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Accueil du site > Actualités > Société > Viol : à quand un changement des mentalités ?

Viol : à quand un changement des mentalités ?

Une femme sur cinq sera victime de viol ou de tentative de viol au cours de sa vie (OMS, 1997). En France, 4 800 femmes sont violées chaque année, selon l’ENVEFF (Enquête Nationale sur les Violences Faites aux Femmes, 2000, menée sur les femmes de 20 à 59 ans). Ce chiffre serait estimé en réalité à environ 50 000, pour diverses raisons, notamment le silence des victimes. ( Chiennes de garde ) Mais quelles sont les vraies raisons de ce silence ?

D’après le site SOS Femmes : " Le violeur n’est très majoritairement ni étranger, ni célibataire (vivant seul), ni asocial, ni impulsif. Dans la plupart des cas, il est parfaitement intégré à la société, marié (ou vivant maritalement) avec des enfants." De plus, "Les études montrent que la plupart des agressions sont préméditées, une réalité qui vient invalider le fait que le viol correspondrait à une ’pulsion irrépressible et incontrôlable’." Enfin, "dans 74 % des cas, la victime connaît ou connaissait son agresseur". C’est à dire que l’identité est connue, et que le violeur fait souvent partie l’entourage de la victime.

Les violeurs sont donc des personnes "normales", intégrées et parfois ancrées dans la société par un emploi stable, un mariage, une famille, etc. Ce ne sont donc pas, pour la grande majorité, des baroudeurs du crime, impossibles à attraper. Deuxièmement, les trois quarts du temps, la victime connaît son violeur. Ces deux éléments devraient donc permettre une condamnation aisée du criminel. D’autant plus que la notion de "pulsion irrépressible et incontrôlable" comme nous l’avons vu est de plus en plus rejetée.

Or, en France seulement 2% des viols sont suivis d’une condamnation !

Ce chiffre est petit au vu des quelques 50 000 femmes estimées être violées chaque année en France. Même par rapport au nombre de l’ENVEFF (nombre de femmes violées l’ayant déclaré), cela ne fait qu’un tiers environ.

Ce chiffre est également petit au vu du taux de meurtres suivis d’une condamnation qui est, lui, de 50%. En effet, 1 meurtrier sur 2 est condamné, contre seulement 1 violeur sur 50 !

Est-il utile de rappeler qu’un viol est souvent considéré comme une petite mort pour la victime, dont l’intimité a été brisée de manière violente et brutale, que les conséquences psychologiques peuvent être extrêmement néfastes. Au vu de la gravité de cet acte de barbarie, et du nombre inquiétant de violeurs sévissant en toute impunité dans ce pays (et ailleurs dans le monde...), il est légitime de se poser ces questions :

·  Pourquoi, même lorsque la victime porte plainte, la condamnation est-elle si rare ?

·  Est-on réellement impuissant face au comportement d’un violeur ? Ne peut-on ni le prévenir ni le guérir ?

·  Est-ce normal qu’une victime aie honte à ce point après un viol, ou y a-t-il encore des tabous à briser dans cette société, des stéréotypes à faire tomber ?

·  Enfin, à quoi rime donc le silence des médias et des instances éducatives à ce sujet ?

 

Un sentiment de honte et/ou de culpabilité chez la victime sont fréquents et considérés comme normaux par les psychologues. Ce sont ces sentiments qui, dans la plupart des cas, font que la victime se replie sur elle-même, en gardant le secret de son agression. Il faut noter que ce comportement est dangereux pour la personne, qui s’impose alors un très lourd fardeau. Ceci est d’autant plus vrai pour les mineurs et les victimes de pédophilie. Dans de nombreux cas, le temps que met la victime de pédophilie à trouver la force de parler est si long que le délai laissé par la justice pour pouvoir condamner le coupable est dépassé. De plus, il peut être difficile de prouver matériellement qu’un viol a eu lieu, à moins que la victime subisse immédiatement des examens médicaux, et si elle ne lave pas les vêtements ou les draps souillés. La plupart du temps les victimes ne parlent pas, et quand elles le font, ces preuves n’existent plus.

Le silence est donc un élément important de ce problème. Or, celui-ci est-il purement psychologique ? Ne dépend-il pas de facteurs d’influence externes, de même que le jugement du viol par l’entourage d’une part, par la justice d’autre part, et par la société en général ?

Pour commencer, de trop nombreux clichés et stéréotypes concernant le viol sont encore d’actualité. On a l’image des femmes qui fantasment sur le viol, ou encore les remarques du type « T’as vue comment elle était habillée aussi ! ». Ou encore : « Les viols et les tournantes ne se passent pas par moins 30° mais surtout quand il fait chaud et quand un certain nombre de petites jeunes filles ont pu laisser croire des choses. » (Eric Raoult, député-maire de Raincy). En effet, certaines personnes pensent que le monde est juste et que tout ce qui nous arrive, nous arrive pour une raison. La victime l’a donc certainement mérité, car elle avait une attitude extravertie par exemple, elle flirtait avec le violeur. C’est une manière de se déculpabiliser, et de se rassurer en se disant que si l’on se comporte comme il faut, cela ne nous arrivera jamais. Cela est faux, archi-faux. Typiquement, les violeurs ne choisissent pas leur victime pour leur apparence physique (beauté naturelle, maquillage, vêtements, etc). Il faut tout de même savoir qu’en Suède, lors des procès, les questions relevant du comportement de la victime et la manière dont elle était habillée avant le viol sont des questions de routine ! Après de vives contestations de la part du public et de la presse, les lois ont quelque peu changé, mais pas tant que ça, pas sur le fond.

