Effectivement personne n’est parfait et j’avoue que l’étude des civilisations anciennes n’est pas ma spécialité. Néanmoins il y a des méthodes et des techniques d’investigations scientifiques qui ont fait leurs preuves, ces méthodes sont, jusqu’à preuve du contraire, fiables pour les sciences dites dures.
Or, tout l’art de ce « documentaire » consiste à faire croire que c’est un travail scientifique alors que tel n’est absolument pas le cas. Ce n’est pas pour ça que je jette tout, au contraire il me semble qu’à l’issue du visionnage je pose quelques questions raisonnables sur l’état de nos connaissance sur la civilisation égyptienne (et non je n’utilise pas le mot bâtisseur à dessein, vu qu’il n’est ni lié à une époque ni à une zone géographique précise).
On peut faire exactement le même documentaire sur les églises romanes de la fin du moyen-âge, il y a aussi des mystères qui s’expliquent probablement par l’empirisme c’est-à-dire des connaissances apprises par expérimentations successives. Ils ne connaissaient pas la physique on va dire évoluée comme la structure des matériaux et pourtant c’est toujours debout.
Quand on fait une opération, qu’on trouve grosso-modo 300 et qu’on multiplie par 1 million puis qu’on fait remarquer que c’est la vitesse de la lumière en m.s^-1 j’appelle ça de la numérologie ou du fétichisme de nombres. Il n’y a strictement aucune sémantique derrière, d’autant qu’il faudrait avant de mettre des unités de s’assurer que celles-ci étaient connues et porteuses de sens, ce qui est très loin d’être acquis dans le cas qui nous intéresse.
Mon discours consiste à dire que ce « documentaire » est une fumisterie très bien construite mais qui contient en partie des observations qui méritent d’être étudiées comme la durée de construction, les outils, l’organisation du chantier... Je souhaite seulement que les choses soient faites dans le bon ordre avec des méthodes fiables plutôt que de tirer des conclusions à partir d’un truc vu à la télé formaté comme il faut.
Donc oui je juge le « documentaire » et ses conclusions sur la forme et la méthode. Globalement c’est très négatif, mais comme j’ai un peu de culture scientifique je ne suis pas manichéen. Il y a quelques éléments intéressants qui sont factuels en revanche les 5/6 de Pi qui donnent Phi^2 et toute la sauce arithmétique pour donner une image scientifique ça réveille mon esprit critique (et je ne suis pas gentil dans ce cas là).
Bien que je travaille essentiellement en base 2, j’espère que vous comprendrez que j’ai aussi des nuances de gris.
Ce ne sont pas des faits mais des observations, même si - comme par hasard - le « documentaire » n’arrête pas d’asséner le mot « fait ». La petite différence entre une observation et un fait, c’est qu’il faut démontrer un lien de causalité et que celui-ci soit à minima accepté par une grande majorité de gens connaissant le sujet. Or, tel n’est pas le cas en l’espèce.
Il y a une différence entre dire « on trouve la mesure x donc ... » et « on trouve la mesure x ce qui pourrait impliquer que ... ». Mais ce « documentaire » empile plein d’observations les unes sur les autres et parfois complètement dé-corrélées. C’est un enchaînement de nombres obtenus par on ne sait quelle méthode sans tenir compte de l’influence de l’érosion sur le granite par exemple (le « documentaire » explique que le granite est inaltérable, vaste blague) ni le degré de précision de la mesure.
Et après avoir assénés ces « faits », arrive « l’hypothèse » qui est bien sûre est la seule vraisemblable d’autant que nombre d’arguments d’autorité ont été martelés ou insinués tout au long et comme ça passe à la télé en plus ça doit être vrai.
Donc une vérité absolue c’est « croyez moi », une vérité relative au sein d’un modèle c’est « si on fait ça dans telles conditions alors on obtient cela avec un taux de confiance de 95 % » ou encore mieux de prédire et de constater un nouveau comportement. C’est pas tout à fait la même chose.
Mais vous avez raison j’ai été soft en employant le mot « ésotérisme » : j’ai voulu éviter de parler de manipulations, de secte, etc.
Les questions vraiment intéressantes sont :
- Comment les égyptiens ont pu construire de tels ouvrages ? - Avaient-ils une connaissance empirique de Pi et de son intérêt dans l’architecture ? - L’art égyptien utilisait-il significativement la proportion du nombre d’or ?
Questions passionnantes qui méritent des (vraies) études et pas un traitement bâclé et orienté. la science c’est surtout du doute.
« Et alors ? je n’ai rien contre le rationalisme, encore faut-il que cela ne devienne pas de l’égotisme. »
Il y a des milliers de personnes qui ont travaillé sur ces sujets en collaboration. Vous semblez insinuer que « 2 + 2 = 4 » est une évidence, ce n’est nullement le cas dans le système axiomatique des nombres entiers même si c’est enseigné à l’école comme une vérité.
