« C’est marrant ces « patriotes » qui se réjouissent par avance d’un supposé discrédit français... »
C’est le discrédit de l’anomalie qui siège à l’Elysée qui importe. Même Sarkozy n’aurait jamais osé aller aussi loin dans la familiarité triviale à l’égard d’un de ses homologues.
Dans le discours de Dakar, il n’a jamais fait que dire ce que Guaino avait écrit pour lui, l’auteur lui-même se croyant couvert pour avoir puisé son affirmation dans un discours de Victor Hugo.
« Une affirmation très largement démentie par les Burkinabé... »
Je vous renvoie à la réponse que je viens d’adresser à Renaud Bouchard.
Où allez-vous chercher que « les » Burkinabés auraient tout aussi bien pu, le cas échéant, se déclarer profondément humiliés par l’attitude du bellâtre de l’Elysée ?
« Ce n’est pas avec ce genre d’attaques que l’on parviendra à le déstabiliser. »
Il ne s’agit pas de le déstabiliser, mais de compléter son portraitpsychologique de personnage arrogant et méprisant. Psychopathe, de plus en plus certainement.
« Rappelez-moi, voulez-vous, le nom du propriétaire du quotidien Libération ? »
A ma connaissance, il n’y a pas un propriétaire unique, mais je sais que le dernier à a voir mis de l’argent est Patrick Drahi, soutien inconditionnel de Macron, par médias interposés, et je sais aussi que la financière du quotidien est tout sauf bonne.
Le Parisien vient d’expliquer que le président Kaboré s’était absenté pour satisfaire un besoin naturel, et que les Burkinabés avaient très bien pris la « plaisanterie » parce que la « bonne ambiance pendant le discours prouve la proximité entre les deux hommes ».
On ne nous explique pas, en revanche, pourquoi la vanne a provoqué des rires, mais aussi des « sourires gênés », et pourquoi le président africain a salué par deux fois l’assistance de la main droite en quittant l’amphithéâtre, ce qui se voit très bien sur les images.
De toute manière, les Africains, en général, qui se seront sentis offensés par l’attitude cavalière de Macron ne changeront pas d’avis sur cette « explication », parce qu’ils savent très bien que le même Macron n’aurait jamais osé se comporter ainsi à l’égard d’un chef d’Etat européen, fut-ce celui de la Moldavie, Igor Dodon comme chacun ne sait pas.
« Et tous les merdias de planquer cette « discussion de comptoir ». »
Vous faites bien d’en parler. Voici ce que cela donne dans Libération, sous le clavier de Mme Maria Malagardis, envoyée spéciale à Ouagadougou :
"Macron a désamorcé
l’agressivité de cette salle remplie de 800 étudiants, dont l’agitation,
houleuse comme joyeuse, a été parfois difficile à canaliser.
"Reste le supplice
silencieux du président burkinabé, également présent dans l’amphi. Assis sur
l’estrade, Roch Marc Christian Kaboré, élu fin 2015, se tait alors même
que le président français lui renvoie la responsabilité de gérer certaines des
complaintes exprimées sur la vie quotidienne des étudiants. Kaboré quitte
momentanément la salle sans qu’on en connaisse le motif ? Macron ose même un« il part réparer la clim », allusion à l’absence
de celle-ci, évoquée par les étudiants."
Avec la
sereine inconscience de ceux qui osent tout – il l’a dit lui-même, à Ouagadougou « Je
n’ai peur de rien » - , Macron (39 ans) a fait perdre la face à un chef d’Etat
de 60 ans devant huit cents étudiants, plus ou moins contestataires, qui n’ont
pas laissé passer cette occasion de brocarder « leur » président.
Rappelons que si Macron est en fonction depuis six mois, Roch Marc
Christian Kaboré l’est depuis deux ans, et qu’à l’heure où le futur Elyséen
découvrait le théâtre, la turlutte, la brouette japonaise et la paravent guatémaltèque
dans les bras et le plumard de Mme Brigitte Trogneux, le président Kaboré était
premier ministre de son pays.
Insulté par un gamin mal élevé, il s’en est allé en saluant
deux fois de la main, preuve qu’il n’avait pas l’intention de revenir.
On se demande combien ça a coûté pour faire comprendre au
chef de l’Etat burkinabé qu’un clash définitif allait torpiller toute la manœuvre
africaine du Français qui-tient-le-chéquier-par-le-manche ?
Alors, il est revenu, en silence, le président du Burkina
Faso. Mais le mal était fait. Le site des Indigènes de la République parle, ce
matin, d’ « humour colonial ignominieux ».
Depuis quand se
soucie-t-on de ce que disent les Indigènes de la République ?
Ce n’est pas
la question. La question est de savoir combien de millions, de dizaines de
millions, d’Africains ayant eu vent de l’incident, pensent aujourd’hui la même chose ?