@Ruut Très juste. Les petits fonctionnaires (y compris les policiers, soldats, employés des postes, de la sécu, etc.) sont des gens du « petit peuple » comme nous. Ils sont même souvent nous-même ou notre conjoint, un de nos parents ou un(e) de nos enfants. Bref soit nous-mêmes soit quelqu’un carrément de notre famille. Des gens comme vous et moi donc... puisqu’ils sont (ou nous sommes) des employés comme ceux du privé. . Ruut a parfaitement raison de rappeler que les petites mains de ces administrations (y compris policier et militaires) ne sont pas du tout à confondre avec leurs dirigeants, les hauts-fonctionnaires.
Mais n’oubliez pas que les entreprises françaises qui sont au CAC-40 font justement partie des ces grandes entreprises françaises et multinationales françaises de mon post précédent.
La suppression de l’ENA provoquerait par conséquent une toute nouvelle façon de diriger dans ces entreprises (notamment du CAC40) et dans leurs collusions avec la politique (puisque ce sont les mêmes personnes qui sont à ces deux pouvoirs).
Supprimer le CAC40 ne changerait pas grand chose (et puis je ne vois pas comment on pourrait le supprimer). En revanche supprimer l’ENA (et ça c’est parfaitement réalisable mais encore faudrait-il le vouloir) provoquerait une révolution totale dans le monde de l’entreprise et de la politique... donc une révolution totale aussi dans le fonctionnement des marchés financiers.
Commençons par supprimer l’ENA. Et on y verra déjà beaucoup plus clair. Parce qu’en France c’est l’ENA qui gouverne ! Partis politiques de droite, partis politiques de gauche, grandes entreprises, multinationales, MEDEF, économistes, banques, institutions, Secu et autres services sociaux... partout la tête est occupée par un ancien de l’ENA. C’est à dire finalement... par l’ENA. Votez à droite, vous votez pour un ancien de l’ENA. Votez à gauche, vous votez pour un ancien de l’ENA. Changez de banque, vous quittez une banque gérée par ancien de l’ENA pour entrer dans une banque dirigée par un autre ancien de l’ENA. Commençons par supprimer l’ENA et on y verra déjà beaucoup plus clair dans le paysage politique et économique français. Droite ou gauche, même politique dans le fond... celle de l’ENA.
Le moutonnisme (si on peut appeler cela comme ça) ne fera que s’amplifier avec les générations tant que les politiques concernant l’école des enfants ne reviendront pas au rôle fondamental de l’école : enseigner l’art d’apprendre... à apprendre ! C’est à dire l’art d’apprendre à analyser mais aussi le goût d’apprendre. Ni l’un ni l’autre ne sont assurés aujourd’hui par les politiques de l’éducation et seuls les profs se battent encore (seuls) pour tenter de sauver les enfants de la misère intellectuelle. L’école d’aujourd’hui, celle qui est censée former les adultes de demain, n’enseigne plus l’art d’apprendre à apprendre, ni l’art d’analyser et discerner et penser par soi-même. Parce que les politiques ne le veulent pas (voyez les niaiseries des réformes mais aussi des manuels de cours), mais aussi parce que les profs sont submergés de fonctions de police dans leurs classes (au niveau scolaire désastreux et avec bien trop d’élèves par classe) et ne peuvent plus que très difficilement remplir leur rôle d’enseignant. L’être humain (pas seulement le français, le problème est mondial, y compris dans les villages du fin fond de la brousse) est aujourd’hui conditionné dans le monde entier pour demeurer toute sa vie passif, dès la fin de la journée de travail scotché devant un téléviseur dont les programmes sont délibérément conçus pour en faire un zombie, un être vivant qui n’a plus de matière grise. La presse n’est pas en reste puisqu’il suffit de se rendre dans n’importe quel kiosque à journaux pour constater l’écrasante majorité de magazines ne publiant que des niaiseries (alimentées par 2/3 de pages de publicité), sans parler de leur sexisme institutionnel rarement condamné, avec cette distinction extrêmement forte entre les contenus pour les hommes (le sport, les sciences, les techniques...) et les contenus pour les femmes (la cuisine, la beauté, la presse people...) Le système est donc savamment entretenu pour que la pensée individuelle soit laminée dès l’enfance par le détournement total du rôle de l’école et que ce conditionnement soit maintenu durant toute la vie adulte. Ce conditionnement entretenu est l’un des outils les plus efficaces de la politique tous pays confondus, tous régimes confondus, et il est extrêmement difficile d’en sortir une fois conditionné. Raison pour laquelle ce conditionnement est considéré par ces politiques comme capital dès la plus petite enfance. Vive la dissidence ! La vraie : la pensée individuelle. Mais elle est extrêmement difficile à acquérir car elle n’est pas innée, elle doit être apprise. Et de surcroît elle demande un effort, dont les effets sont bien sûr salvateurs mais un effort que préfèrera éviter le mouton dans son choix quotidien.