• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Sofonisba Anguissola : « La partie d’échecs »

Sofonisba Anguissola : « La partie d’échecs »

Nous sommes en 1555 en Lombardie, dans la ville de Crémone. Sofonisba, la fille aînée d’Amilcar et Bianca Anguissola, est âgé de 23 ans lorsqu’elle peint « La partie d’échecs ». Un tableau particulièrement intéressant, et cela à plusieurs titres...

Quiconque connaît la vie et l’œuvre de Sofonisba Anguissola est à même de comprendre les commentaires élogieux dont elle a fait l’objet de la part de personnages de grand renom, tels le génial Michel-Ange et le peintre Giorgio Vasari, l’un des meilleurs connaisseurs de la peinture de son époque. Cette reconnaissance, inédite pour une femme peintre dans l’Italie de la Renaissance, ouvrit incontestablement la voie à l’émergence de grandes artistes comme Lavinia Fontana et la rebelle Artemisia Gentileschi, de la même manière que Catharina Van Hemessen fut, plus au nord, la grande pionnière de la peinture au féminin dans l’École flamande. De nos jours, nul ne songe à nier la qualité des œuvres que Sofonisba Anguissola a léguées au patrimoine pictural. Parmi celles-ci, La partie d’échecs – conservée depuis 1823 en Pologne, au musée Narodowe de Poznan – est sans aucun doute la plus célèbre, et cela pour différentes raisons.

A priori, rien de très surprenant dans cette scène de vie familiale qui montre une partie d’échecs entre deux des sœurs de Sofonisba, Lucia et Minerva, sous le regard d’une troisième sœur, Europa, et d’une servante, Cornelia Appiani. L’œuvre a manifestement été peinte par une artiste au talent affirmé, une surdouée dont les maîtres Bernardino Campi puis Bernardino Gatti, deux peintres maniéristes de renom, ont assuré la formation à la demande d’Amilcar, ce grand admirateur d’Hannibal qui voulait pour ses six filles et son garçon Asdrubale, la meilleure éducation qui soit.

L’essentiel de cette œuvre, la partie d’échecs, se déroule au premier plan, sous les ombrages des chênes plantés dans le jardin de la maison familiale des Anguissola à Crémone, cette ville lombarde universellement connue pour la qualité de ses luthiers. En arrière-plan, l’on perçoit un paysage idéalisé dans l’air du temps, mais soigneusement estompé pour créer un effet d’éloignement grâce à l’usage en tons bleutés de la technique du sfumato théorisée quelques décennies plus tôt par Léonard de Vinci. Ce choix délibéré vise évidemment à concentrer l’attention du spectateur sur la scène qui se déroule autour de la table de jeu.

Le premier constat que l’on peut faire est que, contrairement à l’usage qui imposait aux peintres italiens de la Renaissance des personnages plutôt figés, les sœurs ne le sont pas sur cette toile comme le montrent avec éloquence le sourire et le regard espiègles d’Europa : la plus jeune se réjouit manifestement du coup décisif que vient de réaliser Lucia au détriment d’une Minerva qui jette sur son aînée un regard perplexe, comme si elle cherchait à comprendre la cause de sa défaite. Lucia, quant à elle, a le triomphe serein : silencieusement, elle semble prendre à témoin le spectateur de cette scène. En résumé, Europa regarde Minerva qui regarde Lucia qui regarde... Sofonisba, hors cadre. Quant à la servante, elle fixe avec attention l’échiquier, et ce n’est pas la moindre des surprises que révèle cette partie d’échecs.

Surprise car si le jeu d’échecs était, durant la Renaissance, pratiqué tant par les hommes que par les femmes dans les maisons nobles et bourgeoises, celles-ci n’étaient pas supposées en maîtriser totalement la complexité stratégique. C’est la raison pour laquelle, hormis quelques joutes amoureuses symbolisées par des parties mixtes, la mise en valeur de la pratique de ce jeu dans la peinture de l’époque visait, sur un plan métaphorique, avant tout à symboliser la puissance et la domination masculine. Or, les filles d’Amilcar jouent aux échecs sans complexes, comme le feraient des hommes de la haute société. Au-delà de l’alibi que lui fournit la sphère familiale, c’est probablement une affirmation de l’émancipation féminine que revendique par ce biais Sofonisba, parfaitement au courant des codes en usage.

