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clément dousset

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un citoyen qui a souci de faire entendre son opinion

Tableau de bord

  • Premier article le 03/08/2015
  • Modérateur depuis le 18/02/2016
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Derniers commentaires



  • clément dousset clément dousset 19 novembre 2015 09:46

    @V_Parlier
    Au fait vous êtes-vous posé la question de savoir par qui étaient payés les résistants pendant l’occupation nazie en France ? Et si les Irakiens sunnites étaient aussi des patriotes ? et s’ils luttaient pour l’indépendance de leur patrie après avoir vu pendant dix ans une occupation plus terrible que celle que nous avons connue (voyez le sort qui a été fait à une ville comme Falujha) ? une occupation dont ils se sont sortis seuls, pas comme nous qui avons dû compter sur les sacrifices russes à Stalingrad et sur le débarquement anglosaxon ! il y a dans l’Etat islamique des gens qui se battent par pur patriotisme, alliés à des gens qui se battent pour pouvoir pratiquer dans son intégralité la religion de leurs pères, alliés à des gens qui se battent pour rejeter un matérialisme occidental qu’ils estiment corrupteur et créateur d’inégalités. Pensez-vous qu’il y ait beaucoup de gens vénaux dans un endroit où l’on risque la mort violente à chaque instant ?



  • clément dousset clément dousset 17 novembre 2015 08:25

    Imaginons que l’on découvre une exoplanète où l’on soupçonne l’existence d’une civilisation technologiquement avancée. On supputerait en particulier que les habitants de cette planète utilisent la télévision ou la radio. Evidemment, même avec les plus puissants télescopes, on ne pourrait apercevoir aucun récepteur. En revanche il n’est pas impossible qu’on puisse détecter par des radars appropriés les ondes électromagnétiques émises dans les parages de cette planète. Il serait alors aisé de voir si ces ondes sont émises par des sources naturelles (il en existe) ou par des émetteurs artificiels transmettant des programmes de radio ou de télévision.


    Pour la conception que je défends et que j’appelle le « modulisme », je prétends qu’on peut procéder de la sorte pour détecter le mécanisme qui produit les affects dans le cerveau humain. Il y a dans le cerveau ce qu’on appelle le corps de Penfield, une sorte d’homonculus constitué de multiples groupements de neurones disposés en fonction des parties du corps réel auxquels ils sont reliés. Les sensations tactiles en particulier passent par l’excitation d’un ou plusieurs de ces groupements de neurones. Mon idée est que, dans tout groupement, les neurones oscillent de façon synchrone et particulière si bien que la modulation du champ magnétique produite à cet endroit est elle-même particulière et propre à l’endroit donné. Si particulière même qu’une piqûre à l’intérieur de la phalange supérieure du pouce droit ne produira pas la même modulation que si elle intervenait au pouce gauche.


    Ce n’est pas évidemment la modulation en elle-même qui produirait l’affect mais sa réception par un système matériel, particulier et unique en fonction d’une modulation affective dont j’explique par ailleurs le principe. Vous pourrez vous reporter à mon article : « Une niche pour la conscience 2 : le modulisme » pour avoir plus de détails. Ce que je veux simplement dire ici c’est que, si on peut ne jamais trouver le système matériel particulier et unique qui fait fonction de récepteur, on peut en revanche tout à fait vérifier si les groupements de neurones du corps de Penfield, les modules du bulbe olfactif ou les colonnes corticales du cortex visuel primaire produisent dans chaque unité une modulation magnétique propre et constante pour le même individu comme d’un individu à l’autre. La magnétoencéphalographie couplée à la microanatomie peut tout à fait servir à cela. Encore faudrait-il que la recherche s’intéresse à cette hypothèse...



  • clément dousset clément dousset 28 septembre 2015 16:31

    @Hervé Hum
    Vous commencez par dire :« la conscience engendre un processus physique mais n’est pas réductible à ce processus ». C’est une proposition pour le moins surprenante. Si vous aviez dit : la conscience est engendrée par un processus physique mais n’est pas réductible à ce processus, je vous suivrais mieux. Avez-vous lu mon article sur le modulisme ? Il ne me semble pas. Si vous l’aviez fait, vous auriez perçu la modestie de mon propos qui se garde d’intrusions dans une philosophie absconse. J’essaie d’abord de considérer les sensations élémentaires en tant que phénomènes subjectifs, les qualia des sensations si vous préférez. Qualia des couleurs, des sons, des odeurs etc. J’essaie de saisir comment à partir de qualia élémentaires on peut concevoir des qualia plus complexes, quel processus est mis en jeu. Je n’aboutis pas à une théorie définitive et globale sur la conscience mais je pense ouvrir une voie de recherche intéressante...Une voie alternative à celle que défendent dans leur écrasante majorité les neuroscientifiques. Et je plaide pour qu’on reconnaisse l’intérêt de cette voie. C’est tout.



