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Accueil du site > Tribune Libre > Robespierre : bourreau de la Vendée, la réplique de 2 historiens

Robespierre : bourreau de la Vendée, la réplique de 2 historiens

Après la rediffusion par France3 du documentaire intitulé Robespierre : bourreau de la Vendée, il nous a paru utile de publier l'article rédigé par 2 historiens de la Révolution française.

Cet article n'est pas seulement la réfutation de quelques-unes des thèses les plus grossières défendues par ce documentaire,il est aussi et surtout une défense du travail des historiens de la Révolution,travail fondé sur l'examen des faits et l'appel à l'intelligence critique
En un mot, tout ce qui sépare l'Histoire de la simple propagande
Quel que soit le jugement des uns et des autres sur la Révolution française,un épisode aussi important de notre histoire méritait au moins un traitement honnête de la part d'une chaîne du service public

« Robespierre, bourreau de la Vendée ? » : une splendide leçon d’anti-méthode historique Réplique

Par Marc Belissa, Université Paris Ouest Nanterre-La Défense et Yannick Bosc, Université de Rouen

http://revolution-francaise.net/bonnet-de-la-liberte

En septembre dernier, la revue Historia a donc consacré un dossier à « Robespierre le psychopathe légaliste ». Le service public conscient de sa mission ne pouvant être en reste, France 3 a diffusé le mercredi 7 mars 2012 un documentaire « réalisé par Richard Vargas et raconté par Franck Ferrand » intitulé « Robespierre : bourreau de la Vendée ? ».

Pour l’occasion, le site internet de la chaîne a proposé une bibliographie généreusement composée de trois ouvrages. Elle donne le ton. Ainsi parmi des dizaines de biographies disponibles le choix s’est porté sur le Robespierre de Jean Artarit, un psychiatre qui s’égare sur le terrain de l’histoire de la Révolution française. Comme l’a souligné Historia, Robespierre c’est d’abord une pathologie. Le visiteur du site est ensuite encouragé à lire Anne Bernet. Sur Wikipédia elle est présentée comme une « femme de lettres » qui collabore à des revues « proches des milieux royalistes », « réhabilite l’insurrection royaliste de Vendée » et dont les livres « sont empreints d’un catholicisme traditionnel, voire royaliste pour certains ». Elle a contribué au dossier d’Historia par un article intitulé « Comment il (Robespierre) a déshonoré la République ». Elle y affirme, sans preuve, que Robespierre est l' « inspirateur » des massacres en Vendée (« on parlerait aujourd’hui d’épuration ethnique » précise-t-elle). Enfin, pour étancher sa soif de connaissance, le passionné est engagé à se plonger dans une source, La Guerre de La Vendée et le système de dépopulation (1) de Gracchus Baboeuf (sic), publiée aux éditions du Cerf (éditeur du Livre noir de la Révolution française), préfacée par Stéphane Courtois (qui a dirigé Le livre noir du communisme et participé au précédent), introduite par Jean-Joël Brégeon (pourfendeur de la vision « marxiste-léniniste » de la Révolution française)(2) et Reynald Sécher (le promoteur depuis un quart de siècle de la reconnaissance du « génocide vendéen » comme « crime contre l’humanité »). Rappelons que ce texte de Babeuf, utilisé ici comme une pièce à conviction, reprend la propagande thermidorienne avec laquelle le Tribun du peuple va très vite rompre, ce qui lui vaut d’aller en prison. Quelques mois plus tard, il écrit à son ami Bodson : « je confesse de bonne foi que je m’en veux d’avoir autrefois vu en noir et le Gouvernement révolutionnaire, et Robespierre, et Saint-Just ». Et il conclut : « en relevant le robespierrisme, vous êtes sûrs de relever la démocratie » (Lettre à Bodson du 10 ventôse an IV) (3). Évidemment, cela ne sert guère la thèse du dessein génocidaire que Courtois, Brégeon et Sécher voudraient attribuer à Robespierre.

Le site de France 3 énumère ensuite les ouvrages qui sont présentés « en plateau » après le documentaire : La Vendée – Vengé : le génocide franco-français, de Reynald Secher (réédité chez Perrin) et Vendée : du génocide au mémoricide : Mécanique d’un crime légal contre l’humanité, toujours de Reynald Secher (aux éditions du Cerf, spécialistes sur ce créneau). Pour faire bonne mesure les journalistes évoquent aussi, Quatre-vingt-treize de Victor Hugo et deux livres de Jean-Clément Martin (Blancs et Bleus dans la Vendée déchirée et La Vendée et la Révolution. Accepter la mémoire pour écrire l’histoire). Il était difficile d’ignorer l’ancien directeur de l’Institut d’Histoire de la Révolution française qui est le spécialiste de la mémoire vendéenne.

Jean-Clément Martin est également présent dans le documentaire avec Jean Artarit, Stéphane Courtois et Reynald Secher. A leur côté, trois autres intervenants sont désignés comme « historiens » : Noël Stassinet (président du « Souvenir Chouan de Bretagne ») dont il est beaucoup question sur les sites royalistes mais dont on ne trouve aucune trace de recherche historique à son actif ; Michel Chamard (l’auteur du Puy du Fou ; un rêve d’enfant, ancien du Figaro et directeur du Centre Vendéen de Recherches Historiques) que le président du conseil général de Vendée décrit, de manière sibylline, comme l’incarnation de la « tradition française », passionné par son attachement à la Civilisation (grand C) qui « a défendu les valeurs de liberté intellectuelle en 1968 à Nanterre » (4) ; Antoine Boulant, lieutenant-colonel et historien de la gendarmerie dont la thèse a porté sur Les agents secrets du ministre des Affaires étrangères envoyés dans les départements (1792-1794).

Le site Chouans et Vendéens considère évidemment que « ce programme affiche toutes les qualités de sérieux et d’objectivité pour faire découvrir au grand public cette part occultée de la Révolution française. » Avec un bémol cependant : « on regrettera l’absence du « Souvenir Vendéen » qui a malheureusement décliné l’invitation à cette émission à ne manquer sous aucun prétexte. » (5) En revanche, le téléspectateur notera la présence de Dominique Lambert de La Douasnerie, « fondateur et président à vie » (la fonction est-elle héréditaire ?) de l' « association Vendée militaire », dont la présidente d’honneur est la comtesse Christian de Quatrebarbes et le premier vice-président le baron de La Tousche d’Avrigny. (6) La télévision de service public – qu’elle en soit remerciée – a ainsi tout mis en œuvre pour offrir une leçon d’anti-méthode historique à montrer à tous les étudiants de licence. Ils ont là matière à réfléchir sur ce qu’il ne faut pas faire, sur ce qui distingue l’histoire fondée sur les méthodes scientifiques et l’histoire qui se contente de mettre en scène un discours politique recuit mais probablement « vendeur ».

Au vu du titre, « Robespierre, bourreau de la Vendée ? » (on notera le point d’interrogation qui vise à présenter la question comme « ouverte »), on aurait pu penser que ce documentaire allait étudier la responsabilité personnelle de Robespierre dans la guerre de Vendée et dans les massacres commis lors de cette guerre civile (qui dura dans sa première phase de mars à décembre 1793, puis de janvier 1794 au traité de la Jaunaye signé le 17 février 1795 dans sa deuxième phase, même si Robespierre est mort depuis le 28 juillet 1794…). En fait, nous avons eu droit à une longue et fastidieuse mise en scène des thèses de Reynald Secher sur le « génocide franco-français » et sur le « mémoricide » qui est le thème de l’ouvrage qu’il vient de sortir fort opportunément.

