- "Personnellement, je me prépare (depuis à peu près 5 ans) à vivre
exclusivement dans la nature, lorsque le moment sera venu, je suis bien
consciente pourtant, du lourd esclavagisme vis à vis des progrès
techniques, voie de communication...sommes nous prêt à acquérir ce qui
manque encore pour faire face à la solitude, la violence de la nature en
gardant notre humanité ?«
Selena,
La nature, à travers votre vision du monde occupe sa juste place. Elle n’est ni bonne ni mauvaise,
elle est simplement, jaillissante, puissante, surprenante, elle est notre berceau originel.
Cependant, vous le savez, dans l’esprit des romantiques impénitents, la nature est bonne.
La nature, c’est du brut, et parce que depuis longtemps, depuis que Sapiens gambade
dans la verticalité somatique, il a perdu des repères essentiels et il s’invente une nature
qui lui échappe pour l’essentiel et qui surtout le surprend de plus en plus douloureusement.
Il me vient une image simple pour illustrer cette remarque : A la naissance, chez les mammifères par exemple, la mère et l’enfant ont d’instinct les gestes justes, chez les humains cette perspective est assez déstabilisante pour une futur maman.
Chez les amérindiens par exemple, la nature perçue comme divine collait à la peau des »hommes véritables", comme ils aimaient à se nommer.
Les visiteurs indélicats, principalement venu d’Europe, se chargèrent de clore définitivement
le grand livre de la nature pour le remplacer par celui de la culture.
Vous semblez bien préparée intellectuellement et motivée affectivement pour retrouver pour l’essentiel les temps immémoriaux de nos ancêtres, mais comme disait Geneviève Tabouis,
une éditorialiste politique de mon enfance : Attendez vous...
En attendant, vous êtes une belle personne et je suis heureux de retrouver auprès de vous,
de Jean et de tous les commentateurs, un miroir qui me renvoie des perspectives, des plages
murmurantes et colorées, des senteurs de faune et de flore qui me rappelle l’espoir.
Bien à vous