J’ai peu de certitudes monsieur Castel... et quant à me répondre sur la seule question du ton - au vu de l’humeur que tant d’erreurs accumulées peuvent susciter - cela reste bel et bien un pis-aller rhétorique.
La seule certitude que j’ai par contre, c’est qu’il est bon d’épargner au public et au tout-venant de perdre le peu d’argent dont il dispose encore dans la dernière opération éditoriale en cours, et maladroite en plus.
Question analphabétisme, j’y avais pas trop pensé, mais vous me tendez la perche : Quand on veut travailler à ce niveau-là sur les textes hébraïques, sans l’hébreu, et sur les grecs sans leur langue -semble-t-il - alors la germanophonie possible ne suffira pas.
Totalement
irrecevable, et l’on s’étonnera peu de savoir d’où est venu le soutien
inconditionnel à cette publication…
D’abord on nous
explique que l’on part à la recherche des origines du monothéisme et
particulièrement du Dieu unique d’Israël, puis très vite on affirme qu’il s’agit
« d’une divinité manifestement masculine, décrite comme un père
Tout-Puissant, quand il s’agit de donner un statut à la Femme ou pour rendre
compte du Mal ».
Or,
1/ Dès qu’on
cherche à remonter à ces sources on se rend compte de l’existence appuyée de
parèdres féminines notamment par l’archéologie.
2/ La
désignation de « Père » est surtout le propre du Nouveau
testament, assez peu de l’Ancien.
3/ La masculinité
n’est nulle part insistante. Et Ibn Arabî,
tout imbibé de science hébraïque, se permettait de révéler que la lecture
véritable du nom Yahvé qui s’écrit par les lettres, Y-H-V-H, bref le fameux
tétragramme, se faisait sur le mode HY/HV qui donne hya houa, c’est-à-dire
« elle est lui » ou « il est elle »… On est
déjà bien loin de la masculinité exclusive.
Pour les deux
points précédents il fait noter que l’auteur ne nous avance aucune référence.
Ensuite on nous
explique que l’éthique biblique dans l’Ancien Testament « ne vise pas à
l’universel, elle ne se soucie pas du destin de l’humanité » - Il est
clair qu’on ne peut avancer ce genre d’ineptie que sur fond d’ignorance et d’inculture
profonde. Ne serait-ce que les dix commandements déjà… Ne serait-ce que tout ce
qui de cette tradition a traversé l’intégrale de la culture d’Occident via le
véhicule chrétien… Mais non, Monsieur Soller a décidé de nous instruire, c’est tellement
risible qu’on se demande si c’est la peine de commenter.
Que le peuple
juif y soit centré n’a jamais exclu l’universalité du message et bien avant
Saint-Paul justement, autrement comment donc ce dernier aurait-il pu procéder ?
C’est presque affirmer : Voilà, vous savez moi je sais, et des millénaires
de quelques centaines de peuples se sont fait embobiner, mais je vais vous
expliquer…
Merci… nous
passerons.
Pour preuve du
dilettantisme profond, avéré du bonhomme, cette affirmation :
« Je mets
enfin en lumière la présence dans la Bible de deux livres hors-la-Loi, deux
chefs d’œuvre subversifs par rapport à l’idéologie officielle,
« L’Ecclésiaste » et le « Cantique des Cantiques ». »
- Ah oui,
quelle lumière ! Comme si nous ne savions pas les débats autour de Rabbi
Akiba que l’entrée de ces deux écrits dans le corpus a suscité… Mais ils y sont
pourtant, et s’il est clair qu’il est aujourd’hui difficile de lire L’Ecclésiaste
dans une Eglise par exemple, ça n’empêche qu’il y est, dans le corpus, et donc
qu’il existait même avant d’y entrer, et qu’il y avait des raisons pour lesquellels
certains rabbins ne voulaient pas rendre ces écrits publics… Mais Monsieur
Soller nous met en lumière…
C’est le
fou rire, d’autant plus qu’il en est encore à l’étape où il considère, selon la
plate lecture, qu’il s’agirait de « subversion », mais oserait-il
nous dire pourquoi et comment - c’est là justement que sa lecture ne
dépasserait pas celle d’un Renan ou d’un Girard et que la méconnaissance du propos
éclaterait au grand jour - mais le public lui n’est pas dans ce grand jour, et Monsieur
Soller est donc tranquille, et ses petites opérations éditoriales vont
propsérer, Onfray comment autrement ?