Restons dans un premier temps sur le « cas Robespierre » et notons sans surprise, puisque la « bibliographie » nous l’indique, que le propos est absolument identique à celui d’Anne Bernet dans le numéro spécial d’Historia. On peut le résumer sans beaucoup le schématiser de la façon suivante : le comité de Salut Public qui est alors « aux mains de Robespierre » a pris une série de décisions visant à réprimer la révolte vendéenne, notamment « l’extermination des brigands », les soldats de la République ont pratiqué « l’extermination organisée » de la population (laquelle ?) sur l’ordre de leurs généraux, qui eux-mêmes ont obéi aux ordres du Comité de Salut Public. Donc, Robespierre = Comité de Salut Public = massacres en Vendée = extermination, donc Robespierre = extermination de la Vendée. CQFD. Stéphane Courtois — le spécialiste des livres noirs — avoue quand même à la fin d’une phrase : « Bien sûr, on ne peut pas dire que Robespierre soit le dictateur absolu, mais quand même c’est bien le Comité de Salut Public dans l’affaire de Vendée qui a envoyé les ordres. » Et comme Robespierre et le Comité de Salut Public, c’est tout un…


Le problème est que cette construction digne des plus beaux amalgames et des plus belles manipulations historiques est radicalement fausse et ne s’appuie sur aucun document. D’ailleurs, les « historiens » apparaissant dans l’émission (nous exceptons bien entendu Jean-Clément Martin des guillemets) n’en produisent aucun émanant de Robespierre… S’il en avait eu, ils n’auraient pas manqué de les produire bruyamment. À vrai dire on l’aurait su depuis deux siècles tant les ennemis de Robespierre sont nombreux parmi les écrivains du XIXe siècle sur la Révolution française. Loin de nous l’idée d’affirmer que Robespierre n’a pas soutenu les armées républicaines et la répression de la révolte vendéenne, il partageait peut-être le point de vue de ses collègues du Comité de Salut Public, mais la seule chose dont nous soyons certain, c’est qu’il n’a pas écrit grand-chose sur la question, qu’il n’a prononcé aucun des grands discours sur la Vendée au nom du Comité de Salut Public, bref, qu’il n’a, sur cette question, jamais affirmé une position personnelle (même si, dans plusieurs de ses interventions, il se plaint de la manière dont la guerre a été menée et surtout de la façon dont les factions se sont emparées de la révolte vendéenne pour défendre leurs intérêts politiques particuliers).

Par ailleurs, l’équation Robespierre = tyran = chef du comité de Salut public = dictateur de la Convention, si elle ne manque pas d’antiquité (elle est rabâchée par tous les anti-robespierristes et les contre-révolutionnaires depuis thermidor an II), manque en revanche de poids scientifique. Aucun spécialiste actuel de la Révolution française enseignant dans les universités françaises n’affirmerait qu’en l’an II, Robespierre possédait un pouvoir absolu sur la Convention (même Patrice Gueniffey, pourtant peu « suspect » de robespierrisme, n’écrit pas cela !).


Robespierre n’est ni un « tyran », ni un « dictateur », ni le « chef » du comité de salut Public. Robespierre est un député qui jouit d’une immense popularité chez les sans-culottes et au-delà dans la population et dont la parole politique possède un poids considérable. Il est membre du comité de salut public du 27 juillet 1793 jusqu’à sa mise hors la loi un an plus tard, il a un réseau de proches et d’amis (plutôt qu’un « parti ») qui défendent des positions analogues. La seule « dictature » en l’an II, si l’on tient à garder cette expression, est celle de la Convention qui a concentré les pouvoirs en son sein. Il s’agit d’une « dictature » collective de représentants élus, ce qui est — on en conviendra — une dictature d’un genre un peu particulier… Alors si Robespierre n’est ni le « chef » du Comité de salut public ni le « dictateur » de la Convention, quelle est sa responsabilité personnelle dans la guerre de Vendée et la répression ? Rien de plus que celle des autres membres du comité qui exercent collectivement les pouvoirs qui leur ont été délégués par la Convention, elle-même responsable en dernier ressort puisqu’elle conserve le droit (dont elle use d’ailleurs) de renouveler ou non le comité. Pourquoi, les « historiens » du documentaire insistent alors sur Robespierre ?

Il s’agit de toute évidence d’un procédé rhétorique visant notamment à accrocher l’attention des non-spécialistes. Comme pour le plus grand nombre, les noms de Barère ou de Carnot (deux députés fort peu amis de Robespierre), ou encore ceux du général Westermann n’évoquent pas grand-chose, il faut donc mettre en avant celui de Robespierre comme « incarnation » du mal révolutionnaire. Un procédé qui a deux siècles. La légende thermidorienne et postérieure n’a cessé d’accumuler sur sa tête toutes les accusations possibles et imaginables pour, en réalité, mettre en cause le processus révolutionnaire lui-même. L’identité — fausse — entre Robespierre et Révolution française est pratique. Il suffit d’écrire « Robespierre » et immédiatement l’image construite par la légende noire thermidorienne joue son rôle : on pense guillotines, sang qui coule, perruques poudrées, et lunettes vertes… Le documentaire n’y manque pas avec cette phrase bien digne d’être notée : « La guillotine s’emballe. Robespierre sème l’effroi. » On s’y croirait… L’identification de la Révolution à Robespierre permet de faire l’impasse sur sa place réelle dans le processus révolutionnaire, elle le « dépolitise » et rend incompréhensible son action pratique entre 1789 et 1794. Elle permet aussi de personnaliser la haine de la Révolution française. Ce qui est bien pratique.

 

Dans sa forme, et sans finesse, le documentaire met en scène un parti pris. On remarquera par exemple que toutes les illustrations picturales représentant les Vendéens datent du XIXe siècle et sont empruntées à la légende rose vendéenne, construite à partir de 1815. Non ! La Rochejacquelein ne ressemblait pas au portrait donné de lui par Guérin en 1817 ! On ne sait pas trop à quoi il ressemblait d’ailleurs… Un seul exemple pris dans le documentaire : peut-on utiliser sans commentaires spécifiques une image comme celle de la messe clandestine du prêtre réfractaire, de toute évidence extrêmement postérieure à la période de la Révolution ? Les Vendéens apparaissent dans toute cette iconographie comme de véritables « anges » romantiques. On peut douter de la réalité de ce type de représentations, typique de la manière dont on héroïse la Vendée pendant le XIXe siècle. À l’inverse, les soldats bleus sont souvent montrés, soit en masse à travers des reconstitutions cinématographiques (le film « Les Vendéens » de 1993), soit à travers des images animées où ils fusillent, embrochent et grimacent. Le Comité de Salut Public est également représenté avec le même système graphique. Un Robespierre (?) au poing agressif levé et au visage tordu semble figé dans une attitude de dément. Les bons prêtres vendéens sont représentés subissant les coups de sans-culottes avinés, selon les procédés de l’imagerie contre-révolutionnaire du XIXe siècle.

La musique est, elle aussi, tout à fait remarquable. Quand le documentaire montre la messe clandestine des Vendéens retentit un air faussement sacré et grandiose. En ouverture, les images de crânes et d’ossements sont au contraire accompagnées par une musique sinistre qui vise à mettre le téléspectateur dans une atmosphère de film d’horreur. Toute la partition est à l’avenant. La lourdeur de « l’illustration » musicale qui souligne d’un trait fort épais le propos historique n’est évidemment pas à mettre au débit du compositeur, c’est bien la finalité idéologique du montage qui est ici en cause. Imaginez le sens du même documentaire en inversant les illustrations musicales : la musique sinistre pour les Vendéens et la musique sacrée pour les Républicains…

Une des formes particulières de la mise en scène de l’histoire dans cette émission vient de l’utilisation d’images donnant l’impression que l’on vient de découvrir quelque chose de nouveau ou de remarquable dans les Archives. Ainsi, le commentaire explique que les concepteurs de l’émission ont « retrouvé le décret du 1er août 1793 dans les Archives Nationales », on procède de même avec les lettres de Turreau au Comité de Salut Public qui se trouvent aux Archives de Vincennes etc. Il s’agit évidemment de donner une épaisseur « scientifique » aux affirmations grossières du discours de Sécher et consorts et de montrer que ces documents étaient « cachés » (sans doute parce qu’ils disaient la « vérité » sur les massacres de Vendée). En réalité, ces documents sont bien connus, non seulement des spécialistes, mais aussi de tout étudiant en histoire ayant eu un cours sur les guerres de Vendée dans les universités françaises. Ils ont été publiés et republiés. On les trouve dans toutes les bibliothèques et sur de nombreux sites internet.

Les erreurs, les approximations, les manipulations sont, certes, de toutes les chapelles, mais la chapelle « vendéenne » a une certaine expérience historique en la matière. Inutile de revenir ici sur les enjeux politiques de la construction de la mémoire vendéenne aux XIXe et XXe siècle, Jean-Clément Martin notamment a publié plusieurs ouvrages sur la question, on les lira avec profit. Néanmoins, comme ce documentaire reprend un certain nombre de contre-vérités et d’approximations assez impressionnant, il faut tout de même en relever les plus importantes.

