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tiptop

Je suis enseignant et chercheur en histoire contemporaine travaillant sur les mondes africains et le fait politique.

Tableau de bord

  • Premier article le 03/04/2007
  • Modérateur depuis le 06/11/2007
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Derniers commentaires



  • tiptop 6 octobre 2008 19:41
    Après avoir été à l’origine de la plainte qui a déclenché l’Angolagate, l’Etat français a par la suite freiné des quatre fers. La France se déjuge. Aujourd’hui, le ministère de la Défense par qui le scandale est arrivé, cynique, se fait même l’avocat de ceux qu’elle a fait asseoir hier sur le banc des “accusés”. «  Hervé Morin, ministre de la défense de Pierre Falcone », titrait à juste titre Libération, dans sa livraison du 19 juillet 2008. En effet, dans la correspondance adressé le 11 juillet 2008 à Me Veil, avocat de Falcone, M. Morin affirme, que son département ministériel n’aurait jamais du engager des poursuites judiciaires contre les prévenus, « puisque, dit-il, il n’y a jamais eu de « trafic » à proprement parler à partir de la France » . Un grand écart juridique visant à affaiblir l’accusation. En fait, le ministre de la Défense marche au pas et dans les pas de sa hiérarchie. Depuis son accession à la magistrature suprême, Nicolas Sarkozy s’échine en effet pour déminer le terrain de l’Angolagate. Primo, l’Elysée protège sans ménagement le président angolais, parrain du système Falcone, contre les investigations redoutables du juge Philippe Courroye. « Le président Dos Santos a d’ores et déjà obtenu de ne pas être directement impliqué. "Ce dossier est de nature totalement judiciaire. L’instruction est bouclée" et "aucun ressortissant angolais n’est poursuivi", précise-t-on ainsi à l’Elysée. » Pour que le message soit plus audible à Luanda, Nicolas Sarkozy déclare dans les colonnes du Jornal de Angola : « Cette affaire concerne un citoyen français [Falcone] poursuivi (…) pour ne pas avoir respecté des dispositions légales françaises » .Explication, il s’agit du Falconegate et non de l’Angolagate. Mais Dos Santos ne l’entend pas de cette oreille, pour le parrain il est hors de question de sacrifier ses filleuls, Falcone et Gaydamak, sur l’autel de la justice française. Déjà, le 26 février 2001, à l’occasion de l’accréditation du nouvel ambassadeur de France en Angola, Eduardo Dos Santos déclarait :
    « Je n’ai pas l’intention de m’immiscer dans des affaires intérieures françaises, mais j’ai le devoir de reconnaître que certaines des personnes actuellement visées dans des procédures judiciaires en France ont donné une contribution immense au développement de l’amitié et de la coopération entre l’Angola et la France. Monsieur Pierre Falcone, par exemple, à travers son entreprise, a soutenu l’Angola à un moment crucial de son histoire (…) Pour l’acquisition d’équipements militaires dont il avait besoin à l’époque, le gouvernement d’Angola a trouvé le concours de l’entreprise ZTS-Osos [représentée en France par Gaydamak, NDLR], qui n’est pas même une entreprise de droit français (…) Toute cette confusion délibérée s’était déjà produite avec monsieur Tarallo et je dois vous avouer, Monsieur l’Ambassadeur, qu’une telle situation nous laisse simplement perplexes. Ceux qui oeuvrent par des actions concrètes et d’ampleur au rapprochement entre nos deux pays finissent par avoir des problèmes (…) Monsieur l’Ambassadeur, l’amitié est comme une plante qui, si elle n’est pas régulièrement arrosée et fertilisée, s’assèche » . Deux mois plus tard, le président Angolais s’immisce dans les affaires intérieures de la France. A travers correspondance adressée à Jacques Chirac il demande au pouvoir exécutif d’arrêter la machine judiciaire, le tout, toujours, sur fond de menace à peine voilée :
    « Monsieur le Président (…) le gouvernement d’Angola a pris connaissance, à travers la presse, de l’existence d’une action judiciaire contre son mandataire officiel, M. Pierre Falcone, dont les répercussions causent de graves préjudices moraux à la République d’Angola et peuvent constituer un obstacle aux bonnes relations existant entre nos deux pays (…) La France n’est pas un fournisseur habituel de l’Angola en matériels d’armement ; de telle sorte qu’à aucun moment les équipements en cause n’ont transité, ni juridiquement ni matériellement, par le territoire de la République française ou à travers des entreprises ou des établissements français [argument repris par Hervé Morin, NDLR] (…) Pour cette raison, il nous paraît indispensable que l’Etat français, qui est impliqué dans ce processus, retire les plaintes qu’il a déposées aussi bien pour fraude fiscale que pour vente illicite d’armes. (…) Nous souhaitons également retenir l’attention de votre pays sur l’injustice qui nous paraît actuellement commise à l’encontre de notre mandataire, M.Falcone. M.Falcone est un grand ami de l’Angola. » 