Autre surprise : la présence de Cornelia, dont le statut de servante est attesté par un habillement simple à côté des superbes robes de brocart à dentelles et broderies que portent les demoiselles Anguissola. Or, toute servante qu’elle soit, Cornelia pose sur l’échiquier un regard sans ambiguïté qui montre son intérêt pour le jeu et lui confère de ce fait un statut qui la hisse au-dessus de sa condition ancillaire. Sans doute faut-il voir dans cette présence une marque de reconnaissance – et sans doute d’affection – de Sofonisba pour cette femme si dévouée. Une reconnaissance confirmée par la présence de Cornelia dans un autre tableau de Sofonisba, un autoportrait au clavecin. 

Un grand merci à Sofonisba Anguissola et à toutes ces pionnières de l’art pictural, malheureusement trop longtemps restées dans l’ombre des hommes.

 

Nota : Quelques toiles de Sofonisba Anguissola ont longtemps été attribuées à d’autres peintres de son époque. Tel n’est pas le cas de La partie d’échec, clairement signée sur le bord de l’échiquier : SIPHONISBA ANGVSSOLA, VIRGO, AMILCARIS FILIA, EX VERA EFIGIE, TRES SUAS SORORES ET ANCILAM PINXIT.MDLV MDLV. (Sofonisba Anguissola, vierge, fille d’Amilcar, hors de la représentation, a peint trois de ses sœurs et la servante. 1555.)  

 

Précédents articles sur la peinture :

Élisabeth Vigée-Lebrun : un hommage mérité !

Quand Van Meegeren peignait des Vermeer

Injustement oubliée : Lavinia Fontana

Audubon : ornithologue de talent, peintre de génie

Mademoiselle Capet (Gabrielle Capet)

Catharina van Hemessen, la pionnière oubliée

Adelaïde (Adélaïde Labille-Guiard)

Sofonisba (Sofonisba Anguissola)

Artemisia (Artemisia Gentileschi)

Lolo, roi du pinceau ! (le canular Boronali)


Moyenne des avis sur cet article :  3.89/5   (9 votes)




Réagissez à l'article

48 réactions à cet article    


  • colere48 colere48 21 décembre 2015 12:17

    Bonjour Fergus

    Merci pour cet article passionnant et riche d’informations sur le rôle des femmes trop longtemps éclipsée.
    Voilà un bon petit bol d’air frais en ces temps trop souvent irrespirables !


    • Fergus Fergus 21 décembre 2015 12:41

      Bonjour, colere48

      Merci à vous pour ce commentaire. Le fait est que l’air est souvent irrespirable en ce moment. Par chance, les arts nous offrent des échappées bien venues.


    • Loatse Loatse 21 décembre 2015 13:58

      bonjour Fergus,


      Les hauts cols qui enserrent le cou de ces jeunes filles et femmes forment comme un contraste insolite avec l’amusement et l’espièglerie qui se dégage de ce tableau...
      Il me semble paradoxalement intemporel (je n’hésiterai pas une minute à l’accrocher si c’était possible dans mon intérieur )..

      Comme quoi l’art (pourquoi au feminin ? il n’y a qu’un art), c’est avant tout l’expression de l’âme de l’artiste... et celle ci rayonne au delà de sa technique plutôt classique, figurative comme une invitation à plus de légéreté dans un monde codifié et souvent cruel avec qui se démarque des canons... comme ce fut le cas avec van gogh

      Là tout est dans la subtilité, mais pétard ca dégage ! :)

      merci.





      • Fergus Fergus 21 décembre 2015 14:36

        Bonjour, Loatse

        « Les hauts cols qui enserrent le cou de ces jeunes filles et femmes »

        « La mode qui trotte », comme écrivait Robert Merle dans la saga Fortune de France. smiley Le fait est que cela accentue le contraste.

        Peut-on parler d’« art au féminin » ? A mon avis, non, en effet. Toutefois, certains sujets sont ouvertement féministes, ou servent d’exutoire à une rage intérieure, à l’image de la décapitation d’Holopherne par Judith, dans la version particulièrement violente qu’en a peint Artemisia Gentileschi, le, général prenant les traits du peintre violeur d’Artemisia dans sa jeunesse.