L’un des grands classiques de « l’historiographie » vendéenne et contre-révolutionnaire est le flou et l’exagération du nombre des victimes. Dès le début du documentaire, la voix off affirme « ce carnage (celui du Mans) préfigure une série de massacres dont seront victimes plus de 170 000 Vendéens ». Si l’on comprend bien le français, APRÉS la bataille du Mans (décembre 1793), 170 000 Vendéens seront massacrés… mais on estime généralement — et c’est ce que rappelle Jean-Clément Martin à la fin du film — que le nombre TOTAL de victimes et de disparus des guerres de Vendée se monte à peu près à 170 000. Par conséquent, l’ensemble des victimes (y compris les morts de maladies, de faim, les disparus dont une partie est sans doute toujours vivante, mais ailleurs) serait équivalent aux Vendéens massacrés par les armées républicaines après décembre 1793. Il y a comme un problème…

 

De même, le « Massacre des Lucs » est un grand classique de la construction de la légende vendéenne. Le documentaire présente comme un fait avéré la « tradition locale ». On insiste sur les enfants de moins de onze ans figurant sur la liste des victimes « du » massacre des Lucs, mais il a été montré par plusieurs historiens, dont Jean-Clément Martin, qu’il y avait eu non UN massacre des Lucs, mais PLUSIEURS tueries sur plusieurs années. C’est la « tradition » qui a inventé l’amalgame de ces différents massacres en un seul lieu. Martin écrit ainsi que « la liste dressée en 1794 comptabilise manifestement l’ensemble des habitants tués depuis 1789, alors que toute une tradition veut la voir comme le résultat d’un massacre unique commis en deux jours de février 1794. Les conclusions sont évidemment fort divergentes selon la lecture adoptée. » Cette interprétation — partagée par la plupart des universitaires spécialistes de la Révolution française — n’est même pas mentionnée.

Un deuxième grand classique de « l’historiographie » vendéenne et contre-révolutionnaire (et l’un des artifices rhétoriques préférés de la droite « décomplexée » depuis quelque temps) est de se présenter comme la victime d’un complot universitaire de la part de « l’histoire officielle » dont on sous-entend qu’elle ne veut pas poser la question de la Vendée parce qu’elle la gêne. Ainsi, on insiste sur Reynald Secher, le « jeune historien » qui a eu, au milieu des années quatre-vingt, le « courage » de s’opposer à l’histoire officielle au moment de la préparation du Bicentenaire de la Révolution française. Le commentateur note naïvement que le livre de Secher tombait bien mal… On peut au contraire considérer — avec tous les spécialistes qui ont travaillé sur la période du Bicentenaire — que cela tombait fort bien et que la soutenance de thèse de Secher, montée en épingle par Pierre Chaunu, n’était qu’un des moments choisis par l’extrême-droite, catholique, vendéenne et royaliste pour lancer « son » bicentenaire. La « communauté des historiens » s’est « insurgée » nous dit le commentaire. Elle s’est surtout insurgée contre l’utilisation à tort et à travers du concept de génocide et sur l’approximation de la méthode utilisée par Secher. Nous ne referons pas ici un commentaire critique de ce livre, il a été fait depuis longtemps. Ce n’est pas un hasard si aucun historien universitaire spécialiste de la Révolution française n’y accorde crédit (et il faut une sérieuse méconnaissance du milieu universitaire pour imaginer un complot « gauchiste » contre le « courageux » Reynald Secher).
Stéphane Courtois — lui-même fort peu considéré parmi les historiens contemporanéistes, qui sont sans doute aussi tous de dangereux extrémistes — est convoqué pour souscrire à la thèse de « l’histoire officielle ». Il dit ainsi : « Certains historiens, et on peut comprendre, refusent qu’on parle de génocide ». Car « comme vous le savez en France, on ne peut pas toucher à la Révolution, c’est sacré. En même temps… bon… il faut quand même que les historiens fassent leur travail… » Courtois sous-entend-il que ceux qui critiquent le concept de « génocide vendéen » n’en sont pas ? Sans doute… D’ailleurs, « l’histoire de la Vendée va être systématiquement occultée dans l’historiographie française » pendant deux siècles nous explique le même Courtois. Nous invitons le grand spécialiste des livres noirs à se plonger notamment dans les travaux de Paul Bois, de Jacques Godechot, de Marcel Faucheux, Marcel Lidove, Claude Petitfrère ou Jean-Clement Martin pour rester parmi les historiens français de la seconde moitié du XXe siècle.
Le journaliste Christophe Bourseiller se fait aussi le défenseur de l’historien « anticonformiste » Secher. Son livre est « celui par lequel la vérité a été rappelée aux Français car il faut dire que les événements de Vendée sont presque toujours oubliés par notre historiographie ». Secher a eu « le courage de sonder la mémoire des vaincus ». Les historiens universitaires « officiels » n’ont pourtant eu que « haine » et « silence » contre son livre…

Il est vrai que les historiens « officiels » ont la manie de pinailler sur des détails et d’aimer la précision dans les termes : ils n’aiment pas que l’on parle de « conscription » et de « service militaire obligatoire » avant la loi Jourdan Delbrel qui les créent en 1797, ils n’aiment pas que Carnot soit désigné comme « ministre de la guerre du Comité de Salut Public » alors qu’il n’a jamais été ministre, ils estiment quelque peu confuses des expressions comme « les enragés montagnards menés par Robespierre ». Ils trouvent que la phrase « n’importe qui peut-être arrêté sous n’importe quel prétexte » ne reflète pas vraiment le contenu de la loi des suspects, etc. On pourrait multiplier les citations montrant que la rigueur dans l’utilisation du vocabulaire historique et la précision des faits n’est pas le fort des « historiens » Secher, Artarit et Courtois, pas plus que celui des auteurs du documentaire.
Ils sont pourtant capables de moduler le vocabulaire quand leur propos le nécessite. Ainsi les armées républicaines commentent des « crimes », jamais l’armée catholique et royale. Il est vrai qu’elle n’a commis qu’un massacre, celui de Machecoul ! D’ailleurs, les Vendéens ne « massacrent » pas les Bleus, ils « s’en prennent » aux notables républicains des villes. Sans rire, le commentaire — faisant ainsi la preuve de son caractère « modéré » — admet que « CE massacre est bien le fait des Vendéens » (même s’il a été provoqué par le fait que les Bleus « ont tiré sur la foule »). Aucun autre massacre des Blancs sur les Bleus ne sera évoqué dans le documentaire. Exit Châtillon, le Pallet, Bouin, etc. Il est vrai que le commentaire sous-entend que « les » Vendéens se soulèvent dans un bel élan unanime pour Dieu et le Roi, mais on ne saura donc pas grand-chose sur les républicains de Vendée, de Loire-inférieure, de Mayenne qui se sont battus avec acharnement contre les Blancs, les empêchant de prendre les grandes villes de l’ouest. Car « la » Vendée est AUSSI une guerre civile locale entre Blancs et Bleus (mais évidemment, cela pose une question fondamentale que Secher n’aborde pas : les Bleus de Vendée sont-ils des « génocidaires » d’eux-mêmes ?) On ne saura rien non plus sur la politique menée par la direction de l’Armée catholique et royale dans les territoires « libérés », sur ses liens avec les émigrés ou les Anglais.

A part cela ? Quoi de neuf ? Rien.

Des variations sur le thème « anti-totalitaire » qui ne sont ni très neuves ni très remarquables par leur intelligence interprétative. Le grand spécialiste des livres noirs, Stéphane Courtois, nous livre ainsi une réflexion de poids : « Qu’est-ce qu’un brigand ? Bon… Un brigand… c’est un criminel. Alors… ça c’est intéressant… La criminalisation des adversaires politiques ou des opposants quels qu’ils soient. Il ne s’agit plus d’un débat politique, il s’agit de se débarrasser d’une catégorie de la population. » Certes… la criminalisation des adversaires politiques… mais bon (pour parler comme Courtois)… Est-ce bien là une particularité de la Révolution française en général et des révolutionnaires en particulier ? Les tenants de la contre-révolution comme Burke ou Mallet du Pan agissent-ils et parlent-ils autrement ? Les journaux royalistes de 1789 jusqu’au 10 août 1792 traitent tout « patriote » de « brigand », de « cannibale », de « buveur de sang ». Brunswick appelle au massacre de tous les révolutionnaires de Paris dans son manifeste. Les contre-révolutionnaires anglais sont accusés par l'opposition de mener une bellum internecinum (une guerre d’extermination), etc., etc. Le refus du « débat politique » peut difficilement être un apanage des révolutionnaires et il est vrai qu’en Vendée, il ne s’agit en aucun cas d’un débat feutré entre adversaires de bonne société, mais d’une guerre civile à mort dans un contexte de guerre étrangère, la tentation de "criminaliser" l’adversaire est bien forte des deux côtés.

