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clément dousset

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un citoyen qui a souci de faire entendre son opinion

Tableau de bord

  • Premier article le 03/08/2015
  • Modérateur depuis le 18/02/2016
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  • clément dousset clément dousset 3 novembre 2017 09:43

    @JL
    « Serait-ce différent de cette autre formulation : le germe du neurone serait resté à l’état latent chez les plantes tandis qu’il se serait développé chez les animaux pour faire naître la conscience ? Plus précisément : latent dans le règne végétal, le neurone en se développant, aurait fait advenir le règne animal.  »


    Pour moi, ce serait différent. Changeux parle du neurone comme d’un simple oscillateur électrique. Son existence, son fonctionnement ne posent guère plus de problèmes de compréhension que n’en pose une quelconque cellule vivante. Mais pour l’élément structurel qui, en interagissant avec lui, produirait le ressenti affectif, il n’en va pas de même. Il nous renvoie sans doute à une propriété des forces fondamentales et à une construction que nous ne pouvons encore concevoir. Je ne me risque d’ailleurs pas à préciser des hypothèses dessus. Les pistes de recherche que j’indique sont seulement celles qui permettent de déterminer les correspondances entre une synchronisation d’oscillations particulière et une sensation particulière. C’est là seul que peut se tester la justesse de mes vues. L’existence de cette structure fondamentale mais pour l’instant inconnue, devra peut-être être toujours admise par défaut.


  • clément dousset clément dousset 3 novembre 2017 06:49

    @JL
    Si ce n’était pas clair pour vous, je précise que je m’intéresse au mécanisme générateur de la conscience dans le seul but de le comprendre et non pour proposer de le reproduire. Je pense que les parents sont très doués pour ça et qu’ils resteront toujours les seuls ! N’ayez pas peur des hybrides, ils n’existeront pas !


    Votre idée que la conscience est en germe dans les plantes que j’interprète comme la croyance en une structure particulière commune aux animaux et aux plantes et qui serait indispensable à l’apparition de la conscience ne me gêne pas. Animaux et végétaux ont des ancêtres eucaryotes communs. Disons seulement que le germe serait resté à l’état latent chez les plantes tandis que, grâce aux neurones, il se serait développé chez les animaux pour faire naître la conscience...


  • clément dousset clément dousset 2 novembre 2017 09:36

    @JL

    Vous écrivez : « que le neurone soit le siège de la conscience, j’en doute un peu ». Eh bien moi, je n’en doute pas un peu. Je suis persuadé au contraire qu’il ne l’est pas. Plusieurs phrases de mon article font état d’une structure matérielle incluse dans l’animal dont la nature est encore mystérieuse mais dont l’existence est indispensable pour que le mécanisme générateur de conscience puisse jouer. (« En revanche, si on se place dans l’hypothèse moduliste que j’ai déjà présentée ailleurs (1), on admet que l’activité oscillatoire des neurones AWB produit une modulation du champ magnétique telle qu’elle provoque dans une structure de l’animal sensible à cette modulation un ressenti douloureux d’une intensité donnée ». « Que la modulation du champ magnétique puisse produire l’énergie de la conscience au contact d’une structure matérielle incluse dans un animal, c’est ce qu’il faudra bien parvenir à penser et à établir. »…). Le neurone, ou plus exactement l’ensemble des neurones co-activés à un instant précis jouent un rôle d’oscillateur électrique qui module le champ magnétique environnant la structure réceptrice. Et c’est dans cette structure, non dans les neurones, que la sensation prend corps.


    Dans mon article : « Une niche pour la conscience 2 : le modulisme », j’utilise la métaphore de la radiodiffusion. L’ensemble des neurones oscillants, c’est l’émetteur. La modulation produite sur le champ magnétique, c’est l’émission. Le poste de radio, c’est le récepteur. Sans poste de radio, l’ensemble des émissions n’engendrent dans un lieu donné que le silence. Mais sans émissions, le poste de radio restera silencieux.


    Cette structure sensible existe bien sûr pour moi théoriquement. Elle ne me semble pas inconnaissable mais, pour l’heure, elle n’est pas connue. Du mécanisme qui produit la conscience, nous ne pouvons connaître en ce moment que les neurones qui sont repérables et identifiables. Mais cela ne veut pas dire (et jamais je ne l’ai laissé entendre !) que les neurones seraient le siège de la conscience. En revanche, dans ma conception du « modulisme », là où il n’y a pas de neurones, il ne peut y avoir de conscience.


