Bah, oui, Sarkozy est passé maître en comptabilité : les pauvres étant les plus nombreux, les taxer rapportera davantage que ce qu’on pourrait attendre des riches
je relève dans vos réponses cette phrase qui me choque :
"Est-ce la faute des enseignants ? Non : on leur a pondu des programmes et on leur a demandé de les appliquer."
C’est une phrase tellement irresponsable que j’en tremble.
Cher monsieur,
Je crois que nous allons en rester là de nos échanges. Irresponsable ? Je n’aime pas les sous-entendus, surtout quand ils sont diffamatoires et parfaitement audibles.
Quel est l’objet de vos craintes ? Quelle situation ma phrase vous a-t-elle évoquée ? Pas besoin d’être grand savant pour saisir l’allusion : les fonctionnaires sont suspects de "collaboration" s’il faut appeler un chat un chat.
Vous ignorez tout de l’Education Nationale et de la fonction publique. Dans le cas contraire, vous sauriez qu’un fonctionnaire est responsable de ses propres actes, et qu’il doit obéissance hiérarchique à son supérieur immédiat. Lisez le statut général des fonctionnaires, pour parfaire votre éducation.
Ceci m’autorise à affirmer que vous n’avez jamais mis les pieds dans un IUFM, ou, du moins, que vous n’y avez jamais terminé une année, car ces notions élémentaires de droit administratif s’y apprennent. Vous êtes un doux rêveur, pédagogue plus sur le papier que devant des enfants, enseignant non homologué et d’ailleurs non susceptible de l’être, compte tenu de votre orthographe. Oui, je sais, j’ai fait une faute dans un de mes commentaires : j’ai plus de deux fois votre âge. Les ans et la fatigue accumulés en sont peut-être la cause.
Je vous laisse à vos théories fumeuses sur l’éducation (je comprends maintenant les difficultés de mes jeunes collègues et le merdier que peuvent mettre certains parents d’élèves dans une école.)
"Un nouvel impôt devrait être créé sur les revenus des retraités fonctionnaires ne dépassant pas 2000 euros par mois afin qu’ils participent activement aux redressement des comptes de l’Etat"
Bon, alors, je résume : un retraité de l’enseignement dont la pension ne dépasse pas 2000 euros se verra obligé de payer un impôt spécial.
Ceux qui toucheront plus de 2000 euros auront droit à un abattement fiscal.
Je fais réponse à vos deux commentaires, qui sont à mon avis susceptibles d’une double lecture. Je me permets de vous signaler qu’en ce moment même, le ministre de l’Education Nationale veut recentrer l’école sur "les fondamentaux." Ces mêmes fondamentaux ont été abandonnés il y a une vingtaine d’années, sans qu’on sache très bien pour quels motifs.
Avant cette époque, il était possible, par exemple, de faire comprendre le sens des quatre opérations élémentaires, dès le cours du même nom : l’addition, la soustraction, la multiplication et la division devaient être acquis à la fin du CE2. A l’heure actuelle, la division est vaguement au programme de CM2, et n’est pas acquise en 6° dans bien des cas.
Est-ce la fautes des enseignants ? Non : on leur a pondu des programmes et on leur a demandé de les appliquer.
Une question maintenant : pourquoi le ministre voit-il une levée de boucliers, à la fois de la part des enseignants et des parents d’élèves face à la réintroduction des fondamentaux ? C’est très gentil, pour les associations de parents d’élèves, de "déplorer le manque de concertation", mais ce ne sont pas ces parents d’élèves que l’on montrera du doigt lorsqu’il faudra dresser le bilan de cette énième réforme, mais les enseignants.
Personnellement, je suis favorable à cette réforme, considérant que savoir lire, écrire et compter sont les meilleurs instruments pour la formation scolaire ultérieure, et je ne les considère d’ailleurs que comme tels. Mais les parents, bien conscients que seul le "bien-être" de leurs enfants à l’école compte, ne veulent pas de cette réforme, et, en tant qu’électeurs, ils auront gain de cause. Vous concluerez de vous-même...
"Les élèves récitent des données sur la russie complétement déconnectées du monde moderne. On y apprend des dates sur la guerre 14-18 et 39-45 qui servent à quoi ?"
Ça, c’est puissant ! C’est vrai qu’étudier l’histoire du XX°siècle, ça n’a aucun intérêt. Celle des autres siècles non plus d’ailleurs, étant encore plus éloignés. Ne faites donc que de la géographie !
Lorsqu’on commence à poser des questions du genre "ça sert à quoi", on est très proche de la démagogie, du "fais ce que voudras". C’est l’état d’esprit qui prévaut aux USA, où le niveau scolaire est un des plus bas des pays industrialisés (je parle évidemment du Departement of Education et non des écoles privées.)
Pour les élèves qui n’aiment pas leurs profs, ça a toujours existé. Je suis cependant surpris de voir actuellement des lycéens manifester dans les rues pour qu’on ne les retire pas. Les ados sont beaucoup plus lucides que vous et comprennent que le travail, c’est autre chose que la glandouille, même si le prof n’est pas toujours au "top" tous les jours et même si certains apprentissages sont rébarbatifs. L’épanouissement que vous prônez tant peut aussi passer par la valorisation de soi, et vous êtes à mon avis dans l’erreur en pensant que seul le "plaisir" d’aller en cours doit prévaloir sur toute autre considération. La réussite, quelle que soit la difficulté, est le moteur le plus puissant qui soit, et beaucoup d’élèves ont plus de considération pour les profs qui les font "bosser" que pour ceux qui sont des "copains" ou ceux qui se font chahuter.
"Je pense que si l’on tenait compte de leurs aptitudes à communiquer, à gérer un groupe, à se remettre en cause et à comprendre leurs élèves, alors l’éducation se porterait mieux."
C’est vrai que, par nature, l’enseignant est con, inapte et rétrograde. Franchement, je pense que vous devriez suggérer au ministère une réforme totale des contenus et des méthodes pédagogiques, et surtout, du mode de recrutement des enseignants. Je pense au contraire, que, plus on laisse des gens comme vous s’ingérer dans des domaines qu’ils ne maîtrisent pas, plus on permet à l’école de couler rapidement. Je n’aurais pas aimé vous avoir comme parent d’élève. Au fait, avez-vous déjà essayé de travailler dans des classes de plus de 30 élèves ? Avec vos théories et bons principes (qui n’ont rien de neuf, je vous rassure), je pense que vous y seriez très à l’aise : la "gestion" de groupes, ça m’a toujours fait rigoler, surtout dans le discours ou sur le papier.
Enfin, je vous signale à tout hasard que, depuis votre premier commentaire, vous êtes hors-sujet, le sujet du billet étant de savoir ce que la société pouvait faire pour améliorer l’éducation des enfants.