Et les massacres de femmes et d’enfants, les colonnes infernales ? Ce n’est pas du totalitarisme, cela ? Secher explique qu’après août 1793, on ne fait plus de distinction entre les brigands et les femmes, les enfants et les vieillards, que l’on « globalise » l’extermination (sous-entendu, on arrive au génocide puisque tout le monde est « englobé »). Le sage Courtois renchérit : « La rhétorique, elle est très claire, il y a le peuple et les ennemis du peuple, voilà… bon… », « il faut justifier une extermination de masse ». S’il le dit…
La rhétorique, en effet. Celle de Barère, du comité de Salut Public, n’est pas une rhétorique totalitaire, mais une rhétorique de guerre. Si les « historiens » du documentaire avaient quelques connaissances en histoire militaire et politique de l’époque moderne, ils sauraient que la rhétorique de l’extermination n’est pas spécifique aux révolutionnaires français. Sans revenir aux guerres de religion du XVIe siècle, elle est présente dans la plupart des conflits du XVIIIe siècle quand ils impliquent des populations civiles (par exemple lors de la rébellion jacobite en Écosse en 1745). On la retrouve dans la guerre de la deuxième coalition des deux côtés…

Avec Carrier, on est « dans le dur ». Ah ! les noyades… sujet inépuisable… Carrier n’est pas un sanguinaire, c’est un « pur », explique Jean Artarit, il ajoute qu’il est là « pour sortir l’homme révolutionnaire (?), et donc il faut tuer tous les autres. » Profonde réflexion… Un peu plus tard, on apprend que Carrier fait emprisonner les commerçants « dont il convoite la fortune », qu’il envoie des enfants à la guillotine, qu’il affame volontairement les prisonniers en ne leur donnant que du riz à manger, qu’il est l’inventeur des noyades « procédé d’extermination encore plus radical », qu’il « aurait fait tirer de prison les plus jolies filles leur promettant la vie sauve contre des faveurs avant de les faire noyer à l’aube » (mais ce sont peut-être des « rumeurs »). On apprend même le nombre des noyés (environ 6 000). Tous ces « faits » ne sont pourtant rien moins qu’établis. Sans entrer dans le détail de l’affaire Carrier et du rôle que son procès joue dans la définition de la « Terreur » après Thermidor (7), il faut rappeler que personne n’a pu prouver que Carrier s’était enrichi, qu’il aurait monnayé ses grâces auprès des jolies Nantaises, ni même qu’il aurait ordonné les noyades. Des noyades, il y en a bien eu, c’est à peu près certain, mais combien, avec combien de victimes à chaque fois, avec quels exécutants, nous ne le savons pas avec certitude (8).

Les « colonnes infernales de Turreau » sont « incompréhensibles » puisque la « Vendée n’est plus une menace », c’est du moins ce qu’affirme Secher. Pourtant, la première guerre de Vendée se termine en 1795 (pour reprendre presque aussitôt) et la guerre extérieure ne prend fin complètement qu’en 1802. On peut penser que, pour les dirigeants parisiens, la menace est encore bien présente et que la nécessité d’éradiquer la révolte est toujours bien là.
Mais ces destructions de Turreau… on est bien dans le « génocide », non ?
Rien n’est moins sûr… La tactique appliquée par Turreau est courante dans la répression des insurrections locales dans les guerres de toute l’Europe. La destruction des maisons, des récoltes, du bétail, l’exécution des paysans pris les armes à la main, étaient, hélas, les méthodes utilisées par tous les pouvoirs, monarchistes ou non, qui faisaient face à des insurrections paysannes dans un « pays » difficile d’accès. Le caractère atroce des massacres perpétrés par les armées républicaines ou par l’Armée catholique et royale n’était en rien inédit. Les mêmes massacres se répètent en bien d’autres circonstances, par exemple l’insurrection sanfediste à Naples en 1798.

Cela n’empêche pas le journaliste Christophe Bourseiller d’acquiescer quand le présentateur lui pose la question : « Robespierre a-t-il voulu mener une expérience en inventant… en éradiquant une population pour inventer l’homme nouveau ? » On attend toujours la référence du document où Robespierre aurait ne serait-ce qu’esquissé un programme d’éradication d’une population « pour créer un homme nouveau »… Mais Bourseiller n’est pas à cela près puisque quelques secondes plus tard, il affirme avec beaucoup d’aplomb que les colonnes infernales de Turreau « préfigurent les Einsatzgruppen » nazis (et oui, dans les deux cas, il y a eu des massacres dans les bois). Robespierre ce n’est plus seulement Lénine, Staline et Pol Pot, c’est directement Hitler et la SS… Il est vrai que le « communisme » et le « nazisme » c’est tout un… Certes, Bourseiller trouve que Secher exagère quand il parle de « fours crématoires »… Il est modéré, le journaliste Bourseiller… pas comme les révolutionnaires qui ont anticipé les Khmers rouges en changeant le nom de la Vendée en « Vengé » comme Pol Pot a appelé son pays le Kampuchea. La comparaison laisse pantois.

Approximations, erreurs, manipulations, mise en scène, reprise du vieux discours vendéen et contre-révolutionnaire remis au goût « génocidaire » du jour, une pincée d’anti-totalitarisme : de vieilles recettes pour une vieille mixture. Dès lors, tous les sites royalistes du Web en conviennent : cette émission a été placée sous le signe de la rigueur historique et de l’objectivité. Il n’y a donc rien de racoleur ni de politique dans cette agitation médiatique autour de Robespierre et des guerres de Vendée que nous a offert le service public en collaboration avec Europe 1. C'est évidemment un pur hasard si le 8 mars, au lendemain de l'émission, les députés qui soutiennent le lobby vendéen (Dominique Souchet, Hervé de Charette, Lionnel Luca etc.) ont déposé une nouvelle proposition de loi visant à reconnaître le « génocide vendéen ».

 


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105 réactions à cet article


  • rakosky rakosky 25 janvier 2013 19:22

    Monsieur,pour ne vous citez qu’un exemple de ce qui me gène,il y a ce prétendu coplot de silence autour de la Vendée

    N’importe qui a étudié un peu la Révolution française connait la masse de publications consacrées à la Vendée,lisez nos grands historiens,cela occupera vos soirées d’hiver

  • ctadirke 25 janvier 2013 15:35

    Il y a fort à parier que la majorité des licenciés en Histoire,sinon plus ne connaissent pas la réalité de la Prise de la Bastille, ni qu’il y a eu deux déclarations des droits de l’homme , la seconde protégeant la fortune des bourgeois « révolutionnaires »

    Ni que Cambronne n’a jamais répondu merde aux Anglais

    Etc.

    L’Histoire est une grande menteuse et la plupart des citations historiques des légendes

    Lisez par exemple du Henri Guillemin pour vous déniaiser


    • pissefroid pissefroid 25 janvier 2013 17:35

      Dire que henri guillemin n’est pas objectif
      quand il parle de l’histoire
      est un non sens.


    • wesson wesson 25 janvier 2013 21:57

      Bonjour grandgil,


      « Henry Guillemin est un idéologue justement, pas un historien objectif. »

      Henri Guillemin n’était tout simplement pas un historien, comme Fermat n’était pas un mathématicien.

      ça n’a d’ailleurs empêché ni l’un ni l’autre d’avoir un avis pertinent sur un sujet qui les passionnait.

      L’histoire ce n’est évidemment pas les math, et Guillemin (dont il faut quand même rappeler que c’était un Gaulliste et fervent Chrétien) donne une interprétation documentée qui ne peut objectivement pas se réduire à une idéologie.

    • ffi ffi 25 janvier 2013 23:55

      Fermat n’était pas un mathématicien ?
      C’est lui qui invente l’algorithme du calcul différentiel...


    • wesson wesson 26 janvier 2013 00:43

      bonjour ffi,


      non, Fermat était un Juriste 

      Et d’ailleurs, il avait déclenché les foudres d’un authentique scientifique (Descartes), pour avoir révélé ses erreurs dans le domaine de l’optique, et trouvé une méthode de calcul de la tangente (méthode des maximis et des minimis) bien plus simple et élégante à mettre en oeuvre.

      D’une manière générale, Fermat n’était pas apprécié des scientifiques de l’époque justement parce qu’il n’était qu’un amateur (et aussi parce qu’il ne fournissait que très rarement ses démonstrations).

    • ffi ffi 26 janvier 2013 01:09

      Crois-tu qu’il y avait beaucoup de mathématiciens professionnels ou de physiciens professionnels à l’époque ?
       
      Descartes, par exemple, a fait des études de droit, puis a été rentier, et il a alors occupé son temps libre à l’étude.
      Leibniz, par exemple, a obtenu un doctorat en droit, puis deviendra conseiller à la chancellerie de Mayence, jouera un rôle d’ambassadeur à Paris, pour finir bibliothécaire.
       
