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  • Bracam Bracam 20 octobre 2015 00:10

    @orianeborja
    merci pour votre réponse, j’apprécie la manière ;)



  • Bracam Bracam 19 octobre 2015 23:03

    Tiens, vous me faites penser à la disparition de la téléphonie analogique chez moi en 2017 je crois (en fait, personne n’en parle). Cela aura pour conséquence l’obligation de s’équiper d’un modem et d’un abonnement internet, en lieu et place du simple téléphone à brancher dans la prise murale, parce que la téléphonie passera définitivement et exclusivement par internet (Voip). Soit, internet est utile, voire indispensable. Mais on notera alors que là aussi, la disparité du service est incroyable entre villes et lieux excentrés, entre fibre optique et fil cuivre au débit 100 fois moindre. Et aucune obligation de service universel ne me semble garantie à l’avenir, à l’exception pour l’instant encore légalement obligatoire pour l’opérateur historique (Swisscom) d’assurer une liaison internet au débit le plus lent, tel qu’on le connaissait en 2000... 


    J’y vois quelques éléments de ce progrès adoré dont si souvent les effets co-latéraux donnent à réfléchir : Le modem désormais obligatoire devra en conséquence (pour « garder la ligne » en permanence) être branché en continu : quand je pense que des illuminés se sont permis, au début du siècle et peut-être avant, de fustiger la multiplication des mini consommateurs de courant électrique, transfos généralisés par toute l’électronique de loisir. Quand je pense que la fourniture d’électricité n’est pas garantie : nous vivons sans nous poser la question, mais nombre de régions connaissent la signification réelle de ce que représente la coupure du courant pour cause de catastrophe naturelle ou autre... 

    Cela ne représentera jamais par ailleurs que la multiplication et le renouvellement perpétuel d’appareils électroniques jetables et régulièrement démodés techniquement. Bref, une belle opportunité de s’agenouiller devant le monde du gaspillage, du tout jetable, à la solde d’industriels (chinois ?) dépourvus de toute éthique écologique et sociale. Tant qu’on a le choix, on peut éventuellement se distancer du processus : mais ici comme dans tant d’autres cas, le choix n’existe plus, à moins de prétendre vivre en autarcie.

    Pour ce qui est du portable que TOUT LE MONDE doit posséder, voilà un raisonnement spécieux et autoritaire, alors que le jé-pu-2-batterie et le ça coupe y’a pu d’réso font partie des grands classiques. Je n’entre pas dans le détail de ma considération médiocre pour ce nouvel avatar téléphonique d’un monde incapable de mesurer le coût réel de ses religions technologiques et consuméristes. 

    Le modem (la box...) chauffera et tombera inéluctablement en panne de temps en temps ; connaissant le principe de la loi des séries, il va de de soi que cela se produira entre particulier lors de situations d’urgence. Un téléphone analogique fonctionnera toujours, le combiné en tout cas ; j’en gardais un en secours comme on conserve une boite d’allumettes et une bougie chez soi. Même si le téléphone sans fil domestique est hors service en cas de panne de courant, il restait une solution de secours pour celui qui aurait réfléchi à la question. 

    Il y a, chez les dévots de la technologie et du « progrès », un manque de considération pour la réalité crue de la fragilité de notre environnement et de notre condition d’humain qui m’étonnera toujours, quand ce n’est pas du mépris pur ou un aveuglement stupéfiant. Que dire des ultra-libéraux qui se foutent du monde dans lequel vivent les gens en réalité. Ceci trahit le mépris des sociétés, ou plutôt des pouvoirs économico-politiques pour leurs minorités. On se gargarise du mot démocratie, mais il faut vraiment la mettre en demeure, sur nombre de sujets comparables, de faire le vrai choix de la solidarité. Car, comme nous le savons, les gens exclus ne sont pas a priori de gros rustres obstinément opposés au changement et au progrès technique, pour autant qu’il apporte réellement un mieux vivre. Qui les écoute et les respecte ? Quand je lis certains intervenants, je me rend compte que le respect d’autrui ne fait pas parie de leur logiciel... et je reste poli.