D’un point de vue historique, comment notre autorité peut-elle condamner ce que font les « défenseurs de notre sécurité » depuis des siècles ? Les viols de guerre sont monnaie courante, aujourd’hui encore, partout dans le monde, et sont utilisés pour saper le moral de l’ennemi. Il y a évidemment des cas en Irak (Abu Ghraib), en Afrique, malheureusement, les victimes se comptent par millions... Pendant la Seconde Guerre Mondiale, Allemands, Alliés et Japonais se sont prêtés au jeu. Le nombre d’allemandes violées par l’armée russe est estimé à plus d’un million, et de nombreuses plaintes ont été portées contre les soldats américains par les femmes françaises (lire l’article sur Wikipedia).

En effet, au niveau institutionnel, il aura fallu attendre l’année 1980 pour que la loi française apporte enfin une définition précise du viol, crime passible de 15 ans de réclusion criminelle, et 1992 ( !) pour reconnaître le viol conjugal. Question naïve, pourquoi avoir attendu aussi longtemps ? Ce genre d’hésitations à définir le viol et à le définir comme un acte hautement répréhensible peut-il avoir des conséquences ? D’autre part, les législations sont très différentes d’un pays à un autre. Ce qui n’est pas exceptionnel au vu des différences culturelles, religieuses, etc... Mais pour des crimes comme l’homicide et le viol, il est clair qu’aucune tradition ne peut les tolérer. De plus, il existe des différences même entre pays proches au niveau culturel. Nous avons vu le cas de la Suède. En Angleterre, jusqu’en 2005, si l’auteur du viol croyait réellement que la victime était consentante, même si cela était déraisonnable de le penser, il pouvait s’en servir pour se défendre. Depuis, la loi a été modifiée, et le violeur doit prouver que la conviction qu’il avait que la victime était consentante était à la fois authentique et raisonnable.

La loi française, à cet égard, englobe un grand nombre de situations de violence sexuelle dans sa définition du viol, ce qui est un point positif : « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol. » En revanche, la peine maximale de 15 ans de réclusion, ou 20 ans avec circonstances aggravantes, n’est jamais atteinte, et le violeur est relâché en général après avoir purgé la moitié de sa peine. Les raisons concrètes données à cette non-condamnation / faible condamnation des violeurs sont évidemment le manque de moyens et de financements. Les asiles psychiatriques ont besoin d’argent et ne sont pas assez nombreux, manquent de personnel. Les prisons sont débordées depuis bien longtemps, ce qui pose d’énormes problèmes. D’ailleurs, que penser du manque d’optimisme des professionnels concernant les violeurs, qu’ils affirment ne pas pouvoir soigner, et dont ils ne peuvent empêcher la récidive ? Mais ces problèmes sont-ils réellement sans remèdes ?

Bien évidemment, il existe aussi des solutions alternatives, voire radicales, à mettre en oeuvre, le préservatif féminin « qui mord » (Afrique du Sud), la stérilisation chimique (pratiquée dans certains états des Etats-Unis, de manière controversée, en échange d’une réduction de peine) ou la castration (pourquoi pas ?). Enfin, on pourrait même penser à l’augmentation de la peine maximale, ou, au moins, l’application des 15 ans de réclusion, plutôt que la moitié seulement en moyenne. Ces alternatives peuvent paraître choquantes, mais le sont-elles plus que le crime lui-même ? Sont-elles plus choquantes que le silence, l’espèce de fausse gêne et l’acceptation générale dont fait preuve la société aujourd’hui ?

Il existe bien sûr d’autres moyens à notre disposition, apportant une réponse plus modérée cette fois. Tout d’abord, des recherches peuvent être faites afin d’étudier le comportement des violeurs. Cela servirait à mieux prévenir ce genre de crimes, et à trouver une réponse plus appropriée aux niveaux à la fois judiciaire et sanitaire. Des recherches ont été entamées aux Etats Unis (RAINN , SVRI), mais on en entend très peu parler en France. Ensuite, on peut penser à une réelle information du public à ce sujet, afin que ce dernier se rende effectivement compte de l’ampleur du phénomène et de la manière dont on peut se défendre après une agression. Cela va s’en dire, cette information servirait également à briser un certain nombre de préjugés, que nous avons vus plus haut, liés à ce sujet encore tabou.

Enfin, sur le long terme, pourquoi ne reviendrions-nous pas à un cadre de vie plus sain ? Une société qui ne subirait plus le même matraquage sexuel et pornographique, que ce soit à la télévision, dans les publicités, sur les affiches dans la rue... Une société qui ne confond pas acte sexuel avec réussite sociale, ou domination, ou encore puissance... Une société qui prend soin de ses marginaux, plutôt que de les laisser errer toute leur vie, une société qui n’est plus capable d’accepter des comportements de violeurs... A quand un changement des mentalités ?


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161 réactions à cet article    


  • Hakim I. (---.---.29.92) 28 juillet 2006 11:22

    « Enfin, sur le long terme, pourquoi ne reviendrions-nous pas à un cadre de vie plus sain ? Une société qui ne subirait plus le même matraquage sexuel et pornographique, que ce soit à la télévision, dans les publicités, sur les affiches dans la rue... »

    Merci...