      Tout le monde était donc, à cette époque, plus ou moins amateur.
      C’est évidemment à l’oeuvre laissée que l’on peut juger si un tel était mathématicien.
      Fermat est reconnu mathématicien par tout le monde, du fait de son oeuvre.

      Pour moi, qui ait lu la correspondance Fermat-Descartes, ça ne fait aucun doute.


    • wesson wesson 26 janvier 2013 01:28

      « Crois-tu qu’il y avait beaucoup de mathématiciens professionnels ou de physiciens professionnels à l’époque ? »


      Que des mathématiciens contemporains de Fermat :

      Marin Mersenne (aussi prêtre),
      Jean de Beaugrand ,
      Blaise Pascal ,
      Gilles personne de Roberval ,
      Pierre de Carcavi ,
      Claude Hardy 
      et François Viète (mort avant la naissance de Fermat, mais ce dernier adoptera sa notation mathématique)

      ça en fait quelques uns, pour l’époque !

    • ffi ffi 26 janvier 2013 02:08

      Je crois que tu n’y connais rien, car tu racontes n’importe quoi...

      François Viète était de formation juriste et maître des requêtes de métier...
      le père Mersene était prêtre.
      Jean de Beaugrand était secrétaire de ordinaire du Roi.
      Blaise Pascal, je n’ai pas de connaissance de métiers particuliers de sa part, il a travaillé dans l’ingénierie et participé à divers projets économiques comme celui du carrosse à cinq sol, première ligne de transport en commun du monde (sabotée par le parlement de Paris).
       
      Donc on ne va pas juger si quelqu’un est mathématicien uniquement sur les métiers qu’il a exercé, mais aussi par l’oeuvre qu’il laisse dans ce domaine.

      Sinon, des gens comme Leibniz et Pascal ne pourrait pas êtres considérés comme philosophes, ce qui est à l’évidence faux, puisqu’ils laissent derrières eux une oeuvre philosophique.
       
      A l’époque, il était très courant que les gens eussent un métiers alimentaire et se livrassent à la recherche scientifique simplement par passion. Dans la mesure où ils firent évoluer un domaine d’étude, il me paraît justifié de qualifier leur compétence du nom de ce domaine.
       
      Par conséquent, Fermat, qui laissa une oeuvre mathématique conséquente, doit évidemment être considéré comme un mathématicien, de même que la postérité du principe de Fermat permet de le considérer aussi comme un physicien. Cependant que personne ne le qualifiera de philosophe, puisqu’il ne laissa pas d’oeuvre philosophique derrière lui.
       
      Il est d’ailleurs tout-à-fait faux d’affirmer que Fermat ne livrait pas ses démonstrations. Il livrait ses démonstrations, mais de manière géométrique, ou dans le formalisme de Viet, comme c’était la coutume à l’époque. La correspondance Fermat-Descartes permet de ne pas en douter : Descartes s’y fait expliquer la méthode maximis/minimis pour calculer les tangentes. D’abord sceptique, il finit par admettre : « si vous me l’aviez expliqué ainsi au départ, je n’y aurait rien trouvé à redire ».

      Lisez ces correspondances si vous en doutez (voir ici). Elles sont répertoriées comme dans le domaine « histoire des mathématiques ». Donc Fermat est un mathématicien.

      Sa méthode des maximis/minimis est au fondement du calcul différentiel.


    • wesson wesson 26 janvier 2013 03:10

      « Donc on ne va pas juger si quelqu’un est mathématicien uniquement sur les métiers qu’il a exercé, mais aussi par l’oeuvre qu’il laisse dans ce domaine. »


      Commencez par en juger par ceux qui ont fait des études en ce sens. 

      Mersenne a commencé par là (collège du mans, collège royal et sorbonne). Et au cas ou vous l’ignoreriez, il a enseigné les mathématiques et a fondé l’académie Mersenne, ou il ne s’agit pas d’apprendre la pratique du tricot. 

      Pascal est éduqué par son père lui même bon mathématicien, qui finira par prendre peur et lui interdira même de poursuivre toute étude dans ce domaine, ce qui l’orientera en fait vers la physique et la mécanique. Bref, là encore une formation mathématique initiale. La philosophie n’arrivant que plus tard (pour Pascal, à l’occasion d’une expérience mystique consécutive à sa maladie)

      Jean de Beaugrand lui aussi reçoit dans sa jeunesse un enseignement spécifique des mathématiques.

      La plupart des noms que j’ai cité sont des personnes qui ont reçu des études spécifiques de mathématiques et se sont ensuite consacrés peu ou prou à une carrière scientifique, ce qui n’est pas le cas de Fermat qui ne reçut qu’une formation de juriste, et en fera son métier jusqu’à sa mort.

      Son « oeuvre mathématique » se résumant à l’abondante correspondance qu’il entretenait justement avec les mathématiciens « pro », et même sa fameuse conjecture (que l’on appelle maintenant théorème de Fermat - Wiles) fut publiée par son fils 5 ans après sa mort.

      « Donc Fermat est un mathématicien. »

      Juriste de profession, et mathématicien de passion. Un amateur donc.

      « Sa méthode des maximis/minimis est au fondement du calcul différentiel. »

      c’est gentil de me le dire, d’autant que je l’avais déjà mentionné dans mes réponses, que vous avez assurément pris la peine de lire.

      « Je crois que tu n’y connais rien, car tu racontes n’importe quoi. »

      Mais dites-moi, on se connait ?

    • ffi ffi 26 janvier 2013 05:10

      Dis-moi, selon toi, le bibliothécaire Leibniz n’était ni mathématicien, ni physicien, ni philosophe ?
       
      Ca ne tient pas debout...

      Non, ce n’est pas de toi que je connais la méthode des minimis/maximis....
      Comme tu le dis si bien, je ne te connais pas.


    • OuVaton OuVaton 26 janvier 2013 12:13

      Bon, on s’en fout un peu de savoir qui est estampillé mathématicien ou juriste ou curé... Faut dormir le nuit.


      J’aime bien l’idée qu’il existe des amateurs qui détrône les professionnels/experts/spécialistes...

    • ptimarc 26 janvier 2013 14:42

      « c’ est la canaiiiiiiilllleee,et bien j’en suis »


    • rakosky rakosky 27 janvier 2013 00:56

      Il semble au vu de beaucoup de réactions publiées ici que la République soit devenue à nouveau une cible,la Gueuse fait son grand retour et pas seulement sur Agora

      Par excès de timidité ,beaucoup de ceux qui s’expriment ici n’osent aller au terme de leur raisonnement et se déclarer ouvertement contre la République
      Nous renouons avec une très ancienne tradition et derrière les cris de haine contre l’Incorruptible,nous sentons bien à quel point la République jacobine est pour la Réaction un héritage insupportable

    • lereveur 25 janvier 2013 15:37

      Et ces deux intellectuels nous parlerons de la Terreur jacobine dans un prochain article ?

      « La République se régénère sur un monceau de cadavres » écrit Saint-Just

      « Il convient de faire de la Vendée un grand cimetière national, afin de purger entièrement le sol de la liberté de cette race maudite. » Général TURREAU.

      « Je n’ai point fait de prisonniers. Les soldats de la liberté étaient trop indignés par l’audace de cette horde d’esclaves qui ont osé les déranger de leur dîner. » Général MIESKOWSKI.

      « Le comité a pris des mesures qui tendent à exterminer cette race rebelle des vendéens. » BARERE.

      « C’est par principe d’humanité que je purge la terre de la Liberté de ces monstres » CARRIER

      « Il n’y a plus de Vendée ! Citoyens républicains, elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais de Savenay, suivant les ordres que vous m’avez donnés. J’ai écrasé les enfants sous les pieds de mes chevaux, massacré les femmes qui au moins pour celles là, n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé… Les routes sont semées de cadavres. Il y en a tant que sur plusieurs points, ils font des pyramides. » Général François WESTERMANN.


      • Scual 25 janvier 2013 18:41

        C’est un article sur Robespierre... alors elle est où sa citation ?

        Parce que sinon ce commentaire n’a aucun intérêt sinon de donner raison à l’article qui affirme que ce que l’on dit sur Robespierre par rapport à la Vendée n’est étayé par aucune preuve. Si vous en avez une une je serais ravi de voir notre connaissance de l’Histoire avancer un peu.


      • rakosky rakosky 27 janvier 2013 01:06

        Monsieur ,pour la clarté du débat je souhaiterais savoir si votre condamnation morale des atrocités de cette guerre civile vise l’ensemble des exactions commises par les 2 camps qui se livraient à une lutte à mort,ou bien seulement celles des armées républicaines ?

