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Le débarquement du 6 juin 1944 du mythe d’aujourd’hui à la réalité historique [Annie Lacroix-Riz]

Notre camarade Annie Lacroix-Riz, historienne professeur d’histoire contemporaine émérite de l’Université Paris VII Diderot, nous rappelle dans un article très documenté, fort opportunément, les dimensions véritables du 6 juin 1944.
La déferlante médiatique qui accompagne le 70e anniversaire de l’événement est à la hauteur du mensonge historique qui se met en place depuis des années sur la seconde guerre mondiale. (NDLR : Il suffit de voir la chape de plomb sur le 70e anniversaire de la bataille de Stalingrad l’année dernière totalement passée sous silence par les médias dominants, alors que la seule commémoration le 2 février 2013 à Paris de cette victoire décisive pour la libération de la France à l’initiative du PRCF a été totalement censurée. Sur le sujet lire nos articles sur le site web du PRCF ; voir cette manifestation en vidéo)

La criminalisation du communisme, l’ignoble équation Staline=Hitler, le silence de plomb des médias et de l’historiographie anti-communiste sur la simple réalité politique, militaire, sur le bilan humain et matériel de la guerre, le négationnisme des mêmes sur la guerre d’extermination menée par le Reich hitlérien contre l’URSS, contre le « judéo-bolchevisme », la part congrue faite sur les sacrifices et les combats titanesques des peuples de l’Union Soviétique, tout cela ne vise en fait qu’à camoufler la vérité et ancrer dans la conscience de nos concitoyens une vison conforme aux intérêts actuels des forces sociales qui mènent de nouveau les peuples à de nouvelles catastrophes à savoir le grand capital. Le PRCF a déjà pu s’en faire l’écho encore récemment dans une déclaration lors du 8 mai dernier.
Lisez cet article, diffusez le, faites connaître la vérité non seulement pour rendre justice au passé mais pour préparer un avenir de paix

Le débarquement du 6 juin 1944 du mythe d’aujourd’hui à la réalité historique

 

Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine, université Paris VII-Denis Diderot

 

Le triomphe du mythe de la libération américaine de l’Europe

En juin 2004, lors du 60e anniversaire (et premier décennal célébré au XXIe siècle) du « débarquement allié » en Normandie, à la question « Quelle est, selon vous, la nation qui a le plus contribué à la défaite de l’Allemagne » l’Ifop afficha une réponse strictement inverse de celle collectée en mai 1945 : soit respectivement pour les États-Unis, 58 et 20%, et pour l’URSS, 20 et 57%[1]. Du printemps à l’été 2004 avait été martelé que les soldats américains avaient, du 6 juin 1944 au 8 mai 1945, sillonné l’Europe « occidentale » pour lui rendre l’indépendance et la liberté que lui avait ravies l’occupant allemand et que menaçait l’avancée de l’armée rouge vers l’Ouest. Du rôle de l’URSS, victime de cette « très spectaculaire [inversion des pourcentages] avec le temps »[2], il ne fut pas question. Le (70e) cru 2014 promet pire sur la présentation respective des « Alliés » de Deuxième Guerre mondiale, sur fond d’invectives contre l’annexionnisme russe en Ukraine et ailleurs[3].

La légende a progressé avec l’expansion américaine sur le continent européen planifiée à Washington depuis 1942 et mise en œuvre avec l’aide du Vatican, tuteur des zones catholiques et administrateur, avant, pendant et après la Deuxième Guerre mondiale de la « sphère d’influence “occidentale” »[4]. Conduite en compagnie de et en concurrence avec la RFA (puis l’Allemagne réunifiée), cette poussée vers l’Est a pris un rythme effréné depuis la « chute du Mur de Berlin » (1989) : elle a pulvérisé les « buts de guerre » que Moscou avait revendiqués en juillet 1941 et atteints en 1944 (récupération du territoire de 1939-1940) et 1945 (acquisition d’une sphère d’influence recouvrant l’ancien « cordon sanitaire » d’Europe centrale et orientale, vieille voie germanique d’invasion de la Russie)[5]. Le projet américain avançait si vite qu’Armand Bérard, diplomate en poste à Vichy et, après la Libération, conseiller d’ambassade à Washington (décembre 1944) puis à Bonn (août 1949), prédit en février 1952 : « les collaborateurs du Chancelier [Adenauer] considèrent en général que le jour où l’Amérique sera en mesure de mettre en ligne une force supérieure, l’URSS se prêtera à un règlement dans lequel elle abandonnera les territoires d’Europe Centrale et Orientale qu’elle domine actuellement. »[6] Les prémonitions, alors effarantes, de Bérard-Cassandre, sont en mai-juin 2014 dépassées : l’ancienne URSS, réduite à la Russie depuis 1991, est menacée à sa porte ukrainienne.

L’hégémonie idéologique « occidentale » accompagnant ce Drang nach Osten a été secondée par le temps écoulé depuis la Deuxième Guerre mondiale. Avant la Débâcle, « l’opinion française » s’était fait « dindonn[er] par les campagnes “idéologiques” » transformant l’URSS en loup et le Reich en agneau. La grande presse, propriété du capital financier, l’avait persuadée que l’abandon de l’alliée tchécoslovaque lui vaudrait préservation durable de la paix. « Une telle annexion sera et ne peut être qu’une préface à une guerre qui deviendra inévitable, et au bout des horreurs de laquelle la France courra le plus grand risque de connaître la défaite, le démembrement et la vassalisation de ce qui subsistera du territoire national comme État en apparence indépendant », avait averti, deux semaines avant Munich, une autre Cassandre du haut État-major de l’armée[7]. Trompée et trahie par ses élites, « la France » connut le destin prévu mais ses ouvriers et employés, subissant 50% de baisse des salaires réels et perdant 10-12 kg entre 1940 et 1944, se laissèrent moins « dindonn[er] par les campagnes “idéologiques” ».

Ils perçurent certes les réalités militaires plus tard que « les milieux bien informés », mais, en nombre croissant au fil des mois, ils suivirent sur les atlas ou les cartes de la presse collaborationniste l’évolution du « front de l’Est ». Ils comprirent que l’URSS, qui réclamait en vain depuis juillet 1941 l’ouverture, à l’Ouest, d’un « second front » allégeant son martyre, portait seule le poids de la guerre. L’« enthousiasme » que suscita en eux la nouvelle du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord (8 novembre 1942) était « éteint » au printemps suivant : «  Aujourd’hui tous les espoirs sont tournés vers la Russie dont les succès remplissent de joie la population tout entière […] Toute propagande du parti communiste est devenue inutile […] la comparaison trop facile entre l’inaction inexplicable des uns et l’héroïque activité des autres prépare des jours pénibles à ceux qui s’inquiètent du péril bolchevique », trancha un rapport d’avril 1943 destiné au BCRA gaulliste[8].

Si duper les générations qui avaient conservé le souvenir du conflit était délicat, l’exercice est aujourd’hui devenu aisé. À la disparition progressive de ses témoins et acteurs s’est ajouté l’effondrement du mouvement ouvrier radical. Le PCF, « parti des fusillés », a longtemps informé largement, bien au-delà de ses rangs, sur les réalités de cette guerre. Ce qui en demeure en traite moins volontiers dans sa presse, elle-même en voie de disparition, voire bat sa coulpe sur le passé « stalinien » contemporain de sa Résistance. L’idéologie dominante, débarrassée d’un sérieux obstacle, a conquis l’hégémonie sur ce terrain comme sur les autres. La sphère académique n’oppose plus rien (voire s’associe) à l’intoxication déchaînée dans la presse écrite et audiovisuelle ou le cinéma[9]. Or, les préparatifs et objectifs du 6 juin 1944 ne sont éclairés ni par le film « Il faut sauver le soldat Ryan » ni par le long documentaire « Apocalypse ».

La Pax Americana vue par Armand Bérard en juillet 1941

C’est bien avant le « tournant » de Stalingrad (janvier-février 1943) que les élites françaises saisirent les conséquences américaines de la situation militaire née de la « résistance […] farouche du soldat russe ». En témoigne le rapport daté de la mi-juillet 1941 que le général Paul Doyen, président de la délégation française à la Commission allemande d’armistice de Wiesbaden, fit rédiger par son collaborateur diplomatique Armand Bérard[10] :

1° Le Blitzkrieg était mort. « Le tour pris par les opérations » contredisait le pronostic des « dirigeants [du] IIIème Reich [qui…] n’avaient pas prévu une résistance aussi farouche du soldat russe, un fanatisme aussi passionné de la population, une guérilla aussi épuisante sur les arrières, des pertes aussi sérieuses, un vide aussi complet devant l’envahisseur, des difficultés aussi considérables de ravitaillement et de communications.

