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Accueil du site > Actualités > Société > Revenu de base : la fausse bonne idée

Revenu de base : la fausse bonne idée

Une idée de Milton Fridman resurgit actuellement, celle « d’un revenu universel » donné à chacun et qui aurait vocation à remplacer les aides sociales existantes.
Cette idée est accueillie avec un certain enthousiasme.

Pourtant si cette proposition est financée comme on le suggère parfois, par l'augmentation de la TVA, la conséquence sera alors la diminution du pouvoir d'achat de la plupart des français. Explications :

D'après les sondage, la plupart des citoyens prennent cette idée pour une bonne chose.



Une remarque importante est à garder à l'esprit tout au long de l’article, les formes et les faisabilités d’un revenu universel sont nombreuses et mon propos concerne UNIQUEMENT le revenu universel qui serait versé en contrepartie de la suppression de toutes les aides sociales et financé par la TVA.

Une baisse du niveau de vie des plus pauvres.

Nous prendrons l’exemple d’une personne vivant seule.

La somme évoquée est de 850€ et peut sembler attractive pour quiconque touche le R.S.A (524.16€).

Au R.S.A, s'ajoutent les aides au logement qui sont selon le site de la CAF, de 250€ pour une personne seule vivant dans un studio coutant 450€/mois.

On le voit, le R.S.A couplé aux A.P.L (774.16€) est pratiquement l’équivalent du revenu de base proposé.

Cependant, c’est oublier que dans notre pays les bénéficiaires des minimas sociaux peuvent prétendre à d’autres aides complémentaires comme :

Gratuité ou semi gratuité des transports.
Les tarifs sociaux concernant l’énergie.
La CMU (sécurité sociale).
Possibilité d’aides personnalisées pour pallier les « coups durs »
(panne de voiture, difficultés de loyer…).
Gratuité ou semi gratuité de certains loisirs (piscine, musée etc.)

(D’autres aides peuvent être accordées par région, toutes les infos sont dans ce lien.)

Il est difficile d’estimer le montant par personne que représentent ces aides. Mais vous l’aurez compris, entre les aides directes et indirectes, les prestations sociales pour les personnes les plus pauvres sont nettement supérieures aux seuls 850€ proposés.

Une baisse du niveau de vie pour les salariés.

En France, nous avons bien souvent l’impression qu’en dépassant les 1400€ de salaire net mensuel nous n’avons « le droit à rien ». Dès lors, une « prime » de 850€ par mois peut être tentante.

Mais en réalité, le salaire d’un travailleur est composé du salaire brut, auquel sont retirées les cotisations sociales.

Bien souvent nous ne nous intéressons qu’au salaire net, ne sachant pas très bien à quoi correspond le brut. Cet argent n’allant pas directement dans notre poche, nous n’avons pas l’impression d’en bénéficier.

Afin de mieux comprendre ce système, voici l’excellente vidéo de Franck Lepage et G Tanguy :
 

L’Etat agit donc sur votre salaire comme un assureur sur votre compte en banque : il prélève sur votre salaire le montant des cotisations des différentes assurances sociales.

Ces assurances obligatoires vous donnent un accès à diverses prestations sociales : de la sécurité sociale à la retraite en passant par le chômage ou l’invalidité... Évidemment, les prestations sont calculées en fonction des cotisations payées, ainsi un cadre est mieux indemnisé à la retraite ou au chômage qu’un salarié ou un bénéficiaire des minimas sociaux.

Si le revenu de base devait être versé en contrepartie de la suppression de toutes les prestations sociales, charge alors au salarié de prendre ces assurances sur son revenu de base.

Or, si le système actuel est assez égalitaire dans la ponction des cotisations, le recours à l’assurance individualisée (sûrement privée) entrainerait une fixation des grilles de cotisations selon des critères personnels (antécédents médicaux, lieu d’habitation, activité professionnelle, qualité de l’employeur).
Il apparaît évident que les assurances sociales devenues individualisées seront donc plus onéreuses pour les français les plus exposés à la précarité.


