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tiptop

Je suis enseignant et chercheur en histoire contemporaine travaillant sur les mondes africains et le fait politique.

Tableau de bord

  • Premier article le 03/04/2007
  • Modérateur depuis le 06/11/2007
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Derniers commentaires



  • tiptop 18 janvier 2008 18:31

    Depuis mon précédent article « Trafic d’enfants au Tchad : ce qu’on n’ose dire... » paru dans Agoravox et différents blogs, de l’eau a coulé sous les ponts. On notera : le procès éclair des membres de l’arche de Zoé, leur condamnation à 8 ans de travaux forcé, leur rapide rapatriement en France et enfin la diffusion de complément d’enquête avec le reportage de Marie-Agnes Peleran et d’une excellente conte-enquête.

     

    Evidemment ce qu’il y a de choquant dans le verdict c’est l’indifférenciation des responsabilités. Huit ans c’est lourd pour certains qui n’ont péché que par excès de naïveté. Ce qui est ironique c’est que les magistrats tchadiens ont été formés en France. Il serait mal venu de leur faire la leçon à moins de tomber, et certains ne s‘en privent pas, dans un néocolonialisme nauséabond. Le Tchad n’étant pas un état de droit, (une néocolonie française à dire vrai, un des piliers de la françafrique), sa justice n’a pas trop l’habitude d’opérer en toute indépendance. Déby de toute façon se devait de faire bonne figure devant la population tchadienne légitimement remonté contre les Zozoïstes et devant la communauté internationale. Le rapatriement rapide montre qu’un certain nombres de choses ont été négociées entre Déby et Sarkozy. Soutien militaire ? Si c’est le cas c’est une très mauvaise nouvelle pour le peuple tchadien. A ce prix, il aurait mieux valu que les français restent emprisonnés au Tchad.

    Procès bâclé ? Certes, mais n’oublions pas que ce sont les intermédiaires tchadiens trompés par Children Rescue et maintenant rejetés par leur village qui sont les vrais victimes de ce désastre. Lisez le magnifique reportage de Florence Aubenas dans le nouvelobs. Le drame pour eux est qu’ils ont menti en présentant les enfants comme orphelins. Pourquoi ? s’interroge Mme Peleran dans son reportage. Complément d’Enquête nous offre la réponse en questionnant un des chefs de Village : c’est pour leur garantir une place dans la structure éducative (fictive) proposée par Children Rescue. Voilà comment un mensonge en appelle un autre. Tout le monde se retrouve piégé.

    Les deux reportages sont accablants. Voir par exemple Emilie Lelouch « faire son marché » dans un village reculé en inspectant les dents d’un enfant rappelle les heures les plus noires de la traite des esclaves. A t-elle conscience de son geste ? Non bien sûr, mais les membres de l’Arche de Zoé montre constamment une arrogance feutrée et bien pensante, sûrs qu’ils sont, de la pureté de leur intentions. A voir également la scène ou la même Emilie Lelouch « négocie » avec les mères de familles et se permet de leur faire la leçon en leur signifiant que si elle leur « rend » les enfants, elles doivent bien s’en occuper et ne pas les abandonner. Quel mépris et quelle ignorance ! Faire la distinction entre un grand-père et un oncle, une « vraie » mère et une mère adoptive pour justifier le « rapt » d’enfant est choquant. Ces pieds nickelés de l’humanitaire ignore tout de la famille africaine, de son fonctionnement, des solidarités qui la structurent et qui sont, soit dit en passant, beaucoup plus fortes qu’en Occident. « Il faut tout un village pour élever un enfant » ce proverbe africain, ils auraient du le connaître.

     

     

    A voir la vidéo sur le net : Afrique et Nouvelles Interdépendances (ANI) a organisé une conférence qui a réuni le conseiller spécial de Bernard Kouchner, Eric Chevallier., Rony Brauman cofondateur de Médecins sans frontière, Jacky Mamou, l’homme qui a mobilisé les politiques sur le DARFOUR, le Pr Honorat Aguessy venu du Bénin.

