Épatant. Je rassure les bornés, il n’y a pas besoin de gueuler pour se faire entendre.C’est même le contraire, raison à laquelle j’ai de la peine à me ranger, de plus en plus hélas. Mais je me soigne.
Je crois que quand on souffre du racisme, cette phrase est atrocement douloureuse, ou définitivement révoltante. Car oui, nos « yeux » sont ceux de 2013, et l’intellectualisme qui la ferait passer pour une intéressante discussion philosophique sur l’évolution de la pensée est incompatible avec la réalité du racisme. Cette vision voltairienne est épouvantable, aujourd’hui ; l’insulte à l’humanité est d’une violence que notre époque nous permet de comprendre en principe (on sait à quel point on est loin du compte), et alors la fulgurante brûlure dévaste le coeur. Ayons nos convictions et sensibilités (ou manque de), mais en place publique, le risque de n’être au moins pas compris me semble trop grand, et celui d’humilier, de blesser gravement. Le non commentaire est en cause également, et le « pour le fun » a une allure bizarre.
Comprenez-vous maintenant pourquoi tant de gens sont outrés par le langage de Jean-Luc ? Je reconnais volontiers que mon message à vous était fort cru et dru et que je me suis méchamment laissé aller à l’excès. C’était l’idée, en l’occurrence, un exercice cruel, parce qu’il montre combien nous sommes mieux disposés à accepter cette manière d’expression lorsqu’elle est adressée aux autres, et combien elle peut être blessante lorsqu’on se sent personnellement pris à partie. Je crois qu’internet me rend méchant par moment, et dans le cas présent, je le regrette.