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Considérations sur la théologie mariale

 

 La bienheureuse Vierge Marie est au cœur de nombreuses incompréhensions de la part des athées, des religions non chrétiennes et des frères séparés de l’Église catholique. Cet article se propose de clarifier un certain nombre de points sur le plan théologique, et d’ouvrir des perspectives sur le rôle véritable que la bienheureuse Vierge Marie est appelée à jouer dans la vie de chacun, pour le plus grand profit de tous et la plus grande gloire de Dieu.

 La Vierge Marie et la France

 La France, entre toutes les nations, a été singulièrement favorisée par la bienheureuse Vierge Marie. Sur la quinzaine d’apparitions mariales officiellement reconnues par l’Église catholique, c’est la France qui arrive seule en tête avec quatre apparitions. La France, fille aînée de l’Église, pays des bergers, des humbles et des martyrs, animée par une foi et une espérance jamais démenties, semble avoir été spécifiquement désignée pour porter le flambeau de la dévotion mariale au reste du monde. En tant que Français du vingt-et-unième siècle, nous sommes doublement placés sous le patronage de la Vierge Marie : par le vœu de Louis XIII de 1638 qui consacre la France à Notre-Dame, et par le geste du souverain pontife Jean-Paul II de confier le troisième millénaire à la protection de la bienheureuse Vierge Marie (Novo Millennio Ineunte, 58).

 

 Les grands principes de la théologie mariale

 - Le Christ unique rédempteur. Il est parfois reproché à l’Église catholique de rendre un culte disproportionné à la Vierge, et de verser dans un certaine « mariolâtrie ». Dans un souci à la foi de clarification du dogme, et de rapprochement, sur des bases saines, à l’égard des autres confessions chrétiennes, le concile de Vatican II a réaffirmé que le Christ est « l’unique médiateur », rejetant ainsi certaines propositions qui visaient à attribuer à Marie le titre de « corédemptrice » : « C’est pourquoi la bienheureuse Vierge est invoquée dans l’Église sous les titres d’avocate, auxiliatrice, secourable, médiatrice, tout cela cependant entendu de telle sorte que nulle dérogation, nulle addition n’en résulte quant à la dignité et à l’efficacité de l’unique Médiateur, le Christ » (Lumen Gentium, 62). Louis-Marie Grignion de Montfort († 1716), dans son Traité de la vraie dévotion à la Vierge Marie, qui aura une grande influence sur la pensée de Jean-Paul II, le rappelle : « Jésus-Christ notre Sauveur, vrai Dieu et vrai homme, doit être la fin dernière de toutes nos autres dévotions » (n°61). Et de citer l’Écriture : « Il n’a point été donné d’autre nom sous le ciel, que le nom de Jésus, par lequel nous devions être sauvés » (Ac 4, 12).

 - La Vierge, Chemin privilégié vers le Christ. Comme l’a enseigné Jean-Paul II, notamment dans sa lettre apostolique Rosarium Virginis Mariæ (2002), la Vierge est un intermédiaire « indépassable » pour contempler « le visage du Christ  » (n° 9). Nous avons en effet besoin d’un « médiateur auprès du Médiateur même » (Traité de la vraie dévotion à la Vierge Marie, 85). Marie est une créature comme nous, nous pouvons donc nous confier sans crainte à son intercession afin de rejoindre le Fils : « Si nous craignons d'aller directement à Jésus-Christ, ou à cause de sa grandeur infinie, ou à cause de notre bassesse, ou à cause de nos péchés, implorons hardiment l'aide et l'intercession de Marie notre Mère : elle est bonne, elle est tendre ; il n'y a en elle rien d'austère ni rebutant, rien de trop sublime et de trop brillant ; en la voyant, nous voyons notre pure nature. Elle n'est pas le soleil, qui, par la vivacité de ses rayons, pourrait nous éblouir à cause de notre faiblesse ; mais elle est belle et douce comme la lune, qui reçoit la lumière du soleil et la tempère pour la rendre conforme à notre petite portée » (Ibid.). Cette image si parlante du soleil, unique source de lumière, et de la lune qui la reflète, rejoint exactement l’enseignement du concile de Vatican II sur les rapports mutuels de la Vierge et du Christ : « Toute influence salutaire de la part de la bienheureuse Vierge sur les hommes (…) découle de la surabondance des mérites du Christ ; elle s’appuie sur sa médiation, dont elle dépend en tout et d’où elle tire toute sa vertu » (Lumen Gentium, 60).

 - « Bienheureuse celle qui a cru ». La maternité de la Vierge Marie n’est pas seulement celle de la chair, mais aussi celle de la foi. C’est en cela que Marie est aussi notre Mère. Par son « Fiat » à l’annonce de l’ange (Lc 1, 38), Marie a répondu à l’appel de Dieu, et a ainsi ouvert le chemin du salut à l’humanité entière. Les évangiles nous la montrent sans cesse attentive à la parole de Jésus, et en position d’intercession entre Jésus et les hommes : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le » (Jn 2, 5). C’est donc à ce titre avant tout que Marie mérite d’être vénérée, comme l’indique Jean-Paul II : « Assurément Marie est digne d'être bénie, du fait qu'elle est devenue la Mère de Jésus selon la chair (…), mais aussi et surtout parce que dès le moment de l'Annonciation elle a accueilli la Parole de Dieu, parce qu'elle a cru, parce qu'elle a obéi à Dieu, parce qu'elle « conservait » la Parole et « la méditait dans son cœur » et l'accomplissait par toute sa vie » (Redemptoris Mater, 20). En cela, et c’est là le message profond de l’Évangile, Marie illustre l’enseignement de Jésus sur la fraternité véritable en Christ : « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique » (Lc 8, 21).