Le schéma sera donc le même que pour l’assurance d’une voiture : si vous habitez dans un beau quartier et que vous possédez un garage, alors les tarifs sont plus avantageux

 

Les salariés moyens sont également dans une situation comparable : un salarié gagnant 1 700€ net aura à sa disposition seulement 850€ par mois pour s’offrir les assurances sociales minimum (chômage, retraite, maladie…). 

Le risque est donc que les salariés, surtout les plus jeunes, choisissent de ne pas prendre d’assurance retraite, chômage, RMI, ou maladie pour pouvoir profiter de ces 850€ de salaire en plus.
Cela les mettrait donc en danger face aux risques de la vie. (1)

J’ajoute que rendre ces assurances obligatoires n’aurait aucun sens dans le contexte du revenu de base.

Pourquoi la baisse des cotisations n’entraînera pas de hausse du pouvoir d'achat :

Les plus optimistes (naïfs ?) pourront rétorquer que le patronat sera tenté d'augmenter les salaires du fait de la suppression des cotisations sociales.

Or si le revenu de base est financé par la hausse de la TVA, le prix de vente des produits augmentera. Si cette hausse du prix de vente n’est pas compensée par la hausse des salaires, alors le pouvoir d’achat diminuera automatiquement.

Exemple de l'impact sur le prix de vente d'un produit :

=>Cout de producttion d'un produit : 90€
=>Main d'oeuvre : 10€ actuellement, 5€ avec le revenue de base (2)
=>TVA : 20% actuellement, 92% pour financer le revenu de base. (3)

Situation actuelle : (90+10)*TVA(20%) = 120€
Revenu de base financé par la TVA : (90+5)*TVA(92%) = 182,40€

Dans mon exemple le consommateur payera donc son produit 52% plus cher.

Imaginez donc l’impact pour quelqu’un au RSA, en retraite ou ayant un bas salaire sans aucune autre aide, devant se débrouiller avec 850€ par mois pour faire face à une hausse générale des prix due à l'augmentation de la TVA.



Avec des produits plus chers et une partie de la population moins riche, peut-on réellement croire que cette mesure créera des emplois  ?

En revanche pour les plus gros revenus (les 10% les mieux payés), les cotisations sociales contenues dans les salaires est en grande partie redistribuée aux 90 autres pour cent de la population. C’est ce qu’on appelle le principe de solidarité nationale.
Si les cotisations sur les salaires sont abrogées, alors le principe de solidarité nationale est remis en question.

En résumé, ceux à qui la solidarité nationale coûtait de l’argent se verront attribuer un revenu supplémentaire par an et ceux qui en bénéficiaient verront leur revenu global (direct+indirect) diminuer.

Elle n’est pas belle la vie ?



Une baisse de la croissance  :

La protection sociale en 2013 coûtait 715 milliards d'euros par an, ce qui représente environ 10 800€ par personne.

Le revenu de base annuel serait de 10 200€ par an et par francais, ce qui représente une perte nette de 600€ par citoyen.

A l'échelle nationale, le revenu de base représenterait une « économie sociale » de 42 milliards d’euros pour le patronat.

Il faut comprendre que ces prestations sociales sont réinjectées dans le système par les dépenses des allocataires.
 
Ainsi, les 42 milliards d’euros « économisés » seront à peu près autant d'argent de moins dans le système économique.

On pourra me dire que cette manne financière profitera à l’investissement et donc à la future croissance, mais c'est sans compter que :
 
Un chef d’entreprise n’investit que s’il estime qu’il peut vendre ses produits. Or, avec la diminution du pouvoir d'achat de la majorité des français, il y a fort à parier qu’on assistera in fine à une baisse de la croissance !

Ce qu’on nous propose n’est que la continuité de la théorie du « ruissellement », chère à ces grands philanthropes qu’étaient Tatcher et Reagan !



Conclusion :

On l’a vu un calcul simple démontre que les citoyens, seront dans l’ensemble moins bien protégés qu’avec le système actuel.

De 80 à 90% de la population sera en réalité les grands perdants.

La mesure telle qu’elle semble être présentée devrait être financée par la TVA qui est l’impôt le plus inégalitaire.



La question du revenu de base peut être débattue mais nous devons etre vigilent car en aucun cas il doit être mis en place au détriment la protection sociale.

