Ainsi, au nom de l’Association de soutien à l’Armée française (ASAF), le général (2S) Claude Le Borgne parle de "scandale" :
"Alors que nos soldats risquent leur peau en Afghanistan, non pas, comme on le répète bêtement, pour notre propre défense, mais pour aider les Afghans à mettre leurs trublions à la raison et à construire un État qui se tienne, nous devrions ouvrir nos portes à ceux d’entre eux qui refusent les risques d’une guerre autochtone. Nous voici complices de leur désertion. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : ceux qui se réfugient chez nous désertent le combat qu’il leur faudrait mener."
Et le général Jean-Germain Salvan conclut ainsi son article :
"Je souhaite donc que les Afghans adultes qui ont immigré clandestinement chez nous soient renvoyés dans leur pays et confiés aux centres de formation de la police et des armées afghanes, pour qu’ils prennent leur part du combat contre la dictature des talibans.
Quant aux mineurs arrivés chez nous, je pense que la meilleure solution serait que nous ouvrions à Kaboul une école d’enfants de troupe ou un lycée militaire, pour lesquels nous avons une sérieuse expérience, et que nous leur donnions une éducation qui les rendra utiles à leur pays…" http://www.libertepolitique.com/la-...
Et puis, en surfant sur le web, j’ai été étonné d’entendre le journaliste Nicolas Domenach condamner cette expulsion au nom d’une valeur spécifiquement française que serait un droit d’asile quasi automatique (? ??). Et encore plus étonné en entendant certaines interventions tout à fait surréalistes de l’émission "Mots croisés" de lundi soir.
Et je me suis demandé ce que nos soldats engagés en Afghanistan, tous vaillants Français de coeur, pouvaient penser en entendant certains intervenants demander toujours plus de moyens financiers pour l’accueil des immigrants fuyant leurs pays en guerre alors qu’on avait envoyé leurs camarades au casse-pipe sans protection et appuis adaptés pour cause de restrictions budgétaires. Egalement ce qu’ils pouvaient penser en voyant ce jeune Afghan, dans la force de l’âge, recevoir en arrivant à Kaboul une somme de 2000 euros qu’il prévoyait aussitôt de réutiliser pour revenir à Calais, peut-être sous une autre identité. Tout cela ressemble à une histoire de fous.
Nous sommes en pleine confusion. Dans leurs récents documentaires sur la fin de l’empire romain, nos médias ne sont pas tendres à l’égard des étrangers d’hier en présentant les barbares encore plus barbares qu’ils n’étaient en réalité et en même temps, ils fustigent un ministre qui a le malheur de dire que les problèmes commencent lorsque les étrangers deviennent trop nombreux. Dans son Poliorcétique du IV ème siècle avant J.C, sans le moindre esprit xénophobe, le Grec Enée de Stymbale disait exactement la même chose et cette évidence a perduré jusqu’au moment où j’ai fait ma scolarité.
Merci à mes enseignants qui m’ont permis de me construire sur l’image de nos deux héros nationaux, Vercingétorix et Clovis ; le premier comme fondateur de notre identité nationale, le second comme refondateur lorsqu’il s’est converti aux croyances et aux valeurs des évêques gaulois et du peuple de cette époque. Aujourd’hui, à bientôt 77 ans, non seulement je n’ai pas changé d’avis mais j’ai approfondi ma réflexion pour ne pas me laisser corrompre par ceux qui se plaisent à dénigrer les origines de notre histoire.
Tout commence par une incroyable erreur de traduction, celle que le touriste mal informé peut lire sur le socle de la statue de Vercingétorix que l’empereur Napoléon III a dressée sur la hauteur d’Alésia.

Cette traduction est un faux grossier. La traduction presque mot à mot de la déclaration que César prête à son adversaire gaulois est la suivante : Je ferai de toute la Gaule un seul conseil dont personne au monde ne pourra contester les décisions dès lors qu’elles auront été prises dans une volonté commune. Cette phrase de Vercingétorix s’explique parfaitement dans le contexte d’après la prise de Bourges par les Romains (et de ses stocks de vivres), Bourges que ses habitants n’avaient pas voulu évacuer contrairement au plan gaulois, parce que c’était la plus belle ville, ou peu s’en faut, de toute la Gaule. Et devant le dernier conseil de guerre qui se tint à Alésia, voici comment je traduis les paroles que le chef arverne prononça : Si j’ai fait cette guerre, ce n’est pas pour l’intérêt des miens, mais pour la liberté commune. Puisqu’il faut céder à la fortune, je me livre à vous. Tuez-moi ou livrez-moi vivant aux Romains ! Puissent-ils se satisfaire de mon sacrifice !