 

 Témoins de Marie

 Finissons cet article par des considérations d’un autre ordre. Notre époque, aveugle au Mystère, sourde à la parole des âges, ne croit que ce qu’elle voit. Indiquons donc pour finir un phénomène qui dépasse notre portée : pour des raisons qui nous échappent, les corps de deux témoins d’apparitions mariales au dix-neuvième siècle n’ont pas été soumis à la corruption naturelle après la mort. On peut les observer, aujourd’hui encore, dans leurs lieux de repos respectifs. Il s’agit de celui de Bernadette Soubirous à Nevers : 

 

 

Et de celui de Catherine Labouré à la chapelle de la Médaille miraculeuse de la rue du Bac à Paris : 

 

 

 Adresse finale

 Puisse la Vierge Marie apporter du réconfort à ceux qui souffrent en cette époque parfois si brutale et si inhumaine. Puisse-t-elle ouvrir les cœurs fermés de tant de nos contemporains. Puisse-t-elle montrer le chemin de la prière aux hommes, qui négligent si souvent cet accès précieux que nous avons au Père. Puisse-t-elle nous accompagner, aujourd’hui et demain, comme elle l’a fait autrefois, pour nous conduire à notre unique Sauveur, notre unique espérance, notre Seigneur, Jésus Christ.

 

 Références :

 - Concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen Gentium

 - Jean-Paul II, encyclique Redemptoris Mater

 - Jean-Paul II, lettre apostolique Rosarium Virginis Mariæ

 


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44 réactions à cet article    


  • Étirév 24 février 17:51

    Marie fut appelée pure et immaculée bien longtemps avant l’introduction de ce dogme dans l’Église. En cela, elle ne fit que bénéficier de la loi qui s’étendait à tout le sexe féminin. Mais il fallut une circonstance pour que l’on affirmât avec tant d’exagération et de louanges inusitées une qualité que toutes les femmes possèdent dans l’ancienne religion.
    Dans toutes les Écritures antiques, la Maternité est considérée comme immaculée et les Déesses-Mères sont dites Vierges-Mères.
    Ce cas n’est pas une exception, il s’applique à la généralité des femmes.
    C’est que, dès cette haute antiquité, on connut la loi du Sexe féminin, et ce qui le prouve, c’est qu’elle est expliquée dans tous les Livres sacrés.
    Il n’est pas étonnant qu’à une époque où l’on faisait à la femme un crime de sa sexualité, on ait donné à celui dont on voulait faire un Dieu une Mère Vierge, croyant ainsi rehausser sa valeur morale. Cela prouve l’ignorance de ces hommes, qui ne savaient pas que toute femme est pure dans la conception, ainsi que l’exprimaient les quatre mots cachés sous les initiales I. N. R. I.
    La Maternité est immaculée parce que le sexe féminin ne participe pas à la chute dans le péché, et cela parce que son élément de vie n’est jamais donné à la génération ; elle le garde en elle. C’est pour cela qu’elle est l’Être en soi. Ses actes sexuels ne portent pas la vie au dehors, mais la portent en elle-même ; en remontant suivant sa polarité spéciale, elle féconde son propre esprit.
    Et c’est cela qu’indique le mot Vierge.
    Quand on parle devant des libres-penseurs de l’Immaculée-Conception, ils s’esclaffent et répondent : « Quelle bourde ! comment peut-il y avoir une conception immaculée, c’est-à-dire opérée autrement que par les procédés des modernes ? »
    Cette réponse prouve qu’ils ne connaissent pas la loi des sexes, pas plus du reste que l’évolution des langues. S’ils connaissaient cette dernière évolution, ils sauraient que le mot Vierge signifie intégrité de l’Esprit. La première religion ne s’occupait que du plan spirituel. C’est dans les religions masculinistes qu’on a mis la psychologie féminine sur le plan sexuel, et alors le mot virginité est devenu intégrité du sexe.
    La question n’est donc pas de savoir si la femme, vierge ou non, est plus ou moins sexuée, mais de savoir qu’elle est autrement sexuée, et c’est ce que toute l’antiquité théogonique savait.
    Les religions masculinistes, qui ont supprimé toutes les lois de la Nature, se sont figuré que la vie sexuelle de la Femme la rapproche du sexe masculin, alors que c’est tout le contraire, elle l’en éloigne.
    Cette question fut un sujet de dispute au Concile d’Éphèse, en 431, quand Marie fut déclarée Mère de Dieu.
    VIERGE MARIE ET MYSTÈRE DE L’IMMACULÉE CONCEPTION


    • Gollum Gollum 24 février 18:15

      @Étirév

      Ben nom de Dieu ! smiley


    • L'apostilleur L’apostilleur 25 février 08:51

      @Étirév
      Acceptériez-vous de dévoiler ce « ...exprimaient les quatre mots cachés sous les initiales I. N. R. I... » s’ils diffèrent de ceux bien connus aujourd’hui ?