Les batailles gigantesques de tanks et d’avions, la nécessité, en l’absence de wagons à écartement convenable, d’assurer par des routes défoncées des transports de plusieurs centaines de kilomètres entraînent, pour l’Armée allemande, une usure de matériel et une dépense d’essence qui risquent de diminuer dangereusement ses stocks irremplaçables de carburants et de caoutchouc. Nous savons que l’État-Major allemand a constitué trois mois de réserves d’essence. II faut qu’une campagne de trois mois lui permette de réduire à merci le communisme soviétique, de rétablir l’ordre en Russie sous un régime nouveau, de remettre en exploitation toutes les richesses naturelles du pays et en particulier les gisements, du Caucase. Cependant, sans souci de sa nourriture de demain, le Russe incendie au lance-flamme ses récoltes, fait sauter ses villages, détruit son matériel roulant, sabote ses exploitations ».

2° Le risque d’une défaite allemande (longuement détaillé par Bérard) contraignait les maîtres de la France à rallier un autre protecteur que l’impérialisme « continental » choisi depuis la « Réconciliation » des années 1920. Un tel tournant s’avérant impossible « dans les mois à venir », on passerait avec doigté de l’hégémonie allemande à l’américaine, inéluctable. Car « déjà les États-Unis sont sortis seuls vainqueurs de la guerre de 1918 : ils en sortiront plus encore du conflit actuel. Leur puissance économique, leur haute civilisation, le chiffre de leur population, leur influence croissante sur tous les continents, l’affaiblissement des États européens qui pouvaient rivaliser avec eux font que, quoi qu’il arrive, le monde devra, dans les prochaines décades, se soumettre à la volonté des États-Unis. »[11] Bérard distinguait donc dès juillet 1941 le futur vainqueur militaire soviétique – que le Vatican identifia clairement peu après[12] ‑, que la guerre d’attrition allemande épuiserait, du « seul vainqueur », par « puissance économique », qui pratiquerait dans cette guerre comme dans la précédente la « stratégie périphérique ».

« stratégie périphérique » et Pax Americana contre l’URSS

Les États-Unis, n’ayant jamais souffert d’occupation étrangère ni d’aucune destruction depuis la soumission du Sud agricole (esclavagiste) au Nord industriel, avaient cantonné leur armée permanente à des missions aussi impitoyables qu’aisées, avant (et éventuellement depuis) l’ère impérialiste : liquidation des populations indigènes, soumission de voisins faibles (« l’arrière-cour » latino-américaine) et répression intérieure. Pour l’expansion impériale, la consigne du chantre de l’impérialisme Alfred Mahan ‑ développer indéfiniment la Marine ‑, s’était enrichie sous ses successeurs des mêmes prescriptions concernant l’aviation[13]. Mais la modestie de leurs forces armées terrestres dictait leur incapacité dans un conflit européen. Victoire une fois acquise par pays interposé, fournisseur de la « chair à canon » (« canon fodder »), des forces américaines tardivement déployées investiraient, comme à partir du printemps 1918, le territoire à contrôler : désormais, ce serait à partir de bases aéronavales étrangères, celles d’Afrique du Nord s’ajoutant depuis novembre 1942 aux britanniques[14].

L’Entente tripartite (France, Angleterre, Russie) s’était en 1914 partagé le rôle militaire, finalement dévolu, vu le retrait russe, à la France surtout. C’est l’URSS seule qui l’assumerait cette fois dans une guerre américaine qui, selon l’étude secrète de décembre 1942 du Comité des chefs d’États-majors interarmées (Joint Chiefs of Staff, JCS), se fixait pour norme d’« ignorer les considérations de souveraineté nationale » des pays étrangers. En 1942-1943, le JCS 1° tira du conflit en cours (et du précédent) la conclusion que la prochaine guerre aurait « pour épine dorsale les bombardiers stratégiques américains » et que, simple « instrument de la politique américaine, une armée internationale » chargée des tâches subalternes (terrestres) « internationaliserait et légitimerait la puissance américaine » ; et 2° dressa l’interminable liste des bases d’après-guerre sillonnant l’univers, colonies des « alliés » comprises (JCS 570) : rien ne pourrait nous conduire à « tolérer des restrictions à notre capacité à faire stationner et opérer l’avion militaire dans et au-dessus de certains territoires sous souveraineté étrangère », trancha le général Henry Arnold, chef d’état-major de l’Air, en novembre 1943[15].

La « Guerre froide » transformant l’URSS en « ogre soviétique »[16] débriderait les aveux sur la tactique subordonnant l’usage de la « chair à canon » des alliés (momentanés) aux objectifs des « bombardements stratégiques américains ». En mai 1949, Pacte atlantique signé (le 4 avril), Clarence Cannon, président de la commission des Finances de la Chambre des Représentants (House Committee on Appropriations) glorifia les fort coûteux « bombardiers terrestres de grand raid capables de transporter la bombe atomique qui “en trois semaines auraient pulvérisé tous les centres militaires soviétiques” » et se félicita de la « contribution » qu’apporteraient nos « alliés […] en envoyant les jeunes gens nécessaires pour occuper le territoire ennemi après que nous l’aurons démoralisé et anéanti par nos attaques aériennes. […] Nous avons suivi un tel plan pendant la dernière guerre »[17].

Les historiens américains Michael Sherry et Martin Sherwin l’ont montré : c’est l’URSS, instrument militaire de la victoire, qui était la cible simultanée des futures guerres de conquête – et non le Reich, officiellement désigné comme ennemi « des Nations unies »[18]. On comprend pourquoi en lisant William Appleman Williams, un des fondateurs de « l’école révisionniste » (progressiste) américaine. Sa thèse sur « les relations américano-russes de 1781 à 1947 » (1952) a démontré que l’impérialisme américain ne supportait aucune limitation à sa sphère d’influence mondiale, que la « Guerre froide », née en 1917 et non en 1945-1947, avait des fondements non idéologiques mais économiques, et que la russophobie américaine datait de l’ère impérialiste[19]. « L’entente [russo-américaine] lâche et informelle […] s’était rompue sur les droits de passage des chemins de fer [russes] de Mandchourie méridionale et de l’Est chinois entre 1895 et 1912 ». Les Soviets eurent au surplus l’audace d’exploiter eux-mêmes leur caverne d’Ali Baba, soustrayant aux capitaux américains leur immense territoire (22 millions de km2). Voilà ce qui généra « la continuité, de Theodore Roosevelt et John Hay à Franklin Roosevelt en passant par Wilson, Hugues et Hoover, de la politique américaine en Extrême-Orient »[20] ‑ mais aussi en Afrique et en Europe, autres champs privilégiés « d’un partage et d’un repartage du monde »[21] américains renouvelés sans répit depuis 1880-1890.

Washington prétendait opérer ce « partage-repartage » à son bénéfice exclusif, raison fondamentale pour laquelle Roosevelt mit son veto à toute discussion en temps de guerre avec Staline et Churchill sur la répartition des « zones d’influence ». L’arrêt des armes lui assurerait la victoire militaire à coût nul, vu l’état pitoyable de son grand rival russe, ravagé par l’assaut allemand[22]. En février-mars 1944, le milliardaire Harriman, ambassadeur à Moscou depuis 1943, s’accordait avec deux rapports des services « russes » du Département d’État (« Certains aspects de la politique soviétique actuelle » et « La Russie et l’Europe orientale ») pour penser que l’URSS, « appauvrie par la guerre et à l’affût de notre assistance économique […,] un de nos principaux leviers pour orienter une action politique compatible avec nos principes », n’aurait même pas la force d’empiéter sur l’Est de l’Europe bientôt américaine. Elle se contenterait pour l’après-guerre d’une promesse d’aide américaine, ce qui nous permettrait « d’éviter le développement d’une sphère d’influence de l’Union Soviétique sur l’Europe orientale et les Balkans »[23]. Pronostic manifestant un optimisme excessif, l’URSS n’ayant pas renoncé à s’en ménager une.

La Pax Americana dans le tronçon français de la zone d’influence

Les plans de paix synarchique…

Ce « levier » financier était, tant à l’Ouest qu’à l’Est, « une des armes les plus efficaces à notre disposition pour influer sur les événements politiques européens dans la direction que nous désirons »[24].

