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Voltaire

Voltaire

Humaniste de ce siècle. La science a longtemps été ma passion, avant de devenir mon métier. Celui-ci a évolué depuis, mais je lui dois quelques enseignements fort utiles : curiosité, raison, un peu de sens commun et point trop de crédulité aveugle. A cela se rajoutent quelques passions sans doute déraisonnables, pour la justice, la bonté, les gens d’esprit, le bon vin et autres égarements, mais nul n’est parfait. Si je n’ai le talent de mon illustre pseudonyme, je tâcherai du moins de ne lui point faire honte, en demeurant aussi honnête que possible.

Tableau de bord

  • Premier article le 05/09/2006
  • Modérateur depuis le 06/10/2006
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • Voltaire Voltaire 7 novembre 2008 11:47

    Après une élection qui n’a pas passionné les foules (il faut dire qu’il y avait de la concurrence outre-Atlantique...), les socialistes se réveillent ce matin avec la gueule de bois !


    Aucun leader ne se détache, aucune ligne politique ne s’éclaire, le PS s’enfonce dans une guerre de tranchées, dans le consensus hypocrite, dans le marasme et l’immobilisme.


    Certes, la semi-victoire de Ségolène Royal fera plaisir à ses supporteurs, mais sa faible avance sur les suivants l’oblige à des alliances d’appareils qui se révèleront vite insupportables.


    Le grand perdant de cette élection est bien sûr Bertrand Delanoë, qui s’y voyait déjà. Mais, faute d’avoir senti le vent tourner et en ayant poursuivi la route du consensus mou, celui-ci s’est aliéné l’essentiel de ses militants. La route vers 2012 lui sera sans doute difficile...


    Martine Aubry n’a pas réussi son pari. Certes, son score est honorable, mais le mariage de la carpe et du lapin, entre sociaux-démocrates et fabiusiens, ne pouvait que décourager le militant convaincu. Et ce demi-échec en préfigure un autre, celui de l’alliance finale qui émergera au congrès de Reims. Sans ligne claire, faute de trancher entre sociale démocratie et antilibéralisme, le PS n’est qu’un navire sans capitaine ni gouvernail ni cap, qui fait des ronds dans l’eau avec une voie d’eau dans la cale.


    Benoit Hamon a lui su profiter de la crise financière pour imposer un discours très à gauche, mais qui verra rapidement ses limites. Sans le centre, la gauche se condamne à une opposition permanente… Comment concilier ces positions radicales et une stratégie électorale gagnante, là est son dilemme, et sa demande de clarification auprès de Ségolène Royal risque fort de signifier l’échec de toute tentative d’union.

     

    Le PS verra donc de nouvelles tentatives de rapprochements entre frères (et sœurs) ennemis, de trahisons et réconciliations devant les caméras. Un front TSS (tout sauf Ségolène) verra t-il jour, ou celle-ci s’imposera t’elle, peut-être par proxy (par le biais d’un homme de paille) ? Toujours est-il que le PS et ses militants ne sont pas sortis de l‘ornière… Et à ce jeu, le départ tonitruant de JL Mélanchon fait presque figure de non-évènement, tant nous sommes devenus habitués aux turpitudes d’un parti incapable de se rénover.

     

    Ce résultat fait deux heureux : Olivier Besancenot et François Bayrou. Pour le leader d’extrême-gauche, la faillite du PS renforce mécaniquement son nouveau parti, le NPA. Gageons que de nombreux militants écœurés rejoindront ce parti s’il arrive à dépasser un langage révolutionnaire archaïque, et il peut légitimement viser un score de 10% à l’ensemble des prochaines élections, qu’elles soient européennes, régionales et présidentielles. Quant à François Bayrou, il renforce sa stature de seul opposant pouvant raisonnablement gagner face au président de la république aux prochaines présidentielles en plaçant le PS devant une impossible équation : si le PS refuse toute alliance, il fera fuir les sociaux-démocrates, s’il accepte une alliance, il légitimise Bayrou à qui il a justement manqué un allié en 2007.

     

    Paradoxalement, ce résultat embarrassera plutôt l’UMP : Bertrand Delanoë faisait un bon opposant pour Nicolas Sarkozy. Trop parisien pour pouvoir l’emporter, mais assez crédible pour contrer Bayrou. La faillite du PS renforçant par contrecoup le MoDem, l’UMP se retrouve devant une situation délicate, car une opposition paralysée à gauche l’expose plus directement aux critiques de l’opinion. Et la perspective d’un axe Royal-Bayrou est sans doute la pire situation qu’il puisse affronter. Mais 2012 est encore loin…

     

    Sans doute assisteront –nous dans ces prochains jours à la création d’une alliance improbable entre ennemis d’hier, et à l’annonce que tout va bien et que tout est réglé. La réalité est bien plus cruelle : cette élection consacre une gestion et un positionnement du Parti Socialiste en complêt décalage avec la réalité sociétale et politique de la France. Objectivement, personne ne peut s’en réjouir, car toute démocratie a besoin de partis politiques sains et constructifs. IL faut souhaiter que la recomposition de notre paysage politique s’accélère, et que les responsables du PS fassent preuve d’un peu de courage pour aller là où leurs convictions les portent. Hélas, il est à craindre que leur intérêt électoral ne les poussent encore à faire du sur-place.



