Vous avez raison, Le Yeti, mais avez-vous lu la déclaration complète ? Il n’y est nullement question d’interdiction de blasphème, mais bel et bien du respect de l’autre :
RTICLE UN
Tous les êtres humains ont droit d’être traités comme des êtres
humains et ils ont le devoir de traiter chacun comme un être humain.
ARTICLE 2
Toute personne a droit d’être à l’abri de la violence, sous toutes
ses formes, individuelle ou collective, qu’elle soit basée sur la race,
la religion, le sexe, la caste ou la classe, ou provenant de toute autre
cause.
ARTICLE 3
(1) Toute personne a droit à l’alimentation
(2) Toute personne a droit à la vie, à la longévité, à l’habitabilité
et elle a droit de manger, de se vêtir et de se loger pour assurer sa
subsistance.
(3) Toute personne a le devoir de soutenir et de maintenir la vie, la longévité et l’habitabilité de tous.
ARTICLE 4
(1) Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude, au travail forcé, à
la servitude pour dettes, au travail d’enfant. L’esclavage et la traite
des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.
(2) Nul ne doit tenir quiconque en esclavage ou en servitude, sous toutes leurs formes.
ARTICLE 5
(1) Nul ne doit être soumis à la torture ou à un traitement ou à un
châtiment inhumain ou dégradant, infligé soit physiquement soit
mentalement, pour des motifs laïques ou religieux, à l’intérieur d’un
lieu ou à l’extérieur.
(2) Nul ne doit soumettre quiconque à un tel traitement.
ARTICLE 6
(1) Toute personne a droit à la reconnaissance en tous lieux de sa
personnalité juridique et à la reconnaissance par chacun, en tous lieux,
comme personne humaine méritant un traitement humain, même lorsque la
loi et l’ordre ont été bafoués.
(2) Toute personne a le devoir de traiter l’autre comme un être humain, aux yeux de la loi et à ses propres yeux.
ARTICLE 7
Tous sont égaux devant la loi et ont droit à une protection égale
devant la loi sans aucune discrimination quant à la race, la religion,
la caste, la classe, le sexe et l’orientation sexuelle. Toute personne a
le droit d’être traitée de la sorte et le devoir de traiter ainsi les
autres.
ARTICLE 8
Toute personne a le devoir de prévenir la perpétuation de préjudices,
d’ordre historique, social, économique, culturel et tout autre
préjudice.
ARTICLE 9
(1) Nul ne doit être sujet à l’arrestation arbitraire, à la détention
ou à l’exil par un pays ou par quiconque. La tentative de prosélytisme
contre la volonté de la personne doit être considérée comme une
détention arbitraire, tout comme la détention, contre leur volonté,
d’adolescents, par les parents et entre conjoints.
(2) Chacun a le devoir de sécuriser la liberté de l’autre.
ARTICLE 10
Toute personne a droit à un procès public si elle fait face à des
accusations criminelles et c’est le devoir du pays de s’en assurer. Le
pays doit fournir un avocat pour assurer la défense de toute personne
qui n’en a pas les moyens.
ARTICLE 11
Toute personne accusée d’un acte délictueux est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie.
ARTICLE 12
(1) Toute personne a droit à la vie privée. Ce droit comprend le
droit de ne pas être sujet à une ingérence arbitraire dans sa vie
privée ; dans la sienne, celle de sa famille, son domicile ou sa
correspondance.
(2) Chacun a droit à sa réputation.
(3) Il est du devoir de chacun de protéger la vie privée et la réputation de toute autre personne
(4) Chacun a le droit que sa religion ne soit pas dénigrée dans les médias ou dans les maisons d’enseignement
(5) Il est du devoir de l’adepte de chaque religion de s’assurer
qu’aucune religion n’est dénigrée dans les médias ou dans les maisons
d’enseignement.
ARTICLE 13
(1) Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence, n’importe ou dans le monde.
(2) Toute personne a le devoir d’obéir aux lois et aux règlements qui régissent cette partie du monde
ARTICLE 14
Devant toute forme de persécution, religieuse ou autre, toute
personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en
d’autres pays et elle a le droit de ne pas être déportée. Il est du
devoir de chaque pays de fournir cet asile.
ARTICLE 15
(1) Toute personne a droit à une nationalité.
(2) Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer de nationalité.
(3) Chacun a le devoir de promouvoir l’émergence d’un ordre constitutionnel mondial.
ARTICLE 16
(1) Toute personne a le droit de se marier.
(2) Les membres d’une famille ont le droit de pratiquer et de conserver leur propre religion ou croyances.
(3) Toute personne a le droit de fonder une famille.
(4) Toute personne a le droit de quitter le monde et d’entrer en
religion, à condition qu’elle ait pris au préalable les dispositions
nécessaires à l’égard des personnes dont elle a charge.