En vue de cette Pax Americana, la haute finance synarchique, cœur de l’impérialisme français particulièrement représenté outre-mer – Lemaigre-Dubreuil, chef des huiles Lesieur (et de sociétés pétrolières), le président de la banque d’Indochine Paul Baudouin, dernier ministre des Affaires étrangères de Reynaud et premier de Pétain, etc. –, négocia, plus activement depuis le second semestre 1941, avec le financier Robert Murphy, délégué spécial de Roosevelt en Afrique du Nord. Futur premier conseiller du gouverneur militaire de la zone d’occupation américaine en Allemagne et un des chefs des services de renseignements, de l’Office of Strategic Services (OSS) de guerre à la Central Intelligence Agency de 1947, il s’était installé à Alger en décembre 1940. Ce catholique intégriste y préparait le débarquement des États-Unis en Afrique du Nord, tremplin vers l’occupation de l’Europe qui commencerait par le territoire français quand l’URSS s’apprêterait à franchir ses frontières de 1940-1941 pour libérer les pays occupés[25]. Ces pourparlers secrets furent tenus en zone non occupée, dans « l’empire », via les « neutres », des pro-hitlériens Salazar et Franco, sensibles aux sirènes américaines, aux Suisses et aux Suédois, et via le Vatican, aussi soucieux qu’en 1917-1918 d’assurer une paix douce au Reich vaincu. Prolongés jusqu’à la fin de la guerre, ils inclurent dès 1942 des plans de « retournement des fronts », contre l’URSS, qui percèrent avant la capitulation allemande[26] mais n’eurent plein effet qu’après les 8-9 mai 1945.

Traitant d’affaires économiques immédiates (en Afrique du Nord) et futures (métropolitaines et coloniales pour l’après-Libération) avec les grands synarques, Washington comptait aussi sur eux pour évincer de Gaulle, également haï des deux parties. En aucun cas parce qu’il était une sorte de dictateur militaire insupportable, conformément à une durable légende, au grand démocrate Roosevelt. De Gaulle déplaisait seulement parce que, si réactionnaire qu’il eût été ou fût, il tirait sa popularité et sa force de la Résistance intérieure (surtout communiste) : c’est à ce titre qu’il entraverait la mainmise totale des États-Unis, alors qu’un « Vichy sans Vichy » offrirait des partenaires honnis du peuple, donc aussi dociles « perinde ac cadaver » aux injonctions américaines qu’ils l’étaient aux ordres allemands. Cette formule américaine, finalement vouée à l’échec vu le rapport de forces général et français, eut donc pour héros successifs, de 1941 à 1943, les cagoulards vichystes Weygand, Darlan puis Giraud, champions avérés de dictature militaire[27], si représentatifs du goût de Washington pour les étrangers acquis à la liberté de ses capitaux et à l’installation de ses bases aéronavales[28].

On ne s’efforçait pas d’esquiver de Gaulle pour subir les Soviets : épouvantés par l’issue de la bataille de Stalingrad, les mêmes financiers français dépêchèrent aussitôt à Rome leur tout dévoué Emmanuel Suhard, instrument depuis 1926 de leurs plans de liquidation de la République. Le cardinal-archevêque (de Reims) avait été, la Cagoule ayant opportunément en avril 1940 liquidé son prédécesseur Verdier, nommé à Paris en mai juste après l’invasion allemande (du 10 mai) : ses mandants et Paul Reynaud, complice du putsch Pétain-Laval imminent, l’envoyèrent amorcer à Madrid le 15 mai, via Franco, les tractations de « Paix » (capitulation) avec le Reich[29]. Suhard fut donc à nouveau chargé de préparer, en vue de la Pax Americana, les pourparlers avec le nouveau tuteur : il devait demander à Pie XII de poser « à Washington », viaMyron Taylor, ancien président de l’US Steelet depuis l’été 1939 « représentant personnel » de Roosevelt « auprès du pape », « la question suivante : “Si les troupes américaines sont amenées à pénétrer en France, le gouvernement de Washington s’engage-t-il à ce que l’occupation américaine soit aussi totale que l’occupation allemande  ?” », à l’exclusion de toute « autre occupation étrangère (soviétique). Washington a répondu que les États-Unis se désintéresseraient de la forme future du gouvernement de la France et qu’ils s’engageaient à ne pas laisser le communisme s’installer dans le pays »[30]. La bourgeoisie, nota un informateur du BCRA fin juillet 1943, « ne croyant plus à la victoire allemande, compte […] sur l’Amérique pour lui éviter le bolchevisme. Elle attend le débarquement anglo-américain avec impatience, tout retard lui apparaissant comme une sorte de trahison ». Ce refrain fut chanté jusqu’à la mise en œuvre de l’opération « Overlord »[31].

… contre les espérances populaires

Au « bourgeois français [qui avait] toujours considéré le soldat américain ou britannique comme devant être naturellement à son service au cas d’une victoire bolchevique », les RG opposaient depuis février 1943 « le prolétariat », qui exultait : « les craintes de voir “sa” victoire escamotée par la haute finance internationale s’estompent avec la chute de Stalingrad et l’avance générale des soviets »[32]. De ce côté, à la rancœur contre l’inaction militaire des Anglo-Saxons contre l’Axe s’ajouta la colère provoquée par leur guerre aérienne contre les civils, ceux des « Nations unies » compris. Les « bombardements stratégiques américains », ininterrompus depuis 1942, frappaient les populations mais épargnaient les Konzerne partenaires, IG Farben en tête comme le rapporta en novembre « un très important industriel suédois en relations étroites avec [le géant chimique], retour d’un voyage d’affaires en Allemagne » : à Francfort, « les usines n’ont pas souffert », à Ludwigshafen, « les dégâts sont insignifiants », à Leverkusen, « les usines de l’IG Farben […] n’ont pas été bombardées »[33].

Rien ne changea jusqu’en 1944, où un long rapport de mars sur « les bombardements de l’aviation anglo-américaine et les réactions de la population française » exposa les effets de « ces raids meurtriers et inopérants » : l’indignation enflait tant depuis 1943 qu’elle ébranlait l’assise du contrôle américain imminent du territoire. Depuis septembre 1943 s’étaient intensifiées les attaques contre la banlieue de Paris, où les bombes étaient comme « jetées au hasard, sans but précis, et sans le moindre souci d’épargner des vies humaines ». Nantes avait suivi, Strasbourg, La Bocca, Annecy, puis Toulon, qui avait « mis le comble à la colère des ouvriers contre les Anglo-Saxons » : toujours les mêmes morts ouvriers et peu ou pas d’objectifs industriels touchés. Les opérations préservaient toujours l’économie de guerre allemande, comme si les Anglo-Saxons « craignaient de voir finir la guerre trop vite ». Ainsi trônaient intacts les hauts-fourneaux, dont la « destruction paralyserait immédiatement les industries de transformation, qui cesseraient de fonctionner faute de matières premières ». Se répandait « une opinion très dangereuse […] dans certaines parties de la population ouvrière qui a été durement frappée par les raids. C’est que les capitalistes anglo-saxons ne sont pas mécontents d’éliminer des concurrents commerciaux, et en même temps de décimer la classe ouvrière, de la plonger dans un état de détresse et de misère qui lui rendra plus difficile après la guerre la présentation de ses revendications sociales. Il serait vain de dissimuler que l’opinion française est, depuis quelque temps, considérablement refroidie à l’égard des Anglo-Américains », qui reculent toujours devant « le débarquement promis […]. La France souffre indiciblement […] Les forces vives du pays s’épuisent à une cadence qui s’accélère de jour en jour, et la confiance dans les alliés prend une courbe descendante. […] Instruits par la cruelle réalité des faits, la plupart des ouvriers portent désormais tous leurs espoirs vers la Russie, dont l’armée est, à leur avis, la seule qui puisse venir à bout dans un délai prochain de la résistance des Allemands »[34].

C’est donc dans une atmosphère de rancœur contre ces « alliés » aussi bienveillants pour le Reich qu’avant et après 1918 qu’eut lieu leur débarquement du 6 juin 1944. Colère et soviétophilie populaires persistèrent, donnant au PCF un écho qui inquiétait l’État gaulliste imminent : « le débarquement a enlevé à sa propagande une part de sa force de pénétration », mais « le temps assez long qu’ont mis les armées anglo-américaines à débarquer sur le sol français a été exploité pour démontrer que seule l’armée russe était en mesure de lutter efficacement contre les nazis. Les morts provoquées par les bombardements et les douleurs qu’elles suscitent servent également d’éléments favorables à une propagande qui prétend que les Russes se battent suivant les méthodes traditionnelles et ne s’en prennent point à la population civile »[35].