  • Voltaire Voltaire 5 novembre 2008 13:39

     smiley

    Plus sérieusement, rappelons-nous qui était le partisan de l’ouverture en 2007...
    Ne nous y trompons, pas, cette victoire aura de l’influence sur les partis politique français. Nicolas Sarkozy en retiendra l’extraordinaire maitrise de la communication, le PS peut-être un message sur le désir de changement, et le MoDem y verra confirmation de son projet politique. Mais il y a bien des choses qui ne se transposent pas : les valeurs humaines sont universelles mais elles sont ressenties différemment par les peuples en fonction de leur culture.



  • Voltaire Voltaire 3 novembre 2008 14:59

    L’analyse contient une série de principes qui seront partagés par beaucoup, mais pêche par une simplification excessive.

    Sur l’origine de cette crise tout d’abord, il parait effectivement difficile de la laisser reposer uniquement sur l’endettement de certains ménages américains. C’est bien une bulle financière qui a causé cette crise, et la responsabilité des banques, et non des ménages américains, en est la cause. En effet, si une spéculation sur des produits financiers construits sur du sable n’avait pas entrainé la dépréciations des actifs des banques, la crise n’aurait touché qu’un nombre de banque limité aux Etats-Unis. A ce titre, je suis surpris de constater que les politiques ne réclament pas la tête non seulement des PDG mais des conseils d’administration des banques qui ont joué de façon excessive avec l’argent qui leur été confié. Quand un administrateur ne fait pas son travail de contrôle, on le vire !

    Sans doute en contraste avec de nombreux commentateurs, je ne partage pas l’idée qu’il faille changer totalement le système économique actuel. Réformer le système financier, oui. Mais le système économique en vigueur aux US lui a permis une croissance soutenue ces dernières années, qui, s’il avait été relayé par un système politique à la hauteur (et non profondément inégalitaire), aurait permis à ce pays d’avancer.

    L’erreur a été de penser que le système qui fonctionne aux Etats-Unis puisse aussi fonctionner à l’identique en Europe. Certes, il a été transposé, avec des adaptations, de façon assez positive en Europe du Nord, culturellement proche. Mais dans le reste de l’Europe, la croissance était atone bien avant la crise financière. Il y a donc un déficit du modèle actuel très important, qu’il faut refonder. En ce sens, je partage votre avis sur la nécessité de proposer un autre modèle politique, mais celui-ci doit aussi définir son modèle économique. Pour le moment, le MoDem suggère bien une alternative politique attrayante mais largement insuffisante au niveau économique. L’UMP est en difficulté puisque son modèle est en ruine, et que son président en revient à un interventionisme voué à l’échec, quant au PS nul ne sait où il est.

    Ici n’est pas le lieu pour en débattre en détail, mais il existe pourtant des pistes qu’il est surprenant d’avoir ignoré. Avant tout, l’Europe doit jouer sur ses points forts, bien différents de ceux des Etats-Unis, de la Chine ou du Japon. Il est frustrant de constater que la plupart des projets économiques se basent sur des actions top down, du haut vers le bas, sans prendre en compte la demande. Or, sauf exception, une économie doit d’abord utiliser son marché intérieur, et donc la demande de ses citoyens, pour se construire. Ici, le MoDem a bien identifié la question : le citoyen européen souhaite d’abord de "l’être" plutôt de "l’avoir", c’est à dire de la qualité de vie plutôt que de la richesse. Reste donc à construire un modèle qui utilise cette demande !



  • Voltaire Voltaire 31 octobre 2008 14:53

    Les Etats-Unis ont mis en place dans les années 50-60 un très important projet de détection des phénomènes paranormaux, notamment ceux liés à la transmission de pensée (télépathie), pour des raisons militaires évidentes. Le résultat, après des années d’études et des dizaines de millions engloutis, a été clair : rien. Aucun test n’a jamais permis de détecter un phénomène télépathique statistiquement significatif. Et de nombreuses supercheries ont été mises en évidence lors de ces études.

    La science procède de l’expérimentation. Autrement, cela s’appelle de la croyance.



  • Voltaire Voltaire 30 octobre 2008 15:18

    Merci pour cette première série de commentaires.

    Il ne me semble pas nécessaire de revenir sur l’importance réelle du MoDem qui semble faire débat. Si ce parti est encore trop récent pour que l’on puisse le juger effectivement en terme de résultats électoraux (attendons les régionales et cantonales de 2010), la popularité de son leader et son positionnement sur l’échiquier politique le rend, me semble t-il, incontournable dans le débat. Cette analyse n’avait pas pour objectif de comptabiliser les forces mais de regarder les réponses de ces partis face à la crise et leur capacité politique à y répondre ou à l’utiliser.

    Comme Philippe Vigneau, je constate que cette crise a pris de cours la classe politique. Il me semble que le NPA et le MoDem sont dans une situation relativement meilleure que les autres partis pour convaincre l’électeur de la justesse de leur analyse, mais que tout deux sont encore un peu court en matière de plan global alternatif.

    Contrairement au chat, je ne suis pas certain que les prochaines élections se traduiront pas une abstention massive : je crois plutôt à un vote-sanction assez massif car il y a une exaspération profonde vis à vis du système actuel.

    En ce sens, je rejoins les propos de Bernard Dugué, qui sont aussi, mais présentés différemment, ceux de Bayrou : je ne vois pas cette crise économique ne pas avoir de conséquences sociales et politiques.
    Néanmoins, il est un facteur qui pourrait tempérer ses conséquences, c’est l’élection d’Obama. Cette crise ayant des fondements psychologiques important (crise de confiance) autant que réels (dérégulation financière), on ne peut pas négliger l’impact international que pourrait avoir une reprise en main aux Etats-Unis, même si la crise économique ne se résorbera pas en quelques semaines.

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