(5) Le mariage et la vie monastique sont deux des innovations
institutionnelles les plus réussies de l’humanité et à ce titre, ils
doivent être protégés par la société et le pays.
(6) La maternité et l’enfance ont droit à une aide et à une
assistance spéciales. Il est du devoir de chacun d’assurer ces
considérations spéciales aux mères et aux enfants.
(7) Chacun doit promouvoir l’idée que le monde entier constitue une famille élargie.
ARTICLE 17
(1) Toute personne, aussi bien seule qu’en collectivité, a droit à la
propriété. Une association a également droit à la propriété.
(2) Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété. Il
appartient à chacun de ne pas priver arbitrairement les autres de leur
propriété. Le mot propriété englobe la propriété matérielle,
intellectuelle, esthétique et spirituelle.
(3) Chacun a le devoir de ne priver personne de sa propriété ou de s’en approprier de façon non autorisée
ARTICLE 18
(1) Il ne doit y avoir aucune contrainte rattachée à la religion. C’est une question de choix.
(2) Toute personne a la liberté de pratiquer sa religion ou de changer de religion.
(3) Toute personne a le devoir de promouvoir la paix et la tolérance entre les différentes religions et idéologies.
ARTICLE 19
(1) Toute personne a droit à la liberté d’opinion et d’expression, le
terme expression comprenant la langue qu’elle parle, les aliments
qu’elle mange, les vêtements qu’elle porte, la religion qu’elle pratique
et professe, à condition de se conformer généralement aux règles de
convenances établies dans son entourage.
(2) Il est du devoir de chacun de s’assurer que chacun jouit de cette liberté.
(3) Les enfants ont le droit de s’exprimer librement sur tous les
sujets qui les concernent et il est du devoir de leurs gardiens
d’assumer une telle charge selon l’âge et la maturité de l’enfant.
ARTICLE 20
(1) Toute personne a droit à la liberté de réunion et d’association pacifiques.
(2) Nul ne peut être obligé de faire partie d’une association ou d’en quitter une sans procédure de recours.
ARTICLE 21
(1) Toute personne de plus de dix-huit ans a le droit de voter,
d’élire ou d’être élue et ainsi, de faire partie d’un gouvernement ou
d’accéder à la gestion des affaires publiques d’un pays, directement ou
indirectement.
(2) Toute personne à droit d’accéder, dans des conditions d’égalité,
aux fonctions publiques de son pays et elle a le devoir d’assurer un tel
accès.
(3) Il est du devoir de chacun de participer au processus politique.
ARTICLE 22
Toute personne, à titre de membre d’une société, a droit à la sécurité sociale et il est de son devoir d’y contribuer.
ARTICLE 23
(1) Chacun a droit à un salaire égal pour un travail égal et chacun a le devoir d’offrir un salaire égal pour un travail égal.
(2) Chacun a droit à une rémunération juste pour son travail et c’est
le devoir de chacun de rémunérer justement le travail accompli.
(3) Toute personne a droit de fonder avec d’autres des syndicats et de s’y affilier pour la défense de ses intérêts.
(4) Toute personne a la liberté de ne pas faire partie d’un syndicat.
ARTICLE 24
(1) Toute personne a droit au travail et au repos, y compris le droit
à l’assurance chômage, ainsi que le droit à des congés payés
périodiques.
(2) Le droit au repos s’étend à la terre entière.
ARTICLE 25
(1) Toute personne a droit à la santé et à l’assurance médicale. Il est du devoir du pays ou de la société de les y assurer.
(2) Tout enfant a droit à une enfance sans violence et il est du devoir des parents de la leur procurer.
ARTICLE 26
Toute personne a droit à l’éducation gratuite et l’accès aux études
supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de
leur mérite.
ARTICLE 27
(1) Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie
culturelle de la communauté et le droit d’y contribuer librement.
(2) Toute personne a le droit de participer au progrès scientifique
et aux bienfaits qui en résultent ainsi que le devoir de les faire
partager et, lorsque la chose est possible, de contribuer à l’avancement
de tels progrès.
(3) Toute personne a droit à la protection de son héritage culturel.
Chacun a le devoir de protéger et d’enrichir son patrimoine et celui des
autres.
ARTICLE 28
Toute personne a droit à ce que règne l’ordre socio-économique et
politique, aux niveaux local, régional, national et mondial, permettant
l’accomplissement de la justice sociale, politique, économique, raciale
et entre les sexes et elle a le devoir de donner préséance aux intérêts
locaux, régionaux, nationaux et universels.