Le déficit de sympathie enregistré dans ce morceau initial de la sphère d’influence américaine se maintint entre la Libération de Paris et la fin de la guerre en Europe, comme l’attestent les sondages de l’Ifop d’après-Libération, parisien (« du 28 août au 2 septembre 1944 ») et de mai 1945, national (déjà cité)[36]. Il fut après-guerre, on l’a dit, d’abord progressivement, puis brutalement comblé. Il n’est donc plus grand monde pour rappeler qu’après la bataille des Ardennes (décembre 1944-janvier 1945), seuls combats importants livrés par les Anglo-Saxons contre des troupes allemandes (9 000 morts américains)[37], le haut-commandement de la Wehrmacht négocia fébrilement sa reddition « aux armées anglo-américaines et le report des forces à l’Est » ;

que, fin mars 1945, « 26 divisions allemandes demeuraient sur le front occidental », à seule fin d’évacuation « vers l’Ouest » par les ports du Nord, « contre 170 divisions sur le front de l’Est », qui combattirent farouchement jusqu’au 9 mai (date de la libération de Prague)[38] ;

que le libérateur américain, qui avait doublé à la faveur de la guerre son revenu national, avait sur les fronts du Pacifique et d’Europe perdu 290 000 soldats de décembre 1941 à août 1945[39] : soit l’effectif soviétique tombé dans les dernières semaines de la chute de Berlin, et 1% du total des morts soviétiques de la « Grande guerre patriotique », près de 30 millions sur 50.

Du 6 juin 1944 au 9 mai 1945, Washington acheva de mettre en place tout ou presque pour rétablir le « cordon sanitaire » que les rivaux impérialistes anglais et français avaient édifié en 1919 ; et pour transformer en bête noire le pays le plus chéri des peuples d’Europe (français inclus). La légende de la « Guerre froide » mériterait les mêmes correctifs que celle de l’exclusive libération américaine de l’Europe[40].

[1] Frédéric Dabi, « 1938-1944 : Des accords de Munich à la libération de Paris ou l’aube des sondages d’opinion en France », février 2012, http://www.revuepolitique.fr/1938-1944-laube-des-sondages-dopinion-en-france/, chiffres extraits du tableau, p. 5. Total inférieur à 100 : 3 autres données : Angleterre ; 3 pays ; sans avis.

[2] Ibid., p. 4.

[3] Campagne si délirante qu’un journal électronique lié aux États-Unis a le 2 mai 2014 a prôné quelque pudeur sur l’équation CIA-démocratie http://www.huffingtonpost.fr/charles-grandjean/liberte-democratie-armes-desinformation-massive-ukraine_b_5252155.html

[4] Annie Lacroix-Riz, Le Vatican, l’Europe et le Reich 1914-1944, Paris, Armand Colin, 2010 (2e édition), passim.

[5] Lynn E. Davis, The Cold War begins […] 1941-1945, Princeton, Princeton UP, 1974 ; Lloyd Gardner, Spheres of influence […], 1938-1945, Chicago, Ivan R. Dee, 1993 ; Geoffrey Roberts, Stalin’s Wars : From World War to Cold War, 1939-1953. New Haven & London : Yale University Press, 2006, traduction chez Delga, septembre 2014.

[6] Tél. 1450-1467 de Bérard, Bonn, 18 février 1952, Europe généralités 1949-1955, 22, CED, archives du ministère des Affaires étrangères (MAE).

[7] Note État-major, anonyme, 15 septembre 1938 (modèle et papier des notes Gamelin), N 579, Service historique de l’armée de terre (SHAT).

[8] Moral de la région parisienne, note reçue le 22 avril 1943, F1a, 3743, Archives nationales (AN).

[9] Lacroix-Riz, L’histoire contemporaine toujours sous influence, Paris, Delga-Le temps des cerises,2012.

[10] Revendication de paternité, t. 1 de ses mémoires, Un ambassadeur se souvient. Au temps du danger allemand, Paris, Plon, 1976, p. 458, vraisemblable, vu sa correspondance du MAE.

[11] Rapport 556/EM/S au général Koeltz, Wiesbaden, 16 juillet 1941, W3, 210 (Laval), AN.

[12] Les difficultés « des Allemands » nous menacent, se lamenta fin août Tardini, troisième personnage de la secrétairerie d’État du Vatican, d’une issue « telle que Staline serait appelé à organiser la paix de concert avec Churchill et Roosevelt », entretien avec Léon Bérard, lettre Bérard, Rome-Saint-Siège, 4 septembre 1941, Vichy-Europe, 551, archives du ministère des Affaires étrangères (MAE).

[13] Michael Sherry, Preparation for the next war, American Plans for postwar defense, 1941-1945, New Haven, Yale University Press, 1977, chap. 1, dont p. 39.

[14] Exemples français et scandinave (naguère fief britannique), Lacroix-Riz, « Le Maghreb : allusions et silences de la chronologie Chauvel », La Revue d’Histoire Maghrébine, Tunis, février 2007, p. 39-48 ; Les Protectorats d’Afrique du Nord entre la France et Washington du débarquement à l’indépendance 1942-1956, Paris, L’Harmattan, 1988, chap. 1 ; « L’entrée de la Scandinavie dans le Pacte atlantique (1943-1949) : une indispensable “révision déchirante” », guerres mondiales et conflits contemporains (gmcc), 5 articles, 1988-1994, liste, http://www.historiographie.info/cv.html.

[15] Sherry, Preparation, p. 39-47 (citations éparses).

[16] Sarcasme de l’ambassadeur américain H. Freeman Matthews, ancien directeur du bureau des Affaires européennes, dépêche de Dampierre n° 1068, Stockholm, 23 novembre 1948, Europe Généralités 1944-1949, 43, MAE.

[17] Tél. Bonnet n° 944-1947, Washington, 10 mai 1949, Europe généralités 1944-1949, 27, MAE, voir Lacroix-Riz, « L’entrée de la Scandinavie », gmcc, n° 173, 1994, p. 150-151 (150-168).

[18] Martin Sherwin, A world destroyed. The atomic bomb and the Grand Alliance, Alfred a Knopf, New York, 1975 ; Sherry Michael, Preparation ; The rise of American Air Power : the creation of Armageddon, New Haven, Yale University Press, 1987 ; In the shadow of war : the US since the 1930’s, New Haven, Yale University Press, 1995.

[19] Williams, Ph.D., American Russian Relations1781-1947, New York, Rinehart & Co., 1952, et The Tragedy of American Diplomacy, Dell Publishing C°, New York, 1972 (2e éd).

[20]Richard W. Van Alstyne, recension d’American Russian Relations, The Journal of Asian Studies, vol. 12, n° 3, 1953, p. 311.

[21]Lénine, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, Essai de vulgarisation, Paris, Le Temps des cerises, 2001 (1e édition, 1917), p. 172. Souligné dans le texte.

[22] Élément clé de l’analyse révisionniste, dont Gardner, Spheres of influence, essentiel.

[23] Tél. 861.01/2320 de Harriman, Moscou, 13 mars 1944, Foreign Relations of the United States 1944, IV, Europe, p 951 (en ligne).

[24] Ibid.

[25] Lacroix-Riz, « Politique et intérêts ultra-marins de la synarchie entre Blitzkrieg et Pax Americana, 1939-1944 », in Hubert Bonin et al., Les entreprises et l’outre-mer français pendant la Seconde Guerre mondiale, Pessac, MSHA, 2010, p. 59-77 ; « Le Maghreb : allusions et silences de la chronologie Chauvel », La Revue d’Histoire Maghrébine, Tunis, février 2007, p. 39-48.

[26] Dont la capitulation de l’armée Kesselring d’Italie, opération Sunrise négociée en mars-avril 1945 par Allen Dulles, chef de l’OSS-Europe en poste à Berne, avec Karl Wolff, « chef de l’état-major personnel de Himmler » responsable de « l’assassinat de 300 000 juifs », qui ulcéra Moscou. Lacroix-Riz, Le Vatican, chap. 10, dont p. 562-563, et Industriels et banquiers français sous l’Occupation,Paris, Armand Colin, 2013, chap. 9.

[27] Jean-Baptiste Duroselle, L’Abîme 1939-1945, Paris, Imprimerie nationale, 1982, passim ; Lacroix-Riz, « Quand les Américains voulaient gouverner la France », Le Monde diplomatique, mai 2003, p. 19 ; Industriels, chap. 9.

[28]David F Schmitz, Thank God, they’re on our side. The US and right wing dictatorships, 1921-1965, Chapel Hill, University of North Carolina Press, 1999.

[29] Index Suhard Lacroix-Riz, Le choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930, et De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République, 1938-1940, Paris, Armand Colin, 2010 (2e édition) et 2008.

[30] LIBE/9/14, 5 février 1943 (visite récente), F1a, 3784, AN. Taylor, Vatican, chap. 9-11 et index.

[31] Information d’octobre, reçue le 26 décembre 1943, F1a, 3958, AN, et Industriels, chap. 9.