Beaucoup de réflexions existent sur ce sujet et méritent d’être étudiées, cependant :


- La Fraude fiscale coûte entre 60 et 80 milliards d’euros chaque année

- L’évasion fiscale coûte entre de 15 et 19 milliards d’euros chaque année

- Les fraudes aux cotisations sociales coûtent entre 20 et 25 milliards. (5)

En totalité, c’est entre 95 et 124 milliards d’euros qui échappent aux mains de l’Etat.

Son déficit (sécurité sociale et charge de la dette comprises) était de 85, 6 milliards d’euros en 2014.

Si l’Etat pouvait mettre la main sur une grosse partie de ces sommes, il resterait quelques milliards d’euros d’excédents dans les caisses.
Largement de quoi investir ou baisser certaines charges pour les petites sociétés afin de dynamiser le pays !

Pour cela, il faut une volonté politique qui apparemment n’existe pas, quelque soit le gouvernement.



Si le revenu de base évoque pour beaucoup une alternative au salariat, celui qui semble nous être présenté ici, n’est rien d’autre qu’une tentative habillement menée de baisser la protection sociale et de transférer son coût à la charge du consommateur plutôt qu’à la charge du patronat.


Merci à ceux qui m’auront lu jusqu’au bout, vous pouvez me soutenir à partir de 5€ en contribuant au développement d’un projet bio, équitable et solidaire qui fait le choix de reverser la partie du bénéfice dédiée normalement aux actionnaires à des causes que vous pouvez choisir, plus d’infos en cliquant sur cette photo :

 
Notes :

(1) Quand on sait que même le très libéral journal ContrePoint estime une mutuelle seule pour un salarié de 45ans à 450€ par mois (sans toutefois donné de détail sur son état de santé, ni sa branche d’activité qui jugule le prix final) on réalise que plus de la moitié du revenu de base est absorbé par la seule mutuelle, reste à payer une éventuelle assurance chômage et la retraite !

(2) Pour AppleRenault ou Peugeot la main d’œuvre représenterait 10% du coût total du produit fini.
Les cotisations représentant près de 50% du cout de la main d'oeuvre. On part du principe qu'avec le revenu de base, le coût de la main d'oeuvre sera de 50% moins élevé.

(3) Actuellement la tva rapporte 140 milliards d’euros, pour financer le revenu de base il faudrait donc la multiplier par 4.8%

(5) "Le trou" de la sécurité sociale est estimé à moins de 10 milliards d’euros, la sécurité sociale serait donc en excédent de 10 à 15 milliards d’euros si les cotisations étaient payées !
 


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82 réactions à cet article    


  • jpm jpm 13 janvier 10:01

    J´ai voté pour cet article en Modération, malgré son titre un peu biaisé car cela ne parle pas du revenu de base en général, mais bien d´une version particulière qui consiste à le financer par une augmentation de la TVA et la suppression des aides sociales existantes.

    Ce n´est donc pas une proposition défendue par le mouvement français pour le revenu de base, ni même le concept d´impôt négatif reprise en son temps par l’économiste et « Prix Nobel » d’économie Milton Friedman.

    Il est effectivement important de veiller à ce que le revenu de base ne soit pas un revenu universel qui vienne en remplacement de l´ensemble de la protection sociale qui représente en effet plus de 700 milliards d’euros par an (soit près de 900 euros par mois et par français).

    Le but doit être de remplacer les minima sociaux et de les rendre automatique, mais sans remettre en cause la protection sociale des travailleurs qui ont cotisés pour cela. En effet, la plupart des prestations sociales étant une extension du salaire dépendent des cotisations payées tout au long de la vie professionnelle. Il serait donc injuste de remettre en cause ces droits acquis. 
    Le revenu de base ne doit donc pas être la justification de la remise en cause des droits sociaux. Au contraire cela doit être un nouveau droit qui complète la protection sociale actuelle.

    De la même façon un financement par une hausse de la TVA, reviendra effectivement à baisser le pouvoir d´achat des gens, tout comme le ferait une dévaluation. Cela réduirait d´autant la valeur du revenu de base distribué et surtout des salaires. 

    Le revenu de base doit être au contraire considéré comme un partage équitable de la richesse produite par le pays qui profite à l´ensemble de la population, ce qui devrait se traduire par une mise en commun d´une partie de l´ensemble des revenus et donc une réforme fiscale ambitieuse.


