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Bovinus

Tableau de bord

  • Premier article le 04/10/2011
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Derniers commentaires



  • Bovinus Bovinus 2 mars 2011 18:35

    Saint-Pétersbourg n’en vaut pas la peine, ce n’est pas la Russie, mais plutôt l’Italie. Venise ou Florence sont moins loin et vous n’aurez pas besoin de payer le visa.

    Pour ce qui est de notre débat, on va recentrer la problématique car, je vous l’accorde : ça dérive.

    D’après ce que j’ai pu comprendre de vos arguments, vous soutenez que la violence (le militarisme, donc) est une stratégie de développement viable, voire souhaitable, et vous la justifiez par le racisme : certains peuples sont supérieurs à d’autres, ils ont donc le « droit » de faire usage de la violence à leur profit.

    Cette position est absurde et incohérente. En premier lieu, la violence n’a pas besoin de justification, elle se justifie par elle-même : vae victis, et tout est dit. Le racisme (ou plutôt, le « racialisme ») n’a rien à faire là-dedans.

    Si dans l’absolu une telle stratégie n’est ni plus ni moins valable qu’une autre, je soutiens néanmoins qu’elle est contre-productive et autodestructrice sur le long terme. Outre le fait que sur une longue période de temps, cette sorte de « proactivité » est tout à fait suicidaire, elle entraîne aujourd’hui, sous nos yeux, des phénomènes tels que :
    - l’immigration économique, qui vous gêne tant (je n’y suis pas particulièrement favorable, je ne conteste pas ce point-là), mais qui arrange bien notre « grand capital », qui nous met « eux » et « nous » de toute façon dans le même panier
    - le terrorisme
    - l’hostilité profonde de peuples entiers, qui pourrait bien avoir des conséquences très fâcheuses un jour ou l’autre

    Certes, on pourrait envisager (toujours en allant jusqu’à l’absurde) une situation où nous serions littéralement emmurés (pour nous protéger de l’immigration et du terrorisme), et où nous aurions des forces d’occupation permanentes dans le Tiers-Monde pour sécuriser l’extraction des ressources dont notre économie de gaspillage a tant besoin, tout en sachant très bien que tout cela ne peut durer éternellement. En outre, cela est amoral et contraire aux valeurs qui sont à l’origine de notre société et de tout ce qui a fait sa grandeur. C’est un comportement de type schizophrène générateur d’un profond malaise social qui a, lui aussi, des conséquences néfastes et observables. Ainsi, nous reproduisons chez nous ce que nous faisons à l’extérieur et nous nous infligeons un schéma de société basé sur la prédation du pauvre par le riche, tout en ayant des velléités pour un bien-être universel (à moins que ce ne soit l’inverse, dans le sens où nous faisons à l’extérieur ce que nous faisons à l’intérieur).

    On ne peut sortir de cette contradiction que si on admet qu’il existe des sociétés, des cultures (dont certaines rejettent en effet la violence), et des valeurs différentes, qui ont tout autant droit à l’existence et au bien-être que notre société propre. On peut alors se demander si il est « juste », « moral » ou simplement dans notre intérêt que le monde soit dans l’état où il est actuellement et si nous sommes en droit d’agir comme nous le faisons à l’égard de ceux que nous exploitons (j’avais employé antérieurement le verbe « piller »).

    Je suis très curieux de connaître votre réflexion « lucide » à ce sujet.



  • Bovinus Bovinus 2 mars 2011 14:51

    Je ne sais pas ce que vous faites dans la vie, mais j’espère sincèrement pour vous que vous êtes Suisse et que vous avez un abri anti-nucléaire sous votre résidence secondaire dans les Alpes. Peut-être y avez-vous entassé suffisamment de boîtes de conserve pour finir comme un rat dans votre bunker au bout d’encore 20-30 années d’existence troglodyte, mais c’est tout ce que vous pourrez espérer (au mieux) quand les « grandes puissances » (dont le monde francophone, je vous le rappelle, ne fait plus partie) feront tout sauter.

    En poussant jusqu’à l’absurde la logique de la violence, la seule chose qui puisse se produire est l’autodestruction et la barbarie. En poussant jusqu’à l’absurde la logique du racisme, la seule chose qu’on puisse obtenir est l’isolement et la dégénérescence par appauvrissement génétique. Dans un milieu où plusieurs États se côtoient, ces deux principes poussés à l’extrême débouchent inévitablement sur la guerre.