        Par ailleurs,vos convictions humanistes vont elles jusqu’à condamner la terrible cohorte de crimes et d’actes de violence,de rapines et toute la barbarie que les classes dirigeantes furent capable de déployer pour se maintenir au pouvoir


      • Christian Labrune Christian Labrune 25 janvier 2013 15:45

        Le djihadisme bien de chez nous des nostalgiques français de la grande Terreur vient de frapper encore une fois sur AgoraVox.

        Il n’y a pas qu’au Mali...

        La guillotine et la charia, même combat.

         


        • Walid Haïdar 26 janvier 2013 11:10

          Et sinon sur Robespierre, une citation ?


          Parce qu’enfiler les perles de citations de généraux et autres politiciens qui en pleine guerre totale (intérieur et extérieure), se félicitent de leurs exploits militaires et de l’élimination de leurs adversaires, ça fait joli mais surtout très trivial.

          Vous pourriez dire en revanche : « c’est remarquable, en pleine guerre sur tous les fronts, alors que la révolution est menacée de toutes parts, que de toutes parts des hommes sont tués, que la nation toute entière est sous le feu, que les tensions sont à leur paroxisme, Robespierre, à aucun moment, ne se félicite des sanglants exploits des forces révolutionnaires »

          Mais vous ne dites pas cela bien entendu, car l’unique but de toute ce travail de sape de Robespierre, est de discréditer un des plus ardents défenseurs du peuple, qui se distinguait en cela radicalement de la grande majorité des révolutionnaires bourgeois qui défendaient avant tout leurs privilèges de classe dans toute cette histoire.

          Il s’agit bien de discréditer ce qu’il y a de plus noble dans la révolution française, et de plus à gauche par la même occasion (exceptées les citations intellectuellement malhonnêtes de Baboeuf, qui constituent, données seules, un mensonge pur et simple concernant de la pensée de cet « extrémiste » de gauche).

          De toutes façons quand on défend une idéologie inconsistante on a pas d’autre choix que de passer son temps à trafiquer et mentir.

        • Walid Haïdar 26 janvier 2013 11:14

          je précise avant qu’on me comprenne mal, que quand je dis « de plus à gauche », je parle d’une part de Robespierre lui-même, qui était loin d’être un enragé, mais qui, parmi ceux qui ont eu une influence déterminante sur le processus révolutionnaire de l’époque, était à gauche toute.


          Et je parle en même temps de la façon de salir l’extrême gauche cette fois, et Baboeuf, en lui attribuant une analyse qui est le contraire de ce qu’il a fini par comprendre avec plus de recul.

        • rakosky rakosky 27 janvier 2013 01:16

          Monsieur ,c’est à juste titre que vous parlez de Jihadistes,puisque nous savons tous qu’ils sont armés et financés par les capitalistes et sont instrumentalisés pour détruire les Nations arabes 

          Le rapport avec les Chouans va bien plus loin que ce que vous voulez bien dire
          La défense de la République en 1793 et la défense de la souveraineté des peuples aujourd’hui sont bien un seul et même combat,la seule différence est que l’argent du Qatar a remplacé celui de la City

        • Dwaabala Dwaabala 25 janvier 2013 15:49

          Les faits concernant la Vendée sont ceux d’une atroce guerre civile.
          La coalition portait la guerre sur le territoire national au moment même où la levée des 300 000 hommes déchaînait la Vendée.
          Cette guerre civile exaspéra les républicains et les porta vers les Montagnards qui, seuls partisans d’une politique de salut public, apparurent comme le parti de la défense révolutionnaire.
          La Vendée, en portant à son paroxysme la crise de la Révolution, précipita la chute de la Gironde.
          La Gironde périt de ce qu’elle avait engendré : la guerre.

          C’est avoir l’esprit mal orienté que de vouloir s’appuyer sur les chiffres des victimes, rapportés par l’humanisme faussement candide d’aujourd’hui, pour ne pas saisir la complexité du drame historique ; mais il y a deux cents ans que ça dure.
           


          • alberto alberto 25 janvier 2013 16:04

            Bien d’accord avec toi Dwaabala,

            D’ailleurs, les armées du roi avaient procédé de même quelques années auparavant lors de la révolte de Camisards : femmes enfants trucidés, villages brûlés, les mêmes horreurs !

            Par ailleurs identifier Robespierre à la guerre de Vendée est idiot...

            Et puis tous ces nobliaux vendéens qui envoyaient leurs paysans au casse-pipe avec la bénédiction intéressée des curés, leur avaient-il demandé leur avis ?


          • alberto alberto 25 janvier 2013 17:13

            Grangil : Ce sont les curés qui ont poussé les paysans à refuser la conscription pour lutter contre un ordre sociétal dont ils perdaient le contrôle...

            Et les nobliaux étaient de mèche !

            Quant aux atrocités commises, personne ne les nie ! De là à les faire endosser par Robespierre, c’est de l’acharnement et de la vengeance posthume. 


          • Scual 25 janvier 2013 18:47

            C’est plutôt dans la droite ligne de la propagande contre-révolutionnaire et réactionnaire actuelle.

            A droite, toutes ! Et dans tout les domaines ! L’histoire n’est certainement pas épargnée et la télévision regorge de reportage monarchistes, nostalgiques, traditionnalistes etc... bref FN. C’est la télévision actuelle, quoi.


          • Dwaabala Dwaabala 25 janvier 2013 18:49

            Bien sûr que je le connais ! j’avais même voté pour à la Convention.

            En parlant de laisser les morts enterrer leurs morts, Jésus ne pensait sans doute pas au moment précis de l’enterrement mais bien plus à ce qui suit, au deuil. Et sans doute avait-il remarqué, comme nous, que beaucoup de gens, après une épreuve ou après la perte de quelqu’un, n’arrivaient plus à vivre, n’avaient plus d’avenir, plus d’espérance.


          • Walid Haïdar 26 janvier 2013 11:38

            « Le nouveau régime étant pire que l’ancien, leur choix était fait »


            Vous avez un peu caricaturé la situation mais c’est pas grave, les habitudes sont tenaces.

            Ceci dit, si vous convenez qu’on peut difficilement faire plus violente exploitation des travailleurs que le capitalisme, c’est fantastique (et si vous admettez que la révolution française ce n’est pas QUE l’accaparement du pouvoir par une nouvelle classe, vous avez vraiment un esprit impartial, mais j’en demande même pas tant pour le moment). Et donc en toute cohérence vous êtes anti-capitaliste ?

            Non parce que ce que je constate c’est que malgré les magnifiques accents humanistes des royalistes et autres réacs de service concernant l’exploitation des travailleurs par la bourgeoisie nouvelle régnante de l’époque, tous ces bons réacs donc, sont de forcenés capitalistes, défendent mordicus ce système, combattent fondamentalement tout dépassement de ce système (« y aura toujours des riches et des pauvres tu sais », « aucun système n’est parfait », « pourquoi tu nous saoules avec ta lutte des classes ? », « si tu crois, dieu te donnera le pain par surcroît » (et 100 balles et un mars si tu tailles une pipe au curé)). Aucun mec de droite dont j’ai entendu parler (à part peut-être trois zouaves dans un coin que personne n’a jamais vu) ne propose de sortir de l’horrible système capitaliste qui avait d’ailleurs commencé à grossir dans le ventre des civilisations bien avant 1789.

            C’est marrant, c’est pas très cohérent, mais c’est marrant.

            Un super droitier, ça kiffe grave le capitalisme, simplement, ça veut juste qu’on concentre un peu plus les pouvoirs (cf le programme du FN, qui renforce les pouvoirs du président), voire que certains pouvoirs très accessoires comme par exemple, celui d’un monarque de droit divin et de ses copains aristocrates (les meilleurs, et sans rire en plus) deviennent héréditaires (bon j’avoue, c’est pas le genre de la famille Le Pen, eux c’est des vrais républicains). C’est la meilleure réforme du capitalisme que ces rigolos sont capables d’imaginer, et ils ont même pas l’impression de se foutre de la gueule du monde.

          • rakosky rakosky 27 janvier 2013 01:18

            @Dwaabala (


            Lu et approuvé
            Bien cordialement à vous

          • rakosky rakosky 27 janvier 2013 18:07

            Il y a bien d’autres choses à dire sur la Loi Le Chapelier,comme le fait qu’elle fut abrogée par la Convention jacobine et rétablie après Thermidor,que Robespierre fut l’un de ses plus farouches opposants

            Je vous renvoie au très utile article de Florence Gauthier dont je tire une longue citation qui me semble assez éclairante

            La Loi Le Chapelier fait partie de la loi martiale , …

            L’Assemblée constituante voulait se donner des moyens pour réprimer le mouvement populaire et trouva un prétexte le 21 octobre 1789 : à Paris, une rixe devant une boulangerie lui permit d’intervenir et elle vota, dans l’heure qui suivait, la loi martiale, qui interdisait le non respect de la liberté du commerce des grains.

