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  • 5A3N5D 10 avril 2008 18:10

    "Quant aux aspects culturels que vous évoquez en niant leur utilité à l’école élémentaire : vous niez que l’ouverture à un large champ de connaissances et de pratiques soit la source d’un plus grand épanouissement favorisant l’estime de soi."

    Ah, non, je n’ai jamais dit ça mais exactement l’inverse. Je suis parti de votre conception "utilitariste" de l’enseignement ("L’enseignement doit se préoccuper de l’utilité et de l’usage de son contenu") pour démontrer justement qu’en appliquant une telle théorie, on évacuait alors tous les savoirs qui n’ont pas d’utilité directe ou qui ne sont pas d’usage courant. N’inversez pas les rôles.

    Pour ce qui est du « Contrat de législature 2007-2012 de l’UMP » il me paraît utile de vous poser auparavant une question : connaissez-vous beaucoup de professeurs des écoles qui soient capables d’enseigner les "fondamentaux", puis les bases de disciplines artistiques, sportives ? Je passe pour la notion de "citoyenneté" et autres couillonnades.

    En ce qui concerne le "recrutement" prévu par not’ ministre, je lui souhaite bien du courage : prétendre que des bénévoles vont se présenter dans des classes pour se faire chahuter par les élèves ou leurs parents, ce sera sans doute possible. A condition de rémunérer ces bénévoles très grassement... ou d’aller chercher ces "bénévoles malgré eux" à l’ANPE. 



  • 5A3N5D 10 avril 2008 13:45

    @ l’auteur,

    "Appropriation au sens de compétences acquises durablement et non passagères pour satisfaire à une évaluation à un moment donné (évoquerai-je là un quelconque bachotage ?).

    Vous appuyez exactement où ça fait mal en ce moment dans l’enseignement primaire : au nom de l’indispensable "acquisition des compétences", on en est arrivé à rejeter toute "acquisition des connaissances."

    Reprenons votre exemple de la règle de trois du ministre embarrassé. Qu’a-t-il répondu pour s’excuser de ne pas avoir été capable de résoudre le problème qui lui était posé ? "Je pense que tous les adultes ont oublié la règle de trois en raison de l’utilisation des calculettes."

    Je ne suis pas convaincu, il s’en faut de beaucoup. Il s’agit là d’une technique qui a été apprise, puis oubliée. La façon dont la présentatrice résout le problème est d’ailleurs...écrite sur sa fiche et date d’un autre âge. Pour autant, j’ai longtemps enseigné la proportionnalité, qui était parfaitement comprise au CM2, voire au CM1, avec règle de trois, calculs de pourcentages, fractions.

    "Il faut du temps aux enfants pour parvenir à l’appropriation, ils doivent consentir à d’indispensables efforts pour atteindre la satisfaction de la réussite, ils se doivent de connaître les notions et donc les apprendre après les avoir construites seul ou collectivement."

    La méthode expérimentale, le tâtonnement expérimental, c’est très bien, mais son principal ennemi est... le temps disponible à l’école.

    Vous entrez toutefois en contradiction avec vous-même en écrivant "connaître les notions et donc les apprendre." Et nous entrons là dans le flou peu artistique qui est de règle à l’école primaire depuis pas mal de temps.

    Au nom de l’appropriation des compétences, on néglige totalement les connaissances et on fabrique à grande échelle des hémiplégiques de l’éducation. En quoi est-il difficile, après avoir fait découvrir à l’élève les résultats d’une table d’addition ou de multiplication, de la lui faire apprendre ?

    Méthode archaïque, allez-vous me répondre. Dans ce cas, ne parlez pas de pédagogie de la réussite, car un élève qui sera "coincé" dans la résolution d’un problème parce qu’il n’a aucune notion de ses tables de multiplication et qu’il devra, soit refaire la découverte à chaque fois, soit utiliser une calculette sera, pour moi, en situation d’échec et non de réussite.

    Je passe rapidement sur le vieux débat concernant la mémoire qui serait selon les uns susceptible d’un entraînement, et pas selon les autres. Il s’agit là d’un débat de neurophysiologie et non de pédagogie. Mais que penseriez-vous d’un chirurgien, parfaitement au summum de son art, qui vous répondrait : "je ne peux pas effectuer cette opération parce que je n’ai pas les outils nécessaires."