    L’homme fort de Luanda omet de dire qu’avant d’être un grand ami de l’Angola, Falcone, comme son acolyte Gaydamak, est d’abord son protégé, l’homme des basses besognes. « La société Brenco constituait une sorte d’interface entre la présidence angolaise (P. Falcone et son associé Arcadi Gaydamak ont reçu des passeports angolais et étaient « conseillers » du Président ; Brenco versait des sommes à diverses personnes et organismes français et angolais avec l’accord ou à la demande du Président angolais…) et des vendeurs d’armes de l’Europe de l’Est (notamment l’entreprise slovaque ZTS-Osos liée à Falcone). » Falcone et Gaydamak ont arrosé le microcosme mondain parisien, sur ordre du parrain Dos Santos. Les deux chargés de mission avaient accès aux comptes du gouvernement angolais ouverts auprès de la banque Paribas à Paris et à Genève. Certains ont parlé de la « privatisation de la guerre ». Une partie de ce trésor garanti sur l’or noir angolais s’est retrouvée sur les comptes particuliers de Falcone, du milliardaire Gaydamak et… du président Dos Santos, entre autres. « L’enquête chiffre à 397 millions de dollars les profits encaissés personnellement sur les ventes d’armes par Pierre Falcone et Arcady Gaydamak. » De même, dans le cadre d’une enquête parallèle à l’Angolagate menée par le juge genevois Daniel Devaud, un compte du parrain, alimenté par Falcone, a été découvert au Luxembourg. « Confirmation de la brigade financière française : les comptes basés au Luxembourg -soit 37,1 millions de dollars- sont bel et bien au nom de M. Dos Santos » écrivait Simon Petite en avril 2005.
    L’Elysée est donc au courant des détournements faramineux des avoirs du peuple angolais par Dos Santos et ses affidés. Après avoir mis le parrain à l’abri des poursuites judiciaires, l’Etat français met les bâtons dans les roues de la justice pour permettre à ses filleuls de s’en sortir. D’après « d’insistants échos venus du sommet de l’Etat, Nicolas Sarkozy veut nommer le juge Courroye [qui dirige l’enquête, NDLR] à la tête du parquet de Paris, ce dernier devra peut-être se déjuger au grand jour » .Qu’est-ce qui explique toutes mesquineries élyséennes ?
    Le pétrole. Le business est florissant dans le pays de Dos Santos. L’Angola est devenu le premier producteur d’or noir de tout le continent africain. Les intérêts de Total, fleuron de l’industrie française et bien implantée sur place, sont directement menacés. A titre d’exemple, en octobre 2004, « Manuel Vicente, le tout-puissant patron de la Sonangol [Société national des hydrocarbures en Angola, NDLR], a adressé une lettre à Thierry Desmarest, le PDG de Total, lui signifiant que l’Etat angolais allait récupérer les concessions du bloc 3/80 qui arrivent à échéance. Stupeur dans les étages supérieurs de la Tour de la Défense, siège de la compagnie (…) D’après nos sources, c’est maintenant le bloc 17 qui va faire l’objet du chantage ». Pendant plusieurs années, le soldat Chirac a tenté de résister aux assauts du Parrain, du moins a-t-il fait semblant. Son épigone, lui, a opté pour la danse du ventre. « Nicolas Sarkozy s’est rendu à Luanda, le 23 mai, les bras chargés de promesses de cadeaux. Le chef de l’Etat a ainsi annoncé la réouverture des bureaux de l’Agence française de développement (AFD), qui avaient fermé suite au refus angolais de payer une dette qui, à l’origine, n’était que de 60 millions FF, soit 9,1 millions d’euros… A peine quelques fûts d’une cargaison de pétrole. Cette dette va sans doute passer à l’ardoise magique en Club de Paris. Une victoire pour le Palais rose. » Il était accompagné des dirigeants de Total, Castel, EADS, Bolloré, CMA-CGM, AIR France, Thales, et de la Société générale. Avant de prendre congé de son homologue, il lui a lancé, les yeux dans les yeux : « Je vous attends à Paris en 2009, vous allez reprendre vos habitudes sur la Côte d’Azur » .
    Une fois le scandale de l’Angolagate étouffé, le parrain ira peut-être bronzer sur la croisette avec les crèmes solaires de l’Elysée et l’argent spolié aux Angolais, pendant ce temps l’espérance de vie de ses sujets est de 41 ans, 40 % d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté absolue, 62 % n’ont pas accès à l’eau potable, il y a 8 médecins pour 100 000 habitants et 1 400 décès pour 100 000 accouchements .Dos Santos est au pouvoir depuis 29 ans et n’a pas l’intention de prendre sa retraite, le système Falcone a lui permis de détourner les ressources de l’Etat et d’enrichir sa clientèle…Tant pis. Avant le 6 octobre l’Elysée tient à désamorcer la bombe Angolagate. Les Angolais seront sacrifiés sur l’autel du chiffre d’affaires de Total et des entreprises françaises en Angola. Il y a un an l’“homme de la rupture ” déclarait pourtant la main sur le cœur : « Je veux lancer à tous les Africains un appel fraternel pour leur dire que nous voulons les aider à vaincre la maladie, la famine et la pauvreté et à vivre en paix. Je veux leur dire que nous déciderons ensemble d’une politique d’immigration maîtrisée et d’une politique de développement ambitieuse. Je veux lancer un appel à tous ceux qui dans le monde croient aux valeurs de tolérance, de liberté, de démocratie et d’humanisme, à tous ceux qui sont persécutés par les tyrannies et par les dictatures, à tous les enfants et à toutes les femmes martyrisés dans le monde pour leur dire que la France sera à leurs côtés, qu’ils peuvent compter sur elle » .Le pétrole rend amnésique, tous les psychologues vous le diront.