    • Au fil des idées Au fil des idées 13 janvier 10:22

      @jpm
      Merci pour votre commentaire, je précise que dès les premières ligne j’explique je ne vais traité que du revenu de base financé par la TVA, hors le titre aurait été trop long et trop compliqué :

      Le revenu de base financé par la TVA : fausse bonne idée !

      Mon objectif était surtout de posé les bases d’une analyse sur la proposition la plus indécente pour le peuple et surtout d’essayer d’attirer l’attention des citoyens sur ce qu’est réellement le système social Français et le principe de solidarité nationale, qu’au final peut de gens connaissent vraiment. (les salariés moyens et aisés ayant l’impression de ne pas en bénéficier)

      Si je ne parle pas des autres hypothèses de financement c’est parce que les élus eux même par de le financer par l’augmentation de la TVA.

      Le site revenu de base.info ne fustige pas cette proposition mais fait même croire qu’elle serait possible et souhaitable


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 13 janvier 10:34

      @jpm

      « La Présidence » s’intéresse à toutes les variantes, du Revenu de Base au Dividende Universel, en vue de 2017, mais ne parvient pas encore à se faire sa religion car elle ignore si une large majorité de Français(es) est prête à voter favorablement à un référendum post élection présidentielle sur ce thème.
      N.B. :

      « La Présidence » ne dispose d’aucun sondage d’opinion sur ce thème ! ! !...
      Cela me semble irresponsable.


    • jpm jpm 13 janvier 10:35

      @Au fil des idées

      j´avais bien noté la restriction et je partage votre opinion sur l´indecence qu´il y aurait a partager entre tous l´argent du social... ce qui reviendrait a donner aux riches l´argent des pauvres.

      Malgré tout, j´aimerais bien savoir de quels elus vous parlez, car pour le moment je ne connais aucun projet officiel de revenu de base. Ce ne sont au mieux que des declarations d´intention...

      C´est vrai que cette idee de financement par la TVA est decrite entre autres dans le film allemand sur le revenu de base ce qui fait qu´elle est souvent reprise pour les nouveaux partisans du reveenu de base... mais je suis daccord qu´elle pose probablement plus de problemes qu´elle n´en resout dans la mesure ou la TVA n´est pas un impot redistributif.


    • Au fil des idées Au fil des idées 13 janvier 10:46

      @jpm
      Nous sommes d’accord, les élus en ont parlé mais aucune proposition n’est encore faite.

      Cependant le financement du revenu de base par la TVA est évoqué à quasiment à chaque fois que ce sujet apparait dans un médias quelqu’il soit, j’ai fait un commentaire plus bas avec 5 journaux en parlant tous, doù ma crainte et mon travail de pédagogie sur le sujet.


    • La mouche du coche La mouche du coche 13 janvier 18:15

      Depuis que le Revenu de Base a été accepté en Finlande, Agoravox reçoit depuis quelques jours une volée d’article le critiquant. On sent que les banques ont peur et envoient leurs séides écrirent des articles putassiers contre le revenu de base, c’est rigolo.


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 13 janvier 21:11

      @Au fil des idées
      Merci pour cet analyse chiffrée que j’attendais !
      Comment certains naïfs peuvent -ils croire que ce revenu s’ajouterait aux acquis sociaux ?


      C’est juste qu’ils n’ont pas compris ce que demande le MEDEF depuis 1945.
      Et qu’ils n’ont pas lu les décisions de la Commission européenne.

    • hervepasgrave ! hervepasgrave ! 13 janvier 21:56

      @jpm
      bonsoir si je digère bien tes propos, la sécurité sociale(santé,principalement ) serait conservé,c’est je le pense normal et légitime.Les droits acquis resteraient aussi.C’est très bien,voir même un plus pour tout le monde,une sorte d’augmentation des ressources.Cela tomberas aussi dans la poche des nanties (je dis cela sans préjugé)donc un plus pour vraiment tout le monde.Alors je ne peux qu’être d’accord.Tout le monde en paie d’ailleurs également le prix (tva) . Mais il faudrait déjà par avance penser a une indexation rigide pour éviter a terme un chaos.Car pour ma génération il y des droits et des acquis (travail) mais pour les générations futur,ils n’auront le cas échéant que cela pour survivre.Entendu que le monde vas vers la diminution du travail.
      Alors est-ce bien pensé,quel garde fou ?