    On veut que l’élève s’approprie des compétences, mais on ne lui permet l’utilisation d’aucun outil. C’est profondément stupide, dévoreur de temps, et dévalorisant, surtout à l’entrée en 6°, quand les profs considèrent que certaines techniques sont (ou devraient) être acquises.

    Bref, ma question est la suivante : comment un élève peut-il acquérir des compétences sans qu’on lui fournisse le moindre outil ? Pour moi, ce n’est possible que s’il fabrique à chaque fois les outils nécessaires. Et, de cette façon, les 5 années passées à l’école primaire (du CP au CM2) sont trop courtes.

    En outre, lorsque vous énoncez que "l’enseignement doit se préoccuper de l’utilité et de l’usage de son contenu", on peut dire qu’on ne se préoccupe plus de l’avenir de l’enfant, mais de son "bonheur" présent. Quel est l’intérêt de la poésie ? de la musique ? de l’éducation artistique ? de l’éducation physique ? On peut vous objecter que tous les élèves ne deviendront ni poètes, ni musiciens, ni peintres, ni sportifs, ni historiens, ni géographes, ni écrivains... Ce sont donc des disciplines qui n’ont plus rien à faire à l’école, car leur utilité reste à démontrer et que leur usage futur est très hypothétique.

    Cela fait maintenant une quinzaine d’années que l’école primaire (sauf dans les classes où les enseignants ont pris le maquis) ne délivre plus aucun savoir, au nom du principe d’acquisition des "compétences". On voit le résultat aujourd’hui.

    Il paraît que la culture générale, c’est ce qui reste quand on a tout oublié. Nos chères têtes, plus ou moins blondes, n’auront pas ce problème. Désolé pour ce constat navrant.

     



  • 5A3N5D 10 avril 2008 09:14

    Ah ? Donc le peintre qui m’a dit ça m’aurait enduit avec de l’erreur ???



  • 5A3N5D 9 avril 2008 20:55

    Je ne suis pas critique d’art, aussi, pas taper sur la tête !!!

    Le noir est une "non-couleur", c’est ce qu’on m’a appris. Donc, rien à voir avec une couleur. Donc le tableau noir ne peut pas être qualifié de "monochrome".

    La photo accompagnant l’article n’est pas assez lisible, mais si on me dit que la "non-couleur" qui ne peut être qualifiée de monochrome (au fait, comment on va l’appeler ?) a été étalée avec la minutie d’un moine bouddhiste ratissant son petit désert de sable pour méditer à loisir sur la vanité de toute entreprise humaine, alors, là, évidemment, l’oeuvre d’art prend tout son sens.

    Je ne suis pas bouddhiste non plus, mais si certains trouvent dans ce tableau sujet à méditation, laissons-les à leur activité. Et s’ils ont les moyens de payer des artistes pour qu’ils exécutent de tels chefs-d’oeuvre, je n’y vois aucun inconvénient. Tous les goûts sont dans la nature, même les mauvais.



  • 5A3N5D 9 avril 2008 14:26

    D’ailleurs, pour augmenter d’un coup le SMIG, il fallait en avoir les moyens.

    Je ne vous le fais pas dire. Pourtant, ce n’est pas venu "tout seul".

    La France en « faillite « de Fillon ne le pourrait pas.

    Ça, c’est justement ce que les rédacteurs d’articles comme le vôtre s’ingénient à nous faire croire. Le pensez-vous vraiment vous-même ?

    En 68, le mouvement social a suivi, il a été pris de cours part la révolte “spontanée” ( ?) de la jeunesse. Le mouvement du 22 mars est tout de même loin des cadences infernales et de revendications salariales."

    Puisque vous l’écrivez. Toutefois, vous feriez bien de revoir les émissions radio et télé de l’époque sur le site de l’INA : les étudiants n’avaient pas, il est vrai de problème avec les cadences infernales, mais la perspective du chômage à la fin de leurs études en raison de la suppression des débouchés pour les "littéraires". De plus, la contestation relative à la mise en place de la réforme Fouchet a commencé dès le mois d’octobre 67 et non en mars 68. Il y avait déjà des manifestations, notamment chez les étudiants conscients qu’on les avait purement et simplement trompés. Mais, après tout, chacun est libre de réécrire l’histoire pour qu’elle colle au plus juste avec ses idées.

    Il était possible de renverser de Gaulle, personne n’en a eu le courage.

    Ce n’était pas le but, mais il fut atteint quand même.

    Bref, votre billet est très consensuel et n’apporte aucun nouvel éclairage sur ces événements.

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