[32] Lettre n° 740 du commissaire des RG au préfet de Melun, 13 février 1943, F7, 14904, AN.

[33] Renseignement 3271, arrivé le 17 février 1943, Alger-Londres, 278, MAE.

[34] Informations du 15 mai, diffusées les 5 et 9 juin 1944, F1a, 3864 et 3846, AN.

[35] Information du 13 juin, diffusée le 20 juillet 1944, « le PC à Grenoble », F1a, 3889, AN.

[36] M. Dabi, directeur du département Opinion de l’Ifop, phare de l’ignorance régnant en 2012 sur l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale, déplore le résultat de 1944 : « une très nette majorité (61%) considèrent que l’URSS est la nation qui a le plus contribué à la défaite allemande alors que les États-Unis et l’Angleterre, pourtant libérateurs du territoire national [fin août 1944 ??], ne recueillent respectivement que 29,3% et 11,5% », « 1938-1944 », p. 4, souligné par moi.

[37] Jacques Mordal, Dictionnaire de la Seconde Guerre mondiale, Paris, Larousse, 1979, t. 1, p. 109-114.

[38] Gabriel Kolko, The Politics of War. The World and the United States Foreign Policy, 1943-1945, New York, Random House, 1969, chap. 13-14.

[39] Pertes « militaires uniquement », Pieter Lagrou, « Les guerres, la mort et le deuil : bilan chiffré de la Seconde Guerre mondiale », in Stéphane Audoin-Rouzeau et al., dir., La violence de guerre 1914-1945, Bruxelles, Complexe, 2002, p. 322 (313-327).

[40] Bibliographie, Jacques Pauwels,Le Mythe de la bonne guerre : les USA et la Seconde Guerre mondiale, Bruxelles, Éditions Aden, 2012, 2e édition ; Lacroix-Riz, Aux origines du carcan européen, 1900-1960. La France sous influence allemande et américaine, Paris, Delga-Le temps des cerises, 2014.

 

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  • bourrico6 4 juin 2014 16:37

    Bah, de façon général, les effectifs engagés à l’Ouest peuvent faire sourire par rapport à ceux du front de l’Est.

    Même en ajoutant les forces du Pacifique (les USA mènent 2 guerres simultanées... voir 3), on est loin des effectifs de front de l’Est.

    Pour faire rapide, c’est l’URSS qui s’est cogné l’armée Allemande, les « alliés » de l’Ouest n’ont eu que des miettes.

    Mais comme nous sommes sous la domination des USA, que c’est eux les plus grands, les plus beaux, les plus forts, que leur matériels et leur soldats sont les meilleurs du monde, qu’il nous ont gentiment libéré des Nazis, etc, etc, etc.

    Ben les gens s’imaginent que les USA ont gagné la guerre à eux tout seuls.


    • bourrico6 4 juin 2014 16:38

      J’ajoute que ce mensonge risque fort de devenir une vérité, il suffit de voir comment les bobards de Rome font encore office de vérité 2000 ans plus tard.


    • scylax 4 juin 2014 17:03

      J’ai plutôt l’impression que tout le monde croit que Staline a été le seul opposant de 1933 à 1945 d’Hitler. 

      La Lacroix Ritz fait partie de ces historiens staliniens révisionnistes. 

    • Anaxandre Anaxandre 5 juin 2014 00:17

        Disons qu’entre le point de vue historique atlantiste et celui des communistes, on peut se faire sa propre idée, une sorte de « juste milieu ». Mais non, attendez, il manque un point de vue, et pas des moindres : celui des perdants ! Mais celui-là il est interdit de s’en informer...

        L’Histoire officielle reste donc aussi partielle que partiale.

    • Mmarvinbear Mmarvinbear 5 juin 2014 01:06

      Si les effectifs américains étaient moins nombreux, les soldats US étaient mieux utilisés. 


      L’armée rouge a souffert des purges de Staline qui ont privé les militaires de nombreux cadres une fois ces derniers exécutés. Au début du conflit, il est estimé que seul un soldat russe sur 10 était correctement équipé.

      N’oublions pas que la première phase de Barbarossa a été un grand succès : la Wermarcht s’est retrouvée en peu de temps face à Leningrad, Moscou et Stalingrad. 

      Ce n’est pas l’armée russe qui a vaincu, mais l’ Hiver. Si comme le prévoyait le plan initial Hitler avait attaqué en Mai et non en Juin, il aurait eu un mois de plus avant d’être bloqué par la neige : il est certain que Moscou serait tombée durant ce laps de temps, ce qui aurait tout changé. Je vois mal Staline être maintenu en poste une fois la croix gammée flottant sur le Kremlin.

      Par la suite, les russes ont tiré parti de l’extrême étirement des lignes de ravitaillement et de leur matériel rustique mais plus adapté aux conditions météo russes pour repousser les nazis vers la Pologne et au delà.

      Enfin, il ne faut pas oublier non plus que Staline n’a cessé de réclamer un second front à l’ Ouest. Il savait les limites de ravitaillement de sa propre armée. Les russes seuls auraient sans doute pu venir à bout des nazis, mais il leur aurait fallu bien un ou deux ans de plus.

    • eric 5 juin 2014 10:03

      Le négationnisme révisionnisme historique des neo bolchevique mérite des réponses point par point parce qu’il reste des enjeux contemporains. Les mêmes idées qui ont conduit 20 millions de morts soviétiques, sans parler d’une bonne partie des autres 20 millions pendant la guerre, peuvent a tout moment resurgir. Chaque mensonge merite d’etre designe comme tel. même dans le détail. Meme quand il nous est assénè comme en passant. Il n’est donc pas mauvais de rappeler que le seul total US en 45 est supérieur a celui de l’URss, mais pendant toute la guerre :

      Effectifs des armées des principaux belligérants14.
      Les chiffres pour l’Allemagne sont donnés au 31 mai de chaque année Années 1940 1941 1942 1943 1944 1945 IIIe Reich 5 000 000 7 200 000 8 600 000 9 500 000 9 500 000
      Japon 1 723 000 2 411 000 2 829 400 3 808 200 5 365 000 7 193 200 Royaume-Uni 2 212 000 3 278 000 3 784 000 4 300 000 4 500 000 4 653 000 États-Unis 458 000 1 795 000 3 844 000 8 918 000 11 240 000 11 858 000 URSS 500 000 4 027 000 9 000 000 10 000 000 12 400 000 10 800 000 France15 5 500 000 25 000 50 000 100 000 150 000 550 000 Belgique16 700 000 — — — — 100 00017 Canada18 92 296 260 553 454 418 692 953 747 475 761 041

      EN 40 l’Amerique compte 132 millions d’habitants, l’URSS 191 environ ( compte tenu des massacres famine et répression et du trou dans la démographie, c’est la période ou Staline interdit de publier les chiffres).
      Ainis, on constate que des 43, la mobilisation n’est pas moins forte en amerique compte tenu des populations respectives.

    • jacques jacques 5 juin 2014 10:04

      @Mmarvinbear
      Dans les nombreuses conneries de Staline il y a la non prise en compte des renseignements que
      richard Sorge avait envoyé sur l’opération barbarossa .Ce qui aurait permis à l’URSS d’éviter la cuisante défaite du début de la guerre.
      Mais dans les réussites de l’URSS dans cette période il ne faut pas oublier que l’armée rouge s’est repliée et n’a pas été écrasée et qu’ils ont démonté les usines pour les reconstruire plus à l’est.Et puis Hitler dans son délire raciste envers les slaves les a sous estimés .


    • bourrico6 5 juin 2014 10:35

      Si les effectifs américains étaient moins nombreux, les soldats US étaient mieux utilisés.

      Ca dépends du point de vue.
      L’infanterie US, c’est un peu la poubelle de l’armée, l’endroit ou on ne veut pas aller, il n’ y a aucune culture d’unité, un blessé ne retourne pas dans son unité après guérison, c’est problématique pour la cohésion et l’efficacité car les compétences chèrement acquises peuvent vite foutre le camp.
      Ajoutez à ça la limite en durée du « tours d’opération », qui font que les expérimentés rentrent au pays au bout d’un moment, sont remplacés par de la bleusaille qui doit tout réapprendre.

      Cette relative médiocrité de l’infanterie US me semble en partie responsable de l’utilisation massive et surtout systématique de moyen lourd au moindre obstacle.
      Travers que l’on constate encore aujourd’hui.

      Il y a ensuite des différences notable qui doivent pondérer la comparaison.

      - Les USA sont une démocratie qui doit compter avec l’opinion publique, pas l’URSS.
      - l’URSS combat sur son sol, ce sont ses villes qui sont rasées, ses campagnes qui brûlent, sa population civile qui subit la guerre... rien de tout ça aux USA ou a guerre peut paraitre lointaine.