    • jpm jpm 14 janvier 09:22

      @Fifi Brind_acier

      A propos de ce rapport, il est important de préciser qu´il se contente d´évoquer la possibilité de l´introduction d´un revenu de base et fait un rapide tour des différentes propositions et des différents arguments qui les sou tendent. Il reste donc encore du chemin a faire et des débats avant que les choses bougent. Ce ne serait pas la première fois qu´un rapport serait enterré. Malgré tout c´est une belle avancée pour les defenseurs du revenu de base... de voir que notre belle idée n´est plus consideree comme une douce utopie.

      Pour ceux qui seraient interressés par la lecture en ligne du Rapport du Conseil National du Numérique :

      http://www.cnnumerique.fr/wp-content/uploads/2015/11/Rapport-travail-version-finale.pdf
       
      Pages 64-69 pour les propositions sur le revenu de base


    • jpm jpm 14 janvier 09:31

      @hervepasgrave !

      Evidemment que la securite sociale, les services publics et les droits sociaux tels que la retraite doivent etre preserves. Sinon ce serait un marche de dupes.

      Personnellement je ne suis pas pour un financement du revenu de base par la TVA, car cette taxe frappe plus durement les petites gens qui consomment l´integralite de leurs revenus que les plus riches qui ont la possibilite d´epargner.

      Je pense au contraire que le financement d´un revenu de base doit passer par le partage d´une partie de l´ensemble des revenus... ce qui veut dire un prelevement obligatoire (de type CSG) sur l´ensemble des revenus, y compris bien sur les revenus du capital.

      Toutes choses etant egales par ailleurs, cela eviterait dans un premier temps le risque inflationiste de la creation monetaire ou de l´augmentation de la TVA. Par ailleurs, cela permettra aux generations futures de decider democratiquement quelle part des richesses produites seront redistribuees via le revenu de base.


    • Robert GIL Robert GIL 13 janvier 10:01

      Périodiquement, la proposition d’instaurer une allocation universelle revient à l’avant plan de l’actualité. Elle consiste à verser un revenu fixe et inconditionnel à toute personne en remplacement partiel ou complet des prestations sociales (revenu d’insertion RIS, allocations de chômage, pensions, allocations familiales, assurance maladie). L’octroi d’un tel revenu qui compte des partisans aussi bien à droite, dans les milieux ultralibéraux, qu’à gauche, dans les groupes alternatifs, serait une réponse à la crise de l’Etat providence. L’allocation universelle permettrait selon ses promoteurs de desserrer l’injonction à l’emploi qui pèse sur les chômeurs, de baisser le coût du travail, de créer de l’emploi et de rétablir la compétitivité, tout en autorisant des modes de vie alternatifs pour ceux qui le souhaitent...lire la suite


      • ukulele ukulele 13 janvier 22:55

        @Robert GIL
        Baisser le coût de travail, peut être dans un premier temps. Mais je pense que rapidement la tendance s’inverserait. Sauf évidement si le coût de la vie explosait, rendant ce revenu obligatoire pour survivre.


        • Au fil des idées Au fil des idées 13 janvier 10:40

          Précisions  :

          Pour ceux qui m’expliqueraient que personne ou presque ne parle du revenu de base financé par la TVA.

          Voici quelques articles et TOUS en parlent, non pas comme d’une idée rétrograde et dangereuse pour les plus pauvre mais comme faisant partie du champs des possibles :

          Le monde diplomatique
          Site Français du revenu de base
          La tribune
          Slate

          Bref la liste est longue, mais pratiquement à chaque fois que le revenu de base est évoqué, la TVA l’est aussi, c’est pour cette raison que j’ai fait cet article. smiley


          • jpm jpm 13 janvier 10:48

            @Au fil des idées

            effectivement l´sugmentation de la TVA est une piste avancée, comme la creation monetaire ou la taxe Tobin sur les transactions financieres... mais cela ne peut pas suffir à financer un revenu de base suffisant. Au mieux cela correspondrait a 100 ou 200 euros par mois. Dans tous les cas, cela doit passer par un partage transparent et equitable des richesses produites...