        Merci à vous.


      • Passante Passante 21 décembre 2015 14:22

        bonjour Fergus,

        on y voyage ce tableau... pourquoi ?
        eh bien y’a une erreur : il faut une case blanche à la droite de chaque joueur.
        sauf qu’à l’époque du tableau, cette règle n’était pas encore sans doute partout énoncée,
        il n’empêche, 
        il est clair que notre peintre n’a aucune idée du jeu,
        ce qui plaide en faveur d’une erreur de méconnaissance sur cette case noire à droite,
        ce qui le prouve, c’est la manière dont les pièces sont disposées sur l’échiquier ;
        donc certes blancs d’un côté, noirs l’autre, mais :

        -les deux joueuses ont leurs fous en coin, ce qui n’est pas le fou en fianchetto
        mais une position bizarre du fou, inhabituelle, affaiblissante, et coûteuse en temps,
        -la soi-disant « victorieuse » trimballe un cavalier en bande, idem pour son adversaire un cavalier en traverse, il faut vraiment n’avoir aucune idée du jeu pour positionner ainsi des cavaliers...

        donc oui la date, mais l’ignorance du jeu est certaine.

        • Fergus Fergus 21 décembre 2015 14:46

          Bonjour, Passante

          Bravo ! Je n’ai pas mentionné à dessein cette anomalie pour voir si un intervenant la signalerait. Vous avez parfaitement raison, la case de gauche est toujours noire et la case de droite toujours blanche. Et même si les règles du jeu d’échec ont changé au début du 16e siècle, les changements ont porté sur le déplacement des pièces et la nouvelle prééminence de la reine, pas sur la disposition de l’échiquier.

          S’agit-il d’une erreur de Sofonisba ? Ou cela a-t-il été fait volontairement ? Je n’ai jamais trouvé la réponse. Et je ne suis pas suffisamment connaisseur des échecs pour vous contredire sur la position des pièces. Peut-être tout cela n’était-il pas important aux yeux de Sofonisba, l’essentiel étant de montrer un partie d’échecs opposant des filles.


        • Fergus Fergus 22 décembre 2015 09:34

          Bonjour, Passante

          Par curiosité, j’ai fait des recherches et trouvé plusieurs illustrations de peintures ou d’enluminures anciennes ou asiatiques qui montrent des échiquiers avec case blanche à gauche du joueur. Il y en a même une qui illustre l’article « Echecs » de Wikipédia !

          En définitive, peut-être que Sofonisba ne s’est pas trompée sur ce point. Cela n’enlève rien au fait que la case de gauche est toujours noire dans les jeux modernes, directement inspirés de la réforme de 1510.


        • Abou Antoun Abou Antoun 22 décembre 2015 19:36

          @Passante
          Bonjour Passante et Bon Noël, même si, comme moi, vous ne croyez ni au Petit Jésus ni à Coca Cola.
          Maintenant on va vous appeler ’vigilante’.


        • siatom siatom 21 décembre 2015 14:47


          Je suis plutôt béotien en matière de peinture mais j’aime à parcourir vos articles qui y sont consacrés et je me suis rendu illico presto sur Lolo roi du pinceau car je connaissais bien cette histoire très savoureuse du " coucher de soleil sur l’Adriatique’’ .

          C’est pourquoi je suis toujours dubitatif sur le marché de l’art.


          • Fergus Fergus 21 décembre 2015 15:16

            Bonjour, siatom

            Merci pour votre visite.

            « je suis toujours dubitatif sur le marché de l’art. »

            Je le suis moi-même tout autant. Et ce n’est pas la visite des musées d’art moderne ou des galeries branchées qui va me convaincre. Non qu’il n’y ait pas, ici et là, de véritables œuvres d’art entre ces murs, mais trop souvent les dérives prédominent, du fait notamment de la collusion entre les « marchands » sans scrupule et les professionnels du marketing dont les gogos friqués et snobs sont les complices involontaires.

            Et c’est ainsi que l’on peut admirer, ici une installation de sacs-poubelles pleins suspendus (vu à Londres, galerie Serpentine), là une composition sous verre faite d’ordures allant de la brosse à dents en fin de course au Tampax usagé (vu à la Tate Modern de Londres), ailleurs des tableaux peints avec le pénis (Brent Ray Fraser) ou une brosse fichée dans le vagin (Milo Moiré). Vive l’art !