            La loi martiale fut ensuite régulièrement complétée. Le 23 février 1790, un complément visa les « troubles agraires » et le refus des perceptions des droits seigneuriaux et des impôts royaux. Puis, le 14 juin 1791 l’arsenal répressif fut complété par la Loi Le Chapelier dont l’objet était : « de prévenir … les coalitions que formeront les ouvriers pour faire augmenter le prix de la journée de travail [1]… », d’interdire le droit de réunion aux citoyens d’un même état, ainsi que le droit d’envoyer adresses et pétitions aux corps administratifs et municipaux, ou de s’exprimer par lettre circulaire ou affiche. 
            Cette loi qualifie ces attroupements de « séditieux » et autorise l’application de la loi martiale. 
            La loi martiale consiste à autoriser la force armée à déployer le drapeau rouge et proclamer la loi martiale par trois annonces orales successives, au su et au vu des « séditieux », et ensuite de faire feu sur eux. 
            Le 20 juillet 1791, juste après la fusillade du Champ-de-Mars qui fut une application très concrète de cette loi de sang sur une manifestation pacifique de Parisiens, une nouvelle version récapitulative de la loi martiale fut votée. Voici le détail des « attroupements séditieux » qui intègrent la Loi Le Chapelier :

            « Art. 10. Les attroupements séditieux contre la perception des cens, redevances, agriers et champarts, contre celle des contributions publiques, contre la liberté absolue de la circulation des subsistances, des espèces d’or et d’argent ou toutes autres espèces monnayées, contre celle du travail et de l’industrie, ainsi que des conventions relatives au prix des salaires, seront dissipées par la gendarmerie nationale, les gardes soldées des villes… : les coupables seront saisis pour être jugés et punis selon la loi
            On le voit, cette loi martiale récapitule ici toutes les formes d’expression du mouvement populaire, caractérisé par les jacqueries armées des paysans contre le régime féodal, les troubles de subsistances en réponse à « la guerre du blé », les réunions et grèves des ouvriers urbains et ruraux.

            La Révolution des 31 mai-2 juin 1793 supprime la loi martiale. 
            La Révolution du 10 août 1791 renversa la Constitution de 1791 et la Convention, qui fut élue en septembre 1792, fut une nouvelle assemblée constituante, chargée de proposer une nouvelle constitution. Mais le parti girondin, qui dirigea alors la politique, obtint une majorité pour rétablir la liberté du commerce des grains accompagnée de la loi martiale, le 8 décembre 1792… La nouvelle Révolution des 31 mai-2 juin 1793 renversa la politique girondine. La Constitution de 1793 fut votée le 24 juin suivant et elle supprimait enfin la loi martiale :

            « La Convention nationale, sur la proposition d’un de ses membres, décrète que la loi martiale est abolie »

            La réaction thermidorienne rétablit la loi martiale le 22 août 1795 
            Le 9 thermidor an II-27 juillet 1794, mit fin à la République démocratique montagnarde et renversa la Constitution de 1793 par un « coup d’état parlementaire ». Oui, cela existe. La Constitution votée le 22 août 1795 rétablit une aristocratie des riches, en excluant nommément les « professions mécaniques » du droit civique, soit les travailleurs manuels, paysans, artisans, ouvriers. Elle rétablit aussi la loi martiale qui fut intégrée à la Constitution et interdit les attroupements, armés ou non, le droit de réunion et d’association, de présenter des pétitions et de faire grève. 
            La loi martiale resta en vigueur tout au long du XIXe siècle.

            Robespierre a dénoncé la loi martiale 
            Il ne fut pas le seul ! tout le mouvement populaire s’en indignait et luttait contre en continuant de s’organiser et de faire avancer la République démocratique. Mais il s’agit aujourd’hui de Robespierre et je me limiterai à sa position. Commençons par son intervention à l’Assemblée lors de la discussion sur la loi martiale le 21 octobre 1789 :

            « On vient de vous demander des soldats et du pain : les ennemis du bien public ont prévu les tristes perplexités dans lesquelles vous alliez être plongés, elles sont peut-être leur ouvrage : mais y pense-t-on bien lorsqu’on vous demande une loi martiale ? C’est comme si l’on vous disait : le peuple s’attroupe parce que le peuple meurt de faim, il faut l’égorger. 
            Il y a d’autres mesures à prendre, messieurs, il s’agit de remonter à la source du mal. Il est question de découvrir pourquoi le peuple meurt de faim, il faut absolument étouffer cette conjuration formidable contre le salut de l’état. Car nous ne pouvons plus en douter, ses ennemis sont nombreux : là ce sont des évêques, vous en avez la preuve dans un mandement incendiaire qui vous a été soumis, ailleurs ce sont des accapareurs de grains qui en empêchent la libre circulation dans l’intérieur et qui en favorisent l’exportation »



          • Richard Schneider Richard Schneider 25 janvier 2013 17:23

            Étude sérieuse.

            Comme l’écrit l’auteur, « on » ne trouve pas de texte de Robespierre spécifique à l’insurrection vendéenne. Certes, il y a eu une véritable guerre entre les Bleus et les Blancs et, comme dans toutes guerres, des massacres atroces - cf. Les Guerres de Religion, la Révolte des Camisards etc ... Mais, voir l’épisode vendéen à travers nos yeux d’aujourd’hui et comparer Robespierre à Hitler ou Staline n’a pas de sens historiquement parlant ...
            Sans entrer dans une polémique stérile, je dirai que, s’il n’est pas inutile d’étudier le passé avec les moyens actuels à la disposition des historiens, il est en revanche dangereux de vouloir à tout prix réduire une page difficile de notre Histoire à un acte de propagande antirépublicaine et antinationale. 
            Comme l’écrit fort pertinemment Dawaabal : « c’est avoir l’esprit mal orienté que de vouloir s’appuyer sur les chiffres des victimes, rapportés par un humanisme faussement candide, pour ne pas saisir la complexité des drames historiques ».



            • xanthien 26 janvier 2013 02:29

              "il est en revanche dangereux de vouloir à tout prix réduire une page difficile de notre Histoire à un acte de propagande antirépublicaine et antinationale."

              Absolument, avouer le génocide serait une trahison contre la république et la révolution qui la fonde.
              La réalité et la vérité n’existent pas, je veux dire qu’elles sont toujours relatives, elles sont ce que nous décidons aujourd’hui.
              Il serait d’ailleurs approprié de purger les archives des textes anti-nationaux pour évacuer tous les faux débats. Après tout, ce sont peut être des faux insérés ultérieurement !


            • rakosky rakosky 27 janvier 2013 01:23

               Richard Schneider


              Vous avez raison,mais il semble que l’objectif politique de de déchaînement dépasse largement le cadre du simple débat historique,c’est bien la République qui est en cause et beaucoup de ses ennemis de toujours s’imaginent que leur heure est enfin venue 

            • Ruut Ruut 25 janvier 2013 17:36

              Reste que notre République est assise sur le sang de son peuple et n’existe que suite a un génocide.

              Elle est donc mal placée pour donner des leçons de morale aux peuples du monde.


              • wesson wesson 25 janvier 2013 22:15

                bonjour ruut,


                L’église à qui ont doit les bûchers pour brûler les sorcières, les guerres de religion dont la plus longue a quand même duré 150 ans, les croisades, l’inquisition, pratiquement 1000 ans de glaciation moyennâgeuse et pour finir la colonisation notamment de l’Amérique dont il ne vous aura pas échappé que elle aussi s’est soldée par un génocide.

                L’église est donc effectivement très bien placée pour juger les débuts malheureux de la république.



              • ffi ffi 26 janvier 2013 00:35

                1°) Ce sont les parlements laïcs qui organisaient la chasse au sorcière (cf Jean Bodin).
                L’église a clairement condamné ces pratiques, c’est la raison pour laquelle la chasse au sorcière eut lieu surtout dans les pays protestants. (Luther en était un grand partisan)

                2°) Pour les guerres de religions, il fallait deux belligérants.
                En France, il y en a eu 8 : 1562-1563 ; 1567-1568 ; 1568-1570 ; 1572-1573 ; 1574-1576 ; mai 1577-septembre 1577 ; 1579-1580 ; 1585-1598 ;
                C’est-à-dire 20 ans de conflits à la fin du XVIème siècle.
                C’était d’ailleurs aussi une guerre civile au sein de la Noblesse (duc de Guise, prince de Condé), sous fond d’ingérences étrangères.
                 
