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 Accueil du site > Tribune Libre > Wikileaks et l’assassinat de Nick Berg : un odieux montage (...)

Wikileaks et l’assassinat de Nick Berg : un odieux montage ?

Parmi les 400 000 textes mis en ligne par Wikileaks, certains on déjà relevé de belles perles, très compromettantes. pour le pouvoir américain, et une particulièrement, qui met bat une mascarade complète, et prouve qu’on a largement manipulé le public dans la guerre en Irak. Un fichier, notamment, qui revient sur une des affaires les plus tordues de cette guerre immonde. La décapitation de Nicolas Berg, un américain soi-disant retenu en otage par le mafieux Al-Zarqawi, monstrueuse création de services secrets, sans aucun doute une créature de la CIA. Berg n’était pas du tout tel qu’on l’avait présenté, et que sa fin a été l’objet d’une mise en scène de façon à masquer ce qui a dû être au départ une bavure. C’est un énorme scandale de révélé, et on souhaiterait que des journalistes prennent davantage le sujet au sérieux : la fausse décapitation de Berg est un des pires épisodes de propagande s’étant produit depuis des décennies. Sa mort révèle l’horreur consistant à fabriquer une terreur, à donner en exemple ce genre d’acte sanguinaire et de le jeter en pâture à de jeunes cervelles manipulées qui auront pris ce genre d’acte comme exemple à suivre. Les personnes qui ont fait cela ne sont pas à blâmer, mais bien a être sévèrement condamnées : ce travestissement honteux de la réalité est bien une forme de manipulation digne des pires heures du fascisme. Depuis l’incendie du Reichstag (et de l’épisode du Golfe du Tonkin, et de celui de l’attaque de l’USS Liberty  !), on n’avait pas fait pire en effet.

La propagande, la voici, reprise telle quelle, hélas, par Wikipédia : "Nicholas Evan Berg (né le 2 avril 1978 à Philadelphie, États-Unis - mort le 7 mai 2004 en Irak), était un homme d’affaires américain en radiotélécommunications. Il fut enlevé puis décapité par des terroristes islamistes en Irak où il a voulu investir dans le domaine de la radiotélécommunication. Il aurait été décapité par Abou Moussab Zarqawi, selon la CIA. Il avait 26 ans. Les bourreaux ont dit qu’ils avaient tué Berg pour venger les victimes de tortures de la prison d’Abou Ghraib". Le conditionnel de Wikipedia est le seul garde-fou laissé sur ce cas affligeant : aujourd’hui, Wikileaks y met fin.
 
La mort de Berg, présentée dans une vidéo artificiellement dégradée et rendue sciemment floutée avait à l’époque de son apparition dans les médias été l’objet immédiatement de spéculations, et de fines analyses en avait déjà démontré les insuffisances et erreurs criantes. Certains avaient même crû retrouver les auteurs d’après leur taille et leur apparence... Tout, dans le cas de Berg, était suspicieux : sa personnalité elle-même, tout d’abord, sa fonction réelle ensuite qui ne devait pas être de simple "homme d’affaires américain en radiotélécommunications" comme ils se présentait. Mais aussi le flou portant sur plusieurs jours de sa disparition, près d’un mois, ce qui est long dans un pays en guerre. Le lieu-même de sa détention, ensuite, très certainement à Abou Ghraib même, ce qui ne lasse de surprendre pour son assassinat, censée avoir été effectuée par un des terroristes, et enfin sa mort par pseudo-décapitation, une mise en scène flagrante destinée à labelliser un al- Zarqawi même pas reconnaissable, ne présentant pas assez, aux yeux de ceux qui l’avaient créé, de caractère sanguinaire. L’épouvantail grotesque al- Zarqawi, le "mythe al- Zarqawi" pour reprendre Pascal Bonnefoy (*) déjà présenté en 2002 par Colin Powell... comme étant doté d’une jambe artificielle qu’il n’avait jamais portée et qu’on était bien incapable de distinguer sur les vidéos. On a bien eu affaire à une complète manipulation, destinée à présenter un second Frankeinstein, le premier rôle de créature monstrueuse étant détenu par Ben Laden... une manipulation qui tombait à pic en réalité : l’administration Bush se battait alors avec les révélations des photos des sévices sur les prisonniers, et dans cette escalade de l’horreur, la mort présentée de façon atroce de Nick Berg représentait un pendant avec une surenchère encore plus horrible ! La mort atroce de Nicolas Berg constituait le contrefeu bienvenu et idéal !
 