    Article tiré de ONG Survie France


  • tiptop 1er octobre 2008 15:10
    Qu’ils sautent par la fenêtre ! Qu’ils meurent avec panache comme en 29 ! Personne ne les regrettera et surtout pas les trois milliards d’individus asphyxiés et affamés par un capitalisme pas si financier que ça. Et surtout on serait gré à ces messieurs les traders et profiteurs de tous poils, avant de se tirer une balle dans la tête, de vendre leur 4x4 et de « réinjecter » dans le marché les quelques 11500 milliards de dollars qui barbotent dans les paradis fiscaux. A coté, les 700 milliards de Paulson c’est de l’argent de poche. Une dernière chose : pas touche au livret A de mon fils !


  • tiptop 1er octobre 2008 15:08
    Qu’ils sautent par la fenêtre ! Qu’ils meurent avec panache comme en 29 ! Personne ne les regrettera et surtout pas les trois milliards d’individus asphyxiés et affamés par un capitalisme pas si financier que ça. Et surtout on serait gré à ces messieurs les traders et profiteurs de tous poils, avant de se tirer une balle dans la tête, de vendre leur 4x4 et de « réinjecter » dans le marché les quelques 11500 milliards de dollars qui barbotent dans les paradis fiscaux. A coté, les 700 milliards de Paulson c’est de l’argent de poche. Une dernière chose : pas touche au livret A de mon fils !


  • tiptop 16 juillet 2008 19:32

    Sur ce sujet, voici un excellent article d’Odile Tobner qui nous sort un petit peu de la pensée unique ....