Voilà bien la différence qu’il faut faire entre "nationalisme" et "sentiment d’unité nationale". Autant la traduction de Napoléon III exprime une vanité nationaliste inacceptable, autant les traductions que je propose expriment une volonté politique en parfait accord avec le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Cette volonté de dénigrement des origines de notre histoire trouve une très regrettable concrétisation dans le projet du futur parc archéologique d’Alésia, d’Alise-Sainte-Reine.
Le projet scientifique et culturel, comme on peut le lire, n’est pas dans la nuance
http://www.alesia.com/. Il s’agit, je cite,
de présenter des clefs de lecture de l’évènement guerrier, de son instrumentalisation politique et idéologique, de la succession des cultures sur le site, qui contribueront à nourrir la réflexion et l’esprit critique de chacun... sous forme
d’un parcours qui se termine par la présentation détaillée – et par conséquent la déconstruction – du mythe des origines gauloises, de l’héroïsation de Vercingétorix... Tel sera le programme pédagogique pour les scolaires... autrement dit l’absolu contraire de l’éducation civique que j’ai reçue à l’école dans mon jeune âge.
Quelle mauvaise mouche a donc piqué cette vénérable institution qu’est le Collège de France qui inspire ce projet pour que son porte-parole à la chaire des Antiquités nationales proclame à tous vents ce slogan qui ne veut rien dire : « La patrie gauloise est un mythe ! » ? Recueil de nombreuses contre-vérités, de faux sens et de contre-sens, et pourtant Bible pour les archéologues de demain, "Le dossier Vercingétorix" de M. Christian Goudineau, s’efforce de démolir le personnage historique des textes antiques auquel, depuis Camille Jullian, nous avons cru. Vercingétorix fait piètre figure. Il n’a pas de personnalité, il ne joue qu’un tout petit rôle (page 230). La reddition de Vercingétorix devant César ? Une invention des auteurs anciens ; la fin est nulle, plate (page 328). Après avoir déboulonné la statue de Vercingétorix, le « grand patron » en histoire gauloise s’en prend ensuite à la Gaule. Véritable paradoxe, alors que les discours de César se font au nom de Rome, alors que ceux des Gaulois se font au nom de la Gaule, il nie tout sentiment gaulois ; il n’y aurait eu que des patriotismes de cités. Les frontières de la Gaule ? Une invention de César (page 238). Corrigeant superbement les témoignages antiques, il affirme : « Dans l’antiquité, la Gaule, ça n’est rien, ça n’existe pas (page 238) ». La maison de Vercingétorix ? Une maison en matériaux périssables (terre et bois) (page 243). Le physique impressionnant du chef arverne ? Une invention de Dion Cassius et de Florus (page 282). Comment fut-il exécuté ? Nous l’ignorons et, à vrai dire, cela importe-t-il ? (page 328). Faisant l’apologie de l’ouvrage, la revue "L’archéologue" (n°53) résume l’idée que se fait l’auteur du héros arverne : un guerrier coupeur de têtes, un paysan élevant des cochons.
Solidaires et complices du cartel qui soutient M. Goudineau (la revue L’archéologue, les éditions Errance, la librairie Epona, le musée archéologique européen, France culture etc…), les médias n’hésitent pas à en rajouter dans le dénigrement de notre protohistoire, se félicitant de la victoire romaine qui nous aurait amené la civilisation (cf. Le Monde des livres du 20/5/94)……
Ces gens-là n’oublient qu’une chose : que si l’Antiquité a pu édifier une telle organisation que fut l’empire romain - étonnante préfiguration d’une Europe rassemblée - ce fut, pour une bonne part, grâce à l’engagement des combattants gaulois.
Voilà bien l’ambigüité de la situation actuelle. D’un côté, un ministre qui souhaite ouvrir un débat sur l’identité nationale, de l’autre un ministère de la Culture qui couvre une opération de dénigrement des origines de notre histoire et de nos personnages historiques.
E. Mourey,
ancien officier de carrière.