 
On pouvait s’en douter, de cette manipulation, dès l’apparition des images, avec la vitesse avec laquelle la clique de G.W.Bush avait récupéré à son profit l’événement. Le pouvoir américain de G.W.Bush s’était emparé tout de suite du cas de la décapitation de Berg pour en faire un argument fort de la présence US en Irak : c’était le coup du "barbarisme", le même que celui de la story teller élyséenne sur les petites filles afghanes à qui on coupait les doigts s’il elles mettaient du vernis à ongles (**). "Les actions des terroristes qui ont exécuté cet homme nous rappellent la nature des rares personnes qui veulent arrêter l’avancée de la liberté en Irak ", a dit de la Maison-Blanche M. Bush souligne un site. "Leur intention est d’ébranler notre volonté. Leur intention est d’ébranler notre confiance. Pourtant, de par leur actions, ils nous rappellent quelles parties désespérées du monde ont besoin de sociétés libres et pacifiques. Et nous y viendrons compléter notre mission." En somme, c’était plutôt un aveu qu’autre chose : l’agumentaire étant celui des "combattants de la liberté" cher aux neocons : pour se présenter comme "apporteurs" de paix, les USA avaient tout intérêt à diaboliser au maximum les terroristes supposés. Quitte à en créer, comme a été visiblement créé de toutes pièces l’incroyable personnage Zarqawi.
 
Zarqawi ! En moins de deux années, les médias US le rendront responsable de tous les attentats dans le monde, à en devenir grotesque ! Michael Chossudovsky le démontrera avec brio : Selon The Weekly Standard - qui est connu pour avoir une relation étroite avec les néo-conservateurs dans l’administration de Bush : "Abou Moussab al Zarqawi est chaud en ce moment. Il a orchestré non seulement l’assassinat de Berg, mais aussi la carnage de Madrid sur le 11 mars, le bombardement des chiites fidèles en Irak le même mois, et le 24 avril l’attentat suicide contre le port de Bassorah. Mais il est loin d’être un terroriste nouveau venu. Bien avant le 9 / 11, il avait déjà concocté un complot visant à tuer une israélienne et des touristes américains en Jordanie. Son label porte sur des groupes terroristes et des attaques sur quatre continents." (le Weekly Standard, le 24 mai 2004). Un seul homme pouvait-il manigancer tout ça et être présent à chaque fois sur place comme l’affirmera aussi la presse ? La réponse est non, bien entendu. Les Etats-Unis n’ont pas inventé Superman pour rien à vrai dire. On lui ajoutera même des projets d’attentat londonien à la ricine, en 2003 ! En fait, Colin Powell ira même jusqu’à dire qu’on en avait trouvé, de la ricine, dans un courrier de de Bill Frist, au Sénat US, ce qui était complètement faux, encore une fois. Le 13 février 2003, c’est ABC News qui ouvrait son journal avec une menace de bombe nucléaire sur le territoire US : ne cherchez pas qui en était accusé, c’était à nouveau le jordanien sanguinaire. La menace s’avérera être elle aussi une fabrication de la CIA. On l’accusera également d’être derrière l’attaque des kurdes d’Ansar Al-Islam sur le bâtiment de l’ONU à Baghdad, et en pleine période des photos d’Abou Ghraïb, on l’accusera d’une attaque chimique.. en Jordanie. N’en jetez plus, sa besace est pleine ! Le Weekly Standrd ajoutant même que "le profil d’Al-Zarkaoui présente un défi à Ben Laden pour la direction du jihad mondial. " En somme, notre jordanien bouffi était présenté partout comme un Ben Laden bis ! Le sommet sera atteint avec la déclaration de Cofer Black, l’homme qui n’a jamais trouvé Ben Laden et qui passera plus tard chez ...Blackwater, comme quoi "il représente une très réelle et crédible menace. Ses agents planifient et essayent maintenant d’attaquer des cibles américaines, et nous courrons arpès avec un sentiment de vengeance". De la vengeance ? Voilà qui est bien éloigné de la démocratie... Cofer Black, qui déclarait le 24 novembre 2004 à un journaliste de la BBC, après l’assassinat de Berg que "Nous avons eu des succès énormes. Les chiffres sont tous bons. Tactiquement, les praticiens sont très bien mais la menace est réelle - il est là, m’a-t-il dit dans sa dernière interview avant son départ. « Nous sommes beaucoup plus sûr, mais nous ne sommes pas encore sûrs assez." Une façon de masquer son incompétence criante : nommé pour traquer Ben Laden, on l’avait vu à l’ouvrage !
 