          • cevennevive cevennevive 21 décembre 2015 19:25

            Bonjour Fergus,


            Il est magnifique ce tableau. Merci pour votre article qui me l’a fait connaître !

            Je viens de lire l’histoire de la vie d’Artémisia (la rebelle, dites-vous). Je pense qu’elle n’était pas vraiment « rebelle », mais qu’elle était bien en avance sur son temps, et qu’elle agissait simplement comme bien des femmes d’aujourd’hui, celles que l’on veut « tenir sous le boisseau » et qui ne le supportent pas.

            Je fais suivre votre article à ma fille, spécialiste de peinture ancienne, réparatrice de tableaux à Nîmes.

            Quand l’on sait comme moi combien il faut de travail, de talent, de recherche, et de mélanges de mixtures pour réaliser les couleurs que les peintres anciens ont utilisées pour leurs oeuvres, l’on ne peut qu’être béat d’admiration devant de tels résultats.

            La carnation des personnages, les formes, le repli des vêtements, sont quelquefois bien plus réalistes que des photos d’aujourd’hui. Et il ne suffisait pas de peindre (ce qui est déjà prodigieux) il fallait aussi préparer les supports, les couleurs, etc.

            C’est pour cela que je n’aime pas du tout l’art contemporain, parfois hideux et grossier.

            Bien à vous.



            • Fergus Fergus 21 décembre 2015 20:44

              Bonsoir, cevennevive

              Merci pour votre commentaire.

              Le fait est que les peintres d’autrefois avaient d’autant plus de mérite qu’ils créaient le plus souvent leur propres couleurs en utilisant les pigments naturels (il est vrai que les plus renommés avaient des aides pour cela). Effectuer la même démarche pour restaurer les œuvres anciennes à l’identique est un travail passionnant et minutieux que je considère avec beaucoup de respect. Toute ma sympathie à votre fille pour ce qu’elle accomplit dans son activité professionnelle.

              Il est vrai que l’art contemporain est souvent « hideux et grossier ». Mais en réalité, c’est comme un iceberg : l’on ne voit le plus souvent que la partie émergée, celle qui est faite des objets de scandale, beaucoup plus nés dans des têtes pleines de dollars que dans des têtes de véritables créateurs. L’une des meilleures illustrations de cette dérive est constituée par les œuvres de Jeff Koons, un « artiste » venu de la finance et redoutable en termes de plan marketing !

              Mais à côté de cela, l’art contemporain est aussi fait de formidables créations d’artistes pas forcément destinées à grimper vers les sommets de la cote. A cet égard, j’aime bien me promener du côté des Beaux-Arts à Paris, ou de la place des Vosges, dans l’espoir de découvrir de nouveaux talents capables de me séduire. Hélas ! je n’ai pas les moyens de me payer ces œuvres, mais les admirer dans les galeries ne coûte rien. smiley 

               


            • Mao-Tsé-Toung Mao-Tsé-Toung 22 décembre 2015 22:50

              Fergus 21 décembre 20:44

              "Bonsoir, cevennevive

              Le fait est que les peintres d’autrefois avaient d’autant plus de mérite qu’ils créaient le plus souvent leur propres couleurs en utilisant les pigments naturels« 

              °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

              @Fergus & autres
              Bonsoir,
              à ce propos quelqu’un a-t-il fait des recherches poussées, pour savoir comment ça se passait dans
              les grottes préhistoriques ?!

              Peut-on se représenter une »histoire" de la peinture remontant à la nuit des temps ?

              Merci

              CQFD
               


            • Fergus Fergus 23 décembre 2015 08:45

              Bonjour, Mao-Tsé-Toung

              Je ne connais pas très bien les techniques de l’art rupestre, mais il est certain que les peintures utilisées par les artistes de la préhistoire étaient constituées de minéraux pilés, sans doute mêlés à un corps gras (huile végétale ou animale) pour en faciliter l’application et en assurer la tenue sur le support choisi, le plus souvent une paroi de grotte.