    • Yann Esteveny 24 février 18:32

      Message à avatar Laconique,

      Beau sujet mais si délicat ! Marie est bien co-rédemptrice mais il est important de comprendre la différence de nature qu’il y a entre Elle et son Fils, et ce qu’Elle a fait et ce que son Fils a fait.

      Je vous cite : « Notre époque, aveugle au Mystère, sourde à la parole des âges, ne croit que ce qu’elle voit. ».

      Vous êtes beaucoup trop clément avec les humains de notre époque ! Ils ne croient même plus en ce qu’ils voient mais préfèrent prioritairement croire les images animées de leurs écrans. Leur crédulité en d’innombrables fadaises les conduit à la ruine.

      Respectueusement


      • rogal 24 février 19:07

        Édifiant !


        •  C BARRATIER C BARRATIER 24 février 19:24

          "La bienheureuse Vierge Marie est au cœur de nombreuses incompréhensions de la part des athées, des religions non chrétiennes et des frères séparés de l’Église catholique."

          Seuls les catholiques s’intéressent à leur Marie. Ce n’est donc pas une question de compréhension chez les autres. Mais il y a tellement de sujets intéressants et actuels qu’il n’est pas utile de s’intéresser à toutes les légendes. Sauf pour ce qu’elles ont laissé dans l’art : peinture, gospels. Mais c’est un autre sujet.


          • L'apostilleur L’apostilleur 25 février 09:10

            @C BARRATIER

            « ...Seuls les catholiques s’intéressent à leur Marie... » 

            Non, iI y a 5 ans, le « Cheikh Mohammad Bin Zayed » d’Abu Dhabi a rebaptisé sa plus grande mosquée « Marie, mère de Jésus »

            Le Coran reconnaît explicitement la conception miraculeuse de Marie.


          • Decouz 25 février 09:32

            @L’apostilleur

            Tout à fait, une sourate porte son nom, l’histoire est un peu différente, son le rôle symbolique est étudié dans le livre de M.Gilis « Marie en islam », du point de vue de l’ésotérisme :
            "S’il est une figure symbolique où peuvent se rencontrer le christianisme et l’islam, c’est bien celle de la Vierge Marie, de Maryam, mère de Jésus (‘Isâ). Il n’est pas étonnant, d’ailleurs, que les deux études les plus importantes à propos de Marie - Maryam soient le fait d’un musulman converti au christianisme - le Père Jean-Mohammed Abdel Jalîl - et d’un chrétien converti à l’Islam, Charles-André Gilis."

            https://www.babelio.com/livres/Gilis-Marie-en-Islam/528016

            Il faut signaler également la voie soufie « mariamyya » fondée par Frithjof Schuon même si il a été critiqué par certains notammant pour sa conception des rites (il a aussi intégré et participé à des rites des Indiens Sioux, communauté qu’il fréquentait et comprenait), " il fut le maître d’une confrérie « néo-soufie », rattachée à l’ordre alawiyya du cheikh Ahmed al-Alawî, de Mostaganem, et devenue en 1965 la Maryamiyya...".
            Cet aspect marial a été introduit suite à une vision en mer méditerannée de la Vierge.

            http://www.moncelon.com/schuonguenon.htm


          • Decouz 25 février 09:44

            @Decouz
            Dans la présentation de ces deux livres il est question des « deux études les plus importantes », je pense qu’il faut comprendre dans le sens des rapports entre islam et christianisme, car des « mariologues » et de la « mariologie » il y en a eu à profusion dans une certaine théologie chrétienne au point même qu’on a pu y voir des dangers d’exagération. « Ces dernières années, sans pour autant désavouer le culte à la Vierge, l’Église s’est efforcée d’en contenir certains excès ».
            « Le concile Vatican II considère comme légitime et nécessaire la dévotion à la Vierge, mais met en garde les fidèles, comme le rappelle le pape Jean-Paul II »
            (Wikipedia )


          • Montagnais Montagnais 25 février 10:46

            @L’apostilleur

            Bien vu .. elle existe réellement cette possibilité de rallier les juifs, les musulmans, les chrétiens .. contre les bestiaux du Kali Yuga, satanique, matérialistes, . : fruit pourri des « lumières »

            « Notre époque, aveugle au Mystère, sourde à la parole des âges, ne croit que ce qu’elle voit » .. que ce qu’elle voit au spectron !


          • Pascal L 25 février 11:22

            @L’apostilleur
            C’est exact, mais cette reconnaissance par l’islam ne s’appuie pas sur des textes chrétiens mais sur des textes apocryphes. Ces textes sont l’évangile du Pseudo-Matthieu, l’évangile arabe de l’enfance, l’Evangile de l’enfance selon Thomas et le proto-évangile de Jacques. Tous ces textes datent de la fin du deuxième siècle au plus tôt et étaient portés par des hérésies judéo-chrétiennes.
            Il y a deux différences importantes entre Marie dans le christianisme et Maryam dans l’islam.

            1. Marie n’est pas dans la famille d’Imram pour les chrétiens. Il y a une confusion avec la sœur de Moïse qui chante un hymne après la traversée de la Mer Rouge dans la Bible. Il y a tout de même 1400 ans d’écart entre les deux familles. La confusion peut venir du fait que dans quelques hymnes syriaques, la sœur de Moïse est présentée comme une préfiguration de Marie, mère de Jésus.
            2. La soumission de Marie est volontaire pour les chrétiens alors qu’elle n’a pas le choix dans le Coran. La différence provient du refus de l’amour inconditionnel de Dieu pour l’humanité par l’islam. Sans cet amour, s’en remettre volontairement à Dieu est incompréhensible. Mais pour tous ceux qui ont déjà ressenti cet amour au plus profond de leur âme, s’en remettre volontairement à Dieu devient une évidence.