    Autant les graves atteintes aux droits de l’homme, qui sont commises en ce moment au Tchad et au Cameroun, trouvent peu d’échos dans les médias - la disparition au Tchad de Ibni Oumar Mahamat Saleh, leader d’un parti d’opposition, et de bien d’autres victimes de la répression de la population civile, l’emprisonnement au Cameroun des artistes Joe la Conscience et Lapiro de Bango et de nombreux autres Camerounais, qui n’ont fait qu’user de leur liberté de protestation, n’émeuvent pas les voix officiellement chargées de la défense des droits humains - autant les « émeutes de la faim » ont fait un tabac médiatique. On retrouve là en effet tous les traits de l’Afrique qu’on aime, naturellement misérable et victime d’on ne sait quelle malédiction. Tous les poncifs sont au rendez-vous : « Ils sont trop nombreux, ils ne savent pas cultiver ». Tous les messies se sont précipités pour apporter leurs bons conseils. On a claironné le montant des aumônes de l’aide alimentaire. Selon Le Figaro du 18 avril : « Face la crise alimentaire mondiale, Nicolas Sarkozy annonce que l’aide française sera portée à 60 millions d’euros défense de rire dès 2008. » Seule manquait au rendez-vous la description de réalités occultées. Non seulement l’Afrique peut nourrir ses habitants mais elle nourrit, entre autres, notre continent. D’immenses surfaces sont consacrées en Afrique au thé, au café, au cacao, à la banane, à l’arachide, toutes productions destinées à l’exportation. Ces productions enrichissent d’une part les grosses entreprises, étrangères pour la plupart, qui détiennent d’immenses plantations, d’autre part toute la chaîne de la spéculation sur les marchés internationaux, tandis qu’elles laissent les populations dans la plus grande pauvreté. Le salaire d’un ouvrier agricole au Cameroun, sur une bananeraie exploitée par une société française, est de 25 000 FCFA, 38 euros mensuels. Soit moins de 1000 FCFA pour dix heures quotidiennes de travail, tandis que le carburant au Cameroun, pays producteur de pétrole, est à 600 FCFA le litre à la pompe. La bouteille de gaz de 30 kg est à 6000 FCFA, le sac de ciment également. L’électricité est à 70 FCFA le kW (deux fois plus cher que le prix moyen en France). Autant dire que l’accès à ces modestes biens est réservé à une minorité. Le marché du gaz, du ciment, de l’électricité, produits localement, est possédé majoritairement par des sociétés étrangères qui dictent les prix. Les productions vivrières locales sont concurrencées par l’invasion des sous-produits de l’industrie agroalimentaire française : farine, poulets. Le pain, de très basse qualité, est consommé au détriment du bâton de manioc, bien plus nourrissant, facile à produire localement, et qui serait à l’abri des fluctuations du marché mondial. Bien loin d’aider les producteurs locaux, tout est fait pour les racketter, les décourager. Le transport intérieur est pénalisé par toutes sortes de prélèvements qui s’ajoutent au prix prohibitif des carburants. Mais l’Aide française au développement vient de subventionner au Cameroun la production de haricots verts pour l’industrie agroalimentaire de la conserverie française. Avec les salaires qu’elles touchent, les ouvrières de la mise en boîte ne peuvent pas subvenir à leurs besoins les plus élémentaires. La liste des aberrations économiques que subit l’Afrique serait infinie. Mais les peuples qui en sont victimes sont sans voix, muselés par des pouvoirs féroces pour leur population mais sans courage, sans intelligence, sans imagination, quand il s’agit d’être asservis aux intérêts de l’ancienne puissance coloniale et des organismes économiques internationaux représentant ceux des grandes puissances mondiales. Ressent-on, dans ces conditions, l’injure que constitue l’aide, particulièrement dérisoire et méprisante, avec quelques larmes en prime pour s’apitoyer sur ceux qui ont faim ? Odile Tobner



  • tiptop 11 juillet 2008 08:30

    Sankara est le seul dirigeant africain francophone à avoir amélioré sensiblement la situation de son pays (le burkina) en refusant toute aide extérieure notamment de la France. Il avait besoin d’aide et de soutien certes mais il savait comme beaucoup que les dés étaient pipés. Les points cardinaux de son action, durant ses quatre ans au pouvoir, étaient : lutte contre la corruption, développement autocentré, condamnation du néocolonialisme, éducation et santé pour tous, émancipation des femmes. Dans tous ces domaines, il a adopté des mesures concrètes comme la réduction du train de vie de l’Etat (à commencer par le sien propre), interdiction de certaines importations de produits alimentaires et réforme agraire, campagnes de scolarisation et de vaccinations (pour lesquelles il a reçu les félicitations de l’Organisation mondiale de la santé), dénonciation des ingérences françaises, interdiction de la polygamie et lutte contre l’excision, etc.

    Lumumba a fait l’objet d’une vaste littérature. Il a été assassiné par les belges et la CIA.

    Le togolais Olympio a été assassiné par Eyadema lui-m^me en 1963. Eyadema fait partie de la nébuleuse françafricaine. Il est resté au pouvoir jusqu’a sa mort en 2005.« Avec lui disparaît un ami de la France qui était pour moi un ami personnel » Jacques Chirac). Son fils se fera élire grace à un scrutin entaché d’irrégularité.