    • bourrico6 5 juin 2014 10:37

      Le négationnisme révisionnisme historique des neo bolchevique

      Waaaaah, ça fait vachement savant tous ces mots les uns à la suite des autres.

       smiley


    • eric 5 juin 2014 11:03

      Bourrico, je suis bien d’accord, mais ces gens vivent tellement « ailleurs » qu’il est indispensable d’adopter leur jargon si on veut avoir une chance qu’ils comprennent de quoi on parle...


    • bourrico6 5 juin 2014 11:59

      Si les effectifs américains étaient moins nombreux, les soldats US étaient mieux utilisés.

      J’ai oublié un détail aussi.

      En quelle année les GI’s se retrouvent face aux casques à pointe ?

      Un souvenir du résultat de leur première rencontre en Afrique du Nord ?


    • Mmarvinbear Mmarvinbear 5 juin 2014 13:20

      En quelle année les GI’s se retrouvent face aux casques à pointe ?

      Les USA entrent en guerre en 1917. Compte tenu du fait qu’à l’époque le pays n’a presque pas d’armée ( il faut donc former en accéléré les volontaires ) et que les moyens technologiques étaient ce qu’ils étaient, il leur a fallu près d’un an avant d’être opérationnel sur le terrain.



      Un souvenir du résultat de leur première rencontre en Afrique du Nord ?


      Ils ont gagné. L’opération « Torch » a été un succès rapide, faisant moins de 800 morts du coté des alliés.


    • eric 5 juin 2014 13:28

      Bourrico, l’Afrique du Nord ? La belle affaire, dans les régimes socialistes, les armées sont des éléments constitutifs du système, du régime, du pouvoir, et du reste, des le temps de paix, les populations civiles elles mêmes sont peu ou prou enregimentees. Il ferait beau voir qu’ils n’aient pas des militaires professionnels superieurs techniquement aux armees de conscrits des grandes démocraties. Les « gentils », ne sont pas par nature techniquement plus fort que les méchants. C’est meme souvent le contraire. A la fin en general, la liberte l’emporte malgré tout pour des raisons plus longues a expliquer. En gros, nou savons quand meme finit par vaincre le communisme parce que deux étudiants dans un garage a Los Angeles innovaient tellement plus vite que tous l’appareil du KGB ne parvenait a piquer leurs résultats et a les transmettre a leur propre industrie, que le système c’est épuisé de lui même.


    • CN46400 CN46400 5 juin 2014 13:56

      Ouais la vérité serait quelque part entre l’Islande et les Açores, soit une autre manière de la noyer. ALR fournit des preuves pour étayer son propos, pour la contrer il suffit de disqualifier ces preuves.....On attend autre chose que des tonnes de subjectivité !


    • Remi 5 juin 2014 13:57

      "Bourrico, je suis bien d’accord, mais ces gens vivent tellement « ailleurs » qu’il est indispensable d’adopter leur jargon si on veut avoir une chance qu’ils comprennent de quoi on parle...« 

      Vous faites penser à ses mauvais élèves, qui, parce qu’ils ne comprennent pas le cours, affirment qu’il n’est pas intéressant.

      Le problème étant tout de même que vous n’êtes pas capable de »jargonner« sans faire usage d’un pléonasme, et d’enfiler deux termes en »isme" de suite, ce qui n’a aucun sens.
       Il aurait fallu soit n’en utiliser qu’un, soit en transformer un en adjectif.

       Péter plus haut que son cul, c’est cela qui caractérise le mieux la manière dont vous menez votre pseudo-démonstration.


    • mmbbb 5 juin 2014 14:57

      votre commentaire est partisan comme celui de ce professeur emerite dont j’ai survole l’artcicle tant les cliches anti americains sont grossiers C’est vrai que Staline fut un tres democrate et quiconque critiquait la Russie etait un chien comme l’affirmait Sarte Personne ne nie la victoire de Stalingrad Personne ne nie les morts russes Qui peut aussi nier les morts des jeunes soldats americains ? Il y eut la cooperation de l’escadron de chasse de Normandie Niemen qui apporta soutien a l’aviation russe Les russes s’en souviennent Quand a la puissance militaire americaine qui peut le nier ? Boeing avec ses B29 dont les alliees n’avaient pas d’equivalent surtout pas l’armee francaise dont les chasseurs bombardiers comme les  Dewoitine D.520 rentrerent en service en retard , mirent a genoux l’hegemonie allemande Notre probleme avec les americains est que nous sommes toujours en train de les critiquer certes souvent a bon escient et que nous sommes incapables de resoudre nos problemes europeens Le conflit en Serbie qui fut pourtant un petit theatre de guerre, a ete regle par l’aviation americaine qui mit un terme a ce conflit Au debut de la guerre les americains resterent en retrait et c’est Roosevelt qui mit fin a cet isolationnisme Que se sache c’est bien les americains qui soutinrent le pond aerien a Berlin sous Kroutchev La france et l’europe n’avaient pas la capacite technique comme en 1940 hormis la grande bretagne Eternelle histoire et aveuglement de nos professeurs emerites


    • bourrico6 5 juin 2014 16:06

      Les USA entrent en guerre en 1917. Compte tenu du fait qu’à l’époque le pays n’a presque pas d’armée ( il faut donc former en accéléré les volontaires ) et que les moyens technologiques étaient ce qu’ils étaient, il leur a fallu près d’un an avant d’être opérationnel sur le terrain.

      J’étais gentil en me limitant à la WWII, mais on peut aussi aller faire un tour du coté de la guerre d’indépendance tant qu’on y est.....

      Ce que je voulais dire, vu que t’as rien capté du tout, c’est que croiser le fer avec les Teutons en 1941 ou en 1944, c’est pas du tout la même chose.

      L’armée US en 1941 aurait très bien pu se faire balayer en quelques jours, ce qui n’était plus le cas en 1944, ni même en 1943.
      Car entre temps, les Popovs étaient passé par la, et avaient saigné à blanc l’armée Allemande.


      Ils ont gagné. L’opération « Torch » a été un succès rapide, faisant moins de 800 morts du coté des alliés.

      blablabla, blablabla, je parle de la première rencontre, par de la première campagne, pffffff.....

      Kasserine, ça te dis quelque chose ?


    • Mmarvinbear Mmarvinbear 5 juin 2014 21:02


      L’armée US en 1941 aurait très bien pu se faire balayer en quelques jours, ce qui n’était plus le cas en 1944, ni même en 1943.

      N’importe quelle armée, quand elle n’est pas prête, se fait balayer en deux temps et trois mouvements. Si Hitler avait lancé la Heer contre l’ URSS en 1935 par exemple, il aurait pas avancé de dix kilomètres avant de se faire raccompagner au Bunker pour sa fessée cul-nu.



      Car entre temps, les Popovs étaient passé par la, et avaient saigné à blanc l’armée Allemande.


      Les victoires soviétiques n’y sont pour rien dans l’effort gigantesque effectué par l’industrie américaine. Ce sont les industriels américains qui, en reconvertissant leurs usines, ont donné à l’ US Army le matériel qui lui faisait défaut.



      Kasserine, ça te dis quelque chose ?


      Et a Casablanca, Oran, les GI’s ont débarqué en tongues peut-être ?


      Sincèrement, dire que les troupes US ne valent pas tripette à cause d’une défaite sur le terrain, c’est comme dire que le PSG doit être relégué en Ligue 2 après un nul contre Guingamp lors des 38 journées de championnat. La suite des combats en Afrique, puis en Italie et en France ont montré la vraie valeur des troupes américaines.


    • izarn 6 juin 2014 11:17

      On peut toujours accuser l’hiver russe. Mais Hitler aurait pu s’imaginer que l’hiver arrive chaque année... De plus je ne crois pas que jamais la Russie eut pu etre vaincue si facilement. Les forces industrielles de l’armement soviétique étaient considérables, il n’y a qu’a voir les chiffres. De plus l’armement était l’équivalent en qualité avec celui de l’Allemagne, voire souvent supérieur. Staline a du faire face à des soldats russes peu éduqués, sortis de leur campagne, ce qui explique les grosses pertes face à des soldats allemands beaucoup plus performants.
      Ensuite, les USA n’ont jamais pu faire reculer l’URSS des territoires conquis sur l’Allemagne nazie, car il en étaient militairement incapables. Yalta ne fait que confirmer la suprématie de Staline. On est loin de l’armée US la plus puissante du monde, surtout en Europe en 1944 !
      L’armée la plus puissante de tout le continent eurasiatique c’était bien sur l’Armée Rouge. De fait, elle a continué sur sa lancée en fabriquant en seulement quelques années après les américains, bombe A et bombe H, ainsi que les missiles balistiques...Puis le premier homme dans l’espace !