          • Decouz 25 février 12:00

            @Pascal L
            Il n’y a pas une soumission sans résistance, de même que Zacharie manifeste un doute et est privé de la parole pendant trois jours, la première réaction de Marie est un recul, ce n’est qu’après explication de l’ange qu’elle accepte.


          • Decouz 25 février 12:03

            @Decouz
            De toute façon il y a lieu de trouver l’équilibre entre l’être individuel, survalorisé dans la modernité, et son peu de poids dans la réalité, qui va jusqu’à son caractère totalement illusoire dans les traditions orientales, que cette réalité soit Dieu ou qu’elle soit l’ensemble des évènements, conditions, sur lesquels il n’a pas de prise, en premier lieu sa naissance et sa mort.


          • Decouz 25 février 12:23

            @Pascal L
            "Hamza Boubakeur écrit :
            "Le fait le plus étonnant c’est que les anciennes sources chrétiennes ne nous fournissent presque aucune information substantielle sur la généalogie de la Vierge. (…) Les sources chrétiennes orthodoxes donnent cependant quelques renseignements. La tradition arménienne donne comme père à la Vierge : Joachim (Ev. De l’Enfance, II, 2).
            Sur la Vierge, la tradition musulmane est autrement copieuse et elle est la seule à donner la généalogie d’Anne (Hanna), mère de la Vierge et grand-mère de Jésus. Son père était Fakudh b. Kathîl, son époux, ’Imrân b. Yashihim, descendait de Salomon, fils de David (Tab., III, 235)."

            On voit par là que Marie est une descendante de David (qui lui-même descend de Juda) (cela est aussi affirmé par Ibn Kathîr in Al-Bidâya wa-n-Nihâya 2/63).

            « 
            Ailleurs Hamza Boubakeur cite textuellement ce passage des ’Ibar de Ibn Khaldûn ; il écrit :  »Un auteur comme Ibn Khaldûn, qui s’étend longuement sur la généalogie de la Vierge, dit : « Il est dit dans la révélation coranique : »Marie fille d’’Imrân« . Mais qu’on sache que le mot ’Imrân a comme sens en hébreu : Yû’aquim » [= Joachim]«  ( »

            https://www.maison-islam.com/articles/?p=371


          • Passante Passante 25 février 13:14

            @Decouz

            once upon a time I wrote this :

            Ainsi le Qoran, bien plus et bien mieux que le Protévangile de Jacques, vient à bout de la dictature silencieuse des icônes et fait ouvertement parler le nouveau-né au grand étonnement de tous, avant qu’il ne se salue comme dans les quatre temps d’un signe de croix(1).
            Ce salut du Christ porté à lui-même est la retrouvaille d’un autre niveau de la subjectivité, c’est-à-dire de la parole. Si nulle part dans les Évangiles le Christ ne se salue ainsi, ce souci de l’enfant quant à lui-même est l’une des plus éloquentes traductions en acte énonçant le ego eïmi évangélique. Dans le sillage exact du « moi je suis » des Évangiles, le très singulier salut du Christ à lui-même dans la sourate de Marie, cela porte tout le tranchant du sabre sur la remontée royale à l’avant-Caïn, et en

            (1) Qoran (maryam) - 19.28-34

            quelques versets déjà, le texte évoque justement la mémoire très matinale d’Idrîs c’est-à-dire d’Hénoch(1).
            Ainsi, là où Ève égarée raconte son premier enfant comme un objet, Marie s’obstine à faire silence pour laisser toute latitude de parole à un sujet. Le « Je » christique est donc engendré par le « Toi » de Marie, voilà pourquoi avant même de porter le salut à soi, le Christ du Qoran commence d’abord par innocenter sa mère de tout soupçon(2).
            C’est parce qu’il tient ce sabre contre Caïn, et tout le tranchant de cette parole d’azur que le Christ continuellement divise, aussi bien les foules que les pharisiens qui s’opposent à son sujet, ou encore les juifs dans leur ensemble. Il faut bien noter ici qu’il ne s’agit pas d’un effet de la personne du Christ, mais bien de la Parole, puisque Saint-Paul obtient exactement le même résultat face au sanhédrin(3).

            Seul un repositionnement global de la subjectivité est susceptible de ces effets majeurs, seule une refondation du sujet dans ses rapports avec la parole - reconnue d’avance comme le dépassant - peut engendrer pareilles dissensions immédiates dans les foules, car c’est toute une théorie de la subjectivité nouvelle que le discours chrétien déploie et met en œuvre. Notamment dans Saint-Jean, où le moi ancien et ses assurances de fétu sont balayés d’un tour de main, au profit du logos universel, dont certains Pères de l’église comme Clément d’Alexandrie ne manqueront pas de souligner et soigner les flamboyants parallèles héraclitéens.