 
Le problème, dans tout cette folie Zarqawi, c’est que Berg, avant de se retrouver otage, n’avait aucunement été enlevé, mais bien arrêté par les autorités américaines, à Mossoul. Ce qui va embarrasser fortement les autorités quand la famille du décapité va porter plainte contre Rumsfeld le 5 avril. Voilà ce qui déclenchera la fureur du Pentagone ! Il avait prévu de rentrer aux USA le 30 mars ; en tout cas c’est qu’il avait dit à ses parents : que faisait-il encore à cette date sur place, c’est simple : il était en prison. A partir de cette date du 5 avril, l’armée US va passer son temps à tenter d’expliquer le long flou artistique qui sépare la date de l’arrestation de la date de la décapitation, ou de cette fausse décapitation, tant la vidéo révèle que l’on tranche un cadavre, maintenu vaille que vaille assis sur une chaise pour faire croire qu’il est encore en vie. "Il est maintenant bien établi que Berg était soit sous la garde de l’armée américaine, soit de la police irakienne (en fait, une composante de l’armée américaine et d’occupation à cet endroit) avant sa disparition et son assassinat. Le 13 mai CNN a rapporté que Berg "a été arrêté par la police irakienne à un barrage à Mossoul, le 24 mars, car étant soupçonné d’implication possible dans des activités illégales ou terroristes." dit-on, officiellement : or c’est ce que confirme aujourd’hui avec éclat la fiche retrouvée chez Wikileaks. Berg était recherché, car il intéressait à l’époque les services secrets US : mais pourquoi donc ? "Berg a suscité suffisamment d’intérêt pour que le FBI ait décidé de lui rendre visite à plusieurs reprises alors qu’il était en prison". Le FBI "l’a rencontré à trois reprises et a fait sa propre détermination qu’il n’était pas soupçonné d’être impliqué dans des activités criminelles ou terroristes. Mais il n’a à aucun moment été sous la juridiction, ou détenu au sein des forces de la coalition," se sentira obligé d’ajouter Dan Senor, le porte-parole des forces US à Bagdad. S’enfonçant ainsi dans le mensonge, en avouant une relation évidente entre Berg et le FBI. Le père de Berg avait pourtant en sa détention un mail, pourant, d’un agent consulaire de Bagdad, Beth Payne, qui disait le contraire au sujet de son enfermement et qui confirmait que son fils était bien resté aux mains de l’armée US, et non des seuls irakiens.
 
Le père, le 7 mars 2004, fondateur de la société Prometheus Methods Tower Service, pour laquelle le fils travaillait en Irak, était apparu récemment dans un site réactionnaire neocon, FreeRepublic.com, comme étant signataire d’une liste anti-guerre : cela ressemblait surtout à un lynchage en ligne, car le site incitait ses lecteurs à harceler ceux dont le nom figurait sur cette liste, ici celle de Prometheus, la société paternelle. Le fils était un personnage complexe, fort intéressé semble-t-il par le concept juif de "tikkoun olam" consistant à améliorer le monde par une action sociale. Selon ses parents, il était parti "rebâtir" l’Irak, avec la notion rivetée dans la tête de le faire un "émetteur radio à la fois". En tout cas, c’est ce qu’il avait expliqué à ses parents. Berg aurait pourtant représenté l’informateur idéal du FBI : contrairement à son père, anti-guerre déclaré, lui était franc partisan de la politique de G.W.Bush. Avait-il établi des contacts avant de partir en Irak ? Très certainement, via une partie de sa famille, tout simplement.
 
Des liens, il en avait pourtant, et de bien complexes, et même de douteux, en tous cas liés à une frange de droite dure républicaine aux USA. "Le jeune Nick Berg avait quelques étranges fréquentations. Pour commencer il y avait sa sœur, Sara, une avocate travaillant pour la société, Mullen Williams, spécialisée dans l’anti-syndicalisme et la collecte de renseignements dans les points chauds du monde. Puis il ya eu son partenaire d’affaires irakien, Aziz al-Taee. Al-Taee est un véritable cas : un éminent irakien expatriés et un porte-parole de l’Iraqi American Council qui avait pas seulement un impressionnant casier judiciaire aux États-Unis (sur la vente de CD contrefaits et 100 millions de flacons utilisés pour le crack, via une mafia russe émigrée), mais aussi organisé des manifestations pro-guerre aux États-Unis dans les semaines avant l’invasion de l’Irak. Il semble Nick soit entré en contact avec al-Taee à une conférence sur les opportunités d’affaires en Iraq qui s’est tenue en Virginie en Décembre 2003". En 1997, le même al-Taee avait même tenté de vendre des ordinateurs a des policiers déguisés du FBI (tiens encore eux).... L’associé de Berg en Irak avait créé avec lui la société Abraj Babil (Babylon Towers Co.). Les amis de Berg étaient bien tous des neo-cons pro-guerre, près à piller le pays et à se servir, comme la famille Karzaï pourra le faire en Afghanistan, et lui bien là-bas pour se prendre une part du gâteau des détournements liés à la reconstruction, dont on a pu voir les dérives. Quant à ce qu’il installait, des tours de téléphone, il faut bien se rendre compte qu’à l’époque c’était un produit risqué dans la région. En Afghanistan, en 2008, les talibans menaceront de faire sauter ce genre de tour, sachant qu’elles servaient aussi à l’armée pour géocaliser les talibans... Avec ce qu’il vendait, Nicolas Berg avait donc l’occasion de se faire pas mal d’ennemis, ne l’oublions pas.
 
Pour l’histoire officielle, donc, Berg aurait été emprisonné par erreur, puis relâché, après l’intervention de son père auprès de l’ambassade US. Mais les divulgations de Wikileaks remettent tout en cause : un message en date du 24 mars 2004 en provenance de militaires, évoquait bien l’arrestation d’un "leader supposé de cellule terroriste", emmené au "BTN Holding Area" pour interrogations, à savoir à la base du bataillon. Or, ce jour-là la seule arrestation notable est celle de Nick Berg, dans les fiches de Wikileaks comme dans les registres journalistiques. L’homme était donc bien recherché comme un des leaders de la résistance irakienne ! Ou confondu avec un de ses leaders ! Sur lui, note l’armée, on découvrira un dictionnaire en farsi (en iranien), ce qui ajoutera encore à l’intrigue et renforcera l’idée d’activités douteuses de sa part. Pour un homme possédant un passeport israélien, la suspicion de travailler pour le Mossad était évidente : ses idées neocons l’y conduisent de fait (ainsi que son métier d’installeur de tours émettrices !).
 