            Il ne faut donc pas jeter le bebe avec l´eau du bain... car le revenu de base peut devenir une formidable avancée sociale... si on prend garde à ce que son financement reste profitable au plus grand nombre.


          • Au fil des idées Au fil des idées 13 janvier 11:04

            @jpm
            Exact nous sommes d’accord !

            C’est d’ailleurs ce que je dis dans l’article, que les pistes de réflexions sont nombreuses et méritent d’être abordées smiley


          • jpm jpm 13 janvier 11:19

            @Au fil des idées

            Effectivement les propositions de revenu de base et de financement sont nombreuses et variées... et je pense que chacune presente des avantages mais aussi des inconvenients smiley

            Du coup, votre lien precedent sur le colloque sur le revenu de base du 19 mai dernier au Sénat m´a permit de mieux cerner la proposition de Jean-Eric Hyafil basée sur la taxe sur la consommation. Interessante, mais probablement trop technique et pas assez transparente.

            Entres autres, il propose la suppression des politiques d´aide a l´emploi et fait l´hypothese que le revenu de base serait versé comme une premiere tranche de salaire... ce qui est loin d´etre evident á mettre en place. Par ailleurs il n´explique pas comment augmenter les recettes de TVA de 40%, et notamment quels seraient les nouveaux taux.

            Par contre, les propositions de Baptyste Mylondo ou Marc de Basquiat me semblaient plus claires et aller davantage dans le sens de la redistribution des revenus.

            Il est donc important de continuer d´expliquer ce qu´est le revenu de base inconditionnel mais aussi de veiller a ce qu´il reste une avancee sociale.


          • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 13 janvier 21:18

            @jpm
            « un partage transparent et équitables des richesses produites » Vous vivez sur quelle planète ?
            C’est le cas du modèle social français issu du CNR, qui redistribue 50% de la richesse produite.


            C’est bien ce que reprochent tous les « mondialistes européens » au système français !!
            Soit disant « pour augmenter la compétitivité des entreprises », ce qu’ils veulent c’est la privatisation de la Sécurité sociale et des services publics, la fin du droit du travail qui évite en France les salaires à 1 euro de l’heure, la fin des aides sociales etc .

          • jpm jpm 14 janvier 09:40

            @Fifi Brind_acier

            je vis sur la planète Terre et je crois qu´avec un peu de bonne volonté, de la pédagogie et surtout davantage de transparence, on peut arriver à un meilleur partage des richesses et davantage de liberté pour les citoyens.

            Encore une fois je ne remet pas en cause le modèle social français issu du CNR concu à une epoque ou il y avait du travail pour tout le monde, mais je propose de le completer, pour permettre un partage equitable des resources et a chacun de vivre sa vie comme il l´entend. qu´il fasse partie ou pas du monde des travailleurs.

            Evidemment, cela ne plaira pas à la minorité qui cherche à dominer le monde... mais nous ne sommes pas obligés de les laisser faire, que ce soit en France, en Europe ou n´importe ou ailleurs sur cette planète.


          • JL JL 13 janvier 10:42

            Très bon article, et qui apporte un regard nouveau sur ce sujet cent fois débattu ici.


            Je n’ai moi-même jamais cessé de dénoncer ce miroir aux alouettes aux effets pervers hautement prévisibles.

            François Mitterrand disait : contre le chômage, nous avons tout essayé. J’avais répondu, mais bien sûr personne n’avait entendu : non, on n’a essayé que ce qui ne marche pas.

            C’est quoi, ce qui ne marche pas ? C’est ce qui consiste à tout changer afin que rien ne change. Dit autrement, ça consiste à ne faire que ce qui a l’aval du Médef. Les dirigeants politiques sont fiers d’eux, les patrons sont satisfaits, et les actionnaires s’en lavent les mains.

            Le revenu de base est de cette eau là.



            • Au fil des idées Au fil des idées 13 janvier 11:07

              @JL
              Après beaucoup de pistes sont envisagées et peuvent être intéressantes, je ne parle que d’un sujet dans cet article, le revenu de base payé par la tva et lié à la suppression de toutes les aides.