    • CASS. CASS. 6 juin 2014 14:18

      ah la la le jacob H. sacré pantin mis en place et financé par les rothschildiens etc sionistes dont cathos et dits chrétiens us.


    • ©HIBROX ©HIBROX 7 juin 2014 06:46
      Mmarvinbear

      « N’oublions pas que la première phase de Barbarossa a été un grand succès : la Wermarcht s’est retrouvée en peu de temps face à Leningrad, Moscou et Stalingrad. »

      Leningrad, Moscou et Kiev ! 

      Stalingrad n’est à l’origine qu’un objectif secondaire dans une des étapes du plan allemand mais l’évolution de la campagne en fera à l’automne l’objectif principal, notamment pour des raisons symboliques.

      Marre des petits historiens à la mord-moi le noeud qui étalent leur non-science sans vérifier un minimum les faits.

    • CN46400 CN46400 7 juin 2014 08:07

      @ Chibrox


      « Stalingrad n’est à l’origine qu’un objectif secondaire »

      Il suffit de regarder une carte pour constater que toutes les liaisons (routes et chemin de fer) de Moscou vers le sud et l’est (pétrole et nourriture) passent par Stalingrad. Le blitkrieg visait surtout Moscou ? il a échoué. La guerre devenait longue, Stalingrad devenait l’objectif principal. Pour faire la différence entre des objectifs principaux et secondaires, il suffit de noter que les troupes délites soviètiques, avant le renversement de 43 (Stalingrad), n’ont été engagées que sur Moscou en décembre 41 et Stalingrad en décembre 42 

    • ©HIBROX ©HIBROX 7 juin 2014 17:42
      CN46400

      « La guerre devenait longue, Stalingrad devenait l’objectif principal »

      Ahahah ! Le mec qui veut te rectifier mais qui se contredit dans le texte.

      Si Stalingrad devenait l’objectif principal, c’est bien qu’il était secondaire, banane ! Je ne vais pas faire une tartine à expliquer pourquoi, j’ai pas que ça à faire et wikipédia l’explique très bien.

      Y’a des bons ici, y’a des bons…

    • laertes laertes 4 juin 2014 17:14

      Je ne suis pas d’accord avec vous. La première défaite allemande c’est d’abord pendant la bataille d’Angleterre alors que l’URSS avait signé le pacte germano soviétique. C’est à mon avis le début du tournant de la guerre. Il ne faut pas oublier que les USA ne voulaient pas entrer en guerre. Il y a eu plusieurs fronts où ils étaient impliqués : décembre 1941 : Japon. 1942 : bataille de l’atlantique et expédition en Afrique du nord. 1943 et 1944 : Europe de l’ouest et tout cela..en même temps. C’est cela aussi qui a contribué à la défaite. De plus les USA fournissaient d’une manière industrielle du matériel à l’armée rouge. Certes Stalingrad et Koursk représentent le tournant ultime et les russes ont payé le prix fort (souvent à cause des inconséquences du gouvernement soviétique). On ne fête pas l’anniversaire d’El Alamein qui pourtant a joué un grand rôle sur le plan stratégique. Que le 6/06/ soit un anniversaire important pour les français il n’y a rien d’étonnant et que les américains y jouent le beau rôle , non plus ! Les américains ne fêtent pratiquement pas le 11 novembre...pourtant ils ont participé !
      Si les Russes ont payé le plus lourd tribut en vies c’est à cause de la nature de la guerre (terrain ouvert, guerre raciste d’anéantissement) mais aussi à cause du gouvernement soviétique (purges, erreurs stupides).
      @bourrico6 : « Pour faire rapide, c’est l’URSS qui s’est cogné l’armée Allemande, les « alliés » de l’Ouest n’ont eu que des miettes. » oui, mais ces miettes comme vous les appelez ont forcé le commandement allemand à immobiliser des divisions, la kriegsmarine et la Luftwaffe sur le front ouest.....................à cause des débarquements possibles... Sinon pourquoi Hitler aurait-il envoyé l’Afrika Korps ?
      L’industrie militaire allemande a dépensé des moyens colossaux et les alliés ont tout fait pour détruire ces moyens (bombardements) Une guerre ne se gagne pas seulement avec des hommes mais avec du matériel et de la stratégie !


      • taktak 4 juin 2014 17:41

        Les forces engagées par l’Allemagne Nazie contre l’Angleterre lors de la bataille d’Angleterre sont sans communes mesure avec l’offensive contre l’URSS.
        L’URSS elle fait face à une guerre contre le Japon, où elle engage une partie de ses meilleures troupes. Ce qui explique d’ailleurs la signature du pacte germano soviétique pour ne pas avoir à combattre sur deux fronts, alors que GB et France refuse toute alliance militaire avec l’URSS.
        les USA ont fourni au début de la guerre tous le monde. les apports en matériel, payés au prix fort, n’ont été conséquent qu’après Stalingrad...

        Quand à l’inconséquence du gouvernement soviétique, rien que de lire wikipédia (ce qui est à la porté du plus grand nombre) montre que la vulgarisation de l’historiographie permet de battre en brèche ce point : l’URSS c’est préparé dès les années 30 à la guerre, à une guerre dont elle savait que le but de l’ennemie n’était pas la victoire mais l’annéantissement.

        les américains ne fêtent pas le 11 novembre, et pour cause, l’essentiel de l’effort militaire du camps allié a été supporté par la France. Là encore les USA n’intervenant au final que pour se placer dans le partage du monde....

        personne ne dit que les alliés n’ont joué aucun rôle. Ce que souligne cet article, c’est que le bourrage de crane a réussi à faire entrer dans les têtes y compris la votre, le fait que c’est les USA qui ont joué le rôle majeur dans la libération de l’europe, c’est ce qui va être mis en scène à nouveau ce 6 juin. Alors qu’au sortir de la guerre, ceux qui l’on vécu constataient que c’est l’URSS qui a principalement permis la victoire contre le nazisme et la libération de la France....


      • César Castique César Castique 4 juin 2014 18:01

        « ...l’URSS c’est préparé dès les années 30 à la guerre, à une guerre dont elle savait que le but de l’ennemie n’était pas la victoire mais l’annéantissement. »


        C’est exact. Elle se préparait à envahir l’Europe de l’Ouest, lorsque Hitler a pris Staline de vitesse. C’est une des raisons pour lesquelles la Wehrmacht est entrée en URSS comme dans du beurre, les défenses ayant été démantelées pour permettre le déferlement des blindés de l’Armée Rouge. 

        Viktor Souvorof, dans « Le Brise-glace » )(Olivier Orban, 1989) décrit tout cela avec un luxe de précisions et de détails qui ne peut qu’emporter la conviction de celui qui n’est pas conditionné par l’historiographie officielle.

      • taktak 4 juin 2014 18:46

        là on est en plein délire.... avec césar castique

        les FNeux bercés par la propagande anticommunistes des chars de l’armée rouge déferlant dans Saint Cloud se fond l’air et la chanson. L’URSS n’a jamais eu qu’une armée défensive d’ailleurs...


      • César Castique César Castique 4 juin 2014 20:16
        « là on est en plein délire.... avec césar castique »

        Staliniens pas morts !

        Ouvrage téléchargeable sous :

        Présentation :

        Cinquante ans après, voici venu le temps des révélations. Ce livre explosif et polémique renverse toutes les certitudes sur l’URSS et la Seconde Guerre Mondiale. A partir des sources soviétiques, Victor Suvorov démontre que le pacte germano-soviétique et la stratégie suivie de 1936 à juin 1941 s’inscrivaient dans un plan machiavélique de Staline : écraser l’Allemagne et conquérir une Europe exsangue. Hitler devait servir de « brise-glace » à la révolution mondiale. Staline avait constitué une armada de chars ultra-rapides pour fondre sur les autoroutes allemandes, mobilisé la plus grande armée de parachutistes au monde à laquelle succéderait un million de kagébistes pour installer la terreur dans l’Europe occupés. Tel était le « plan de libération » de Staline qu’Hitler devança de quelques semaines...