Peu après, néanmoins, il était relâché, et s’inscrivait bizarrement à l’hôtel Al-Fanar hotel de Baghdad, alors que le consulat américain lui avait proposé un retour gratuit en avion vers les USA... (sous la protection du FBI, donc !) : voilà qui n’est pas sans intriguer encore. La raison que ses parents donneront à son refus est assez cousue de fil blanc : selon son père, c’était " parce que la route de l’hôtel à l’aéroport était devenue trop dangereuse". Surnommée "RPG7 Alley", il est vrai, que ce n’était certes pas un sentier tranquille, mais des SUVs blindés comme des taxis l’empruntaient tous les jours. Son départ ne posait donc pas problème ! A la question sur sa détention, il aurait répondu paraît-il par un rire en parlant "d’incompréhension" simple de l’armée américaine, et non des irakiens. Son père parlera d’une détention par les américains seuls de 13 jours : il est donc libre le 5 avril, date à laquelle ses parents ont déposé plainte aux USA pour détention illégale : est-ce cela qui a déclenché quelque chose chez certains faucons ? Au 10 avril, il était vu encore vivant. Pourquoi était-il resté sur place, mystère....Il mourra le 7 mai ; ou en tout cas sera présenté mort à cette date : il y a un trou d’un mois ou presque dans son emploi du temps. Pendant près d’un mois, on ignorera où il pouvait bien être à nouveau. Le 11 mai, l’horrible cassette de sa décapitation apparaît sur Internet, via un site Malaisien. L’homme n’intrigue plus, et son cas désormais effraie carrément.
 
L’origine de la mise en ligne de cette cassette est douteuse : "Pour ce qui est du site Web en langue arabe « lié à Al Quaeda » qui aurait diffusé le fichier vidéo, www.al-ansar.biz, il n’est plus en service. Le nom de domaine a été enregistré auprès d’un régistraire aux États-Unis le 7 janvier 2003 au nom d’un certain Omar AbuOmar, qui a donné une adresse fictive au Danemark, et une adresse de courriel Hotmail. Le service d’hébergement du site, tassmeem.net, semble lui aussi hors service. Le nom de domaine a été enregistré le 13 janvier 2002 auprès d’un régistraire aux États-Unis. L’adresse citée pour l’entreprise est au Caire (Égypte), l’adresse des services techniques est à Riyadh (Arabie Saoudite), certaines recherches DNS pointent vers des serveurs en Malaisie". C’est la société malaisiienne de "web servers" de Kuala Lumpur, Acme Commerce Sdn Bhd, créée en 1998, qui était responsable du site, qu’elle fermera aussitôt en déclarant ne pas en avoir vérifié le contenu. Le gouvernement malaisien mettra en fait une journée à faire fermer le site. Aux Etats-Unis, imparablement, la "découvreuse" de la vidéo juste après Al-Djezira sera bien entendu l’inévitable Rita Katz. A peine la vidéo reprise, le débat éclatait... au sein de l’armée américaine, certains se plaignant de ne pas avoir réussi à en bloquer la diffusion via l’organisme ad hoc. Qui avait favorisé la diffusion de cette vidéo et pourquoi voilà bien tout le problème... En tout cas, il y en a une qui avait saisi l’occasion au vol (à moins de la mettre elle-même dans le réseau !). Rita Katz, la première à mettre en ligne en 2007 la fameuse vidéo de Ben Laden et même à se la faire piquer par la Maison Blanche, qui tentera avec elle un dernier coup médiatique après la diffusion de 28 millions de DVD sur le djihad sanglant ("Obsession", via le Clarion Fond ; fondé par l’extrême droitiste Raphael Shore).Celle du Ben Laden à la barbe teinte et devenu par la grâce de son dieu, on le suppose... droitier.
 