    Êtes vous au courant de ce qui se développe dans les petits labos secrets de nos « partenaires » américains, russes et chinois ? Moi non plus, mais ce que je soupçonne au vu de ce qui est rendu public ne me plaît guère.

    J’avais anticipé votre « hypothèse » du moment où tout le monde est à « égalité ». Ce n’était certainement pas l’an 0, le moment où on en a peut-être été le moins éloigné, c’était bien davantage l’an 1945 (comme je l’avais expliqué). Malheureusement, cette chance a été gâchée, ainsi que vous le constatez. Hé oui, la tentation d’exploiter leurs multiples avantages était bien trop forte chez les ex-grandes puissances et les nouvelles grandes puissances pour qu’elles puissent y résister. Rien à voir avec un quelconque avantage « naturel » ou « racial ».

    Plutôt que de chercher à expliquer des phénomènes socio-économiques par l’ésotérisme, demandez-vous simplement si vous seriez prêt à être atomisé, pulvérisé, déporté, gazé, exploité, ou juste abattu au cours d’une prochaine guerre totale, ou bien prêt à accepter l’idée que vos descendants soient exposés à subir un sort du même genre, car c’est là le corollaire inévitable des principes que vous prétendez défendre (jusque-là j’ai recensé : militarisme et racisme).



  • Bovinus Bovinus 2 mars 2011 11:14

    Marc Gelone, prendre l’an 0 comme point de départ n’a aucun sens. Si il est une seule constante qu’on peut dégager dans l’histoire des peuples à l’échelle de la planète, ceux qui se sont fait « entuber » de tout temps sont non pas ceux qui n’ont pas « développé la même culture du travail que nous », mais plutôt ceux qui pour une raison X ou Y n’ont pas développé la même culture militariste que nous. Au contraire, ceux qui ont le mieux réussi sont ceux qui avaient une armée puissante et des armes. Ils ont si bien réussi qu’en plus de tout prendre, de tracer les frontières à leur guise, ils ont aussi réécrit l’histoire à leur guise et fait disparaître des civilisations entières (si on remonte à avant JC).

    Je croyais que la deuxième guerre mondiale avait définitivement écoeuré le monde de cette façon de faire (d’où ma date de départ pour mon exemple fictif, choix qui n’était pas innocent en effet), mais apparemment, le monde oublie vite. Je crois que la seule façon de faire comprendre aux gens, ce serait de construire un stalag dans chaque école et traiter les élèves en prisonniers de guerre pendant les vacances scolaires. On pourrait peut-être aussi les faire jouer à Stalingrad ou au débarquement de Normandie, peut-être pas à balles réelles mais quelque chose qui fasse suffisamment mal et qui foute suffisamment la trouille pour qu’ils s’en rappellent toute leur vie. Hein Gélone, vous en pensez quoi ?

    Sous des expressions policées comme « culture du travail » ou des sous-entendus divers, vous dissimulez de plus un racisme primaire, tout en n’osant pas le nommer. Certains de vos commentaires sur la présence étrangère en France étaient pourtant fort censés, aussi vous avais-je donné le bénéfice du doute.

    Je crois qu’à partir de là, on n’a plus grand-chose à se dire, à moins que vous ne parveniez à me démontrer par la pure logique la validité de votre point de vue.

    Dommage.



  • Bovinus Bovinus 2 mars 2011 01:48

    Votre démonstration « suisse » semble sous-entendre que les Suisses seraient en quelque sorte supérieurs. Ils le sont en effet, non par leurs soi-disant « capacités », mais par une chose très concrète, qui s’appelle le « capital » - à la fois industriel, scientifique, humain et technologique, mais également financier. Quand on dispose de tout ça, tout est en effet beaucoup plus simple, même quand on ne dispose pas d’une rente en matières premières. La démonstration ne doit cependant pas s’arrêter là, et doit expliquer pourquoi les pays pauvres en sont dépourvus.

    Prenons le cas d’un pays pauvre quelconque, qu’on va appeler la Lazaronie. Ce pays possède un métal rare et précieux, la lazaronite, qui lui rapporte une certaine rente. Le cours de celle-ci est malheureusement dicté par les marchés boursiers, et la demande fortement dépendante de la conjoncture économique. Pour faciliter la distribution de la lazaronite sur les marchés mondiaux, l’État a cédé les droits d’exploitation de la lazaronite à une filiale de Haliburton, Lazaron Ltd. pour une durée de 100 ans avec bail automatiquement reconductible.