    • Thomas (---.---.153.54) 28 juillet 2006 12:12

      Je pense tout a fait comme toi


    • argg (---.---.0.43) 28 juillet 2006 12:17

      moi je veux bien mais cela changerait-il les choses ? ce n’est pas une provocation mais une réelle question. j’en doute sincèrement...

      y a t’il moins de viols ou de meurtres dans les sociétés moins permissive ?

      je pense aussi que l’éducation denos garçons doit être revu largement... quand j’entends des parents dire de leur petit lapin de 4 ans qui vient de décrocher une mandale à un camarade « ah ben oui c’est ça les garçons ! », ça veut dire qu’on légitime l’emploi de la force pour obtenir quelque chose ! je pense qu’on a un problème pour élever nos enfants et notament nos garçons !


    • /|| :||\ (---.---.77.131) 28 juillet 2006 12:33

      Etre élevé dans le respect de soi pour respecter les autres. Quand toute la société est basée sur des rapports de force dont la plus vile est celle de l’argent, nous sommes toujours le faible de quelqu’un.

      Il n’y a plus beaucoup de rapports sains entre les gens, les uns et les autres se positionnant toujours selon un critère ou un autre. Quand cette société privilégiera l’individu et non plus la réussite, nous aurons un retour de l’estime de soi et donc moins de comportements associaux.

      D’un autre coté je ne pense pas que le nombre de viol soit plus élevé actuellement mais plutot que nous sommes beaucoup plus nombreux à tenter de cohabiter ensemble.Nous en parlons plus aussi tout simplement.


    • (---.---.218.164) 28 juillet 2006 12:33

      Article intéressant mais plusieurs points me dérangent :

      Tout d’abord vos chiffres, pouvez vous donner le nombre d’inculpations/condamnations que vous utilisez pour calculer vos 2% ? Parce qu’en 2000, année de l’étude ENVEFF, il y a eu déjà 8458 plaintes déposées pour viol, ce qui ferait déjà 7% en se basant sur les chiffres de Chiennes de garde.

      Ensuite dire qu’un violeur est beaucoup moins condamné qu’un meurtrier, c’est évident vu la difficulté d’établir des preuves dans ce type d’affaires (plaintes portées des années après l’acte, alors que les preuves (sperme et marques de violence) ne subsistent que quelques heures à quelques jours). Ou alors vous trouvez normal de condamner sans preuve ?

      Ces difficultés sont une des conséquences du fait que la victime se sente coupable, pour la même raison qu’elle ne porte pas plainte le plus souvent. Cela tient plus à la nécessité de changer la vision du viol par la société. Ainsi une amie violée à l’age de 12 ans par son oncle de 35 ans s’est vue accusée par sa famille lors du dépôt de plainte de l’avoir cherché en « allumant » son oncle (à 12 ans !). Il est temps que les personnes violées acceptent le fait qu’elles sont uniquement des victimes de crimes comme pour n’importe quelle agression et qu’elles doivent aussitôt porter plainte.

      Pour ce qui concerne les moyens de lutte proposés, le préservatif à crochets ne protège pas la victime, il permet éventuellement de retrouver plus vite le coupable s’il ne trouve pas un médecin complaisant (avec de l’argent...). En afrique du sud, cela n’a rien changé au nombre de viols. La castration physique est à placer au même niveau que la peine de mort car on accepte l’idée que la personne condamnée ne peut changer.


      • B. R. B. R. 28 juillet 2006 13:04

        Bonjour,

        Voici ma source pour les 2% : Chiennes de Garde

        Il est vrai que ce chiffre n’est pas fiable à 100% car il est très difficile d’estimer le nombre de viols. Cependant, même avec 7%, on reste dans le même ordre de grandeur je pense.

        Je ne nie pas non plus la difficulté de condamner un violeur, au niveau de la justice. Mais, cela peut se faire sans preuve, grâce à des témoins, et grâce à la confrontation entre le coupable et la victime. En effet, cela me semble difficile pour les deux partis de jouer la comédie dans ce moment-là, même si il est vrai, je n’ai pas vraiment d’expérience en la matière, et ne suis peut-être pas assez renseigné sur ce sujet précis.

        Quoi qu’il en soit, la justice n’est pas totalement responsable à mes yeux de cette faible condamnation, mais l’est en partie. Après, je suis tout à fait d’accord avec vous, le plus gros problème c’est le silence de la victime. C’est d’ailleurs ce que je tente de montrer dans cet article. Car à mes yeux, ce silence n’est pas normal, et est une conséquence de certaines mentalités subsistant malheureusement encore dans notre société.

        Enfin, je ne cautionne pas forcément le préservatif à crochet smiley. La castration physique est un débat délicat je pense. Condamner ainsi quelqu’un à sa première « betise » est sans doute déraisonnable, mais un multi-récidiviste... Surtout que j’ai discuté avec des professionnels de la justice, et des psychologues, qui m’ont tous dit que ce genre de comportement ne pouvait pas être supprimé chez un individu. Un violeur restera toujours un violeur...


      • claude (---.---.137.18) 28 juillet 2006 14:59

        «  » Enfin, je ne cautionne pas forcément le préservatif à crochet smiley. La castration physique est un débat délicat je pense. Condamner ainsi quelqu’un à sa première « betise » est sans doute déraisonnable, mais un multi-récidiviste... Surtout que j’ai discuté avec des professionnels de la justice, et des psychologues, qui m’ont tous dit que ce genre de comportement ne pouvait pas être supprimé chez un individu. Un violeur restera toujours un violeur... «  »

        la castration physique :

        je suis loin d’être expert dans ce domaine mais il me semble que si cette sanction existait beaucoup de violeurs occasionnels réfléchiraient avant de passer à l’acte.

        quelque part la peine de mort pouvait passer pour moins grave car une fois éxécuté le criminel disparaissait alors que la castration condamnerait un individu à vivre sans la possibilité de pouvoir recommencer, encore une fois je parle pour les violeurs occasionnels, de ceux qui regardant un peu trop de films pornos, à force de se laver le cerveau aux jus de saloperies finissent par croire que tous les fantasmes sont à mettre en oeuvre.