Puis on s’enfonce
encore, confirmant la superficialité du propos comme de la démarche : Voilà-t-il
pas que nous bondissons soudain de l’Empereur Constantin à Georges W ;
Bush - c’est énorme, risible, mais ça marche !.. Il y a eu une époque (sombre)
de l’humanité où ce genre de propos pouvait passer pour autre chose qu’une
énormité, j’ai vécu cette époque, je l’ai rencontrée, quelle chance inouïe !
Alors bien
sûr pour faire bonne figure, le grand classique est toujours de s’inscrire et
de se draper d’un peu de grec, on saupoudre un peu, c’est toujours bon pour la
salade…
Hélas,
même côté grec c’est immédiatement le non-sens puisqu’on nous explique que dans
la culture des grecs, la guerre n’a rien à voir avec les dieux, sauf que… si je
me souviens bien Arès est un dieu de la guerre ? Mais trêve à tout cela :
Je propose à quiconque sur le seul texte de l’Iliade qui raconte la
guerre de Troie, une recherche sur la seule base des mots « Athéna »
par exemple ou surtout « Apollon » – à moins de cent résultats
pour chaque, sur ces 500 pages, je serai étonné…
Enfin revenons
au domaine biblique, moment d’émotion, Monsieur Soller se penche enfin sur le
texte de Josué et il évoque le « caractère
totalitaire de la conquête de Canaan telle qu’elle est racontée sans le
moindre remords par les rédacteurs de la Bible : comme un fait
historique accompli pour obéir à l’ordre du dieu de massacrer tous les
habitants des trente cités conquises, sans épargner les vieillards, les femmes,
les enfants ni même les animaux qui vivaient avec eux. ».
A cette seule
lumière, il est clair que Soller ignore complètement le terrain exact de cette
lutte et ne mesure pas ce que c’est qu’une métaphore.
Et c’est exactement
la raison pour laquelle il arrive sur la question à faire pire que Freud même,
puisqu’il cherche des traces archéologiques de Moïse… Monsieur Soller est donc
un théologien qui n’a jamais ouvert l’Épître de Jude où cette question
de chercher les traces de Moïse et de son tombeau est pourtant clairement
évoquée pour ce qu’elle est… Et si les historiens se mêlaient strictement d’histoire
et ne tenaient pas la littérature théologique pour un matériel immédiat accessible
à leurs étroites lorgnettes, ce serait pas mieux pour tout le monde ?...
Mais enfin nous
arrivons à Hitler, et c’est là que le géant et le génie se révèlent :
On nous dit que
tout cela se révèle tributaire « de la vision du monde issue de la
Bible hébraïque par le relais du christianisme. » Et très vite bien
sûr on enchaîne « Sans pouvoir entrer dans trop de détails »…
Tu m’étonnes.
Monsieur Soller
n’a jamais feuilleté les dernières pages de la Torah pour y voir les souffrances
futures du peuple juif décrites dans le détail de l’hitlérisme, bien au-delà de
l’exil à Babylone ? Non, il sait lire Hitler par contre…
Et de nouveau le
rappel des Grecs dans une formulation à l’étrange mélange :
« Cette
vision moniste et messianique est tout à fait étrangère aux Grecs » - sauf que ni l’une ni l’autre
ne leur sont complètement étrangères, et cela dès le Prométhée d’Eschyle,
dès les mythes de naissance du Zeus crétois… mais passons, car il s’agit
vraiment de détails.
Comment ne pas s’étonner
que Monsieur Soller n’ait aucun problème à tenir le texte hitlérien pour argent
comptant ? Que Hitler délire déjà tout clair et net, cela ne lui a-t-il
pas effleuré l’esprit ? Non, où est donc le problème ?
