    Étude sur la situation de la zone euro :

    http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=63579

     Extrait : « Zone euro : l’erreur de conception est l’oubli de l’hétérogénéité structurelle ; elle peut conduire à l’éclatement de l’euro.

    La zone euro est une Union Monétaire :

    -sans fédéralisme (absence de transferts publics significatifs entre les pays, absence de budget commun, d’émissions communes des Etats) ;

    • avec des règles communes, en particulier dans le domaine budgétaire avec la mise en place de la Règle d’or (absence de déficit public structurel).

      Avoir les mêmes taux d’intérêt, le même taux de change, les mêmes règles budgétaires, en l’absence de fédéralisme suppose :

    • que les pays de la zone euro aient à peu près la même croissance et la même inflation, sinon l’inadaptation de la politique monétaire commune ne pourra pas être compensée par des politiques budgétaires différentes ou par des transferts entre pays liés au fédéralisme ;

    • que les pays de la zone euro aient à peu près la même évolution de la compétitivité-coût, puisque des écarts entre ces évolutions ne pourraient pas être corrigées par les mouvements des taux de change ;

    • que les pays de la zone euro aient à peu près les mêmes besoins en investissements publics, puisque les déficits budgétaires structurels doivent être partout nuls ;

    • que les pays de la zone euro n’aient ni excédent ni déficit extérieur, puisque, en l’absence de fédéralisme, ceci conduirait à une divergence des actifs et dettes extérieurs, donc à la perte de solvabilité des pays déficitaires et à des crises de balance des paiements. Compte tenu des institutions, il faut donc que les pays de la zone euro aient les mêmes taux de croissance et d’inflation ; les mêmes évolutions de la compétitivité, les mêmes besoins d’investissement public, des balances courantes équilibrées.

    Il s’agit là des conditions totalement, impossibles à réaliser ni aujourd’hui ni plus tard, pour que la zone euro puisse fonctionner normalement dans le cadre de ses traités actuels. Si ces conditions ne sont pas remplies et bien la conséquence est le désastre actuel. Je crains qu’il y ait peu de chances que la mise en place d’un gros crédit d’investissement européen, si c’est la solution envisagée pour relancer la croissance dans la zone euro, sera la solution qui permettra de remédier au système totalement bancal qui a été mis en place en créant la zone euro. Les concepteurs de la zone euro ont fait un bricolage très dangereux et irréaliste sans s’en rendre compte.













  • Saul 25 avril 2012 00:06

    Cette étude de la banque « natixis » explique les mesures concrètes que François Hollande devraient proposer pour sauver l’Euro. Mais elles sont contraires aux traités européens (notamment la proposition d’achats massifs de dette publique des pays en difficulté par la BCE). Ces traités pourraient certes être modifiés, mais l’Allemagne s’y opposera pour préserver son intérêt national. Il ne fallait pas faire de monnaie unique avec des pays en situations économiques et sociales très différentes et sans union politique. Ça a été une grosse C… . Donc il ne reste plus à la zone euro qu’à exploser. Ce n’est plus qu’une question de temps.

     http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=63691

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