  • clément dousset clément dousset 28 septembre 2015 14:42

    En évoquant la nécessité de théories alternatives à la pensée scientifique dominante et en y incluant celle qui porte sur la conscience, Bernard Dugué touche un point qui m’est particulièrement sensible. C’est ainsi que j’ai pu dans ces colonnes m’opposer à la prétention d’un Stanislas Dehaene qui voudrait nous faire croire qu’il aurait découvert le « code de la conscience ». (« Stanislas Dehaene nous a-t-il donné le »code de la conscience«  ? »)

    Cependant il faut veiller à ne pas déterminer a priori le type d’alternatives que l’on souhaite voir confronter et, comme il me semble l’apercevoir ici, opposer seulement une conception de type mécaniste à une autre qui ne le serait pas.

    Par exemple, lorsque je m’oppose à Dehaene, je le fais au nom d’une conception qui peut apparaître tout aussi mécaniste que la sienne. (On s’en rendrait compte si on lisait mon article :« Une niche pour la conscience 2 : le modulisme ».) Seulement si pour Dehaene comme pour Changeux et les tenants de « l’espace de travail conscient » l’unité qui apparaît première dans le processus qui génère la conscience est le potentiel d’action qui parcourt l’axone entre deux neurones, pour moi c’est l’oscillation électrique du neurone.

    Le parcours des potentiels d’action produit des algorithmes de type tout à fait analogues à ceux qu’on peut trouver dans les machines cybernétiques mais cette mécanique-là n’engendre pas davantage la conscience dans le cerveau qu’elle ne l’engendre dans l’ordinateur. Elle ne l’engendre ni au niveau local (ce que Dehaene a lui-même montré) ni au niveau global par un processus d’intégration. En revanche, pour moi, les oscillations de neurones en se combinant dans le temps peuvent engendrer des modulations particulières de champ où la conscience prendrait pour partie son origine. Mais si dans une conception de type connexionniste et dans une conception de type moduliste les formes de mécanique mises en jeu ne sont pas les mêmes, on reste toujours dans le champ général des lois physiques.

    Ce qui est vrai c’est que les modalités d’expérience en laboratoire dans l’hypothèse connexionniste ne peuvent être exactement les mêmes que dans l’hypothèse moduliste et que, telle que la recherche se poursuit actuellement, tout un champ d’investigation se trouve occulté. Il se peut d’ailleurs que l’occultation soit bien plus étendue que celle que je suppute dans ce commentaire.



  • clément dousset clément dousset 23 septembre 2015 19:06

    @JC_Lavau

    J’avoue avoir un peu de mal à vous suivre et, par exemple, n’avoir jamais entendu parler d’un « neurone de la conscience » qui serait en même temps un « neurone de la fuite ». En tout cas si j’ai marqué clairement mon désaccord avec la pensée de Dehaene, il y a au moins un point sur lequel je ne me suis pas avisé de le contredire, c’est qu’il n’y a pas de « neurones de la conscience », qu’induire directement de l’activité d’un neurone, ou même d’un groupe de neurones, un contenu conscient est une erreur., que, le plus souvent, les activités neurales du cerveau sont inconscientes même quand elle aboutissent à un comportement. Ce n’est pas du tout que je veuille priver les poissons ou même les nématodes (qui ont trois cents neurones) de toute conscience mais c’est que je veux éviter le recours à une causalité immédiate, simpliste et, cela est démontré, fausse, liant conscience et activité plus ou moins bien cernée des neurones.


    Je me focalise bien sur la vision comme vous dites. Mais il ne vous a peut-être pas échappé que mon article : »Stanislas Dehaene nous a-t-il donné le « code de la conscience » ? » est une réaction à l’ouvrage de ce neurobiologiste intitulée : « Le code de la conscience ». Or, dans ce livre, Dehaene, s’il parle dans de courts passages de sensations sonores, se focalise lui aussi presque entièrement sur la vision. C’est à ce point vrai que dans un chapitre crucial au niveau philosophique : « théoriser la conscience », il s’emploie à expliquer comment se construit, se réalise l’image que nous percevons en regardant la Joconde par exemple. Il apparaît bien que l’image dont il parle c’est cette étendue de formes et de couleurs ayant un haut et un bas, une gauche et une droite, telle que nous en avons l’un et l’autre une notion immédiate en fixant ce qui est devant nos yeux et telle que les aveugles de naissance ne l’auront jamais. Or cette image, pour Dehaene, elle est bien le résultat de l’intégration de données produites par le fonctionnement de réseaux de neurones dont aucun n’est générateur par lui-même de conscience.