 
De l’autre côté, et tout de suite, des médecins ayant décortiqué la scène critiquent l’explication officielle : "Goldstein écrit : "Bien que les circonstances entourant le fichier vidéo et les derniers jours de Nick Berg aient fait l’objet de nombreuses hypothèses, Simpson et Nordby croient qu’il est hautement probable que Berg soit décédé quelque temps avant d’être décapité. Un des facteurs soutenant leur thèse est l’absence de saignement artériel “massif” que provoque un tel geste. Les deux chercheurs affirment que si Berg avait été vivant au moment de sa décapitation, les personnes l’entourant auraient été aspergées de sang, ce qui n’est manifestement pas le cas. Les chercheurs citent également l’absence de réaction attribuable au système nerveux autonome (spasmes, contractions) lorsque Berg est attaqué." C’est le premier point, puis viennent les autres détails qui "coincent" :" d’une part, Nick Berg porte une combinaison orange identique à celles que portent des détenus du camp de Guantanamo, identique à celles dont dispose la police militaire étasunienne. Comment de présumés assassins ou terroristes irakiens auraient-ils pu se procurer une telle combinaison ?" Et d’autres détails encore provoquent le malaise : "Nick Berg est vu assis sur une chaise identique à celle que l’on voit sur les photos de la soldate Lynddie England prises à la prison d’Abu Ghraïb. Étrange coïncidence. Autre élément troublant : le mur derrière Berg est de la même couleur et texture que les murs que l’on voit sur les photos prises à Abu Ghraïb. Puis, dans les cadres 9306 à 9368, on voit brièvement à l’écran une partie de la tête d’une personne portant une casquette militaire verte comme celles que portent les militaires étasuniens". Un militaire en tenue aurait été visible quelques secondes ? Voilà qui remet tout en cause ! Les prétendus terroristes, dont soi-disant al-Zarqawi, absolument pas reconnaissable parmi aucune des personnes présentes, parlaient arabe avec un accent déplorable, type jordanien, égyptien et même pour l’un d’entre eux... russe, expliquent des experts. L’explication, on la connaît : la présence d’israéliens fils d’immigrés russes parmi les gardiens de la prison (via CACI International, d’Arlington, en Virginie). Et l’attitude de Nick Berg lui-même, présenté figé dans la plupart des scènes, tout cela laisse entendre une fabrication à partir d’un corps d’individu déjà décédé, dont les quelques mouvement perceptibles auraient été l’œuvre de montage vidéo, protégé par la mauvaise qualité générale du document. Les assassins de Berg,dont certains portent chaînettes en or, interdites aux croyants, ne pouvaient être des islamistes. Mais alors qui étaient-ils donc ?
 
Pour la BBC, le 13 mai 2004, pas de problème, pourtant : c’était bien Zarqawi qui avait tranché la tête de l’infortuné Nicolas, affirme l’organisme anglais avec une assurance assez sidérante. Or ces sources sont très particulères. "Deux jours plus tard, un fonctionnaire de la CIA a dit, "d’après la communauté du renseignement qui a mené une analyse technique de la vidéo ..., la CIA évalue avec une forte probabilité que le locuteur de la cassette est bien Abou Moussab al-Zarqawi, et que cette personne est représentée décapiter le citoyen américain Nicholas Berg" : la CIA devait être la seule à avoir reconnu quelqu’un dans ce flou artistique et ses visages, tous cachés ! Quelle était la seule source d’info de la BBC pour ces affirmations ? La CIA ! Et la BBC avait repris l’info telle quelle ! Des commentateurs noteront l’incohérence totale de la "découverte" de la CIA, qui au même moment cherchait toujours un Zarqawi doté selon elle d’une jambe de bois qu’il n’a jamais portée de sa vie ! le 26 avril 2004 encore, le très sérieux Time cherche toujours, en effet, "un jordanien de 37 ans avec une jambe artificielle et une longue estafilade sur la figure".... Tout le monde s’étant aperçu que le décapiteur marchait normalement, le Pentagone rectifiait de manière grand guignolesque le tir en envoyant aux agences de presse un court communiqué qui ridiculisait Colin Powell et son affirmation sur l’unijambiste terroriste : "Les responsables du renseignement américain, qui croyaient jusqu’ici que Zarqawi avait perdu une jambe en Afghanistan, ont récemment révisé cette évaluation, et en ont conclu qu’il avait encore ses deux jambes."(Nouvelles and World Report, 24 mai 2004). La rectification été survenue après la mise en ligne de l’assassinat... elle sonnait surtout comme un aveu de fabrication et d’erreur laissée en ligne, en plus du bout de casquette de soldat visible sur une séquence !
 
 
Bref, la vidéo de la décapitation de Berg pose davantage de questions qu’elle n’en résout sur le mois de disparition de l’installeur en tours de téléphonie, matériel lié, on le sait, à des écoutes. L’histoire de Berg fait surtout songer à un autre cas : celui survenu en avril 2006 à Donald Vance, ancien "vétéran" de la Navy de 29 ans devenu mercenaire dans un service de sécurité en Irak. Lui, il avait eu la très mauvaise idée de contacter directement le FBI pour évoquer avec l’agence US un cas flagrant de vente d’armes illégale de la firme qui l’employait. On l’arrêta, et il devint le détenu 200343 du "célèbre" Camp Cropper, avant d’être libéré après 97 jours d’incarcération avec son acolyte Nathan Ertel, qui réussira à sortir avant lui. Selon lui, les armes étaient revendues à des militants ou à des escadrons de la mort contre de l’alcool ou de l’argent : sur ses directives, le FBI trouvera effectivement deux larges caches d’armes bien remplies. Il sera néanmoins conduit à l’ambassade américaine comme un prisonnier, avec menottes et des lunettes munies de scotch pour ne pas voir l’extérieur pour être ensuite reconduit dans le Compound 5, la partie de la prison de Camp Cropper où Saddam avait été enfermé. Des techniques imitées point par point par notre fêlé de Jack Idema... Et être interrogé régulièrement comme un malfrat par des américains se présentant comme des membres successivement du F.B.I., de la C.I.A., du Naval Criminal Investigative Service et même de la Defense Intelligence Agency. Avec les techniques connus de traitement inhumain, et de privations de lumière, notamment ! La complète ! A la fin des interrogatoires, raconte le NYT, en décembre 2006, l’un d’entre eux posera comme étrange question un "est-ce que votre famille sait si vous êtes vivant ?", qui l’avait beaucoup intrigué. Le genre de question qui laisse tout entendre si on a le malheur de répondre, que ce soit positivement ou négativement d’ailleurs. Or l’aventure de Vance nous apprend beaucoup, sur les erreurs possibles de l’armée US et ça tendance à torturer pour un rien. Ce qui laisse facilement entrevoir le même scénario pour Berg. Et le rattrapage d’une bavure.
 