      • laertes laertes 4 juin 2014 23:35

        Les choses ne sont pas noires ou blanches. Je vous rappelle quand même
        - que c’est la GB qui a averti l’URSS à plusieurs reprises de l’imminence de Barbarossa, que même après le début de l’invasion Staline continuait à ne pas croire à l’invasion, permettant à l’allemagne de faire de nombreux prisonniers et à avancer en territoire ennemi sans rencontrer de résistance, qu’il a fallu l’avancée allemande sur Moscou pour qu’il réagisse, qu’il a fait assassiner de nombreux généraux et officiers qui contestaient son pouvoir dans les années trente, saignant à blanc l’armée rouge.
        "Les forces engagées par l’Allemagne Nazie contre l’Angleterre lors de la bataille d’Angleterre sont sans communes mesure avec l’offensive contre l’URSS." bien sûr, puisque l’Angleterre est une île... la seule manière de faire plier l’angleterre ce n’était qu’avec la Luftwaffe.... et donc il est normal qu’il y aie eu moins de morts.
        De plus, les opérations russo japonaises se sont terminées en même temps que le pacte germano soviétique... Et Staline rapatria ses troupes...pour envahir la Pologne ! Les japonais ne représentaient aucun danger en aout 1939.
        Je n’ai jamais dit que les USA avaient joué un rôle majeur dans la libération de l’Europe... ; mais qu’ils avaient joué un rôle majeur dans la libération de la...France ! Nuance ! Sans l’URSSS la victoire alliée aurait été impossible et sans les USA et la GB de même..


      • TSS 5 juin 2014 00:23

        Il ne faut pas oublier que les USA ne voulaient pas entrer en guerre.

        Il ne faut pas oublier non plus qu’à cette époque 

        les banquiers americains soutenaient financièrement

         les« nazis »notamment Kennedy père... !!

         


      • Mmarvinbear Mmarvinbear 5 juin 2014 01:10

        L’URSS elle fait face à une guerre contre le Japon, où elle engage une partie de ses meilleures troupes. 


        Faux. Les russes n’ont été en guerre contre le Japon qu’ en Aout 45. Conformément aux promesses de Staline à Yalta.

      • Aldous Aldous 5 juin 2014 01:16

        C’est inexact de dire que la première defaite de l’axe se soit la bataille d’Agleterre.


        Les premiers à gagner une bataille furent les Grecs lors de la campagne des Balkans. Bien qu’inférieurs en nombre et en matériel, les Grecs ont resisté à l’invasion Italienne lancée depuis l’Albanie le 28 octobre 1940.

        En novembre la Grèce passe à la contre-offencive avec 13 divisions conte les 27 divisions Italiennes et repousse l’envahisseurs en Albanie.

        Les Italiens sacrifient deux divisions entières pour couvrir leur retraite et appellent Hitler à l’aide.

        C’est le premier tournant décisif de la guerre. Non seulement il montre que l’Axe n’est pas invincible, mais en plus il chamboule la strategie de Hitler : Au lieu d’attaquer la Russie il est obliger d’envahir les Balkans.

        En 1941, la Grèce se bat sur deux fronts, contre l’Italie qui attaque l’Albanie et contre l’Allemagne qui attaque depuis la Roumanie et la Bulgarie. Les renforts britanniques et néo Zélandais ne suffisent pas pour rétablir un quelconque équilibre des forces entre l’armée grecque mal équipée et les Panzer allemands.

        La « ligne Metaxa », l’ouvrage de défense grec ne résistât que trois jours aux attaques Allemandes qui passèrent ensuite à la Blietzkrieg comme lors de la bataille de France. Mais contrairement à la France les Grecs et les Anglais parviennent à rompre un moment l’élan du blietzkrieg dans la vallée de Florina, enneigée, puis une nouvelle fois sur les contreforts du mont Olympe. La résistance acharnée continue sur les iles , notemlent en Crète où les commandos parachutistes allemands se font massacrer, ce qui aménera l’état major Allemand à ne plus les utiliser de toute la guerre.

        De nombreux officiers supérieurs Grecs et le premier ministre préfèrent se suicider plutôt que de se rendre.

        Fait unique, il n’y aura pas de camps de prisonniers de guerre en Grèce. Impressionnés, les Allemands laisseront les soldats grecs survivants rentrer dans leurs foyers, autorisant même les officiers grecs à garder leur pistolet. 


      • Trelawney Trelawney 5 juin 2014 08:35

        L’URSS elle fait face à une guerre contre le Japon, où elle engage une partie de ses meilleures troupes. Ce qui explique d’ailleurs la signature du pacte germano soviétique pour ne pas avoir à combattre sur deux fronts, alors que GB et France refuse toute alliance militaire avec l’URSS.

        L’URSS a officiellement engagé 15000 hommes dans un conflit Russo Japonais qui a duré 4 mois. Officieusement, elle en a engagé 25000 hommes (la plupart Mongol) pour 14000 tués. Les japonais se sont pris une branlée parce qu’ils avaient sous-estimé l’ennemie. Je ne comprends pas pourquoi un conflit frontalier pouvait avoir, pour Staline, une quelconque importance dans la signature du pacte Germano Soviétique. La raison évidente de ce pacte était : le partage de la Pologne.

        Les américains ne fêtent pas le 11 novembre, et pour cause, l’essentiel de l’effort militaire du camps allié a été supporté par la France. Vous oubliez un peu vite la Belgique et l’Angleterre. Les USA n’avaient envoyé qu’un corps expéditionnaire en vertu d’alliances et d’accords avec l’Angleterre.

        Personne ne dit que les alliés n’ont joué aucun rôle. Ce que souligne cet article, c’est que le bourrage de crâne a réussi à faire entrer dans les têtes y compris la vôtre, le fait que c’est les USA qui ont joué le rôle majeur dans la libération de l’Europe, Il faut bien comprendre une chose  : la France c’est pris une branlée en 1940 et depuis, elle est occupée par l’Allemagne nazie. Quand certains disent qu’elle fraternise avec l’occupant, ce n’est pas tout à fait faux. L’armée qui se bat contre l’Allemagne nazie sur le front de l’Ouest est composée essentiellement d’Américains, de Canadiens et d’Anglais plus quelques supplétifs (Français Polonais, Belge etc.) provenant de pays conquis par les nazies et qui ont fui l’occupation. Pour les américains, ce n’est pas une libération mais une invasion de l’Europe nazie.

        Ce débarquement a réussi pour plusieurs raisons :

        1. Une chance inouïe mais dans tous les conflits, la chance est le facteur essentiel de réussite

        2. L’armée allemande est occupée sur deux fronts et le front de l’Est est le plus important

        3. La passivité des habitants (complicité n’est pas le bon mot) qui pensaient plus « force de libération » que force d’invasion.

        Conclusion : Deux forces ont anéanti l’Allemagne nazie et se sont partagé son territoire à la fin du conflit. Dans ce territoire il y avait la France qui est passée dans le camp des Anglos américains. Depuis ce temps-là on est sous la domination intellectuelle, économique et sociale des USA. On les considère comme des libérateurs parce que dans notre pays ce sont eux qui ont gagné et ce sont eux les occupants. Visiblement, ils sont des occupants plus sympas que les nazis.

        Savoir des Américains ou Russe qui a la plus grosse est secondaire et nous écarte de la réalité de ce conflit qui était : partage de l’Europe.


      • bourrico6 5 juin 2014 08:53

        C’est exact. Elle se préparait à envahir l’Europe de l’Ouest, lorsque Hitler a pris Staline de vitesse.

        MOUAHAHAHAHAHA !!!

        L’armée rouge après avoir particulièrement brillé en Finlande, voulait envahir l’Europe de l’Ouest.....

        MOUAHAHAHAHA !!!

         smiley

        Quel gogol ce type !


      • César Castique César Castique 5 juin 2014 09:51

        « Quel gogol ce type ! »


        Les vrais gogols sont les superficiels ignorants qui la ramènent sans avoir lu le livre et sans connaître les conditions très particulières de la guerre en Finlande. Je n’en dirai pas plus, je ne voudrais pas vous instruire en quoi que ce soit.

      • bourrico6 5 juin 2014 09:55

        Mais oui mon pépère, t’as raison.  smiley


      • bourrico6 5 juin 2014 09:59

        J’ajoute que vu les volées qu’elle se prend lors du déclenchement de Barbarossa, y a pas à chier, elle avait de quoi faire trembler tout le monde.

        Ce qui est vrai par contre, c’est le programme de réarmement de l’URSS, qui fait que le temps joue contre les Allemands.


      • bourrico6 5 juin 2014 10:02

        Sinon pourquoi Hitler aurait-il envoyé l’Afrika Korps ?

        Moui m’enfin ça donne de l’eau à mon moulin ça, parce que l’Afrika Korps c’est quoi, c’est une poignée de division, rien de plus.

        Et pour répondre à la question je pense qu’il faut voir du coté des Italiens.


      • Dzan 5 juin 2014 10:06

        @ TSS
        Et des gens dont l’aura était importante comme Charles Lindberg.


      • vilayat 5 juin 2014 10:11

        Exact


        voir aussi « La guerre d’extermination de Staline » de Joachim Hofmann

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