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Walden

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  • Walden Walden 26 mars 2009 13:01

    Monsieur Giraudet, "odeur nazie" est un bel euphémisme pour désigner l’engagement de Heidegger au parti national-socialiste dès 1933...



  • Walden Walden 25 mars 2009 14:06
    Non, la mort n’est pas l’inverse de la vie. La vie apparaît objectivement comme un processus ressortant du registre phénoménal. Au plan subjectif, elle est vécue comme un flux d’évènements - dont la mémoire consciente ne retiendra d’ailleurs que quelques uns.

    La mort n’est objectivement que la cessation de la vie ; elle n’est pas un phénomène en soi, et qu’un évènement ponctuel. Certes cet évènement singulier que constitue la mort des autres, par ce qu’il nous affecte potentiellement, peut marquer plus sûrement le souvenir. Au plan personnel, la mort n’existe pas, excepté dans notre imaginaire, et nous ne la connaîtrons jamais : on ne rencontre pas sa propre mort, puisque la conscience part avec elle. C’est pourquoi même si « La mort ne surprend point le sage ; il est toujours prêt à partir », néanmoins, même y étant préparé, la mort nous prend toujours par surprise, car au dernier instant l’on croit toujours être vivant, et celui d’après toute croyance a cessé.
     
    « Réserver à notre prochaine et totale absence du monde des plages fréquentes de représentation mentale, n’épuise donc pas toute révolte de la conscience devant la certitude de sa finitude, mais permet d’en domestiquer un tant soit peu l’effroi » Ces tentatives de représentation mentale pourraient aussi bien sembler dérisoires, puisqu’on ne peut se représenter l’absence. Le sujet ne peut penser l’absence de lui-même. Si l’on demeure dans la crainte de la mort, c’est donc poursuivre un expédient artificieux que de vouloir se figurer l’inconcevable.
     
    « Ce ne sont pas les choses qui troublent les hommes, mais les évaluations prononcées sur les choses : ainsi la mort n’est rien de terrible (car même à Socrate elle serait apparue terrible), mais l’évaluation prononcée sur la mort : qu’elle est terrible - voilà qui est terrible. » écrivit Epictète. Le point de vue stoïcien pourrait se résumer ainsi : Il ne sert de rien de craindre les choses au regard desquelles nous demeurons impuissants. S’il faut s’habituer à penser aux choses qui nous semblent redoutables, ce n’est pas pour s’habituer à la peur qu’on en pourrait avoir, mais pour comprendre que, ne dépendant aucunement de nous, nous n’avons rien à en craindre (NB : de plus la mort n’est pas une chose, mais la disparition d’une « chose »). Nous devons seulement craindre notre propre imagination.
     
    En revanche, l’idée « philosophique » du suicide, quels qu’en soient les motifs, relève de la représentation. Bien souvent, et bien heureusement, elle ne reste d’ailleurs qu’au niveau conceptuel, sans franchir le cap de l’expérience (dernière). La réalité du suicide se rapporte bien davantage au domaine de la psychopathologie. Voire exclusivement, tant il serait difficile de démontrer que le passage à l’acte suicidaire, fut-il commis par un philosophe, ne marque pas le terme d’une pathologie pendante – hormis le fait d’un suicide ordonné (comme pour Sénèque), auquel cas, il ne s’agit en réalité que d’un meurtre par procuration. « Ne plus trembler devant la fatalité et l’ignorance du moment où elle se manifestera, mais lucidement décider de ne plus persévérer dans son être. » Fatale erreur philosophique née du sentiment trompeur de pouvoir, par ce biais extrême, récupérer la maîtrise de ce qui nous échappe, pour ne pas reconnaître (encore une fois) notre totale impuissance…
     
    « Mais lorsqu’il n’y a vraiment plus rien à jouir, plus personne à réjouir, quitter la vie… » Parole d’hédoniste qui ne rechercherait que le plaisir, à prendre ou à donner ? « L’esprit s’engloutit, mutilé par les passions tristes. » Triste passion de la chair, nourriture vaine pour l’esprit : pour que sa joie demeure, il faut lire tous les livres, et ne se pas lasser, puis par dessus tout ne cesser de méditer.
    La méditation, cette stratégie du silence... smiley
     
    « Pour bien vivre, la mort est utile, pourvu qu’on n’oublie pas que sa couleur est silence d‘atomes solitaires… » On dirait du René Char… C’est dire que je n’y comprends goutte smiley Merci pour ce beau texte littéraire. Etes-vous également l’auteuse de ce remarquable dessin ?


