@Luniterre
"Je vois que pour l’essentiel, vous vous
répétez simplement. Alors que je viens précisément de donner la réponse, et
avec les sources historiques évidentes, à votre question«
S’il était vrai que vous aviez des sources à citer je ne serais pas obligé de répéter sans arrêt la même chose. Affirmer qu’un fait a eu lieu ce n’est pas donner une preuve que ce fait a eu lieu. Vous affirmez que :
»L’aspiration populaire de la République
Soviétique de Donetsk-Krivoy Rog, avec à sa tête le camarade Artyom, était donc
clairement de ne pas être intégrée dans une artificielle « Grande Ukraine »,
mais de conserver son autonomie en tant que telle, comme République Soviétique
alliée de la Russie soviétique.
«
Vous ne donnez aucune preuve qu’il y ait eu cette prétendue »aspiration populaire" à ne pas être intégré dans l’Ukraine.
Je peux pour ma part vous donner toutes les sources qui montrent que Lénine, en donnant le droit aux peuples de disposer d’eux mêmes n’a jamais voulu imposer quoi que ce soit aux peuples de l’URSS.
Voici deux textes que vous pouvez consulter :
Lénine : Le droit des nations à l’autodétermination, 1er
novembre 1914.
Lettre
aux ouvriers et paysans d’Ukraine sur les victoires sur Denikine. Lénine,
1919.
Vous trouverez dans le premier texte l’extrait suivant :
« La
formation d’un État national autonome et indépendant reste pour l’instant, en
Russie, le seul privilège de la nation russe. Nous, les prolétaires russes, ne
défendons aucun privilège et nous ne défendons pas non plus ce privilège. Nous
combattons sur le terrain d’un Etat donné, nous unissons les travailleurs de
toutes les nations de cet Etat, nous ne pouvons garantir telle ou telle voie de
développement national, nous allons vers notre objectif de classe par toutes
les voies possibles. Mais on ne peut aller vers ce but sans lutter contre tous
les nationalismes et sans prôner l’égalité de toutes les nations. Ainsi, par
exemple, cela dépend de mille facteurs, inconnus à l’avance, si l’Ukraine aura
la chance de former un État indépendant. Et, puisque nous ne voulons pas faire
de vaines « suppositions », nous défendons fermement ce qui est
indubitable : le droit de l’Ukraine à un tel État. Nous respectons ce
droit, nous ne soutenons pas les privilèges des Russes sur les Ukrainiens, nous
éduquons les masses dans l’esprit de la reconnaissance de ce droit, dans
l’esprit du déni des privilèges d’État de toute nation. »
Dans le second texte voici notamment une de ses explications :
« L’indépendance
de l’Ukraine a été reconnue, tant par le Comité exécutif central de la RSFSR
(République socialiste fédérative soviétique de Russie) que par le Parti
communiste des bolcheviks de Russie. Il est donc évident et largement reconnu
que seuls les ouvriers et paysans ukrainiens eux-mêmes peuvent décider lors de
leur congrès ukrainien des soviets si l’Ukraine fusionnera avec la Russie ou
deviendra une république séparée et indépendante et, dans ce dernier cas,
quels liens fédératifs doivent s’établir entre cette république et la Russie…
Les
travailleurs ne doivent pas oublier que le capitalisme a divisé les nations en
un petit nombre de grandes puissances oppressives (impérialistes), des nations
libres et souveraines et une écrasante majorité de nations opprimées,
dépendantes et semi-dépendantes, non souveraines. La guerre archi-criminelle et
archi-réactionnaire de 1914-1918 a accentué cette division, attisant ainsi la
haine et le ressentiment. Pendant des siècles, l’indignation et la méfiance des
nations non souveraines et dépendantes envers les nations dominantes et
oppressives, comme l’Ukraine envers des nations comme la Grande Russie, se sont
accumulées.
Nous
voulons une union volontaire des nations - une union qui exclut toute
coercition d’une nation sur une autre -, une union qui se fonde sur la
confiance la plus totale, sur une reconnaissance claire de l’unité fraternelle,
sur un consentement absolument volontaire…
Parmi
les bolcheviks, il y a des partisans de l’indépendance complète de l’Ukraine,
des partisans d’une union fédérative plus ou moins étroite et des partisans de
la fusion complète de l’Ukraine avec la Russie. Il ne devrait pas y avoir de
désaccord sur ces questions. Le Congrès des soviets de l’Ukraine les
résoudra. »
Il serait curieux qu’avec ces explications de Lénine lui-même vous veniez expliquer qu’il a pris des décisions autoritaires allant à l’encontre d’une aspiration populaire. Vous remarquerez au passage qu’il n’a rien décidé lui-même. Le premier paragraphe de ce deuxième texte vous dit comment l’indépendance de l’Ukraine a été décidée.
Pour le reste, je ne défends nullement ce qu’ont fait Staline et Khrouchtchev. Je condamne même la déportation massive des tatars de Crimée et je reste partisan de leur droit au retour.
Il est inutile de me ressortir la propagande de Poutine sur ses prétendues propositions raisonnables. Ce qui est raisonnable c’est de respecter la décision prise par les ukrainiens lors de leur référendum de 1991 où plus de 92% des ukrainiens ont massivement choisi l’indépendance (faible abstention) (je le répéterai jusqu’à ce que vous en teniez compte).
Ce qui est raisonnable aussi c’est de respecter les engagements pris lors du traité de Budapest signé par la Russie en 1994 qui garantissait l’intégrité et le respect des frontières de l’Ukraine dans sa configuration du moment.
(Je le répéterai autant que nécessaire).
Au lieu de cela, on voit ce que fait Poutine : il sème la mort, la destruction, la misère, la désolation, la dictature...