A partir de là, en effet, l’exemple catastrophique de Vance induit automatiquement l’idée d’une détention de Nicolas Berg qui aurait mal tourné, avec un mort subite lors d’un interrogatoire trop serré qui aurait été transformé en prise d’otage et décapitation menée alors que Berg était déjà mort. Berg, lors de ses installations, aurait très bien pu découvrir sur le même trafic, mais à plus grande échelle : celle remontant au dépôt de Gerdec et aux contrats étranges que la famille Diveroli va passer avec le Pentagone, par exemple : ses premiers envois datent de début 2005, les contacts de son oncle et de son père datant de l’invasion de 2003. Une mise en scène complète, décidée à la va-vite, pour "éponger" en même temps médiatiquement l’effet dévastateur des photos d’Abou Grhaib. Une mise en scène tournée, par facilité, dans les mêmes locaux par ceux, peut-être bien que l’opinion américaine montrait désormais du doigt. Et qui se seraient d’autant plus "vengés" sur Berg que son père venait d’être dénoncé comme "pacifiste" par un groupe réactionnaire aux USA... Bref, l’action d’éléments incontrôlés, ou d’une équipe spéciale, mais que le pouvoir aurait couvert, vu que ce qu’ils proposaient allait tout droit dans le sens du pouvoir... désireux de présenter un islam barbare et en face un pays si démocratique (en effaçant illico des mémoires les abus d’Abu Ghraïb !). En somme, la fausse décapitation de Berg était une réponse directe aux photos d’Abu Ghraïb, en forme d’écran de fumée médiatique, faite au même endroit que les sévices qui avaient révolté l’opinion américaine : un comble !
 
Bien entendu aussi, le cycle infernal des décapitations avait attiré les désaxés, profiteurs de l’attrait du public pour l’horreur. Ou des personnes désireuses de montrer les montages de l’administration Bush. L’un d’entre eux va y réussir parfaitement . Le 12 août 2004, bien après l’exécution de Berg, donc, un site islamiste mettait en ligne une autre de ses horreurs. Elle se révélait être un hoax complet, fabriqué au fond d’un garage californien.. des sites semeurs de haine, comme The Jawa Report, s’y étaient candidement laissés prendre, pourtant. Comme USA Today, qui avait repris l’annonce telle quelle, avec force détails sur les "palmiers visibles derrière" qui montraient qu’on était "dans un région rurale" ! Le journal citait bien sûr... Zarqawi comme auteur possible ! Le californien, Robert Martin, surnommé "Fluorescent Grey" avait réussi avec des moyens dérisoires à leurrer toutes les grandes chaînes, et même Associated Press, qui avait repris et répandu l’info  ! Martin avait tout raconté et tout expliqué ici. Démontrant que le fait de voir apparaître une vidéo sur un site islamiste n’était en rien un gage de réalité : tout provenait de son garage !
 
