Ça fait paisir de voir que de si nombreux
Agoravoxiens compissent avec joie ces névroses collectives que sont
les religions !
Le poète latin Lucrèce nous avait mis en garde il y
a déjà fort longtemps lorsqu’il écrivait : « Tantum
religio potuit suadere malorum » (De combien de maux la
religion n’est-elle pas la cause).
Il y a bien longtemps la Terre vivait, tremblait, se convulsait en
montagnes de feu, en gouffres d’eaux, en infinis de neige. Et
personne n’était là pour le voir et surtout pour le savoir. La
terre était peuplée d’animaux qui naissaient, copulaient, se
reproduisaient et crevaient. Sans se poser de problèmes. Heureux !
Puis est tombé sur un drôle d’animal — nous — une
calamité : il a pris conscience qu’il existait, qu’il
vivait. Et donc qu’il devrait un jour ou l’autre mourir… De là
est née l’angoisse. La terrible angoisse de l’Après. Pour
combattre cette angoisse, le malheureux animal humain, désormais
conscient de sa condition, a inventé les « dieux » et la
religion.
Le culte de la nature, l’animisme, c’était l’intégration
de l’humain dans la nature parmi les autres créatures et au même
titre qu’elles. C’est ce qui leur faisait respecter les animaux
et les plantes qui leur donnaient leur vie pour perpétuer la leur.
C’est ce qui leur faisait respecter la vie, la liberté des autres
humains tant ils avaient besoin les uns des autres. C’est ce qui
leur faisait vivre en communauté pour affronter ensemble la dureté
de l’existence. C’est ce qui leur faisait honorer et respecter
les femmes qui portent et donnent la vie. C’est ce qui leur faisait
respecter et honorer leurs morts lorsqu’ils rejoignaient la
Terre-Mère. C’est ce qui faisait qu’ils n’appréhendaient pas
la mort car ils savaient que leur esprit se fondrait dans le Tout
d’où ils étaient venus.
Puis l’Homme-nature, le chasseur-cueilleur a entamé une
inexorable chute vers le « progrès » : il a inventé
l’agriculture et l’élevage. À partir de là, il est devenu
KON ! L’agriculture et l’élevage impliquaient la
sédentarisation, la propriété privée, les barrières, les flics,
les rois, les frontières, la guerre. Et, pire que tout, les curés
(terme générique pour prêtres) c’est-à-dire les incarnations du
mensonge, les bourreurs de crâne, les marchands de peur, les
spéculateurs de la mort.
Tant que les dieux étaient multiples, qu’ils ne dédaignaient
pas de descendre de leur Olympe pour se donner du bon temps avec
quelques belles mortelles ou mortels, que les déesses avaient tout
pour s’asseoir et pour respirer et sentaient bon le patchouli et
que les dieux torchaient allègrement le jus de la treille, ça
allait à peu près.
Puis est arrivée la calamité intégrale : les monothéismes,
le dieu unique. Une belle crevure ! Qu’est-ce que c’est que
ce dieu m’as-tu-vu et narcissique qui aurait créé les hommes
uniquement pour se faire adorer ! Qu’est-ce que c’est que ce
dieu mégalo, prétentiard et sadique qui exige le sang des pauvres
humains qui n’ont jamais demandé à être créés ! Qu’est-ce
que c’est que ce dieu injuste, qui a ses favoris : les prêtres
qui s’autoproclament leurs représentants sur terre et ses
souffre-douleur : les pauvres types qu’on lui sacrifie !
Qu’est-ce que c’est que ce dieu fourbe et combinard qui permet
l’esclavage des hommes et des animaux ! Moi je vais vous
dire : ce dieu a été créé à leur image par des gens
particulièrement stupides, méchants, trouillards, mesquins, cruels,
prétentieux et vindicatifs. Ces gens, ce sont ces prêtres qui
établissent leur toute-puissance sur l’obscurantisme, la
soumission et la foi aveugle qu’ils imposent à cette société de
terreur.
Ne jamais « croire ». La « foi », fille du
mensonge, tue la Raison, mène au rejet de l’autre, fait le lit de
l’obscurantisme, de l’injustice, de la guerre, de la mort.
Le grand François Cavanna disait : « La crédulité
s’engraisse sur le désarroi comme la mouche verte sur la
charogne ».