        Autre problème mis en évidence : le sentiment erroné de culpabilité des victimes, problématique de société qui a besoin d’être profondément remise en question dans l’inconscient collectif car elle trouve sa source dans l’évidence non fondée mais acquise que toute victime d’un viol l’a perversement voulu.

        Une femme que je connais bien, victime d’attouchements pédophiles vers l’âge de six-sept ans par un voisin s’est vue toute son enfance et son adolescence et jusqu’à ce qu’elle quitte sa famille, traiter de « putain », « garce » et « salope » par sa propre mère ; quand ce sont les familles qui musèlent les victimes, leurs enfants au lieu de les protéger ou de les défendre il est bien évident qu’il y a là un immense travail à faire...

        Seulement ensuite, fortes d’un soutien inconditionnel les victimes cesseront d’être condamnées à la double peine : celle de l’agression et celle du silence et du déni de justice.

        les violeurs récidivistes devraient être tatoués sur la joue d’une marque distinctive qui les signaleraient à l’attention du public ; certains crieront au scandale mais le scandale c’est que les criminels ont beaucoup plus de voix pour défendre leurs droits que les victimes et c’est là l’aberration de notre société ;

        enfin, tout comme les paquets de cigarettes portent des inscriptions informant de la dangerosité du tabac, pourquoi ne pas légalement instaurer en début et fin de visionage de tous les films pornos la mention obligatoire à peine de se voir refuser l’autorisation de diffusion, que la concrétisation « abusive » des images de violences sexuelles mises en scènes exposerait le ou les auteurs à des sanctions pénales ?


      • B. R. B. R. 28 juillet 2006 15:23

        « les violeurs récidivistes devraient être tatoués sur la joue d’une marque distinctive qui les signaleraient à l’attention du public ; certains crieront au scandale mais le scandale c’est que les criminels ont beaucoup plus de voix pour défendre leurs droits que les victimes et c’est là l’aberration de notre société ; »

        Tout à fait d’accord. Malheureusement, difficile de parler de mesures décisives envers les criminels sans être taxé de facho, ou de sécuritaire. Pourtant, je ne voterai jamais Sarko smiley

        Pour les pornos, il est vrai que l’acte sexuel est complètement détourné, et dénué de tout sens, ce qui peut se révéler psychologiquement explosif pour quelqu’un qui n’a pas la bonne éducation.

        Je pense malgré tout que le phénomène porno n’est que l’explicitation d’un phénomène plus général. L’acte sexuel nous est montré comme un plaisir facile et rapide, une réussite sociale, une démonstration de puissance, de masculinité... Pas besoin de voir un porno, on est entouré de messages subliminaux, dans les pubs, dans la musique, dans les films... C’est l’abondance de ces messages implicites qui est inquiétant, à mon sens.


      • claude (---.---.137.18) 28 juillet 2006 15:33

        pour ce qui concerne aussi tous les messages « indirects » véhiculés par les pubs pourquoi aucune commission de psychologues ne peut prendre les choses en main et avoir un droit de regard avant les diffusions ?


      • ka (---.---.30.12) 28 juillet 2006 15:38

        Tout à fait d’accord avec vous Claude pour le tatouage et les mises en garde dans les films pornos.

        C’est vrai qu’il est difficile de parler du viol pour diverses raisons car ça reste malgré l’évolution de la société un sujet tabou et les victimes sont doublement victimes et même si les traces de l’abus physique disparaîssent avec le temps les sequelles psychologiques restent à vie. Et c’est bien sûr injuste de reprocher quoique se soit aux victimes. Même si une femme qui sort avec un homme avec l’intention de plaire à cet homme s’habille de façon provocante elle n’est pas obligée de subir une violation de son corps sous prétexte que sa tenue provoque le désir. Quand quelqu’un dit non, c’est non. Et les violeurs utilisent d’ailleurs dans leur chantage psychologique sur la victime ce sentiment de culpabilité que ressentent certaines femmes après un viol comme pour les femmes battues. Et quand l’entourage reproche à la victime tel ou tel comportement cela renforce ce sentiment de culpabilité déjà mis en place par le violeur et la victime du viol se sent encore une fois trahie et cela ne l’aide pas à vouloir renoncer à ce sentiment et à commencer son combat contre le violeur et contre ce mal être qui même s’il ne disparaît pas peut être atténué avec le soutien des proches et la sanction significative du violeur pour le préjudice subi.


      • B. R. B. R. 28 juillet 2006 15:47

        Qu’est-ce qui est le plus difficile, changer la logique marchande qui veut emmener les consommateurs à consommer, par le « cul », ou bien changer l’éducation des gens pour qu’ils soient plus à mêmes de prendre leurs distances par rapport à ces méthodes ?


      • Ratatouille 1er (---.---.194.249) 28 juillet 2006 15:53

        Dans l’exemple que vous donnez, la mère n’est-elle pas tout aussi responsable des dommages psychiques subis par la victime que le violeur lui-même ? C’est peut-être un peu extrème comme réaction, mais à la lecture de l’histoire, c’est elle que j’aurais envie de foutre en tôle.

