Georges Yang
Selon Georges Yang : "Si
tous les algériens étaient pour l’indépendance, justifiaient la guerre et
admettaient ses exactions de deux côtes Il n’y a jamais eu d’hostilité de la
part des Algériens contre les Français J’ai rarement rencontré des gens aussi accueillants
vis à vis des Européens, peut-être les Syriens".
Tout le monde en connaît,
des gens plus accueillants que les algériens vis-à-vis de nous les européens !
Ce ne sont pas les Syriens sans doute accueillants et même très accueillants.
Aujourd’hui, ce sont, par exemple, les africains, les noirs ! Regardez, ils
nous ont acceptés et nous acceptent toujours pour leur apporter notre
civilisation. Mais nous leur avons apporté la traite esclavagiste, puis la
colonisation, puis aujourd’hui même, nous leur apportons la néo-colonisation.
L’Afrique noire ne s’est jamais rebellée contre nous. Au contraire, elle nous
adore. Même si nous dressons des barbelés, des murailles de chine de toutes
sortes pour qu’ils ne viennent pas chez nous et qu’ils nous ignorent, cela ne
les émeut pas. Chez eux, nous sommes toujours chez nous, à les dépouiller ! Et
si même un petit remous de protestation contre nous se fait sentir en leur
sein, nous allons vite rétablir le calme avec nos avions, nos hélicoptères, nos
mitraillettes et nos bombes, à la satisfaction générale de tous les africains
et à notre satisfaction. Celui qui parle de « racisme anti-blanc » est à la fois trouillard et
téméraire de vouloir que l’arme la plus redoutable que nous ayons inventée sur
le plan mental pour conquérir et piller le monde entier, le racisme, ne tombe entre les mains de ceux contre qui nous
l’avons inventée ! C’est l’un des deux spectres qui hantent l’Europe, le
spectre bourgeonnant du "racisme
anti-blanc" défensif, bourgeon
des semailles du racisme blanc offensif multiséculaire,
voire multimillénaire. L’autre spectre qui hante l’Europe, c’est celui que Karl
Marx et Engels avaient déjà évoqué, le spectre du Communisme. Le spectre du
« racisme anti-blanc » et
celui du Communisme sont forcément des alliés objectifs, naturels, dans la lutte contre l’impérialisme
dont la coloration est blanche.
Selon toujours Georges Yang : « Le passé colonial n’explique rien. ».
Voici une affirmation
péremptoire qui défit tout entendement. Bien sûr que Si ! C’est même le passé
colonial qui explique tout. Sans avoir besoin de remonter aux époques
lointaines, le racisme actuel trouve bien son origine dans le passé colonial
européen tout couvert du sang tout frais des peuples du reste du monde. En
voici un échantillon tout microscopique :
"...je me borne,
et ce sera mon dernier mot, à constater ce détail, qui n’est qu’un détail, mais
qui est immense : au dix-neuvième siècle, le blanc a fait du noir un homme ; au
vingtième siècle, l’Europe fera de l’Afrique un monde. (Applaudissements.)« (1).
Et encore :
»Refaire une Afrique nouvelle,
rendre la vieille Afrique maniable à la civilisation, tel est le problème.
L’Europe le résoudra.
Allez, Peuples ! Emparez-vous de
cette terre. Prenez-la. A qui ? à personne. Prenez cette terre à Dieu. Dieu
donne la terre aux hommes, Dieu offre l’Afrique à l’Europe. Prenez-la. Où les
rois apporteraient la guerre, apportez la concorde. Prenez-la, non pour le
canon, mais pour la charrue ; non pour le sabre, mais pour le commerce ; non
pour la bataille, mais pour l’industrie ; non pour la conquête, mais pour la
fraternité. (Applaudissements prolongés.)" (2).
Donc, dire comme Georges
Yang que le passé colonial n’explique rien, c’est nier toutes les idéologies
racistes, comme celle du "siècle
des lumières" ou de Victor HUGO,
qui ont éclairé et accompagné les traites esclavagistes et les conquêtes
coloniales, l’expansion mondiale du capitalisme, l’établissement de l’impérialisme.
C’est nier le cours de l’Histoire récente et actuelle. C’est le racisme qui a permis et permet
encore à l’Europe de se sentir en bon droit et en paix avec elle-même dans sa conquête et sa digestion du monde. Enlever le racisme à l’Europe, c’est créer
les conditions de l’union des prolétaires et des exploités du monde entier contre
l’impérialisme. C’est précipiter la ruine du capitalisme. C’est bien cette
union des peuples, victimes des dévastations du capitalisme blanc, que Karl
Marx et Friedrich Engels appelaient de tous leurs vœux lorsqu’ils lancèrent
l’appel : "Prolétaires de tous les
pays, unissez-vous !".
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(1) et (2) DISCOURS COMPLET DE VICTOR HUGO SUR L’AFRIQUE - vendredi 21
décembre 2007 - la rédaction de Montray Kreyol (cité par Angra Mainyu : Agoravox, réactions à l’article de Ariane
Walter le 30 Septembre 2012).