Travailler plus pour gagner plus ? La forme même des pyramides d'Egypte, nous enseigne que les ouvriers, et ce dès la plus haute antiquité, avaient développé une tendance naturelle à en faire de moins en moins.
Après avoir navigué un peu, je me suis absenté d’Agora... sirène et travail. J’essaierai d’y revenir, au moins pour vous lire tous les deux.
N’aie
crainte Sandro, je survis à tout et même aux fins du monde : Hadopi, équipe
de France de football, pirates en Somalie, pandémies de grippes variées,
croissance zéro, Kerviel et Madoff, Livret A à 1,75%, plus d’un million de
chômeurs supplémentaires cette année, Nicolas, l’astéroïde géant - j’ai relu
Tintin -, la peste noire, que sais-je encore ?… Ces temps-ci, les
apocalypses ne manquent pas. Sans compter que 33 millions de doses de Tamiflu
et 700 millions de masques à écouler, ça ne va pas servir à nous faire avaler
la crise, alors il va bien falloir qu’on nous trouve un tas de chaos pour liquider le stock… et
vite !
L’offre
d’agonies excède terriblement la demande. C’est un constat bien pénible. Rien
qu’en virus mutants, en grippes… L’aviaire m’avait déjà obligé à renoncer au
Canard WC sous peine de contamination par cuvette. La mexico-porcine sonne le
glas des Mariachis et de mes parties de pétanque estivales - sans cochonnet
quel intérêt ?
Et puis, je
me pose des questions, je taraude. Est-ce que cette maladie touche tous les
cochons ? J’en frémis ! Parce qu’épier des mies, j’avoue que ça m’est
arrivé, de temps à autre, mais sans aller jusqu’à les pendre… tout de
même !
Tiens !
À quand la grippe du couillon ? Une véritable pandémie celle-ci, à coup
sûr, dégâts énormes... l’atroce champignon... millions de morts... pandémonium... Tamiflu
mon amour, pensez... Mais quelle joie pour les rescapés ! Nous, on se
reverra. J’espère.
Hélas, Sandro va falloir continuer un peu, d’ici à septembre je vais avoir du mal (dans mon village en Corse, il y a peu d’internet). Et puis franchement, ce serait dommage d’arrêter de nous régaler de tes chroniques du bon goût et autres textes.
Bien vu Captain pour le "sang d’ancre", mais il n’y avait pas de quoi s’en faire. Même si, de nos jours, naviguer reste encore une aventure et qu’au printemps le temps y est souvent capricieux, mon voyage en mer fut des plus réguliers.
Seulement voilà, intempéries, récifs, vahinés, sirènes ou autres pirates qui sillonnent les mers en quête de maigres rançons, présentent pour le marin bien peu de risques comparés aux fléaux qui guettent le terrien. Le travail, voilà le naufrage... Je m’y suis englouti corps et biens en juin. Travailler plus, gagner plus, profiter moins... Faudra que je fasse les comptes, un jour.
Dommage car les sujets ne manquaient pas... L’état de transes s’amplifie : les trépidations Elyséennes bousculent l’audiovisuel, l’agitation sociale se répand, même l’armée grogne et un gigantesque spasme est en train de gagner l’Europe. A présent, Cheval Fougueux, très énervé de tous, de tout et de partout, n’arrête plus de danser. Pluie continue d’emmerdes tomber sur France... Normal ! A l’étranger (j’en viens), visages pâles beaucoup rire... Dans la tribu UMP, moins ! Squaw plus sortir tipi. Dans la prairie moins d’herbe, trop cher nourrir chevaux... Scalp du chef des armées... Malaise dans les signaux de fumée publics... Hache déterrée au conseil des anciens... Danses et peintures de guerre... On a perdu les calumets ! Tomahawks bientôt ? Pitié !
Sérieux, quel bastringue ce pays. Ici ça grimace... une mélancolie noire fermente encore sous le couvercle de la marmite sociale. Là ça explose carrément, on soubresaute, convulse, tétanise. Ce septennat n’est décidemment pas un long fleuve tranquille. Quelles charges... Quelles décharges aussi !
Derniers préparatifs, je pars demain matin. Beau temps, mer belle. En revenant, je pourrais peut être écrire d’autres billets de mer. Je viens d’acheter le bouquin de R Debray " Sur la mort d’Albert Londres". Assez décevant, pour ne pas dire bâclé. Et puis franchement Régis Debray, on se demande ce qu’il vient faire là dedans... Bien fait pour moi.
Les grands naufrages, ça m’a toujours fasciné, y compris... sur la terre ferme, d’où les quelques billets "Meeticiens" que j’ai commis. L’incendie (accidentel ou criminel ?) du Georges Philippar en 1932, pile là où le Ponant a été capturé, la mort d’Albert Londres (et de 52 autres personnes) ça ferait peut être un sujet intéressant...