            (1) Michée 2.13 ; Qoran (maryam) - 19.56-57
            (2) Genèse 4.1 ; Qoran (maryam) - 19.16, 29, 32
            (3) Jean 7.12, 43 ; 9.16-17 ; 10.19-21 ; Actes des Apôtres 23.7 ; Hébreux 4.12



          • L'apostilleur L’apostilleur 25 février 13:24

            @Pascal L

            Quand le Coran parle de Maryam mère d’Issa , il n’y a pas de confusion possible me semble t-il 


          • Decouz 25 février 14:00

            @Passante
            Zacharie est privé de la parole, après avoir demandé un signe, on peut croire qu’il s’agit d’une punition, mais je pense aussi qu’il faut relier le langage silencieux des icônes (langage visuel et gestuel) à ce passage, il faut aussi mettre en relation avec la parole du Christ au berceau, il y a plusieurs manières de parler, le plus difficile à admettre ce ne serait pas que le Christ puisse faire des signes non verbaux, mais que son état de conscience à cet âge soit tel qu’il puisse communiquer, si son état de conscience et sa présence sont déjà divins, il peut parler même sans langage articulé (voir l’état de présence silencieuse des sages hindous).


          • Passante Passante 25 février 14:29

            @Decouz
            oui dans le coran, il semble que le silence de la vierge, qui est une sorte de jeûne, commence déjà avec zacharie,
            mais dans luc 1 on comprend que le silence de zacharie laisse place aux voix féminines, et notamment à celle de sa femme élizabeth qui crie face à la vierge enceinte, c’est toute un système vocal parallèle
            et ce silence n’est levé qu’en passant par l’écriture :
            dès que zacharie écrit sur une tablette le nom « jean », il sort du silence
            il faut donc d’abord toucher le point où on ne peut plus parler
            alors quelque chose d’aussi grand que jean peut s’écrire


          • Pascal L 25 février 15:24

            @Decouz
            La réaction de Marie n’est pas un recul. Il est dit (Luc 1, 29) : « elle fut toute bouleversée ». Mais ce n’est pas l’annonce qui l’a bouleversée mais la forme de la salutation : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. ». Il faut reconnaître que si un ange me disait cela, je serais bouleversé... Il n’y a aucune hésitation dans la suite de l’échange entre Marie et l’ange, même lorsque celui-ci lui annoncera qu’elle enfantera sans avoir connu d’homme. Marie donne son autorisation au verset 39 : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. ».


          • Pascal L 25 février 16:14

            @L’apostilleur et à d’autres :

            Mais si, la confusion est totale dans le Coran :

            sourate 66, 12 De même, Marie, la fille d’Imran qui avait préservé sa virginité ; Nous y insufflâmes alors de Notre Esprit. Elle avait déclaré véridiques les paroles de son Seigneur ainsi que Ses Livres : elle fut parmi les dévoués.

            sourate 3, 35-37. (Rappelle-toi) quand la femme d’Imran dit : “Seigneur, je T’ai voué en toute exclusivité ce qui est dans mon ventre. Accepte-le donc, de moi. C’est Toi certes l’Audient et l’Omniscient”.Puis, lorsqu’elle en eut accouché, elle dit : “Seigneur, voilà que j’ai accouché d’une fille” ; or Allah savait mieux ce dont elle avait accouché ! Le garçon n’est pas comme la fille. “Je l’ai nommée Marie, et je la place, ainsi que sa descendance, sous Ta protection contre le Diable, le banni”. Son Seigneur l’agréa alors du bon agrément, la fit croître en belle croissance. Et Il en confia la garde à Zacharie. Chaque fois que celui-ci entrait auprès d’elle dans le Sanctuaire, il trouvait près d’elle de la nourriture. Il dit : “ô Marie, d’où te vient cette nourriture ? ” - Elle dit : “Cela me vient d’Allah”. Il donne certes la nourriture à qui Il veut sans compter.

            sourate 19, 28 : « Sœur d’Aaron, ô sœur, ton père n’était pas un homme de mal, ni ta mère une prostituée »
            puis au verset 33 : « Certes, Allah a élu Adam, Noé, la famille d’Abraham et la famille d’Imran au-dessus de tout le monde. » Si la famille d’Imran est placée si haut, c’est bien parce qu’il s’agit de la famille de Moïse qui aurait été oublié s’il s’agissait bien de la famille de Marie.
            Par ailleurs, il est bien précisé 

            Le verset s19, 28 embarrasse bien certains traducteurs musulmans qui ne peuvent écrire Aaron qu’ils remplacent pat Haroun, mais il s’agit pourtant du même nom. Un autre traducteur ne parle pas de la sœur, mais de la fille d’Aaron (Hamidullah), c’est encore plus étrange. Il faut donc se tourner vers les traductions des scientifiques européens (Blachère, Denise Masson) pour avoir Marie, sœur d’Aaron. Sans ce verset, on pourrait considérer que le père de Marie pouvait bien s’appeler Imran, ce serait une coïncidence avec le nom du père de Moïse. Mais là, un lien direct est établi avec le Frère de Moïse et les musulmans sont dans l’embarras.

            Par ailleurs, ʿĪsā n’est pas la traduction de Jésus en Arabe. Ce nom est issu de sectes judéo-chrétiennes considérées comme hérétique.


          •  C BARRATIER C BARRATIER 25 février 18:48

            @L’apostilleur
            Cela ne concerene pas du tout les Français bien sûr !