    Lors de la décolonisation, les frontières ont été tracées en dépit des revendications ethniques par rapport au territoire, ce qui a produit une situation telle que la moitié du peuple lazaron s’est retrouvée dans les frontières administratives de l’État voisin, le Lazaroland. Les revendications territoriales récurrentes de celui-ci font craindre un possible conflit armé ; pour y faire face, la Lazaronie a dû acquérir un arsenal crédible auprès de son allié américain (le Lazaroland voisin étant armé par l’Union Soviétique). Tout ceci n’a évidemment pas été cédé gratuitement, et la Lazaronie a dû s’endetter en dépit des remises et facilités de caisse accordées par Washington.

    Cette dette absorbe la plus grande partie de la rente. Le FMI veut bien rééchelonner la dette, mais seulement si l’État lazaron accepte d’appliquer un programme de restrictions budgétaires féroce, ayant pour conséquence la fermeture de l’unique université d’État lazaronne.

    La population vit avec moins de 5 dollars par jour, le peuple gronde. L’Union Soviétique en profite pour distiller son idéologie bolchévique dans la Lazaronie, mais la CIA veille au grain, et les diverses révoltes et tentatives de révolution sont désamorcées ou réprimées grâce à l’excellent travail de la Légion Étrangère sur place (en effet, la France, ex-grande puissance coloniale dans la région, y est encore très présente et entretient quelques bases militaires).

    Quelques décennies passent, l’Union Soviétique disparaît, la région se stabilise, et les exportations de lazaronite battent tous les records. Cependant, la dette n’en finit pas de grandir, les dirigeants lazarons, qui s’étaient octroyé les pleins pouvoirs en raison de la guerre froide ont toujours les pleins pouvoirs et sont immensément riches. Une clique de proches gravite autour d’eux, profitant des retombées de toute cette richesse et phagocytant tous les postes-clefs dans l’administration et l’appareil de prise de décision.

    Aux dernières nouvelles, la population lazarone survit avec 3 dollars par jour. L’université est fermée depuis longtemps, mais il subsiste encore quelques écoles subventionnées par Lazaron Ltd. On y apprend comment extraire la lazaronite, le fonctionnement des machines-outils Caterpillar et les bienfaits de la démocratie. Le reste du temps, on y regarde des dessins animés Walt Disney sur l’unique lecteur DVD de l’école. Le taux d’illetrisme est de 99,9%.

    C’est bon, t’as pigé maintenant ?



  • Bovinus Bovinus 2 mars 2011 00:23

    Gélone, il y a un seul point dans votre commentaire où vous n’êtes pas complètement à côté de la plaque : quand vous dites que les causes du sous-développement sont bien différentes de mes « clichés éculés ». Elles sont en effet multiples et mériteraient qu’on y consacre une encyclopédie, pays par pays, cas par cas, sans omettre la trame historique. On ne va pas s’y mettre ici, mais celles que j’ai évoquées y figureraient en bonne place.

    Demandez-vous simplement pourquoi nos voisins Suisses ne s’en vont pas émigrer massivement au Rwanda, et vous aurez déjà accompli un grand pas en avant. Ensuite, demandez-vous comment se fait-il que nous puissions prendre un vol Paris-Berlin pour 30 euros en low cost (c’est à dire, pour presque rien), alors que l’énergie est pourtant devenue si précieuse (mais si, nous le savons, puisqu’on n’arrête pas de nous le répéter). Demandez-vous d’où provient le caoutchouc qui a servi à fabriquer vos pneus, d’où provient le café que vous buvez 5 fois par jour, le bois de vos meubles Ikéa ou le plastique de votre clavier. Et pour finir, demandez-vous aussi comment se fait-il qu’en dépit de toutes ces richesses qui sont pour nous aussi banales que l’air, comment se fait-il que là-bas, dans l’ex-Tiers Monde, les gens meurent de faim. Je suis sûr que vous pouvez, avec un peu de bonne volonté, commencer à trouver des pistes de réflexion. Ce n’est pas si difficile, au fond, il faut simplement vouloir connaître les réponses.

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