     



  • tiptop 18 janvier 2008 18:28

     

    Depuis mon précédent article « Trafic d’enfants au Tchad : ce qu’on n’ose dire... » paru dans Agoravox et différents blogs, de l’eau a coulé sous les ponts. On notera : le procès éclair des membres de l’arche de Zoé, leur condamnation à 8 ans de travaux forcé, leur rapide rapatriement en France et enfin la diffusion de complément d’enquête avec le reportage de Marie-Agnes Peleran et d’une excellente conte-enquête.
     
    Evidemment ce qu’il y a de choquant dans le verdict c’est l’indifférenciation des responsabilités. Huit ans c’est lourd pour certains qui n’ont péché que par excès de naïveté. Ce qui est ironique c’est que les magistrats tchadiens ont été formés en France. Il serait mal venu de leur faire la leçon à moins de tomber, et certains ne s‘en privent pas, dans un néocolonialisme nauséabond. Le Tchad n’étant pas un état de droit, (une néocolonie française à dire vrai, un des piliers de la françafrique), sa justice n’a pas trop l’habitude d’opérer en toute indépendance. Déby de toute façon se devait de faire bonne figure devant la population tchadienne légitimement remonté contre les Zozoïstes et devant la communauté internationale. Le rapatriement rapide montre qu’un certain nombres de choses ont été négociées entre Déby et Sarkozy. Soutien militaire ? Si c’est le cas c’est une très mauvaise nouvelle pour le peuple tchadien. A ce prix, il aurait mieux valu que les français restent emprisonnés au Tchad.
    Procès bâclé ? Certes, mais n’oublions pas que ce sont les intermédiaires tchadiens trompés par Children Rescue et maintenant rejetés par leur village qui sont les vrais victimes de ce désastre. Lisez le magnifique reportage de Florence Aubenas dans le nouvelobs. Le drame pour eux est qu’ils ont menti en présentant les enfants comme orphelins. Pourquoi ? s’interroge Mme Peleran dans son reportage. Complément d’Enquête nous offre la réponse en questionnant un des chefs de Village : c’est pour leur garantir une place dans la structure éducative (fictive) proposée par Children Rescue. Voilà comment un mensonge en appelle un autre. Tout le monde se retrouve piégé.
    Les deux reportages sont accablants. Voir par exemple Emilie Lelouch « faire son marché » dans un village reculé en inspectant les dents d’un enfant rappelle les heures les plus noires de la traite des esclaves. A t-elle conscience de son geste ? Non bien sûr, mais les membres de l’Arche de Zoé montre constamment une arrogance feutrée et bien pensante, sûrs qu’ils sont, de la pureté de leur intentions. A voir également la scène ou la même Emilie Lelouch « négocie » avec les mères de familles et se permet de leur faire la leçon en leur signifiant que si elle leur « rend » les enfants, elles doivent bien s’en occuper et ne pas les abandonner. Quel mépris et quelle ignorance ! Faire la distinction entre un grand-père et un oncle, une « vraie » mère et une mère adoptive pour justifier le « rapt » d’enfant est choquant. Ces pieds nickelés de l’humanitaire ignore tout de la famille africaine, de son fonctionnement, des solidarités qui la structurent et qui sont, soit dit en passant, beaucoup plus fortes qu’en Occident. « Il faut tout un village pour élever un enfant » ce proverbe africain, ils auraient du le connaître.
     
     
    A voir la vidéo sur le net : Afrique et Nouvelles Interdépendances (ANI) a organisé une conférence qui a réuni le conseiller spécial de Bernard Kouchner, Eric Chevallier., Rony Brauman cofondateur de Médecins sans frontière, Jacky Mamou, l’homme qui a mobilisé les politiques sur le DARFOUR, le Pr Honorat Aguessy venu du Bénin.


  • tiptop 4 janvier 2008 14:52

    Chic on va pouvoir évaluer la ministre des droits de l’homme.

    Critères proposés :

    Le nombre de fois ou l’expression droit de l’homme est prononcé

    OU

    Le nombre de jours cumulés des dictateurs invités en France.

    Yama Rade a du mouron à se faire... Comment éviter la schizo ??