          • Passante Passante 25 février 20:18

            @Pascal L

            d’abord issa est la traduction de jésus en arabe
            ensuite le recul de la vierge est plutôt dans le qoran : plus de contact et silence absolu...
            enfin cette histoire d’Aaron est liée à l’hypothèse de Marie descendante de la tribu de Lévi, puisque Aaron est le nom générique du lévite de par sa position de grand-prêtre


          • Decouz 26 février 09:43

            @Passante
            L’interprétation d’Ibn Arabi, c’est que l’ange prenant la forme d’un homme bien fait comme le dit le Coran, Marie a peur d’une tentation charnelle, ensuite elle ressent un soulagement et il est question « d’eau », cela peut paraitre cru, mais c’est la manière de rattacher la conception du Christ à la nature charnelle du coté maternel, « l’eau » de Marie est réelle, la semence de l’ange est imaginaire (ou imaginale si on prend le langage de Corbin), l’imaginal qui est l’espace intermédiaire entre le monde spirituel et le monde charnel, lieu de la corporification des esprits et de la spiritualisation des corps.

            Il y a un parallélisme entre Zacharie et la Vierge, entre Jean et le Christ, Zacharie reçoit comme signe qu’il doit justement pendant trois jours, ne parler que par signes, la Vierge, accusée, répond pas signe en montrant le Christ. Le signe c’est l’indication de la main ou du doigt, ou encore des yeux, ce n’est pas la parole verbale.


          • Pascal L 26 février 11:30

            @Passante
            Les chrétiens arabes disent Yasu’a qui est la transcription de l’hébreu et non ʿĪsā. La différence est à chercher dans les sectes judéo-chrétiennes telles que les Nazaréens.
            Si Marie habitait Nazareth avant son mariage, c’est qu’elle est descendante de David comme tous les habitants de ce village fondé au retour de l’exil. Cette hypothèse de Marie de la tribu de Lévi est à chercher dans les mêmes sectes judéo-chrétienne. Cette hypothèse est soutenu par les textes apocryphes dont aucun n’est antérieur à la fin du deuxième siècle. Ces textes contiennent de nombreuses erreurs qui nous montrent que les auteurs ne connaissaient pas le contexte du premier siècle. Alors quelle fiabilité peut-on donner à une telle information ?
            Aaron, un nom générique ? Jamais entendu cela. Encore une histoire inventée pour montrer que le Coran ne contient pas d’erreur ?


          • Passante Passante 26 février 11:42

            @Pascal L

            je suis d’accord que l’hypothèse de marie la lévite est tardive
            quant à yasu’a oui, c’est la transcription arabe du yechou’a hébraïque
            qui signifie « il sauve »
            mais Aaron est sans aucun doute un nom générique
            aussi bien en torah que dans le coran,
            il suffit de checker la formule répétée « Aaron et ses fils »
            pour désigner tout le corps des prêtres...
            en exode 28 et 29


          • Passante Passante 26 février 11:50

            @Decouz
             
            la fin de la sourate 66 plaide pour une marie du souffle, plus que de l’eau
            c’est pour ça qu’elle ne doit souffler mot...
            l’eau serait divine ici, puisque précédée de la demande de regarder en bas et en haut, cette verticalité va engendrer le christ

            tentation charnelle de la vierge ? c’est beaucoup,
            mais y’a quand même un élément qui plaide en faveur :
            elle se tait, comme zacharie,
            puis elle parle par signes, 
            enfin accusée, elle est défendue
            de plus zacharie ne retrouve la parole qu’une fois écrit le nom de son fils...

            on a donc :
            silence, signes, écriture, accusation/défense
            or ceci est le schéma de la femme adultère :
            elle est accusée, le christ se tait, il parle par signe, puisqu’il écrit sur le sable,
            puis il la défend...


          • Passante Passante 26 février 11:59

            @Passante
            + lévitique 8 à 10....


          • Passante Passante 26 février 12:13

            @Passante
            par ailleurs cet épisode fait suite à ce qu’on appelle
            « la présentation de la vierge au temple », cette vierge sort du temple,
            voilà pourquoi elle dite « sœur d’Aaron » en bonne logique,
            et la raison pour laquelle la sourate commence sur zacharie
            qui sort du sanctuaire...


          • Lampion Séraphin Lampion 24 février 21:06

            L’idée d’une mère restée vierge constitue un fantasme lié à l’effroi que suscite chez l’enfant l’idée et l’image qu’il est né d’un coït de ses parents.

            Or, l’idée même de la « virginité » d’une mère est en complète contradiction avec celle de « famille », et donc du rôle du père. C’est la négation de l’existence de la sexualité, pour l’un et l’autre sexe.

            « Ni Ève ni Marie » a été un slogan de la pensée féministe chrétienne (ça existe !), une formule utilisée comme titre d’un ouvrage paru à la fin des années 1990 qui exprime le refus de porter « le poids de la faute et de la condamnation » d’Eve, archétype de la femme, ou encore d’être jugée à l’aune du « modèle de soumission » qu’a pu être Marie ».

            Si les catholiques ne veulent pas continuer à se discréditer et à perdre leur clientèle avec les scandales de prêtres pédophiles, il serait temps pour eux de remettre en cause le célibat des prêtres et le dogme de la virginité maternelle.

            Mais, après tout, de quoi je me mêle ?


            • L'apostilleur L’apostilleur 25 février 09:47

              @Séraphin Lampion

              « ... il serait temps pour eux de remettre en cause le célibat des prêtres... » Bien d’accord. 