ARTICLE 29
(1) Toute personne a le devoir, en revendiquant ses droits, de
protéger les droits des autres êtres humains, en tenant compte des
droits des générations passées, présentes et futures, des droits de
l’humanité ainsi que des droits de la nature et de la terre.
(2) Toute personne a le devoir, en revendiquant ses droits, de préférer la non-violence à la violence.
ARTICLE 30
(1) Toute personne a le droit d’exiger la formation d’un comité de
supervision à l’intérieur d’une communauté, qu’il soit d’ordre religieux
ou autre, afin de surveiller l’application des articles de cette
Déclaration ; il a le droit également de siéger au comité et d’y
présenter un cas.
(2) Toute personne a le devoir de s’assurer qu’un tel comité
surveille de façon satisfaisante la mise en application de ces articles.
J’imagine que, comme un grand nombre ici, vous n’avez rien lu de la déclaration et ne vous référez qu’à ce que peut en dire l’auteur et son article.
Alors, lisez cette déclaration avant de juger, vous aurez des surprises...
Quant au Dalaï Lama, s’il était faux, les tibétains l’auraient laissé tomber depuis longtemps. Comment comprendre alors tout leur lobbying pour qu’il reste le leader politique du gouvernement en exil ? Comment expliquer que certains risquent encore leur vie ou la prison pour pouvoir arriver à Dharamsala (http://www.phayul.com/news/article.aspx?id=29990) ?
Ainsi donc, Catherine, loin du bouddhisme c’est bien la haine qui vous anime.
Le Dalaï Lama, entouré de personnes souhaitant la pacification du monde, cherche à demander un peu plus de respect inter-religieux ainsi qu’inter athées et religieux, aide à rédiger un texte allant en ce sens, et pour vous il s’agit de « légitimer l’interdiction du blasphème » ? N’avez-vous pas une certaine tendance à projeter vos idées dans ce que vous lisez ?
Votre attitude est décidément à l’opposé du bouddhisme, et même contraire à ses principes. Mais de cela, plus personne ne se doutait.
Je reste tout de même étonné que vous ne réserviez pas ce même traitement aux grands oppresseurs de ce monde qui, eux, ont du sang sur les mains. Mais n’est-il pas plus facile de s’attaquer à un homme de paix plutôt qu’à un dictateur ?
Merci, « De la hauteur », pour cette analyse intéressante ainsi que ce joli texte.
Permettez-moi d’y répondre par un poème du maître zen vietnamien, Thich Nhat Hanh, « Appelez-moi par mes vrais noms » :
Ne dites pas, je serai parti demain,
car je ne cesse de naître, aujourd’hui encore.
Regardez en profondeur : je nais à chaque seconde
bourgeon sur une branche printanière,
oisillon aux ailes encore fragiles,
apprenant à chanter dans mon nouveau nid,
chenille au coeur d’une fleur ;
bijou caché dans une pierre.
Je ne cesse de naître, pour rire et pour pleurer ; pour craindre et pour espérer :
Mon coeur est rythmé par la naissance et
la mort de tout ce qui est vivant.
Je suis l’éphémère se métamorphosant sur l’eau de la rivière,
et je suis l’oiseau qui, au printemps, naît juste à temps
pour manger l’éphémère.
Je suis la grenouille nageant heureuse dans la mare claire,
Et je suis l’orvet approchant en silence pour se nourrir de la grenouille.
Je suis l’enfant d’Ouganda, décharné, squelettique,
aux jambes pareilles à des bambous fragiles,
et je suis le marchand d’armes vendant des armes meurtrières à l’Ouganda.
Je suis la fillette de douze ans, réfugiée sur une frêle embarcation,
Se jetant à l’eau pour avoir été violée par un pirate,
et je suis le pirate, au coeur incapable encore de voir et d’aimer :
Je suis un membre du Politburo,
et je suis l’homme qui doit acquitter sa « dette de sang » envers mon peuple,
mourant lentement aux travaux forcés.
Ma joie est comme le printemps, chaude,
au point d’épanouir des fleurs en tout mode de vie.
Ma peine forme une rivière de larmes, débordante,
au point d’emplir les quatre océans.
S’il vous plaît, appelez-moi par mes vrais noms,
Que j’entende ensemble mes cris et mes rires,
Que je voie ma joie mais aussi ma peine.
Appelez-moi, s’il vous plaît, par mes vrais noms,
Que je m’éveille, et ouvre pour toujours la porte de mon cœur,
la porte de la compassion.
La réincarnation n’existe pas dans le bouddhisme, il s’agit d’une mauvaise traduction. Ou alors, nous nous réincarnons à chaque souffle...
Le bouddhisme, l’islam ou n’importe quelle religion ne sont pas des « alternatives », mais des chemins à part entière. Et tous ces chemins sont respectables. Aucun n’a plus de valeur que l’autre.