        Au total, le crime des « bonnes gens » qui enfoncent encore la victime après les faits me semble encore plus abject que celui du violeur, parce qu’il va encore plus loin dans l’immondice en toute bonne conscience, par rapport à laquelle le « elle était consentante » le plus dégueulasse du violeur devient un mensonge presque superficiel.

        Ca laisserait penser que c’est surtout d’un changement de mentalités qu’on aurait besoin, la répression étant bien entendu nécessaire, mais presque secondaire par rapport au problème de la complicité de fait de la société avec le violeur.


      • Ratatouille 1er (---.---.194.249) 28 juillet 2006 16:00

        Qu’est-ce qui est le plus difficile, changer la logique marchande qui veut emmener les consommateurs à consommer, par le « cul », ou bien changer l’éducation des gens pour qu’ils soient plus à mêmes de prendre leurs distances par rapport à ces méthodes ?

        A mon humble avis, le deuxième est plus difficile, mais le premier ne marche pas. Dans les sociétés où règne l’ordre moral et la censure de tout ce qui est érotique ou pornographique, les viols sont, à ce que j’en sais, au moins aussi nombreux. Changer l’éducation des gens, ce n’est pas moins que viser un niveau de maturité supérieur de la population, ce qui est ambitieux, mais par contre marcherait certainement.


      • ka (---.---.30.12) 28 juillet 2006 16:03

        « Qu’est-ce qui est le plus difficile, changer la logique marchande qui veut emmener les consommateurs à consommer, par le »cul« , ou bien changer l’éducation des gens pour qu’ils soient plus à mêmes de prendre leurs distances par rapport à ces méthodes ? »

        Moi je dirais que le plus difficile c’est changer la logique marchande.Question de pognon. C’est un peu comme la téléréalité c’est une dérive de la société mais en même temps c’est ce que recherche cette société et elle ne la rejette pas dans sa grande majorité. Si ça marche c’est que ça plait et si ça plaît on se fait du fric , avec ce fric on peut davantage en mettre plein la vue et donc persuader les gens que c’est bon pour eux, et créer un besoin qu’ils n’avaient pas avant. Et cette lobotomisation vicieuse ne profite bien sûr qu’à ceux qui la créent. Pour l’éducation c’est un vaste chantier, il n’y a pas de recette miracle et même avec une bonne éducation ? On est pas sûr du devenir des individus.


      • B. R. B. R. 28 juillet 2006 16:18

        Bien sûr qu’avec l’éducation on n’est pas sûr de l’avenir des individus. Mais je ne pense pas qu’on naisse avec un certain nombre de concepts, bien établis, comme ce que l’on doit faire et ne pas faire. Lorsque l’éducation parentale est faible, et que notre seule éducation vient des copains/copines, télé, films, etc, cela devient dangereux. Toutes les conneries du monde peuvent s’installer dans la tête des gens simples / instables / manipulables.

        Il faut bien sûr éduquer les gens, leur dire qu’un violeur est un criminel, et que la victime n’est pas coupable. Sans cette éducation, les gens ne s’inquiéteront ni du destin du violeur, ni de celui de la victime (comme le cas de la mère de famille, citée plus haut).

        Cette éducation est possible, j’en suis convaincu. Encore faudrait-il que les personnes ayant le pouvoir de l’instaurer à un niveau national soient eux-mêmes convaincus de la nécessité d’une telle démarche.


      • claude (---.---.137.18) 28 juillet 2006 16:48

        la femme dont j’ai parlé a coupé les ponts avec cette mère

        juridiquement elle ne peut pas porter plainte, il n’y a pas de délit de « dérapage éducatif »


      • ka (---.---.30.12) 28 juillet 2006 16:59

        C’est évident pour nous qui n’avons pas subi de viol, de distinguer le coupable de la victime mais je crois que pour la victime le sentiment de culpabilité et de colère envers elle-même est inévitable. Le fait d’avoir été violée peut être perçu comme une faiblesse de son corps, de sa personne et c’est là que réside la vraie douleur de la victime au delà de l’abus physique. Etant donné que le viol est considéré dans tous les cas comme injuste, contrairement à l’homicide qui peut être un acte de légitime défense ou un accident, pour le viol il faut trouver une explication à ce geste, alors là naît le sentiment de culpabilité car on ne peut pas expliquer les raisons du violeur.

        Donc on peut éduquer les personnes pour leur éviter de devenir des futurs violeurs mais on ne peut pas éviter à une future victime de se sentir coupable et prévenir ainsi cette souffrance psychologique que ressent la victime. Mais c’est sûr que si les gens prenaient la peine de comprendre ce que peut ressentir une victime de viol et connaître le profil des violeurs, il y aurait moins d’idées reçues et plus de reflexion et de remise en question sur le problème du viol. Les associations sont une réelle aide pour ces victimes car en plus de leur apporter un soutien elles permettent à qui le veut de mieux copmprendre ce qu’est le viol. Et je pense que les écoles ont aussi un rôle à jouer dans ce travail en invitant des associations ou des professionnels de la santé à venir en parler aux élèves pour compléter l’éducation donnée par les parents. Je trouve d’ailleurs qu’en France on aborde pas assez certaines questions liées à l’éducation sexuelle dans les écoles et souvent les ados se font plus une idée sur le sexe à travers les films « x » qu’à travers un vrai dialogue sur ce qu’est la sexualité en réalité et ce genre de discussion peu d’ados l’ont avec leurs parents.

        PS : quand je parle d’école je pense plus aux lycées ou collèges qu’à l’école primaire bien sûr.