  • Bracam Bracam 19 octobre 2015 21:56

    @Fifi Brind_acier
    L’essentiel n’est-il pas d’écrire « en grandes pompes » ? Pour moi, à ce stade du pugilat généralisé dans lequel n’importe qui devient n’importe quoi... je ferai de cette déchéance orthographique désormais courante une marque d’inculture parmi d’autres, que ce soit politique ou morale. J’aurais dû évidemment m’intéresser au fond, mais justement, par préjugé, à la louche, va donc savoir pourquoi, il me semble qu’il me disconvient. Car, comme j’apprécie la personne Onfray et admire sa réflexion qui m’instruit (sans pour autant, pourquoi le préciser, soutenir sans discernement toutes ses prises de position), je me permets de dire à orianeborja que je n’aime pas sa manière idéologique de dénigrer Onfray parce qu’il est Onfray. Entre idéologues, on doit pouvoir se détester sans arrière-pensée.



  • Bracam Bracam 11 octobre 2015 17:00

    @Pie 3,14
    Je comprends (à peu près) ce que vous dites. Cependant, j’y vois. en filigrane, la marque pénible qui pourrit notre temps, celle de l’affrontement des malheurs, des problèmes : le tien est-il vraiment important, lorsque l’on voit celui du voisin, souvent lointain, dont on sait en réalité peu de chose et que l’on agite comme un épouvantail. Quand on voit le malheur à notre porte en effet, de quoi se plaint-on... 


    C’est en somme la question du verre que l’on verrait à moitié plein, alors qu’il me semble bientôt vide si nous ne défendons pas non les acquis – il faut absolument prétendre qu’on s’en moque si l’on veut survivre... mais très modestement des valeurs humanistes simples. Sur quoi les établir, comment les définir, et surtout, surtout, combien ça coûte. Rendu à cette question unique, propre comme jamais à notre « civilisation » financiarisée à l’intelligence fatiguée, les jeux (du cirque) semblent faits. Latin et grec ne seraient donc pas perdus à jamais ; cela me rassure un peu, peu en fait, pour les raisons du point de vue que je me suis permis de partager ici. Une année en classe latine a failli me tué, il y a 45 ans ; peut-être que je compte indûment sur le beau savoir des maîtres antiques ; qui les fera aimer, et comprendre leur actualité ?

    C’est la question de la compassion : à quoi sert-elle, quelle est sa cote en bourse, à la baisse, ou faut-il investir ? Celle de l’incontinence sentimentale dans un monde particulièrement divers et, on s’en rend compte, ignoblement bas et violent aussi. Celle de la manière, pour les démunis (au sens large), de faire entendre leur voix, et agir la communauté de manière solidaire et réfléchie, avec une vision d’avenir plutôt qu’à trois mois et pour des intérêts particuliers. Je sais de quoi je parle, moi qui suis terrorisé par la crainte de perdre mes dents et ma voiture... 


  • Bracam Bracam 11 octobre 2015 00:15

    @Pie 3,14
    ce ton vous semble un peu ridicule (ce n’est pas le mot que j’aurais écrit, bien qu’étant vieux, ayant perdu beaucoup d’illusions, d’attentes, de perspectives d’avenir). Pour aller dans le sens de votre contribution, je voudrais ajouter que votre avis n’a aucune importance, aucun intérêt, il est déjà perdu dans le grand tout du réseau, je ne sais même pas comment ni pourquoi je l’ai lu, encore moins pourquoi je le commente, ma réaction étant d’ores et déjà effacée. Puisque le ridicule ne tue pas, notre témoin mourra de mort lente dans l’indifférence, ou sous les sarcasmes, à moins que ce ne soit sous les bisous de gens très affectés. Voici donc le temps de l’effacement ; vous êtes presque effacé, moi plus encore, fallait-il que nous le comprenions, dans un monde qui a perdu la boule, disent les vieux encore engagé pour une société qui les ignore en fait depuis longtemps ? 


    Ouais ouais, c’est déchirant de voir un artisan perdre ses mains, ses yeux, son âme parce que son métier disparaît, sa pensée, sa vie avec. On ne pourrait rien faire, on n’aurait pas à s’élever contre l’injustice ni la bêtise ou la méchanceté, impossibles à définir dans le grand tout mondialisé, dans lequel toutes les opinions seraient de même « valeur ». Certaines sont cependant plus égales que d’autres... Ce ton lyrique... il est celui des désespérés. Va donc comprendre le désespoir que tu n’as pas éprouvé, ou sous d’autres formes qui elles avaient du sens. Et puis c’est un peu inconvenant, pour qui n’a pas perdu sa chemise, pardon pour l’ironie...

    Dernier point, je ne comprends pas l’idée que les destructions d’un monde si proche des anciens (de nos parents, le nôtre aussi), cette obsession humaine, ne serait « pas irréparable ni forcément définitive » parce que « cela fait si longtemps qu’elles sont menacées ». Cela me semble singulièrement illogique. 
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