              On peut imaginer qu’à l’origine de cet art rupestre, des hommes ou des femmes aux mains enduites de pigment minéral (par exemple de l’ocre) ont laissé des traces de ces mains sur des rochers ou des parois rocheuses et constaté que cette trace perdurait dans le temps sans s’altérer. Dès lors, des artistes ont vu le jour, qui se sont mis à représenter les animaux qu’ils chassaient, et même (par exemple sur : les peintures du Tassili) les hommes et le femmes qui les entouraient. 


            • gaijin gaijin 23 décembre 2015 10:36

              @Mao-Tsé-Toung
              « Peut-on se représenter une »histoire » de la peinture remontant à la nuit des temps ? « 
              a priori non
              je me souvient du commentaire d’une spécialiste de l’histoire de l’art a l’occasion de la découverte de la grotte chauvet disant que notamment l’utilisation qui était faite de la perspective remettait toute l’histoire de l’art en question ....................
              ( en gros comme d’hab on constate que le plus ancien est bcp trop » évolué " pour cadrer avec nos hallucinations de perspective de progrès linéaire )


            • Mao-Tsé-Toung Mao-Tsé-Toung 23 décembre 2015 12:05

              Fergus 23 décembre 08:45

              Bonjour, Mao-Tsé-Toung

              Je ne connais pas très bien les techniques de l’art rupestre, mais il est certain que les peintures utilisées par les artistes de la préhistoire étaient constituées de minéraux pilés, sans doute mêlés à un corps gras (huile végétale ou animale) pour en faciliter l’application et en assurer la tenue sur le support choisi, le plus souvent une paroi de grotte.

              On peut imaginer qu’à l’origine de cet art rupestre, des hommes ou des femmes aux mains enduites de pigment minéral (par exemple de l’ocre) ont laissé des traces de ces mains sur des rochers ou des parois rocheuses et constaté que cette trace perdurait dans le temps sans s’altérer. Dès lors, des artistes ont vu le jour, qui se sont mis à représenter les animaux qu’ils chassaient, et même (par exemple sur : les peintures du Tassili) les hommes et le femmes qui les entouraient. 

              °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
              @Fergus
              Merci mais ...
              les problématiques sont énormes ; en admettant que le point de départ soit celui que vous indiquez : "des hommes ou des femmes aux mains enduites de pigment minéral« , le fait qui pour vous va de soit : »des artistes ont vu le jour« n’est pas si évident que ça !
              Populations très clairsemées,
              pas d’écoles notamment pour la perspective, pour la composition des couleurs... ,etc,etc
              pas de chimistes non plus ? car la peinture dans ces grottes souvent humides poseraient d’énormes problèmes même aujourd’hui... !

              Je crois que tout est à revoir dans l’histoire de la préhistoire où la manifestation de savants et d’artistes en milieu hostile dit bien ce qu’elle dit :
              Voir mon article :

               »l’homme des cavernes complètement débile«  ?

              http://www.agoravox.tv/culture-loisirs/culture/article/l-homme-des-cavernes-completement-51017

              Merci encore pour votre article et à tous ceux qui peuvent encore nous éclairer de ces multiples énigmes que pose la »cause" préhistorique... avec notamment ses peintures rupestres !

              CQFD


            • Mao-Tsé-Toung Mao-Tsé-Toung 23 décembre 2015 12:20

              @Mao-Tsé-Toung
              pas de chimistes non plus ? car la peinture dans ces grottes souvent humides poserait d’énormes problèmes même aujourd’hui... !

              EXCUSER


            • Fergus Fergus 23 décembre 2015 12:54

              @ Mao-Tsé-Toung

              Je crois en effet que l’art est né du hasard. Et à mon avis cela s’est fait de manière aléatoire - et relativement concomitante - en divers lieux de la planète où l’évolution des hommes a pu les conduire, sans qu’il y ait eu concertation entre les peuplades, à intellectualiser - fût-ce de façon rudimentaire dans les premiers temps - la notion de « représentation ». Cette émergence de la représentation est, toujours à mon avis, le pendant de l’intellectualisation qui a conduit l’homme à produire des outils pour faciliter son mode de vie.

              Je ne crois pas qu’il y ait là d’énigme véritable, mais la conséquence du développement progressif de l’intellect et des capacités cognitives de ces hommes et femmes de la préhistoire.

              Bonne journée.