« L’efficacité des représentations, voilà tout ce qui créé l’égotisme des
rationalistes. Et la vérité,plus elle est transcendante ou gênante et
plus ces abruties s’en moquent. »
La vérité ? Bien sûr que ces « abrutis » n’en n’ont rien à faire, la « vérité » est contenue dans un modèle, prouvée de façon expérimentale et doit pouvoir être réfutable dans un autre modèle. C’est la base des sciences. Là une personne fait une division approximative et en déduit des choses et ce serait une vérité absolue sans modèle ?
Concernant le message, visiblement vous ne saisissez pas le sens de mon propos. Pour qu’un message puisse être transmis et soit persistant la forme compte plus que le fond. Il y a une sélection naturelle qui s’opère. Maintenant le « vous vous foutez du monde non ? » est compréhensible si vous connaissez mal la théorie de l’information relativement peu connue et peu intuitive (qui entre autre vous permet de recevoir des communications par satellite, disposer d’un accès par ADSL, lire un CD-audio...).
Pour le reste de votre commentaire j’ai beaucoup de mal à vous suivre : bien sûr que les pyramides égyptiennes sont exceptionnelles et qu’il y a plein de choses que l’on ignore. Mais présenter comme des faits et en déduire une vérité absolue des observations sans établir de lien de causalité ce n’est pas de la science. De plus un « documentaire » tape à l’œil et largement biaisé qui emploie des techniques très efficaces de marketing n’est pas le support idéal pour un véritable travail scientifique.
Maintenant ce qui nous oppose c’est que vous portez plus d’importance à « vu à la télé » que des théories scientifiques, certes moins abordables, mais qui ont démontré qu’à partir d’elles il était possible de créer de nouvelles choses observables (la physique quantique en est probablement la manifestation la plus spectaculaire).
Donc, oui il faut étudier ce sujet passionnant mais sans sauter les étapes en faisant de la prospective ésotérique.
« C’est mieux que l’ensemble des rationalistes qui disent que 2+2= 4 et
qui sont tout content. C’est rien. Un mouton en fait autant. »
Pour démontrer que « 2 + 2 = 4 » dans le système axiomatique des nombres entiers il faut des dizaines de pages de démonstration en logique formelle, une broutille. Sur l’aspect message euh... comment dire ? Je vous renvoie à la théorie de l’information (qui ne s’appuie jamais sur le fond du message). C’est visiblement plus facile d’aller vers l’ésotérisme et la croyance que de tout simplement imaginer que si les pyramides sont encore debout c’est peut être que la construction a été optimale et en accord avec les lois de la nature. Je sais c’est affreusement rationaliste mais la question ouverte est « comment ? », le reste n’est que spéculation.
1) Concernant la numérologie, certes je ne suis pas un adepte, mais des personnes qui attribuent une signification mystique à une notation purement conventionnelle de chiffre ou de nombre sont au mieux des illuminés mais plus vraisemblablement des charlatans. On a Pi et Phi donc... c’est pas de la science, c’est de la fumisterie.
2) Sur l’honnêteté du documentaire : ça vous semble normal que l’on parle d’un informateur ? Vous avez remarqué le montage parfois raide qui est fait sur les interviews ? Vous avez pris la peine de regarder le générique de fin pour constater le nombre impressionnant d’images d’archive (stock images) utilisé alors que c’est supposé être de première source ? Enfin, si vous ne voyez pas que c’est scénarisé à mort (mais très bien réalisé), désolé je ne peux rien pour vous.
3) Quels faits ? Il n’y a aucune causalité démontrée. Tout au plus des interrogations dont certaines sont pertinentes (les outils, les ordres de grandeurs pour arriver à de telles constructions) et d’autres comme l’insinuation que les égyptiens connaissaient la vitesse de la lumière en m.s^-1 totalement ridicules.
Maintenant tout n’est pas à jeter, les historiens et les archéologues ont mal fait leur boulot et dans ce genre d’analyse la transdisciplinarité est nécessaire. Néanmoins, il y a une accumulation d’informations ou de remarques présentées comme des faits alors que chacune devrait être traitée avec précision distinctement dans le bon ordre. La première c’est comment ont-ils pu construire de tels monuments, la seconde c’est pourquoi avoir choisi des proportions que l’on peut qualifier de remarquables mais qui sont aussi présentes dans la nature. Et là on aura fait un pas de géant.
Au moins les égyptiens s’appuyaient sur des fondations solides, le temps est là aussi pour le démontrer (au passage en Iran il y a aussi des constructions très anciennes bâties sur des zones sismiques), ce n’est pas le cas de ce « documentaire ».