Et encore,
cette histoire de Talmud avant Torah, mais enfin y’a-t-il quelqu’un dans
la salle ? Un zohariste ? que sais-je… Oui le Talmud a grande
importance, mais il est un commentaire de la Torah, et toute inversion de cette
préséance n’est que foutaise pour CE1. Et s’il emploie l’expression Bible au
lieu de Torah, cela n’exclut pas que le Talmud se réfère à l’ensemble du
corpus, et que la haftara est toujours présente au rituel.
Ensuite donc
après que Monsieur Soller s’étonne que le Louvre ne dispose pas du crâne de
Moïse, il déplore l’absence des momies de David et Salomon. Oui, vous êtes bien
gentil, mais… dites-moi, et si David et Salomon étaient, avant des personnages
en chair et en os, d’abord à recevoir comme concepts, vous feriez quoi
comme métier exactement monsieur Soller ?
Pas grand-chose ce
me semble, puisqu’en affirmant d’autorité que « ce sont les premiers
chrétiens qui ont voulu ouvrir la religion des Juifs aux autres peuples »,
monsieur Soller vient d’un tour de main de maître d’évacuer l’intégrale du
texte d’Isaïe - mais qu’importe de lire Isaïe, sommet indiscuté de toute
littérature humaine, lisons Soller !
Enfin notre
sommité conclut, au terme d’une longue méditation :
« A vrai
dire, je pense que l’idée de religion universelle est un leurre. »
Certes, ne
lui dites pas que souvent on ne parle que de soi-même, il ne s’en remettrait
pas…
Encore une fois C’est Nabum, le méthodique forcené vous tend la perche, encore une fois vous la manquez... c’est une manie ou un complot ? Et encore une foi... je vous refile la clef : Juste après l’entrée en nomination d’Adam, Eve est créée - nous goûterons voir si le vin est bon.
Je ne suis pas sûr d’être là, il m’arrive des choses, mais je vous lirais ; il me déplaît quelque peu de pavoiser sur le fil alinéen en absence de l’arène.
Je vais tout de même en profiter pour vous expliquer quelques petites choses sur mon point de vue.
peut-être que vous êtes mon aîné, je n’en sais rien, il m’arrive d’être bien jeune.
Cela ne me fait jamais oublier que le réseau, parce qu’il est essentiellement verbal demande un peu plus d’éveil que l’habituel de tous les jours quoi, et surtout que par conséquent tout y est affaire de rhétorique.
rien d’autre.
contrairement à vous, moi en ouvrant AV today, je sais depuis des jours que violences seront au RV mercredi, je peux m’amuser à voir qui ça prendra.
très vite je les trouve auprès de vous, accrochage avec le Lord, bonne chose il était temps, vous réglez ça avec vous-même, prise de bec avec une tâche why not, tirage des cheveux lunaires why not toujours, reclash avec romain un classique, Shawford est sur le feu...
A voir comment il répond, il s’est calmé lui-même.
mais il faut le ménager, avec cependant une question centrale insérée dedans,
je suis là ni pour moi ni pour me disperser, les idées et le verbe me motivent.
donc bref, tout est affaire de rhétorique, jamais on ne sait jusqu’où va la métaphore, et le plus métaphorisant est le plus redoutable ; ainsi celui qui placera sa rationalité au premier plan sur le réseau peut finir dans les roses, souvent c’est les mille et une nuits...
Voilà pourquoi le pseudo ou pas le pseudo, anonymé ou pas...cela me semble très secondaire, tout est dans le verbe, pire, dans la lettre, il suffit d’un accent de travers pour... écrouler des mondes.
donc tout dans et par le texte, allah lettre... la signature ? poufiasseries, vétilles - les pseudos vrais ou faux ? conneries... vouloir régler certains problèmes avec son propre moi ? oui excellent ça, vraie révolution, et elle est accomplie, entre autres le cadavre du Lord sur le champ de bataille en témoigne, splendide, il se relève, mais avouons qu’il était temps, l’increvable !
voilà, après ce petit tour, je m’en vais m’occuper de mon jardin un peu, j’interviendrais encore si nous sommes plus que deux, autrement, le tour est fait, sinon un autre round viendra nous relancer.