Le gouvernement US avouera bien après un autre fait étrange de la carrière de Berg, qui aurait expliqué pourquoi on le recherchait comme activiste : quand Nicholas Berg était à l’université d’Oklahoma, un jour, en montant dans le but, un autre étudiant aurait demandé à utiliser son ordinateur : c’était Zacarias Moussaoui, paraît-il. Comment les fins limiers l’avaient-ils prouvé, on ne le sait : on voit mal Moussaoui envoyer un mail à partir d’un bus, à moins de l’écrire et d’attendre la prochaine borne Wifi du campus. L’exemple, sorti bien après le décès de Berg, semble en tout cas bien cousu de fil blanc. Encore une histoire créée de toutes pièces. Une autre explication bizarre été venue du Telegraph comme journal (anglais) : selon lui, Berg aurait tenu d’étranges propos au photographe chilien Hugo Infante à son retour à l’hôtel. "Nick m’a dit," la police irakienne, une nuit, m’a arrêté, ils ont regardé mes passeports, mon nom juif dernière et mon tampon israélien. Ce gars-là est un espion israélien, se sont-ils dit, et ils m’ont remis à des soldats américains et des soldats américains m’ont mis dans une prison pendant deux semaines. " ... Il n’était pas fou. C’était juste une aventure pour lui. Il dit : « Ce p....n de b...l qui lui était arrivé, c’était juste un manque de chance" disait-il". Pourquoi Berg avait-il autant insisté sur la "police irakienne" auprès de son ami photographe, sinon pour ne pas révéler ses liens avec le FBI ? Le problème est que la police irakienne niera toujours avoir détenu Berg, avant le 10 avril, par la voix de son responsable, le Major General Mohammed Khair al-Barhawi. Ce à quoi avait vertement répondu le père de Berg : "La police irakienne ne dit pas ce qu’il faut faire au FBI, c’est le FBI qui dit à la police irakienne ce qu’il faut faire. Ils pensent qu’ils rigolent ou quoi ?" En revanche, que les américains aient laissé libre Berg avec son passeport israélien et que la police irakienne l’ait retrouvé après reste aussi plausible, tout comme le fait de le dénoncer à des activistes, puisque selon Vance, des liens existaient pour les ventes d’armes sous le manteau. La dernière possibilité, soulevée par Nick Possum étant le lien avec l’agence de renseignements de sa sœur : Il est également possible que Nick Berg ait fait un peu de collecte de renseignements en Irak, peut-être pour la société Williams Mullen et sa mission a été, malheureusement, "mal comprise". Comme ils disent à la CIA, c’est le genre de merde qui arrive parfois". En somme, la CIA et le FBI se seraient emmêlé les pinceaux sur le cas Berg, fortement soupçonné par l’un ou l’autre d’être un agent du Mossad.Et l’un des deux organismes aurait commis une bavure, transformée en arme de propagande inespérée...
 
Le 20 octobre de la même année, le même groupe de Zarqawi sera censé décapiter trois otages anglais : notamment Kenneth John Bigley, dont le martyr sera horrible. Là encore même décorum ou presque, avec des hommes davantage en uniforme et un otage en tenue de Guantanamo, comme si Berg avait lancé la mode morbide. Mais il n’y avait plus cette fois les murs ressemblant trop à ceux de Guantanamo. Mais bien encore une fois la même scène, avec une autre insoutenable décapitation, cette fois sans cadavre préalable et avec du sang projeté partout : l’horreur complète, insoutenable, car l’individu, cette fois, était bien vivant. Le 20 septembre, puis le 21, deux autres otages américains, Eugene Armstrong et Jack Hensley, l’avaient précédé. L’examen attentif des avants bras du bourreau de ces actes immondes démontrait que ceux de Zarkawi étaient bien plus imposants et que ce dernier et était nettement moins corpulent. Qui était donc l’exécuteur d’aussi basses œuvres ? Visiblement, l’exécuteur de Berg et celui des trois otages de septembre 2004 n’était pas le même non plus ! Et aucun des deux n’est en ce cas Zarqawi, affublé pendant près de deux ans de tous les crimes horribles découverts en Irak. en 2004, juste avant l’élection présidentielle, on avait bien assisté à une vague sans précédent de décapitations, la plupart imputées à un seul homme : al-Zarqawi.
 
L’exécution par décapitation de Berg sera effectivement contestée par un autre leader, Abu Rashid, leader des insurgés de Fallujah qui se rendra aussi responsable de l’assassinat de du sud coréen Kim Sun-il, et qui racontera à Sara Daniel, du nouvel observateur, le 5 août 2004, que le gouvernement US avait refusé une demande de rançon pour Berg. Le gouvernement italien, après avoir reçu un simulacre de décapitation du journaliste Daniele Mastrogiacomo, enlevé le 5 mars 2007, avait payé, lui. Et le mollah Dadullah avait été libéré en échange (et tué le 12 mai 2007 par une frappe américaine !) . Le journaliste afghan qui l’accompagnait aura moins de chance : lui et leur chauffeur seront décapités. 
 
Mais le 10 avril 2006 une autre bombe médiatique éclatait  : le Washington Post lançait son brûlot, accusant le gouvernement d’avoir aidé à faire de Zarqawi le monstre présenté dans les médias. "Certains officiers supérieurs du renseignement estiment le rôle de Zarqawi a peut-être été surestimé par la campagne de propagande, qui a inclus dépliants, radio et de télévision, l’affichage sur Internet et à au moins une fuite à un journaliste américain. Bien que Zarqawi et d’autres insurgés étrangers en Irak ont mené des attentats à la bombe meurtriers, il en restent "une très petite partie du nombre de réels", affirme le colonel Derek Harvey, qui a servi comme officier du renseignement militaire en Irak et en puis a été l’un des officiers supérieurs traitant des questions de renseignement sur l’Irak, devant le personnel de l’état-major interarmées, lors d’une réunion de l’Armée à Fort Leavenworth, au Kansas", l’été dernier" clamait le journal ; peu suspect jusqu’ici d’absence de soutien au pouvoir. La phrase "une très petite partie du nombre de réels" était bien un lâchage : et la condamnation du Washington Post sans appel : on avait totalement exagéré le personnage Zarqawi à des fins de propagande pure, en répandant vidéos aux Etats-Unis et "leaflets" en Irak : "pendant ces deux dernières années, les dirigeants militaires américains ont aidé les médias irakiens et d’autres à Bagdad pour promouvoir le rôle de Zarqawi dans l’ insurrection. Les documents visaient explicitement l’U.S. Home Audience" comme l’une des cibles d’une campagne plus large de propagande" affirmait le journal. Le résultat de cet aveu et de cette défiance journalistique vis à vis de G.W.Bush n’allait pas tarder... mais tout le monde avait déjà oublié Nick Berg, sans doute. A la mort pourtant bien réelle !
 