    Voilà la conception de la genèse de l’image perçue qui est est celle de Dehaene et qui est à examiner en elle-même. Il n’y a aucune pertinence à dévier du sujet par des considérations sur l’évolution.


    A cette conception-là j’oppose la mienne. L’image telle que je l’ai présentée plus haut est formée point par point par la coexistence d’affects (ou de sensations) simultanées et distinctes. Et ce qui est à la base de ces affects, ce qui les induit, ce ne sont pas des réseaux de neurones dans le cortex pariétal ou frontal, le cortex supérieur, si vous préférez, ce sont les colonnes corticales présentes dans le cortex visuel primaire et disposées de façon correspondante aux cellules visuelles (cônes et bâtonnets) de la rétine.



    A partir de là, la première question qu’il est pertinent de se poser est la suivante. A quoi servent fondamentalement les différents modules sensoriels à l’extérieur du cortex visuel primaire si l’image qu’on voit n’est pas produite par eux, par leur activité intégrée ?


    Et la réponse que j’apporte à cette question est la suivante. L’activité intégrée de ces modules existe bien et elle est bien inconsciente. Mais le résultat de cette intégration va produire des influx descendants qui vont commander l’activité de chaque colonne corticale, si bien que le point lumineux et coloré produit par chaque colonne dépendra à la fois de l’éclairage reçu par la cellule rétinienne correspondante et du résultat de l’intégration. Tous les ajustements, tous les tracés de ligne qui transformeront l’image brute, pointilliste comme un tableau de Seurat et plus nébuleuse encore, en une image parfaitement délinée où chaque objet est parfaitement délimité comme dans un tableau d’Ingres sont dus pour moi essentiellement à cela.


    Ce que j’écris ici ne fait que paraphraser ce que j’écris dans l’article. Pour essayer d’aller un peu plus loin et d’approcher le mécanisme direct de construction de l’image, je vais faire -excusez-moi- dans l’extrême simplisme. Je vais supposer qu’il n’y ait dans l’aire visuelle primaire que trois colonnes corticales alignées. Je vais supposer que la première induise une sensation ponctuelle de rouge, la seconde une sensation ponctuelle de vert, la troisième une sensation ponctuelle de bleu. Je vais supposer en même temps que les trois sensations induites se situent dans l’espace subjectif de l’image sur une même ligne horizontale, que la première, rouge, se situe à gauche, la seconde,verte, au centre et la troisième, bleue, à droite. L’image d’un drapeau bleu, vert rouge que j’aurais sous les yeux pourrait figurer le résultat produit.


    Un phénomène n’est étrange que s’il est unique et sans comparaison. Or la genèse de mon drapeau dans mon champ visuel est parfaitement analogue à la genèse d’une sensation qui occuperait mon front et mes tempes si je parvenais de façon véloce à gratter la tempe gauche avec un doigt, piquer le centre du front et caresser ma tempe droite. Les trois sensations conjointement localisées pourraient être induites par les modules aussi distincts que les colonnes corticales mais situés dans le « corps de Penfeld » à l’emplacement de la partie supérieure de la tête.


    Maintenant, comment se fait-il que l’activité de modules distincts impliquent la perception de sensations distinctes dans leur qualité intrinsèque comme dans leur appréhension spatiale ? C’est ce que j’essaie de concevoir et d’expliquer dans mon article sur le « modulisme ».


    Je voudrais seulement ajouter à cette plutôt longue réponse un petit point. Ce que je suppute ici n’a une ombre de valeur et d’intérêt qu’à la condition que certaines données anatomiques et physiologiques vérifiables par diverses sortes d’expérience soient présentes dans le cerveau. J’évoque justement dans mon article sur le « modulisme » une étude sur la perception des odeurs qui va dans le sens de mes vues. Mon souhait est seulement que ce genre d’étude se répande et qu’il n’y ait point (comme c’est plutôt le cas à mon sens) qu’une piste de recherche sur le cerveau….

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