  • Walden Walden 24 mars 2009 13:54

    Article étonnant, on se croirait dans une nouvelle de Philip K. Dick smiley

    NB : Dawkins est vraiment irrécupérable ! Sa réaction montre qu’il est tellement borné qu’il se refuse à ressentir même une impression subjective (fut-elle artificiellement suggérée) ! Plus qu’un athéïste militant, c’est un apparemment un psychorigide de l’objectivité ! Ou bien serait-ce physiologique ? Cette zone du cerveau ne pourrait être activée chez lui ? Une sorte de cécité congénitale, ou de "lobotomie" accidentelle ?
     smiley



  • Walden Walden 24 mars 2009 13:18
    Bravo, le propos me paraît bien plus clair que dans l’article précédent, assez peu explicite avec ses citations non contextuelles et ses raccourcis explicatifs smiley

    L’exercice amusant d’imagination proposé me pousse à découvrir d’une part que j’ai une subjectivité, d’autre part qu’elle peut être verbalisée. Cela ne m’incite pas nécessairement à supposer une cause à mon existence (dont je suis donc en train de prendre véritablement conscience), encore moins qu’elle est le fruit d’une création divine... Il me faudrait d’autres raisons pour cela.

    Pour continuer le jeu de l’imagination (ça ne coûte rien et ça distrait), je n’ai aucune difficulté à supposer que si je suis, c’est parce que j’ai été le lauréat d’un concours de circonstances : dans ce cas je suis l’effet d’un jeu de causes. Mon existence est déterminée, même si j’ignore par quoi. Elle ne l’est pas définitivement, mais initialement. C’est en quelque sorte la logique de l’hindouisme, et dans une moindre mesure du bouddhisme : tous les phénomènes - moi y compris - proviennent d’une chaîne infinie de causalité.

    Je peux aussi penser que j’existe par hasard, c’est à dire que mon existence est totalement fortuite, sans cause réelle : dans ce cas, en effet, elle s’avère sans raison, absurde au sens camusien. Mais le hasard, particulièrement ici, demeure une notion très floue :


    - devons nous admettre qu’il recouvre une complexité de causes objectives que je ne peux expliquer - rencontre de tels gamètes, porteurs de tels chromosomes, à tel moment dans tel environnement, etc. autrement dit un résultat imprédictible et inexplicable dans la pratique, mais objectivement analysable dans l’absolu ? Dans ce cas je naîtrais certes du terme d’un faisceau de probabilités. Mais le fait d’être « le produit de l’évolution du monde » me semble en soi éminemment porteur de sens. Simplement peut-être mérite-t-il d’être réfléchi et formulé ?


    - ou bien pouvons-nous concevoir qu’il s’agit d’un événement réellement fortuit, c’est à dire absolument sans cause objective, entièrement indéterminé, qui ne saurait donc être décrit ? Mais dans cette option, je ne suis pas là « 
    simplement parce qu’étant le résultat non prévu de l’évolution du monde ». Dans cette acception du hasard absolu, je suis là indépendamment de l’évolution du monde, comme une création ex nihilo. Et alors effectivement, mon existence, née de rien et pour rien, ne revêt absolument aucun sens possible.

    Il y a d’autres manières possibles de concevoir le réel, et l’existence au sein de celui-ci, indépendamment de l’idée explicite de Dieu, mais néanmoins porteuses d’un sens profond. Ainsi de l’hypothèse diversement exprimée de l’ordre impliqué (David Bohm), de l’ordre acausal (lié au concept de synchronicité chez Jung), sans oublier l’ordre mystique naturaliste du Tao (Lao Zi, Chuang Zi, Li Zi)… Ceci pour préciser qu’il y a d’autres éventualités que la simple alternative binaire Hasard absurde/Plan divin smiley

    PS : bon, mais il faudra quand même que je lise ce bouquin d’Henri Atlan...


  • Walden Walden 23 mars 2009 17:50

    " Dans ces circonstances, une condamnation ne serait pas l’expression de la volonté du peuple français, mais pourrait être interprétée comme l’expression de la volonté d’un groupe de personne agissant pour leur propre compte."

    Certes, et ce serait qu’un signe de plus, donné cette fois par par une Justice captive et dévoyée, de la logique actuelle du pouvoir qui, en tant de domaines sociétaux, semble se préoccuper d’intérêts privés bien compris plutôt que de l’intérêt public.

    Un intérêt à sauvegarder, en l’occurrence, serait celui de "l’honneur" de l’ex-candidat-Ministre de l’Intérieur qui n’a pas vraiment pas besoin, en cette période tempêtueuse, de faire l’objet de poursuites pour dénonciation calomnieuse, de la part de celui qu’il avait publiquement préjugé être un assassin - afin de faire mousser un peu plus sa campagne présidentielle démagogique.

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