                Pour comparaison, la période 1792 - 1815 (Chute de Napoléon), c’est 23 années de conflits.
                 
                3°) On ne peut pas parler de génocide en Amérique (hormis peut-être pour les indiens d’Amérique du Nord). Rien de tel n’a été planifié. La controverse de Valadolid montre bien que les Indiens ont été considérés comme des humains à part entière.


              • wesson wesson 26 janvier 2013 01:54

                « On ne peut pas parler de génocide en Amérique (hormis peut-être pour les indiens d’Amérique du Nord). »


                C’est ça, vous irez raconter ça aux Aztèques (25 millions) et aux incas (12 millions). A mais suis-je bête, ils n’y en a plus, ils ont été exterminé, tous !

                Et pour l’Amérique du Nord, les Amérindiens sont passé de 35 millions à 1500 aujourd’hui. Appelez ça comme vous le voulez mais ça ressemble quand même bien fort à un génocide.

                Sur le reste, c’est le commerce des indulgences papales (à partir de 1300) qui fournira la matrice à plus de 3 siècles de conflits, le dernier étant à l’occasion de la révocation de l’édit de Nantes (1685). Presque 4 siècles de guerre et de guerre civiles qui ont mis l’Europe à feu et à sang, pour des raisons strictement religieuses.

                Alors désolé d’y insister, la Religion et les religieux ne sont absolument pas bien placés pour donner des leçons de morale, même aux pires des meurtiers de masse 

              • ffi ffi 26 janvier 2013 02:43

                Vous croyez vraiment qu’une centaine de conquistador ont pu exterminer 25 millions d’Aztèques ?
                 
                D’ailleurs, on a bien peu de sources pour évaluer la quantité de population à l’époque, certains évoquent 20 millions au Mexique à l’arrivée des Espagnols. Moi, cela me semble beaucoup. La France, le pays le plus peuplé d’Europe et le plus développé comptait seulement 20 millions de personnes à ce moment-là.

                Aujourd’hui, il y a 12,5 millions de gens d’origine amérindienne au Mexique.
                 
                Il semblerait qu’il y ait eu aussi de grosses épidémies.
                En tout cas, aucun génocide n’a été fomenté.
                Il n’y a pas eu un système de dépopulation comme en Vendée.
                 
                Pour le reste, les guerres religieuses ont toujours existé partout.
                Les guerres au nom des droits de l’homme contemporaines sont objectivement des guerres religieuses.
                 
                Quand les gens ne sont pas d’accords, ils tendent à se taper sur la figure, ce n’est pas très nouveau...

                Moi ce que je vois, c’est que quand les espagnols sont arrivés au Mexique, les indiens guerroyaient aussi entre eux et pratiquaient les sacrifices humains (ils avaient peur que le soleil cesse de briller). De même, lorsque les Européens sont arrivés dans le monde musulman, ils ont découvert une société entièrement basée sur l’esclavage, y compris sexuel (les Harems), alors que ce n’était plus le cas en Europe continentale depuis au moins le VIIème siècle et absolument interdit par l’Eglise.
                 
                Donc l’église ne s’est pas beaucoup trompée, il faut bien l’admettre.
                Si le protestantisme n’avait pas sapé son autorité, il n’y aurait jamais eu d’esclavage en Amérique. Les outrances des puritains et autres bigots protestants n’auraient pas engendrés la chasse aux sorcière.
                 
                Le truc, c’est que tu amalgames 1500 d’histoire. Mais en 2 siècles, l’Europe post-révolutionnaire a vécu et commis nettement pire...


              • wesson wesson 26 janvier 2013 03:18

                « l’Europe post-révolutionnaire a vécu et commis nettement pire... »


                C’est ça : donnez la bombe atomique à Louis IX, et c’est un autre peuple que Hitler aurait eu à exterminer.

              • wesson wesson 26 janvier 2013 04:21

                « Vous croyez vraiment qu’une centaine de conquistador ont pu exterminer 25 millions d’Aztèques ? »


                Ce qui achève de me convaincre que vous ne connaissez pas grand chose à l’histoire.

                Je vais vous rafraîchir un peu ça. Colomb débarque en fait au Bahamas, et tombe sur les indiens Arawak. Ceux-ci sont pacifiques et accueillent très chaleureusement les Espagnols. 

                « Ils nous ont apporté des perroquets, des pelotes de coton, des lances et bien d’autres choses qu’ils échangeaient contre des perles de verre et des grelots. Ils échangeaient volontiers tout ce qu’ils possédaient. [...] Ils étaient bien charpentés, le corps solide et les traits agréables. [...] Avec seulement 50 hommes, nous pourrions les soumettre tous et leur faire faire tout ce que nous voulons » 

                Les Arawaks portent aux oreilles des petits bijou en or, et c’est en fait ce qu’est venu chercher Colomb. Il prends quelques indiens en otage en leur demandant de les amener jusqu’à la source de l’or. Ils arrivent en Haiti, ou on lui fait voir un masque en or, et quelques pépites dans un cours d’eau. 

                Immédiatement, Colomb décide de transformer l’un de ses bateau (la Santa Maria) en fortin, avec 39 membres de son expédition chargé de découvrir et d’entreposer l’or. Et avant même de repartir pour l’Espagne chercher du renfort, ils tue et fait prisonnier quelques indiens.

                Puis il rentre en Espagne ou il fait un récit proprement délirant, expliquant qu’il est arrivé en inde (c’est d’ailleurs pour cela que on appelle encore aujourd’hui les populations qui y vivait « les Indiens »), et qu’il a trouvé des épices, de l’or à foison et des filons d’autres métaux. Il demande à leurs majestés une autre expédition bien plus importante, avec la promesse de leur rapporter « autant d’or qu’ils en auront besoin [...] et autant d’esclaves qu’ils en exigeront ».
                et de conclure « C’est ainsi que le dieu éternel, notre seigneur, apporte la réussite à ceux qui suivent sa voie, malgré les obstacles apparents »

                On ne saurait mieux dire !

                La seconde expédition de Colomb réunit 17 bâtiments, et plus de 1200 hommes lourdement armés avec pour objectif parfaitement clair : ramener des esclaves et de l’or.
                 
                Il se livre alors à un ratissage en règle des îles dans la mer des Caraïbes. Comme il était devenu rapidement évident qu’il n’y avait pratiquement pas d’or, Colomb y faisait la chasse à l’esclave. Hors, comme plus de la moitié mourrait en chemin, ce n’était pas assez rentable.

                N’ayant toujours pas abandonné l’idée de ramener de l’or, Colomb oblige alors toute la population de 14 ans et plus de la province de Haïtienne de Cicao à collecter un minimum trimestriel d’or, à échanger contre un jeton de cuivre à porter au cou. Si un indien était vu sans ce jeton de cuivre, on lui coupait d’abord les mains, puis il était saigné à blanc. Mission impossible, car il n’y avait vraiment pas d’or...

                Les Indiens ont bien entendu essayé de se défendre et de résister, mais face à eux qui vivaient nus, ils avaient des Espagnols en armure et chevaux, équipés d’épées et de lances.

                Et lorsque il devint totalement évident que l’île n’avait pas d’or, ce fut esclavage pour tout le monde dans les fameuses encomiendas, exploitations géantes ou les indiens mourraient par dizaines de milliers. 

                En seulement 2 années, la population d’Haiti (500.000 indiens) se réduisit de moitié. En 1515, il ne restait plus que 15000 indiens, 500 en 1550, et en 1650, un rapport affirme que tous les Arawaks et leur descendants avaient disparus d’Haiti.

                La source principale de ce récit est le témoignage de Bartolomé de Las Casas, jeune prête qui participa un temps à la conquête de Cuba. Il posséda même une plantation ou l’on faisait travailler les esclaves, mais qui finit par l’abandonner pour se faire un des plus ardent critique de la cruauté des conquistadors. 

                Si vous voulez, je pourrais vous donner quelques récits de cet homme d’église propre à faire passer les plus excités des talibans pour des humanistes.

                 Mais j’ai été trop long, et votre vision préformatée de la religion catholique vous aura fait probablement abandonner ce récit qui est pourtant celui d’un génocide parfaitement réussi, « au nom de la sainte trinité ». Il y en aura beaucoup d’autre.

                Alors les leçons de morale voyez vous, j’estime ni la religion, ni vous même et vos pathétiques notions historique n’êtes en mesure d’en donner.

              • wesson wesson 26 janvier 2013 04:29

                typo : « équipés d’épées et de fusils. »

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