  • tiptop 4 janvier 2008 14:43

    Les enfants Tchadiens ont dans leur grande majorité des parents. Les parents et les proches se sont déclarés. C’est un fait établi qui ne prête plus à discussion....



  • tiptop 30 novembre 2007 17:16

    Voici ce que j’avais écrit sur les émeutes de 2005. Ces commentaires me semblent toujours d’actualités. Rien n’a changé. sarkozy se démène pour ne pas voir un problème social. Sa démagogie touche au mépris quand il affirme : « Quand on veut expliquer l’inexplicable, c’est qu’on s’apprête à excuser l’inexcusable » Ben voyons. Fermons les yeux, chercher à comprendre c’est se rendre complice !

    Pourquoi la question "Comment en est-on arrivé là ? » est si difficile à appréhender pour la plupart des Français ? Comment arriver à se décentrer un peu par rapport à nos belles certitudes républicaines et se mettre à la place de l’Autre fut-il un « sauvageon » décervelée ? Sommes nous si imprégnés de nos idéaux républicains et égalitaires que nous ne puissions voir l’effarant fossé entre nos valeurs affichées (et qui ont une vrai portée universelle !) et certaines réalités sociales.

    LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE, REALITE a titré « the independant ». Les Anglais sont nos meilleurs amis quand ils nous mettent face à nos contradictions. Pourquoi la question "Comment en est-on arrivé là ? » est si difficile à appréhender pour la plupart des Français ? Comment arriver à se décentrer un peu par rapport à nos belles certitudes républicaines et se mettre à la place de l’Autre fut-il un « sauvageon » décervelée ? Sommes nous si imprégnés de nos idéaux républicains et égalitaires que nous ne puissions voir l’effarant fossé entre nos valeurs affichées (et qui ont une vrai portée universelle !) et certaines réalités sociales. La France a depuis la révolution toujours porté cette terrible contradiction : des discours humanistes qui portent en germe l’espoir d’une réelle émancipation de l’homme et des politiques effectives qui font tout le contraire. Jules Ferry en est un parfait exemple : les valeurs qui ont fait l’école laïque ont été les mêmes qui ont porté l’aventure coloniale (« les races supérieures ont un devoir d’éduquer les races inférieures » je cite). Le brillant auteur de « De la démocratie en Amérique » Alexis de Tocqueville en est un autre : il justifiait les enfumades de Bugeaud et autres massacres perpétués en Algérie au nom d’un pragmatisme en net décalage avec les valeurs qu’il a toujours prôné. Aujourd’hui peut-être que nous rêvons encore notre beau pays comme une terre d’asile, accueillante et généreuse envers tous ces ex-colonisés qui pour la plupart d’ailleurs n’ont pas demandé à venir. Nous les assistons, la cause est entendu, puisque nous ne voulons plus ni leur donner du travail ni les déghettoïser. L’assistanat généralisé donne bonne conscience aux décideurs gauche caviar, et ceux de droite enragent (« on leur donne tout ! » « Ils passent avant les autres » sont des classiques qu’on entend partout) quand ils ne rêvent pas de les rejeter à la mer. Ces populations qu’on le veuille ou non nous renvoie à un passé colonial qui ne passe pas. Certains ont la naïveté de croire qu’il est, non pas glorieux, mais équilibré en termes de méfaits et bienfaits. C’est en gros ce que dit la loi du 11 février 2005, justement décrié par les historiens. D’ailleurs, ce passé ne s’enseigne pas ou si peu . Je renvoie au rapport de l’INRP « Entre mémoire et savoir, l’enseignement de la Shoah et des guerres de colonisation » dans lequel beaucoup d’enseignants y confessent avec humilité ne pas être à la hauteur face à ces angoisses identitaires car insuffisamment formés. Mais bien sûr certains se contenteront de penser que tout a été dit, montré et digéré en matière d’histoire coloniale. Notre bonne conscience nous aide à vivre n’est-ce pas ? Cette parenthèse historique n’est pas anodine. Le présent n’est pas compréhensible s’il n’est pas mis en relation avec le passé ; la construction de la république ne s’est pas fait sans heurts ni contradictions. Au lieu de prendre un peu de distance on préfère se réfugier dans la psychologie façon café du commerce et donner des leçons de morale : « Ils ne veulent pas travailler » « Ils ne veulent pas s’en sortir » « c’est la faute aux parents ». Faut-il lire l’intégrale de Bourdieu pour comprendre que cette rhétorique de la volonté dépend fortement du contexte social, familial et de l’histoire singulière de chacun ?

