@Francis, agnotologue
Si la nuit du 4 Août 1789 est bien la séance de l’Assemblée
nationale constituante au cours de laquelle a été votée la suppression des
privilèges féodaux, ce terme de « privilèges »
fait souvent l’objet d’un contresens. En fait, il s’agissait de mettre fin au
système féodal qui perdurait à l’âge classique malgré de nombreuses réformes
sous l’ancien régime lui-même et de conforter le pouvoir central en supprimant les particularités et les droits
seigneuriaux (c’est cela qui s’intitulait
« privilèges »), pour rendre tous les hommes directement sujets du roi (mais pas encore
citoyens). Le servage et les corvées étaient rendus responsables de la mauvaise
exploitation des terres et de divers désordres. Le roi avait déjà aboli ces
droits dans ses propres domaines, mais il fallait exiger les mêmes réformes
chez les grands seigneurs et sur les terres des abbayes. Ce que Turgot avait
échoué à faire, la bourgeoisie « révolutionnaire » l’a fait. Mais ne
s’agissait pas de l’ »égalité » prônée par Babeuf dans la « conjuration
des égaux », épisode durement réprimé par les Jacobins. L’égalité devant
la loi, c’est simplement les fait que les jugements se réfèrent à un seul code
qui a été finalisé sous le premier empire d’où le nom de « code Napoléon ».
Les affaires genre Cahuzac ou Balkany illustrent s’il était besoin cette
illusion d’une « justice égalitaire ».