              Pour le reste j’attends de voir les propositions concrètes pour financer une mesure de 600milliards smiley


            • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 13 janvier 11:16

              @JL
              « non, on n’a essayé que ce qui ne marche pas. »


              Selon vous, qu’est-ce qui pourrait marcher pour en finir avec le chômage ?


            • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 13 janvier 11:17

              @Au fil des idées
              « propositions concrètes pour financer une mesure de 600milliards  »


              Mesure correspondant à quoi ?


            • JL JL 13 janvier 11:51

              @Jean-Pierre Llabrés,


              Combien de fois n’a-t-on pas entendu dire que les patrons font des semaines de 60 heures et plus par semaines, et qu’en conséquence, les salariés pouvaient bien en faire 40.

              Ce qu’on ne dit pas, c’est qu’un artisan ou un patron, fait toutes ces heures pour lui. Dans le même ordre d’idée, les salariés ont également des semaines aussi chargées, si on additionne leurs temps de travail salarié et personnel.
               
              Ceci posé, on observe que les salariés sont surchargés cependant que les chômeurs ne demandent qu’à les soulager.
               
              Je dis que le temps de travail salarié doit être la variable d’ajustement du taux de chômage, et corrélé avec lui : plus le taux de chômage augmente, plus le temps de travail salarié doit diminuer. (*)
               
              Avec un bémol : le travail au noir des salariés artisans doit être solidement encadré, afin qu’ils ne puissent pas faire une concurrence déloyale à leurs employeurs : cette éventuelle concurrence me parait être le principal obstacle à la réduction du temps de travail salarié.

              (*) Du point de vue pratique, on pourrait instaurer un système incitatif à l’embauche lié à cette durée de temps de travail variable, par exemple, une surtaxe des charges de l’entreprise liées aux heures supplémentaires : le contraire donc, de ce que disait Sarkozy avec son travailler plus pour gagner plus, formule que j’avais dénoncée ici en son temps dans mon article 35 heures et heures sup’.

            • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 13 janvier 12:01

              @JL
              « Dans le même ordre d’idée, les salariés ont également des semaines aussi chargées, si on additionne leurs temps de travail salarié et personnel. »


              Qu’est le temps de travail personnel d’un salarié ?


            • Au fil des idées Au fil des idées 13 janvier 14:36

              @Jean-Pierre Llabrés
              Voir le calcul dans l’article smiley


            • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 13 janvier 14:50

              @Au fil des idées

              Désolé, je dois être bigleux ou cela doit me crever les yeux, mais je ne trouve pas ces « 600 milliards » dans votre texte.
              Merci de me l’expliciter.


            • rocla+ rocla+ 13 janvier 21:30

              @Jean-Pierre Llabrés


              Détruire les syndicats 

              Le code du travail 

              ce serait un bon début pour faire marcher une entreprise 

            • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 13 janvier 21:32

              @Jean-Pierre Llabrès,

              Il n’existe aucune solution pour le peuple, tant que nous resterons dans l’ UE et dans l’euro.
              Toute cette usine à gaz n’a été construite que pour le profit des multinationales, dont TAFTA sera le gâteau sur la cerise. Et pas pour créer des emplois, ni protéger les entreprises, ni préserver le modèle social que nos anciens ont mis un siècle à construire.


              Avant Maastricht, la France avait 1/2 million de chômeurs et pas 5 ou 6, ou 10, on ne sait même plus tant il y en a, elle avait une agriculture et une industrie prospères.

              La France en1992 était au 2e rang mondial de l’ IDH, l’ Indice de Développement Humain.
              En 2015, elle est passée au 22 e rang !

            • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 20 janvier 11:28
              Jean-Pierre Llabrés 13 janvier 12:01

              @JL
              « Dans le même ordre d’idée, les salariés ont également des semaines aussi chargées, si on additionne leurs temps de travail salarié et personnel. »

              Qu’est le « temps de travail personnel » d’un salarié ?
              =========================================JL (---.---.---.194) 20 janvier 09:47

              @Jean-Pierre Llabrés,les journées ne font que 24 heures, pour un patron comme pour un employé. Chacun est libre d’employer son temps comme il veut. Ce que vous faites de vôtre temps ne me regarde pas ; ce que je fais du mien ne vous regarde pas.Je dis que c’est une hérésie de comparer le temps d’un patron et le temps de son salarié, temps consacrés tous deux au même objectif : le chiffre d’affaire, donc le profit du patron.
              ============
              Jean-Pierre Llabrés : Allez comprendre ! ! !...