    Ok voici les infos sur Nyobe et Mounié. Leaders camerounais qui a la différence de Sankara, Olympio et Lumumba n’ont jamais eu les r^nes du pouvoir. Inutile donc de fantasmer sur ce qu’il aurait pu accomplir.

    3 septembre 1958 : Ruben Um Nyobé, dirigeant de l’UPC, est abattu (Cameroun) Syndicaliste, formé par la CGT française, Ruben Um Nyobé forme le 10 avril 1948, l’UPC, Union des Populations Camerounaises, section camerounaise du RDA, combattue au Nord par des notables attachés aux structures coloniales et dans la région de Yaoundé par l’Église catholique qui recrute au Sud en pays Bassa et Bamiléké, régions les plus scolarisés. L’UPC qui se déclare « communiste » ne suit pas la politique de collaboration avec le colonisateur préconisée par le RDA de Houphouet Boigny. En 1953, l’UPC constate l’inanité de la lutte sur le plan légal et Um Nyobé prend le maquis. Des émeutes, suivies de répression, éclatent en 1955. L’UPC est interdite le 13 juillet 1955. Les élections camerounaises sont fixées au 23 décembre 1956 de telle façon que l’UPC ne puisse s’y présenter. Le 9 décembre 1957, André-Marie Mbida, premier ministre98, appelle les troupes françaises pour « rétablir l’ordre » dans la Sanaga maritime (pays Bassa). La « campagne de pacification » va durer onze mois. Le 3 septembre 1958, Ruben Um Nyobé est tué près de son village natal de Boumnyebel. L’ordre de le liquider aurait, selon Pierre Péan, été donné par Maurice Delauney qui laisse à son départ en décembre 1958 « une situation détendue ». Le 19 février 1958, Ahmadou Ahidjo devient Premier ministre à la place de Mbida. Le 19 octobre 1958, le haut-commissaire Xavier Torre annonce à la radio que la France est prête à accorder l’indépendance au Cameroun. Elle sera effective le 1er janvier 1960, mais ne mettra pas un terme à la répression de l’UPC par les troupes françaises. En 1959, les troubles reprennent en pays bamiléké. De février à octobre 1960 une « campagne de pacification » est faite par l’armée française. Sources : Yves Benot, Massacres coloniaux, La Découverte, 1994 ; Marianne Cornevin, Histoire de l’Afrique contemporaine, Payot, 1978 ; François Xavier Verschave, La Françafrique - Le plus long scandale de la République, Stock, page 98 ; Mongo Beti, Le Cameroun d’Ahidjo, Temps Modernes, novembre 1972, numéro 316 (Extrait de Main basse sur le Cameroun Maspero, saisi) ; Georges Chaffard, Les carnets secrets de la décolonisation II, page 347 ; Pierre Péan, l’Homme de l’ombre, Fayard, 1990, p. 283-284.

    15 octobre 1960 : Assassinat de Félix Moumié, chef de l’UPC (Cameroun) Félix Moumié succède à Ruben Um Nyobé à la tête de l’UPC (Union des Populations Camerounaises) qui lutte contre le régime néocolonial d’Ahmadou Ahidjo mis en place par Jacques Foccart. Il est empoisonné au thalium par un agent français du SDECE, se faisant passer pour journaliste, William Bechtel, à qui il a eu la naïveté d’accorder un rendez-vous dans un restaurant de Genève, la veille de son départ pour l’Afrique. Poursuivi tardivement par la Suisse, Bechtel sera arrêté à Bruxelles en 1975, extradé et acquitté en 1980, à la suite des pressions que l’on devine. Implication de la France : D’après Pierre Péan, Jacques Foccart aurait dit à propos de ce meurtre en 1995 : « Je ne crois pas que cela ait été une erreur ». Sources : Pierre Péan, L’homme de l’ombre, Fayard, 1990, page 286-287 ; François Xavier Verschave, La Françafrique - Le plus long scandale de la République, Stock, page 104 ; Mongo Beti, Le Cameroun d’Ahidjo, Temps Modernes, novembre 1972, numéro 316 (Extrait de Main basse sur le Cameroun Maspero, saisi) ; Emission "Monsieur X" sur France Inter.

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