    Osons un constat. Certaines populations immigrées sont victimes d’une double injustice : économique et identitaire.

    Au nom de quoi le reconnaître serait les excuser ! Certains feront justement remarquer que la misère, le chômage ne poussent pas toutes les populations à se révolter de la sorte. C’est ici que s’ajoute la crise identitaire profonde de certains jeunes maghrébins. Quand on ne sait pas qui on est (Arabe, Berbère, Algériens, Français, Musulman , citoyen, racaille ?...) d’où on vient

    (le lien générationnel est dans bien des cas rompu, voir les films de Yamina Benguigui) où on va ( Chômage, délinquance,

    intégrisme ?) on pète les plombs et on brûle des voitures. N’en déplaise à certains, cela pourrait être pire encore ! La fracture identitaire est béante pour ces populations qu’on somme de s’intégrer en oubliant de leur donner les moyens de le faire par le travail. Les aînés ont subis les pires humiliations, rasé les murs dans leurs bidonvilles mais ne se plaignaient pas. Ils trimaient pour leur maigre pitance. Leurs fils et petit-fils se révoltent. Faut-il s’en étonner alors qu’ils sont beaucoup mieux lotis matériellement qu’il y a 30 ans ? Ce qui leur est sans doute insupportable c’est l’effroyable écart entre les discours humanistes et républicains et la réalité sociale dans laquelle ils se débattent. Le double langage est partout mais nous continuons à nous boucher les yeux. Que ce soit des vrais voyous, ou plus grave, des jeunes méritant (ceux qui triment et subissent discrimination sur discrimination) où qu’ils se tournent l’horizon est bouché.. A ce propos ils seraient pertinent de s’intéresser à certains casseurs, pas les caïds de quartier bien sûr, mais les sans-histoires, ceux qui le temps d’une nuit furieuse ont franchi la ligne rouge et laissé exploser leur désespoir. C’est aussi une très sérieuse remise en question du rôle de la police dans les quartiers chauds et du comportement ouvertement raciste de certains de ces fonctionnaires. L’arbitraire de certaines descentes dans les cités et la façon dont les jeunes sont parfois interpellés dans la rue laisse penser que la police se comporte en bande rivale. Manque de formation ? Surchauffe dû au stress ? Ou injonctions furibardes et irresponsables venant d’hommes politiques qui ont bien compris que les discours sécuritaires sont payants électoralement ? Violence gratuite entendons nous parfois. Nous oublions que la violence est toujours le dernier recours de ceux qui n’ont pas les moyens de s’exprimer autrement. Et cette violence là nous hurle des choses que nous refusons d’entendre. Elle est aveugle, oui, mais pas gratuite. Violence organisée, jeunes manipulés nous rabâche certains. C’est pratique et presque rassurant : les ennemis sont en face et clairement identifiés (caïds, intégristes ...) Qu’elles soient vrais (selon la police) ou fausses (selon les tribunaux), ces allégations n’expliqueront jamais la rage profonde qui motive les actes.

    Reste le libre choix des individus qui consistent à faire ou à ne pas faire l’irréparable en terme de violence.

    En cela, les casseurs ne sont pas excusables et doivent être puni pour leurs actes (et pas pour ce qu’ils sont !). La fermeté est nécessairement de mise dans une situation aussi explosive. Cela doit-il nous empêcher de voir la vérité en face ? Ou à tout le moins d’essayer de comprendre le cercle vicieux dans lequel ils se trouvent et qui se résume ainsi : plus de discrimination et d’injustice amènent plus d’incivilité et de violence qui amènent plus de ... ? En ce sens ces jeunes se suicident socialement et les plaies seront longues à cicatriser.

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