      • Ratatouille 1er (---.---.194.249) 28 juillet 2006 17:12

        ka,

        « on ne peut pas expliquer les raisons du violeur »

        J’ai du mal à comprendre cela. Il avait des désirs sexuels à satisfaire, il était en position de les imposer à sa victime, alors il l’a fait. Ca ne suffit pas pour expliquer ses raisons ?


      • ka (---.---.30.12) 28 juillet 2006 17:21

        Désolée je me suis mal exprimée en fait il fallait comprendre qu’on ne peut pas donner raison au violeur pour son viol, contrairement à un homicide dans les cas par exemple de légitime défense.

        Désolée


      • ka (---.---.30.12) 28 juillet 2006 17:25

        Il ne peut pas y avoir de viol légitime.


      • Ratatouille 1er (---.---.194.249) 28 juillet 2006 17:33

        ka,

        Oh, ne vous sentez pas obligée de vous excuser smiley

        Mais je trouve toujours ça un peu tordu : on ne peut donner raison au violeur. Son crime n’a aucune justification valable. Jusque là je suis parfaitement d’accord. Mais vous dites, si je comprends bien, qu’il en découle que la victime se sentira forcément coupable. Ne devrait-ce pas logiquement être le contraire ? A savoir que le violeur est forcément coupable, et la victime innocente ?

        Je n’essaie pas de nier ce sentiment de culpabilité, mais de le comprendre. J’ai l’impression que l’entourage, la société, a une tendance culpabiliser la victime avec le classique (et gerbant) « elle l’a bien cherché en étant si sexy cette salope ». Mais j’ai l’impression que le sentiment de culpabilité dont vous parlez vient de l’intérieur de la victime, et non de l’extérieur. Me trompe-je ? Et sinon, par quelle magie une situation où elle est clairement la victime se transforme-t-elle dans son esprit en une où elle est la coupable ?


      • Ratatouille 1er (---.---.194.249) 28 juillet 2006 17:43

        « Il ne peut pas y avoir de viol légitime. »

        Heu... On raconte qu’en prison, les violeurs d’enfants en prennent plein les fesses. Personnellement j’aurais tendance à trouver cela plutôt juste. J’irais même jusqu’à prôner, pour les violeurs, l’enrôlement de force dans le tournage de films bien hard... mais bon j’admets c’est limite. Peut-être moins que la castration ou le tatouage cela dit.


      • ka (---.---.30.12) 28 juillet 2006 18:06

        « Mais je trouve toujours ça un peu tordu : on ne peut donner raison au violeur. Son crime n’a aucune justification valable. Jusque là je suis parfaitement d’accord. Mais vous dites, si je comprends bien, qu’il en découle que la victime se sentira forcément coupable. Ne devrait-ce pas logiquement être le contraire ? A savoir que le violeur est forcément coupable, et la victime innocente ? »

        Justement c’est parce que la victime ne donne pas de raison à ce geste qu’elle se renvoie la culpabilité. Si le violeur n’avait aucune raison particulière de violer une personne alors la raison se trouve peut-être chez la victime dans la tête de celle-ci. Sans parler du pourquoi moi ? Ne connaissant pas les réelles raisons qui pourraient expliquer le geste du violeur ni le choix de la victime, la victime est en proie au doute y compris à propos d’elle-même. Je ne parle pas bien sûr du viol exercé par une personne étrangère qui a subitement eu une pulsion et voulant l’assouvir a pris la première femme qui passait par là, mais dans le cas où il s’agit d’un proche et d’une personne qui n’a jamais eu apparement de problème avec ses pulsions quelqu’un que l’on qualifierait de « normal » qui a troujours eu un comportement respectueux vis à vis des femmes ou un mari comblé, un père de famille tranquile c’est encore plus troublant pour la victime et c’est ce qui peut expliquer aussi le comportement de l’entourage vis à vis de la victime (c’est un bon mari, un bon père de famille il n’aurait jamais pu faire ça si tu ne l’avais pas incité, provoqué, c’est de ta faute).

        « Je n’essaie pas de nier ce sentiment de culpabilité, mais de le comprendre. J’ai l’impression que l’entourage, la société, a une tendance culpabiliser la victime avec le classique (et gerbant) »elle l’a bien cherché en étant si sexy cette salope« . Mais j’ai l’impression que le sentiment de culpabilité dont vous parlez vient de l’intérieur de la victime, et non de l’extérieur. Me trompe-je ? Et sinon, par quelle magie une situation où elle est clairement la victime se transforme-t-elle dans son esprit en une où elle est la coupable ? »

        Oui vous avez raison le sentiment de culpabilité dont je parle et qui je pense est le plus difficile à combattre est celui qui vient de l’intérieur de la victime et quand il est renforcé par un sentiment de culpabilité extérieure c’est pire.

        Je crois que la victime qui peut se sentir coupable ne se sent pas coupable du viol mais de sa faiblesse, de son impuissance et de son imcompréhension vis à vis du viol et du violeur.

        Mais je tiens à vous dire que je ne suis ni psychologue, ni spécialiste des problèmes liés au viol. Je donne juste mon avis mais j’aimerais connaître celui d’un spécialiste pour mieux comprendre les questions liées au viol, au violeur et à la victime.


      • ka (---.---.30.12) 28 juillet 2006 18:10

        « l’enrôlement de force dans le tournage de films bien hard »

        Mais serait-ce réellement une sanction pour un violeur ?