              Dans « ...la pensée féministe ... » il y a « féministe ». A manier avec délicatesse comme il se doit, ici.
              Considérer la condition de la femme chrétienne il y a 2 mille ans, (qui n’était pas différente des autres, sauf en ce qu’elles étaient martyrisées en raison de leur foi), pour se libérer du 
              « poids de la faute et de la condamnation » aujourd’hui, relève de la manipulation ou d’une paranoïa qui appelle une consultation. 

              Il y a nécessairement des brebis égarées un peu partout, en l’occurrence ici probablement isolées tant votre exemple est loin de leurs autres thèses légitimes, mais désuètes pour beaucoup aujourd’hui. 

              Leurs consoeurs « féministes musulmanes » méritent une grande considération pour leurs revendications bien actuelles.

              Ne serait-ce pas une participation de votre part à l’antichristianisme ambiant ?

              Vous serez sûrement pardonné 


            • Pascal L 25 février 11:05

              @Séraphin Lampion
              « Il y a des gens qui ne se marient pas car, de naissance, ils en sont incapables ; il y en a qui ne peuvent pas se marier car ils ont été mutilés par les hommes ; il y en a qui ont choisi de ne pas se marier à cause du royaume des Cieux. Celui qui peut comprendre, qu’il comprenne ! » (Matthieu 19, 12)
              Le célibat des prêtres n’est pas un dogme et le mariage existe dans les Eglises catholiques de rite oriental mais en Orient un moine ou un évêque est célibataire.
              Il n’y a pas plus d’abus sexuel parmi les célibataires que parmi les hommes mariés et le mariage n’est pas forcément la solution. Si des prêtres ne peuvent pas vivre en célibataire, il peut y avoir de nombreuses raisons et le mariage ne permettra de n’en résoudre que quelques une. Le célibat restera de toutes façons important dans l’Eglise, car il permet de mieux se consacrer à Dieu et c’est le sens de la phrase de Jésus. Nous voyons aujourd’hui que les problèmes d’abus sexuels touchent toutes les strates de la société et pas seulement les prêtres. L’Eglise est une des premières institutions à avoir posé le problème.
              « modèle de soumission » Cette soumission est volontaire contrairement la soumission de la maryam islamique. Il s’agit donc plus de s’en remettre à Dieu que de se mettre dans une position servile. Parce que Dieu est totalement amour pour les chrétiens, cette soumission devient une libération car nous pouvons faire plus et mieux librement par amour que sous la contrainte. Il faut avoir été touché personnellement par l’amour de Dieu pour comprendre ce que cet amour implique. Marie avait fait cette expérience et savait que sa décision allait lui apporter des flots d’amour, même dans les difficultés. Il s’agit d’un choix positif.


            • Jonas Jonas 25 février 13:13

              @Séraphin Lampion « Si les catholiques ne veulent pas continuer à se discréditer et à perdre leur clientèle avec les scandales de prêtres pédophiles, il serait temps pour eux de remettre en cause le célibat des prêtres et le dogme de la virginité maternelle. »

              Les prêtrise est une des institutions où en pourcentage il y a le moins de cas de pédophilie.

              Depuis plus de 20 ans, 10.000 enfants sont victimes d’agressions sexuelles chaque année en France, 20 enfants sont violés chaque jour sur le territoire, 100% de ces actes de violence faites aux enfants n’ont rien à voir avec l’Église catholique ces dernières années.
              La très grande majorité des pédophiles condamnés ont vécu en couple et pas dans le célibat, donc affirmer que le célibat des prêtres conduit à la pédophilie, c’est du vent.
              Si frustration il y a par la faiblesse de la chair, le prêtre s’orientera plutôt vers une femme, pas vers un enfant.
              Il y a clairement une propagande anticatholique menée à grande échelle médiatiquement, les rares scandales pédophiles révélés dans l’Église constituent une goutte d’eau comparée aux actes pédophiles se produisant tous les jours en France.
              Il ne s’agit pas de dédommager les prêtres pédophiles, mais le lobby homosexuel qui a infiltré Vatican II dans les années 1960, dénoncé pourtant à maintes reprises par des évêques et des prêtres soucieux de la Foi et de la vérité, a fait beaucoup de mal à l’Église catholique. Il est temps d’assainir cela et de revenir aux fondamentaux du catholicisme.

              « Mais, si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on suspendît à son cou une meule de moulin, et qu’on le jetât au fond de la mer. »
              Matthieu 18:6


            • Jonas Jonas 24 février 21:11

              Merci Laconique, pour ce très bel article.


              • cyrus CYRUS 25 février 03:06

                Pour le prochain confinement .. ayez du style 

                https://www.dropbox.com/s/elkwlnwvr7o16nk/Attestation.pdf?dl=0

                c’ est du papier libre ...


                • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 25 février 09:53

                  A noter que les principaux dogmes de l’Eglise concernant Marie sont récents. L’immaculée conception date de 1854 et l’assomption de 1950.  


                  • L'apostilleur L’apostilleur 25 février 16:20

                    @Opposition contrôlée

                    Un dessin syrien du IIIe s. serait la représentation la plus ancienne de la Vierge Marie.

                    Si vous n’êtes pas sensible à l’idée religieuse qu’elle représente, peut-être le serez-vous par exemple au Vatican devant l’admirable piéta de Michel-Ange (...d’avant 1950).