            • Mao-Tsé-Toung Mao-Tsé-Toung 23 décembre 2015 13:16

              Fergus 23 décembre 12:54

              @ Mao-Tsé-Toung

              Je crois en effet que l’art est né du hasard. Et à mon avis cela s’est fait de manière aléatoire - et relativement concomitante - en divers lieux de la planète où l’évolution des hommes a pu les conduire, sans qu’il y ait eu concertation entre les peuplades, à intellectualiser - fût-ce de façon rudimentaire dans les premiers temps - la notion de « représentation ». Cette émergence de la représentation est, toujours à mon avis, le pendant de l’intellectualisation qui a conduit l’homme à produire des outils pour faciliter son mode de vie.

              Je ne crois pas qu’il y ait là d’énigme véritable, mais la conséquence du développement progressif de l’intellect et des capacités cognitives de ces hommes et femmes de la préhistoire.

              Bonne journée.

              °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

              @Fergus

              "Je ne crois pas qu’il y ait là d’énigme véritable, mais la conséquence du développement progressif de l’intellect et des capacités cognitives de ces hommes et femmes de la préhistoire."

              Là vous avez le mot pour rire ?!

              Avez-vous conscience des présupposés de vos propos ?

              Terminé, entre autres le darwinisme, l’anthropologie, l’ethnologie, etc, etc : la charpente idéologique de nos universités s’effondre, encore plus surement que les tours jumelles du 11/9 !?

              Merci d’étayer vos propos !

              CQFD


            • Fergus Fergus 23 décembre 2015 14:01

              @ Mao-Tsé-Toung

              Ce que j’ai écrit ci-dessus n’est en contradiction ni avec les travaux de Darwin, ni avec ceux des anthropologues et ethnologues.


            • pemile pemile 23 décembre 2015 14:11

              @Mao-Tsé-Toung « Terminé, entre autres le darwinisme, l’anthropologie, l’ethnologie, etc, etc »
              C’est quoi ce délire ???

              Des traces « d’oeuvres artistiques » (gravures) remontent même à homo erectus, quelle est la théorie pour « l’explosion » artistique au paléolithique que tu préfères ?


            • Mao-Tsé-Toung Mao-Tsé-Toung 23 décembre 2015 18:23

              Fergus 23 décembre 14:01

              @ Mao-Tsé-Toung

              Ce que j’ai écrit ci-dessus n’est en contradiction ni avec les travaux de Darwin, ni avec ceux des anthropologues et ethnologues.

              °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
              @Fergus
              Camarade, il ne faut pas oublier que votre « thèse », c’est beaucoup dire, doit être ici cohérente avec « les temps » : le chronos et le kairos des grecs !

              Maintenant dite moi dans quelle université moderne vous avez appris, que l’on croit à la génération spontanée ? même Pasteur est allé démontrer le contraire en scientifique !

              Génération spontanée, excusez du peu à 20 000 ? 50 000 ? à 100 000 ? alors que pour les anthropologues, les darwiniens... l’homme n’était qu’un demi-singe, voire un singe ; génération spontanée et pas de n’importe-quoi :
              _de savants : chimistes entre autres !
              _d’artistes peintre maitrisant la couleur, la perspective, le portrait !

              Voir mon article :

               »l’homme des cavernes complètement débile« ?

              http://www.agoravox.tv/culture-loisirs/culture/article/l-homme-des-cavernes-completement-51017

              N’inversons pas les rôles camarade autodidacte : dans de très nombreux articles et commentaires j’ai attaqué les dogmes des universités modernes qui remontent avec les religions à - 600 ! Comme on peut le constater en suivant le lien ci-dessus qui remonte jusqu’au

              témoignage du Magdalénien !

              J’ai pris soin d’étayer mon point de vue avec mes réflexions et discriminations de surdoué diplômé qui a été reconnu par les instances de l’éducation nationale en la personne de psychologues spécialistes et attitrés -j’ai le document faisant foi en mains propres- ; pas des faisant-fonction comme pour certains charlatans !

              Mes études sérieuses sur le sujet ont démarré à l’age de 17/18 ans ; j’en ai 77 !

              Je ne crois pas un seul instant à une quelconque formation scientifique de votre part, encore moins que vous soyez un surdoué !?

