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Commentaire de Renaud Delaporte

sur Moyen-Orient : la paix ou la guerre totale


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Renaud Delaporte Renaud Delaporte 5 mars 2007 22:17

L’article précise ceci :

"Al-Qaïda utilise Maaskar al-Battar en Arabie Saoudite pour entraîner des jeunes-gens dans l’art de la guérilla, y compris l’utilisation de missiles SA-7 sol-air. La recherche est aussi menée dans ce camp, ainsi qu’en Afghanistan.

Ceci comprend le travail sur les fusées « Abeer » pour transporter des armes chimiques ou nucléaires. En octobre dernier, le groupe d’insurgés, l’Armée Islamique en Irak, a soutenu avoir réussi à construire et à tester une fusée de 120 kilomètres de portée. Elle a été baptisée Abeer en hommage à la jeune fille irakienne de 14 ans violée et tuée par le soldat américain, qui a été condamné le mois dernier à une peine de 100 ans de prison.

Dans des images vidéo diffusées sur le net, le groupe a déclaré que la fusée Abeer pouvait transporter une charge explosive de 20 kilos. Des ingénieurs irakiens liés aux groupes de résistance développent à présent des fusées Abeer avec une précision et des capacités explosives améliorées."

Cette portée et cette charge concernent une fusée (très) améliorée par rapport à la photo. Un schéma publié dans le même article montre, qu’à la différence d’une roquette du diamètre visible sur la photo, la poudre propulsive est contenue dans un cylindre beaucoup plus large. Elle se consume alors sur toute sa longueur, le long d’un évidement cylindrique coaxial (à la manière d’un booster d’Ariane), et non simplement par son extrémité. La surface de combustion se trouve alors considérablement accrue, et, avec elle, les performances de l’engin. Ceci nécessite l’emploi d’un mélange très sophistiqué, propre à l’industrie spatiale. Si l’on met un type de poudre classiquement utilisée dans une roquette, tout cela vous pète au nez lors de l’allumage (ce qui diminue notablement la portée de l’engin).

L’amalgame entre l’Armée Islamique en Irak et Al Qaïda est ici explicite. Vous avez bien fait de souligner cette contradiction, qui contraint à se poser la question de ce que l’on entend par Al Qaïda.

Mais le problème n’est même pas là. L’article cité explique que, 5 ans après le début de l’intervention en Afghanistan de la plus puissante armée du monde, Al Qaïda est capable de cette performance. C’est bien là le point le plus important. Ceci permettra d’attribuer à Ben Laden la revendication des tirs de fusées aux effets dévastateurs dans une guerre asymétrique généralisée. À ce niveau de désinformation, tout est possible.

Merci de votre intervention pertinente.

Renaud Delaporte


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