                  • Decouz 25 février 13:46

                    C’est un site chrétien, je ne mets que quelques extraits, mais qui peuvent expliquer la narration coranique :

                    "Il est probable que Marie soit aussi partiellement issue de la lignée d’Aaron, puisque Elisabeth, fille d’Aaron est appelée sa parente dans l’Evangile de Luc.

                    - Saint Ephrem (+373) n’hésitait pas à l’affirmer : « Les paroles de l’ange à Marie : « Élisabeth, ta parente », présentent Marie comme étant de la maison de Lévi » (Commentaire du Diatessaron n°25)

                    - Saint Grégoire de Nazianze pense identiquement : « Vous vous demanderez peut-être : Comment le Christ descend-il de David ? Marie est évidemment de la famille d’Aaron puisqu’au dire de l’ange elle est la cousine d’Elisabeth. Il faut voir ici l’effet d’un dessein providentiel de Dieu, qui voulait unir le sang royal à la race sacerdotale, afin que Jésus-Christ qui est à la fois prêtre et roi, eût aussi pour ancêtre selon la chair, les prêtres et les rois » (cité in Catena Aurea p.40).

                    7. La solution la plus conforme à l’Ecriture et à la Tradition serait donc que Marie soit issue des deux lignées, et peut-être de David par son père, Joachim, et d’Aaron par sa mère, Anne.

                    C’est comme cela que la liturgie Copte ou plusieurs mystiques, comme Maria Valtorta, voient la Mère de Dieu : « héritière de Joachim de David et d’Anne d’Aaron » (L’Evangile tel qu’il m’a été révélé tome 1 n°20)."

                     

                    http://www.lafoichretienne.com/content/vierge-marie-est-elle-fille-david-ou-d-aaron.html


                    • macchia 25 février 14:15

                      Etes vous sur de connaitre le dogme de l’Immaculée conception ?


                      • JC_Lavau JC_Lavau 25 février 14:34

                        @macchia. Les petits scouts cathos prononçaient autrement : « l’enculée conception ».


                      • Abou Antoun Abou Antoun 25 février 15:43

                        La bienheureuse Vierge Marie est au cœur de nombreuses incompréhensions de la part des athées, des religions non chrétiennes et des frères séparés de l’Église catholique.

                        Soit, mais c’est à peu près du même tonneau que :

                        Les chrétiens comprennent mal les principaux attributs de la déesse Vénus (alias Aphrodite) : le miroir et la ceinture magique (le ceste) – qu’elle prêtait parfois à Héra pour raviver l’amour de son époux volage – (où étaient renfermées les grâces, les attraits, le sourire engageant, le doux parler, le soupir le plus persuasif, le silence expressif et l’éloquence des yeux) étaient un cadeau de mariage de Jupiter. Ses autres attributs sont aussi le myrte2, la colombe, le cygne et la pomme.

                        Peut-on leur reprocher ?


                        • facta non verba 25 février 16:14

                          Au lieu d’une « hyperbole mariale », une simple ellipse assortie d’une parabole eut été plus appropriée.
                          Dans les trois cas, on reste dans la conique.


                          • Abou Antoun Abou Antoun 25 février 18:21

                            @facta non verba
                            on reste dans la conique
                            C’est la spécialité (revendiquée) de l’auteur.


                          • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 26 février 17:16

                            Que de naïveté derrière cette nativité.. La vierge rendant empathique un pervers-narcissique. Si vous connaissez un cas de conversion, je veux bien me convertir. En attendant je garde un faible pour l’autre, la noire....ou ISIS.  La déesse mère est une divinité assez complexe. Elle représente à la fois le Bien et le Mal, la Création et la Destruction, la Lumière et l’Obscurité. Elle au moins ne nous fait pas prendre des vessies pour des lanternes.


                            • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 27 février 10:13

                              Le catholicisme n’a plus rien à nous apporter. Leur dogmatisme s’éloigne trop de la réalité humaine. S’il avait au moins préservé leur « éthique » : opposition franche à toutes formes de perversion de la loi naturelle : GPA, PMA, manipulations génétiques, transhumanisme, le mariage n’a de sens qu’entre personne de sexe opposé, protection absolue de l’enfance... Alors, oui son rôle aurait encore eu uns sens. Mais et justement par son caractère compassionnel, miséricordieux, parfaitement incarné par la vierge Marie. Elle n’a plus de sens, ni de direction. On ne peut excuser le mal. Ni pardonner après une simple confession. J’ai tué ma maîtresse, Monsieur l’Abbé : allez en paix mon bon Monsieur. Votre retour a Dieu vous lave de tous pêchés..... sse-t-elle ouvrir les cœurs fermés de tant de nos contemporains. Puisse-t-elle montrer le chemin de la prière aux hommes, qui négligent si souvent cet accès précieux que nous avons au Père. Puisse-t-elle ouvrir les cœurs fermés de tant de nos contemporains. Puisse-t-elle montrer le chemin de la prière aux hommes, qui négligent si souvent cet accès précieux que nous avons au Père. La religion catholique vit sur un nuage : on ne peut forcer un âne à manger s’il n’en a pas envie. Raison pour laquelle je préfère de loin la gnose qui est une démarche personnelle, sans intervention extérieure. Les « miracles » ne se présentent, QUE si nous l’avons décidé..... 

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