              D’où vient alors votre science, ou votre culot plutôt, pour nier les énigmes et les énormes contradictions dans l’enseignement de la préhistoire de l’université actuelle ?

              Effectivement votre phraséologie faite d’addition de mots juxtaposés, les uns derrière les autres, peut faire illusion pour certains ignares qui trainent par ici !

              MON DÉSACCORD NE CONCERNE QUE LA LECTURE QUE VOUS FAITES DES GROTTES PRÉHISTORIQUES !

              Étant moi-même joueur d’échecs au quotidien, j’apprécie le tableau avec ses incohérences évidentes !

              Merci

              CQFD

               :


            • Fergus Fergus 23 décembre 2015 18:51

              @ Mao-Tsé-Toung

              « dite moi dans quelle université moderne vous avez appris, que l’on croit à la génération spontanée ? »

              Quelle est cette caricature de mes propos ? Nulle part, je n’ai évoqué ce qui pourrait ressembler à de la « génération spontanée », mais des constats faits par nos ancêtres sur des durées plus ou moins longues, constats qui, alliés au développement cognitif progressif, les ont amené, d’un côté à créer des outils de moins en moins rudimentaires, de l’autre à des formes de représentation que l’on peut qualifier d’artistiques.

              Cela dit, vous avez raison, je n’ai aucune formation scientifique, et je ne prétends pas le contraire. Quant à ce que je pense du sujet en question, cela n’engage que mes propres réflexions.


            • pemile pemile 23 décembre 2015 19:04

              @Fergus
              Je te souhaite bien du courage « l’autodidacte » face au « surdoué certifié » Mao-Tsé-Toung pour prouver « la génération spontanée » de magasins de couleurs tenu par des chimistes en blouse blanche au paleolithique moyen ou supérieur ! smiley


            • Fergus Fergus 23 décembre 2015 19:13

              Bonsoir, pemile

              Merci pour ce soutien, mais je crois que je vais arrêter là un débat avec Mao-Tsé-Toung dont je ne comprends même pas la finalité. A moins que tu n’aies raison pour les « magasins de couleurs » du paléolithique. smiley


            • Le p’tit Charles 22 décembre 2015 08:10

              Rembrant (aussi) cachait dans ces gravures bons nombres de scènes (parfois croustillantes)..

              Bonnes Fêtes Fergus...

              • Fergus Fergus 22 décembre 2015 08:51

                Bonjour, Le p’tit Charles

                Je ne sais rien de ces scènes « croustillantes » dans l’œuvre de Rembrandt. Je vais tenter d’en savoir plus.

                Joyeuses fête également pour vous-même et votre famille.


              • Le p’tit Charles 22 décembre 2015 09:34

                @Fergus...
                Souvent, « les scènes de genre qui semblaient avoir été peintes sur le vif étaient en réalité exécutées dans l’atelier de l’artiste ». Nombre de ces tableaux et gravures apparemment réalistes contenaient des messages cachés « révélant un principe moral » difficiles à déchiffrer. La popularité de ces œuvres montre combien « les spectateurs adoraient résoudre ces énigmes, tout en admirant la qualité artistique et en appréciant la vivacité des scènes amusantes »


              • Fergus Fergus 22 décembre 2015 09:41

                @ Le p’tit Charles

                « Nombre de ces tableaux et gravures apparemment réalistes contenaient des messages cachés « révélant un principe moral » difficiles à déchiffrer. »

                En effet. Mais aussi des clins d’œil à des membres de la famille, à des personnages puissants, voire à des jurys d’académie. Et sauf à disposer de documents, il est souvent très difficile, comme vous le soulignez, de « déchiffrer » ces messages. Sauf à être soi-même un expert, c’est quasiment impossible pour un simple amateur à qui l’on n’a pas donné les clés de l’œuvre. Ce qui, fort heureusement, n’enlève rien à sa qualité picturale.