      • Ratatouille 1er (---.---.194.249) 28 juillet 2006 18:40

        « Mais serait-ce réellement une sanction pour un violeur ? »

        Il ne faudrait pas de leur donner le rôle du mâle dominant qu’ils tiennent lorsqu’ils commettent leur crime, mais le rôle de celui qui subit. Il y a fort à parier que ceux qui aiment pénétrer une femme contre son gré n’ont pas du tout envie d’être eux-même pénétrés de force.

        Pour avoir lu, une fois (à partir d’un lien d’un article d’AgoraVox) le témoignage d’une actrice porno qui subissait des sodomies à répétition, avec lavement obligatoire tous les matins, il me semble assez clair que ce n’est vraiment pas un métier marrant.

        En plus, si le type se plaingnait il suffirait de lui expliquer qu’en fait il aime ça et que même il le réclame.

        Cela dit, n’étant pas du tout un spécialiste du film porno, je ne sais pas s’il y a de la demande pour ce genre d’acteurs. Et je lançais cette idée un peu pour plaisanter, même si le sujet ne s’y prête que moyennement.


      • ka (---.---.30.12) 28 juillet 2006 18:52

        Je sais bien que vous plaisantiez. Moi je pense qu’ils feraient de piètres acteurs tout comme les vrais acteurs de films pornos d’ailleurs.

        PS : Je ne suis pas non plus une spécialiste des films pornos. Une seconde de ces films et je dégueule. Je trouve même que ces films dégoûtent de l’amour plus qu’autre chose. J’ai du mal à comprendre les personnes qui apprécient ce genre de spectacle où le sexe n’est que brutalité et exagération.


      • Ratatouille 1er (---.---.194.249) 28 juillet 2006 19:00

        « dans le cas où il s’agit d’un proche et d’une personne qui n’a jamais eu apparement de problème avec ses pulsions quelqu’un que l’on qualifierait de »normal« qui a troujours eu un comportement respectueux vis à vis des femmes ou un mari comblé, un père de famille tranquile c’est encore plus troublant pour la victime »

        Là je comprends. Finalement cette culpabilisation n’est-elle pas simplement l’intériorisation du message de la société ? L’entourage décrit le coupable comme quelqu’un de « bien », la victime le croit et fait sien le raisonnement « c’est pas comme si c’était une de ces racailles qui font des tournantes dont ils parlent à la télé, là c’est quelqu’un de normal, alors tu dois forcément y être pour quelque chose ».

        Il y a encore du boulot à faire pour changer les mentalités...


      • Ratatouille 1er (---.---.194.249) 28 juillet 2006 19:14

        « Je sais bien que vous plaisantiez. »

        C’était une idée un peu déconnante, mais je ne peux m’empêcher de penser qu’il y aurait un effet dissuasif et pédagogique dans des titres de journaux du genre : « M. Martin viole sa fille et se retrouve dans Günther pête des rondelles »... bon j’arrête.


      • ka (---.---.30.12) 28 juillet 2006 19:16

        Oui en tout cas c’est ce que je pense. Beaucoup de choses peuvent expliquer le sentiment de culpabilité chez la victime mais on ne comprend pas toujours ce qui pousse l’entourage à transformer cette victime en coupable. C’est paradoxal parce qu’en général on pense que l’entourage dont on se sent le plus proche est plus à même de comprendre et de rassurer mais parfois il peut devenir un ennemi que l’on n’aurait pas soupçonné. Dans ce cas il est préférable de se tourner vers l’extérieur, des personnes ayant le recul nécessaire pour analyser les choses et n’ayant pas de parti pris car ne connaissant ni le coupable ni la victime, ces personnes se basent principalement sur la souffrance que ressent la victime et comment remédier à celle-ci.


      • ka (---.---.30.12) 28 juillet 2006 19:24

        Oui vous avez raison ça pourrait être une idée pour dissuader les éventuels violeurs. Et que pensez-vous des pencartes où il y a marqué je suis un violeur que les violeurs sont obligés de porter à l’entrée des magasins ou dans d’autres lieux publics aux Etats-Unis ou encore d’obliger les violeurs à faire des exposés sur leur vécu de violeur face à un public qui les bombarde de questions embarassantes.


      • B. R. B. R. 28 juillet 2006 19:25

        Dans ces cas où la famille culpabilise la victime, est-ce possible que la famille se culpabilise elle-même dans un premier temps, en sentant qu’elle a manqué à son devoir de protection, puis décide de rejeter la faute sur la victime pour se déculpabiliser ?

        Ou plutôt, est-ce l’intériorisation, à un autre niveau, des clichés de la victime salope, par la famille elle-même, qui ne peut accepter cette honte ? A mon avis, on en revient toujours à cette question malheureusement.


      • ka (---.---.30.12) 28 juillet 2006 19:33

        Oui peut-être que la famille se sent coupable aussi et ne sachant pas vraiment comment réagir préfère rejeter la culpabilité sur la victime, pour fuir son propre sentiment de culpabilité. C’est pourquoi il est préférable de faire appel à des personnes extérieures à l’entourage pour faire face et rejeter cette culpabilité sur le vrai coupable c’est à dire le violeur.


      • Ratatouille 1er (---.---.194.249) 28 juillet 2006 19:43

        « Et que pensez-vous des pencartes où il y a marqué je suis un violeur que les violeurs sont obligés de porter à l’entrée des magasins ou dans d’autres lieux publics aux Etats-Unis »

        Je ne sais pas... avec l’idée discutable de films pornos forcés, le violeur vivrait lui-même ce qu’il a imposé à l’autre : un rapport sexuel forcé. Avec les pancartes, il subit la honte en public. Je ne sais pas lequel des deux a le plus de chances de le dissuader de recommencer, et de dissuader les autres de le faire. Ca dépend peut-être des gens.