            • ZenZoe ZenZoe 13 janvier 11:12

              On ne peut pas dire à priori si l’idée est bonne ou mauvaise sans définir avant comment le RU sera financé, quel en sera le montant et quels autres revenus seront supprimés.
              Moi j’y vois surtout d’emblée 3 avantages énormes pourtant :
              - un traitement administratif ultra simple et donc infiniment moins coûteux,
              - plus de stigmatisation méprisante des allocataires, puisqu’on le sera tous,
              - plus d’angoisse du lendemain, puisque l’allocation sera versée à tous et à vie.
              Il sera intéressant de suivre le projet pilote finlandais pour voir ce qu’il en ressort. Peut-etre une autre conception de la vie, moins basée sur la valeur marchande des biens matériels et des gens. Si c’est ça, je prends sans hésiter.


              • JL JL 13 janvier 13:01

                @Zenzoé,


                encore faudrait-il que ce revenu de base soit déclaré insaisissable.

              • jpm jpm 13 janvier 13:17

                @JL

                dans la charte du mouvement francais pour le revenu de base il est clairement mentionne que le revenu de base est inalienable et donc insaisissable.

                “Le revenu de base est un droit inaliénable, inconditionnel, cumulable avec d’autres revenus, distribué par une communauté politique à tous ses membres, de la naissance à la mort, sur base individuelle, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie, dont le montant et le financement sont ajustés démocratiquement. »


              • JL JL 13 janvier 13:46

                @jpm,


                merci pour cette précision.

              • jpm jpm 13 janvier 14:51

                @JL

                cela aura l´immence avantage d´eviter que les societes de credit captent cette allocation... et privent les allocataires (imprudents) de leur droit legitime droit a la subsistence.

                Du coup, seuls les revenus du travail ou du capital pourraient potentiellement servir a rembourser une dette ou payer une pension compensatrice. Notons dailleurs au passage que le revenu de base etant une allocation individuelle... en cas de separation, chaque membre du foyer repart avec son propre revenu de base, gage d´autonomie pour le conjoint le plus faible economiquement.


              • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 13 janvier 21:39

                @ZenZoe
                Vous n’avez pas compris qu’avec l’allocation vous devrez payer TOUT : le logement sans APL, la mutuelle privée sans la Sécu, les écoles qui seront privatisées etc


                Vous croyez que Gattaz est le Père Noël, alors ?
                Voilà ce que dit Gattaz : « Notre modèle social a vécu »

                «  Dessin de Gattaz »Contentez-vous de peu, car vous n’aurez guère plus "

              • foufouille foufouille 13 janvier 11:57

                c’est la version très libérale. les aides sont conditionnés à des tas de paperasses, des erreurs involontaires et volontaires. ainsi que l’obligation de lèches culs.
                « Possibilité d’aides personnalisées pour pallier les « coups durs » (panne de voiture, difficultés de loyer…). »
                c’est très rare et à la tête du client. le tarif social énergie est réservé à EDF, GDF et celui de orange ne sert plus à rien depuis la freebox only de free.


                • Au fil des idées Au fil des idées 13 janvier 12:27

                  @foufouille

                  Lèches-culs n’est en rien un définition juridique dans notre pays ! Le fait est que si vous êtes dans la situation d’y avoir droit, vous y avez droit, encore faut-il faire les démarches et connaitre les différentes aides. Et il est vrai que les formulaires sont difficiles à remplir, mais c’est pour ca qu’on a inventé les écrivains publics et assistante sociale !

                  En revanche, il est vrai que faire ses demandes en début d’année quand les budgets sont au top est de meilleures hospices... (comme pour les financements de permis)

                  Sinon le tarif réglementé c’est pour GDF et EDF mais je connais nombre de personne qui en bénéficient et qui sont bien contents de pourvoir chauffer leurs foyers l’hiver !

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