              • hervepasgrave ! hervepasgrave ! 22 décembre 2015 18:12

                Bonsoir, j’aime bien ce genre d’article.Je connaissais ce tableau mais sans en connaitre l’auteur.
                Je donnerais timidement un avis sur la traduction qui en est faite.Cela concerne la servante principalement.Car à ces époques elles étaient en fait des mères,plus que les vrais mères.Et la ou cela pourrait me troubler si tel est le cas,c’est le courage de la peintre pour faire simplement un tableau familiale. Une reconnaissance voilée,aux yeux d’autrui,mais pour les personnes concernées,un miroir rassurant. Mais je n’y connais rien,j’apprécie,rien de plus.Beaucoup de traductions de tableaux sont faites,souvent juste en art,mais sur la signification,il faudrait avoir vécu à l’époque et dans les mêmes conditions. C’est subjectif.
                Fergus tu excelles,dans ce genre de sujet continu.
                 


                • Fergus Fergus 22 décembre 2015 20:22

                  Bonsoir, hervepasgrave !

                  Ton hypothèse n’est pas infondée : il a été dit que Cornelia a pu être la nourrice de sœurs Anguisssola. Mais ce n’est pas avéré à ma connaissance. La présence de cette femme sur deux tableaux n’en accrédite pas moins une véritable proximité entre les filles et la servante.

                  Merci pour ton commentaire.


                • Abou Antoun Abou Antoun 22 décembre 2015 19:30

                  Tiens, puisqu’on parle du jeu d’échecs, voici une petite devinette.
                  Prenez un échiquier et découpez deux cases diamétralement opposées (c’est à dire aux deux extrêmités d’une même diagonale). il reste donc 64-2=62 cases.
                  On vous donne maintenant 31 dominos chaque domino recouvrant exactement deux cases.
                  Pensez-vous qu’il soit possible de recouvrir l’échiquier ainsi amputé avec ces 31 dominos. Si oui dites comment, si non dites pourquoi.
                  PS : Vous n’êtes pas obligés de savoir jouer aux échecs ni aux dominos pour répondre.


                  • pemile pemile 22 décembre 2015 19:40

                    @Abou Antoun
                    En retirant deux cases de même couleur, 30 dominos maximum


                  • Abou Antoun Abou Antoun 22 décembre 2015 19:46

                    @pemile
                    Elaborez un peu...
                    Vous avez fait une remarque importante, mais votre conclusion est un peu sèche. Vous ne recouvrez pas 62 cases avec 30 dominos...et vous ne répondez pas à la question telle qu’elle est posée.


                  • pemile pemile 22 décembre 2015 20:10

                    @Abou Antoun « Vous ne recouvrez pas 62 cases avec 30 dominos »
                    Un domino recouvre obligatoirement deux couleurs, si on enlève deux cases de même couleur, il reste 32 cases X et 30 cases Y, donc 30 dominos maximum et deux cases X restantes.


                  • hervepasgrave ! hervepasgrave ! 22 décembre 2015 20:32

                    @Abou Antoun
                    tout est dans la couleur des cases de départ.


                  • Abou Antoun Abou Antoun 22 décembre 2015 20:37

                    @pemile
                    Voilà. Pb résolu. La première remarque est qu’on enlève deux cases de la même couleur et qu’il y donc dissymétrie dans les couleurs 32 blanches pour 30 noires ou bien le contraire.
                    Maintenant quelque soit la façon dont on pose un domino horizontalement ou verticalement, sur un bord ou au centre, il recouvre toujours deux cases de même couleur.
                    Donc après un nombre quelconque de dominos déposés, le nombre de cases noires couvertes sera toujours égal au nombre de cases blanches couvertes.
                    La réponse est donc. C’est impossible !
                    Ce problème devient maintenant super intéressant quand on supprime les couleurs. C’est à dire quand on pose le problème à partir d’une grille où toutes les cases ont la même couleur. Pour trouver cette solution élégante et simple il faut penser à colorier les cases.


                  • Abou Antoun Abou Antoun 22 décembre 2015 20:43


                    il recouvre toujours deux cases de même couleur.
                    Il faut lire, bien sûr, deux cases de couleurs DIFFÉRENTES !!!


                  • Fergus Fergus 22 décembre 2015 20:44

                    Bravo à tous pour ce problème et pour la brillante réponse apportée par Pemile et Hervepasgrave !


                  • Abou Antoun Abou Antoun 22 décembre 2015 19:42

                    Bonjour Fergus,
                    Excellent commentaire !
                    Vous pourriez être guide dans un grand musée. J’ai entendu des choses bien moins inspirées.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON








Les thématiques de l'article


Palmarès



Partenaires