 
Le 8 juin 2006, le "problème" Zarqawi, celui de l’idiot utile, était résolu définitivement par l’armée : il mourrait sous un bombardement US, réfugié dans une villa proche du nord de Bagdad,une maison volatilisée avec son contenu. Son corps bouffi retrouvé dans les décombres montrait qu’il avait plutôt vécu grassement que ce que ses exploits supposés partout dans le pays laissait entendre. Autre incohérence notable, son nom n’avait été ajouté à la liste des "most wanted" du FBI que le 24 février qui précédait !  Les 25 millions de dollars promis, le même tarif que pour Ben Laden et al-Zawahiri ajouté tardivement ... seront mis de côté à Baqubah avec deux bombes guidées de 250 kg. Il n’y a pas de petites économies dans la lutte contre la terreur ! Zarqawi, après avoir bien servi, avait été rayé de la carte. Il ne faisait plus recette, même avec les décapitations qu’on lui attribuait un peu trop facilement et un don d’ubiquité qui devenait difficile à maintenir dans les médias. Depuis qu’on avait montré ses facultés de tir à la mitrailleuse lourde, sans savoir la mettre seul en rafale, tous les experts militaires l’avaient jugé.... particulièrement incompétent. A bien regarder aussi, toute sa (petite) troupe était équipé d’armes typiquement US, (des M4 avec lance-grenade M203) alors qu’il posait "à l’intérieur" avec son AKS 74U 5.54mm Krinkov, la même arme que... Ben Laden ! La mise en scène chez lui était perpétuelle ! L’homme qui faisait le fanfaron en vidéo avec un M249 Squad Automatic Weapon (SAW ***).. en tennis New-Balance. Grotesque ! Pas un taliban n’aurait tiré avec ça, qui avait d’ailleurs aussi mauvaise réputation dans l’armée US ! La mise en scène américaine étant la même en miroir : l’attaque de la maison volatilisée de Zarqawi avait été filmée du F-16 la bombardant, et la vidéo bien entendu mis en ligne quelque temps après sur le net... et même mise en musique, du "métal" bien sûr. Dans le second montage, les deux tours du WTC jouxtaient l’image de l’otage Berg (à 1’15 du début). Pas un hasard : c’était la mise en scène de la parole bushienne, tout simplement. De la propagande, purement et simplement. Avant, pendant, et après Zarkawi, on continuait à enfoncer le même clou. Celui de la manipulation des masses dont Nick Berg a fait les frais.
 
 
Il faudra bien clore le problème Berg, néanmoins. Une fois assassiné, qu’en faire en effet ? Alors on ira pendre son corps, par les pieds, et toujours sans la tête, sous un pont de la périphérie de Bagdad : comme le faisaient les "terroristes", ou comme l’ont fait les groupes de mafieux sévissant dans le pays (une idée provenant des cartels mexicains !), pour signifier que l’homme ainsi supplicié était auteur d’une trahison au sein d’un groupe. La filiation est évidente. On l’y retrouvera le 8 mai, le lendemain de sa mort présumée et de la vidéo, tournée visiblement dans l’urgence avec les moyens du bord. Le pouvoir US, pris de cours par l’attitude des parents de la victime, qui avaient réagi en attaquant directement les responsables politiques de leur pays, avaient dû palier au plus vite à une porte de sortie plus ou moins plausible, après tant d’erreurs accumulées. Mais ce n’en était pas pour autant fini avec le dédain et la morgue d’un Rumsfeld, d’un Cheney ou d’un Bush ; les parents recevront par cercueil plombé le corps de leur fils, mais pas la tête, à ce jour "jamais retrouvée". Histoire de leur montrer qu’on ne s’opposait pas ainsi à ce pouvoir sans foi, ni loi, ni respect pour la douleur d’avoir perdu un proche. L’abjection totale, qui avait commencée non pas avec une tête exsangue coupée brandie, mais par une simple fiole brandie dans l’enceinte de l’ONU, censée contenir de l’anthrax, et qui n’en n’avait jamais contenu.
 
Quitte à mentir, autant continuer à le faire avec davantage d’abjection encore (****).
 

(*) De très loin la meilleure étude sur le cas Zarqawi, lisible ici.

(**) un bel hoax, repris à deux reprises par notre cher président aussi précis qu’un Hortefeux en mal de confidences.

(***) la version US du FN Minimi, fabriqué en Belgique par FN Herstal

(****) dans le genre on peut aussi citer les fables des "storytellers" ; pondues pour légitimer des erreurs ou influencer l’opinion : le faux sauvetage d’une militaire (Jessica Lynch) ou la fausse histoire du héros de football américain, engagé par pur patriotisme (Pat Tillman) et finalement descendu par les siens...

 



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