      • Ratatouille 1er (---.---.194.249) 28 juillet 2006 20:01

        Une autre explication du genre, par votre serviteur, psychologue de comptoir professionnel :

        « Tonton Machin était un gars bien ». Et puis un jour : « Tonton Machin a tripoté de sa petite nièce ». On a ce qu’on appelle une « dissonnance cognitive », deux informations contradictoires. L’esprit humain ne supporte pas la dissonnance cognitive, il veut les résoudre pour garder une vision cohérente du monde.

        L’esprit humain est également paresseux, il préfère les solutions de facilité. D’un côté, il faut remettre en cause ce qu’on a toujours cru sur tonton Machin, avec en bonus le sentiment de culpabilité de n’avoir pa vu venir un crime. De l’autre, il suffit de supposer que sa nièce l’a un peu allumé et rien n’est chamboulé.

        Si on ajoute à ça le scénario où la jeune fille commence à se transformer en femme et se trouve en conflit avec des parents qui luttent contre ses envies de jouer avec ses petits camarades, ou un autre scénario où la mère est jalouse des rapports entre la petite fille et son mari, le choix est vite fait : c’est la fille, cette trainée, qui a tout déclenché, et le violeur est au plus coupable de faiblesse. Tout est plus simple ainsi, tant pis pour la victime.


      • ka (---.---.30.12) 28 juillet 2006 20:05

        « ou un autre scénario où la mère est jalouse des rapports entre la petite fille et son mari »

        c’est du complexe d’Oedipe inversé ça non ?


      • Ratatouille 1er (---.---.194.249) 28 juillet 2006 20:31

        « c’est du complexe d’Oedipe inversé ça non ? »

        Houla inconsciente me lancez pas sur Freud !

        Il n’a pas dit que des conneries, loin de là, mais il y a de bonnes raisons de prendre avec des pincettes sa théorie du complexe d’Oedipe, qui était d’ailleurs bien pratique pour disculper son propre père de ses comportements sexuels abusifs. C’est vaguement en rapport avec le débat : le complexe d’Oedipe selon Freud remet la culpabilité sur l’enfant et ses désirs et non sur les abus sexuels des adultes comme le faisaient ses théories précédentes sur l’hystérie.

        Fait amusant, il oublie un léger détail du mythe d’Oedipe : au début de l’histoire, c’est le père, Laïos, qui déclenche la tragédie en commettant un viol homosexuel sur un jeune homme. Ce dernier se suicide et son père maudit la famille du violeur. Comme par hasard, Freud oublie l’abus sexuel paternel originel et la malédiction, et met Oedipe à l’origine du désordre. Quand on sait que le père de Freud était un peu coureur ce qui a causé le suicide d’une de ses ex-femmes...

        Non, mon propos se voulait plus simple : il y a une affection bien naturelle entre le père et la fille, et la mère peut en être jalouse si elle se sent un peu délaissée de son côté.

        Après on peut y rajouter des théories sur la sexualité infantile, mais ça devient plus glissant comme terrain. Remarquez, c’est vrai que la science de la psychologie de comptoir dont je me réclame n’a pas peur des terrains glissants.


      • ka (---.---.30.12) 28 juillet 2006 20:37

        Pas de panique mis à part ce satané complexe d’Oedipe je ne connais rien à Freud et à la psychanalyse mais bon ce n’est pas parce qu’on est pas spécialiste qu’on ne peut pas en discuter mais apparemment vous en connaissez plus que moi sur le sujet même si vous vous réclamez de la psychanalyse de comptoir.


      • Ratatouille 1er (---.---.194.249) 28 juillet 2006 21:10

        « ce n’est pas parce qu’on est pas spécialiste qu’on ne peut pas en discuter »

        Je vous rejoins à 100% là-dessus.

        « mais apparemment vous en connaissez plus que moi sur le sujet même si vous vous réclamez de la psychanalyse de comptoir »

        Merci... cela dit par rapport à la profondeur mystérieuse de l’âme humaine, c’est comparer presque rien avec pour ainsi dire rien (un spécialiste professionnel pourrait peut-être prétendre au « pas grand-chose »). L’important dans la psychanalyse de comptoir, c’est de pouvoir discuter entre non-spécialistes sans honte de notre ignorance.

        Allez je vous donne un tuyau gratuit sur la pratique de la discipline : lisez un ou deux bouquins sur le sujet et ressortez sur les forums internet ce qui vous a convaincu, ça en jette un max smiley


      • ka (---.---.30.12) 28 juillet 2006 21:43

        Ok merci pour le tuyau. La prochaine fois que j’interviens sur un forum je fais le plein de connaissances et ensuite je m’incruste.

        Alors à une prochaine fois peut-être sur un autre forum et avec ce qu’on aura rassemblé à nous deux on pourra confronter des arguments de spécialistes et ça fera plus « style », plus intello, plus dans le coup quoi !

        Désolée je dois y aller mais j’ai beaucoup apprécié de discuter avec vous et j’espère qu’on se recroisera dans un forum sur Agoravox.

        Bonne soirée à vous.


      • Ratatouille 1er (---.---.124.203) 28 juillet 2006 22:07

        Si on lit chacun un ou deux bouquins, à plusieurs on arriverait peut-être à l’équivalent d’un spécialiste qui en a lu de nombreux et qui serait un peu schizo...

        J’ai bien aimé discuter avec vous aussi. Bonne soirée.

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