    C’est pour ça qu’il n’y en a pas, à mon sens, dans les plantes. Certes on trouve toute une littérature sur le « psychisme des plantes » mais c’est abusivement que l’on parle de psychisme. C’est vrai que les plantes réagissent à leur environnement, qu’elles ont même des capteurs que l’on pourrait qualifier de « sensoriels ». Mais les voies de transmission de l’information et de réaction à ces informations sont très généralement biochimiques. La transmission se fait de cellule à cellule. Et, si elle peut se faire de plante à plante, c’est par la dissémination de substances volatiles. Il y a chez les plantes « une richesse génétique accouplée à une extraordinaire aptitude à synthétiser des molécules complexes ». « Elles génèrent une réponse optimisée à l’ensemble des stimilations et agressions auxquelles elles sont soumises ». (wikipedia, la sensibilité des plantes). Mais rien de cela n’autorise à penser qu’elles puissent connaître le ressenti des sensations.


    Si je me suis vigoureusement opposé à l’essai de Dehaene : «  le code de la conscience », je lui reconnais au moins le mérite d’avoir su montrer la part très réduite qu’occupe la vie consciente chez l’être humain par rapport à l’immensité de la vie inconsciente. Notre corps par l’intermédiaire ou non de nos capteurs sensoriels réagit de multiples manières à l’environnement sans que cela affecte notre conscience. Mieux, des neurones de notre cerveau ont une activité sans que cela induise un quelconque ressenti. De façon tout à fait compatible avec mes conceptions sur la genèse des sensations particulières, Dehaene évoque la nécessité de synchronisation dans l’oscillation des assemblées de neurones comme corrélat d’un ressenti donné…


    Vous comprendrez alors qu’il puisse apparaître aussi chimérique (quoique ce ne soit pas pour les mêmes raisons) d’envisager un ressenti chez les plantes que de le supposer possible dans un futur robot.




  • clément dousset clément dousset 1er novembre 2017 11:08

    @JL

                               Bonjour JL,

    Je suis sensible au fait que vous voulez bien vous intéresser à ma pensée sur la conscience. Je pense qu’entre votre pensée telle que vous la présentez ici et la mienne, il y a une parenté indéniable.

    Pour préciser le lieu du débat entre nous, je dirais que je ne suis pas entièrement d’accord avec cet enchaînement de propositions : « les matériaux de la vie sont d’une nature différente de celle de la matière que notre conscience est capable d’appréhender....et la conscience est née de la spécificité de ces matériaux. »

    Je ne suis pas sûr que les matériaux et le mécanisme dont est issue la vie soient les mêmes que les matériaux et le mécanisme dont est issue la conscience. Si je situe, comme je le montre ici, l’apparition de la conscience dans un organisme animal très simple (par exemple le nématode), il n’en reste pas moins que la vie s’est énormément développée dans le règne végétal sans que la sensation immédiate qui est à la base de la conscience apparaisse jamais. La conscience, sans doute, ne peut pas apparaître hors d’un organisme vivant. Mais la conscience peut ne jamais apparaître dans des organismes vivants qui se développent, se diversifient et se complexifient si manque un élément du mécanisme spécifique qui engendre la conscience. Et le neurone est pour moi un de ces éléments.

    Je ne suis pas sûr d’autre part que « les matériaux de la vie » comme ceux de la conscience soient d’une nature différente de « celle de la matière que notre conscience est capable d’appréhender ». S’il en était ainsi, la recherche sur l’origine de la conscience par la voie de la spéculation ou de la science serait a priori vouée à l’échec. Et je ne crois pas qu’il en soit ainsi. Ce qui ne veut pas dire que comprendre le mécanisme qui est à l’origine de la conscience nous permettrait de le reproduire. Je pense que ce mécanisme est lié à des propriétés virtuelles fondamentales de la matière que nous ne connaissons pas encore, qui ne sont pas inconnaissables mais qui ne peuvent être actualisées qu’à l’intérieur d’un être vivant.

    Ceci dit, je souscris entièrement à votre dernière phrase : « Croire que la conscience pourrait naître de la complexité ou dans les IA relève selon moi de la pensée magique d’alchimiste. »

    J’aimerais beaucoup que, de votre côté, vous partagiez le souhait que j’exprime en conclusion de mon article sur le modulisme : que la recherche scientifique ne se cantonne pas à une seule voie d’exploration ( liée à à la conception connectiviste ) mais s’ouvre à des voies nouvelles pour appréhender « la réalité spécifique des contenus conscients » et le mécanisme qui leur donnerait naissance


  • clément dousset clément dousset 30 octobre 2017 14:24

    @JL Presque tous les objets fabriqués par l’homme comme les objets naturels sont potentiellement dangereux. Un simple marteau l’est si par maladresse on se tape sur les doigts. Si ces objets sont utilisés avec une intention malveillante comme le sont les armes, leur danger est encore plus flagrant. Et nul n’ignore que l’intelligence artificielle utilisée par exemple dans les drones afffine et renforce les capacités meurtrières des hommes. Mais ce qui est évoqué dans l’article de Toulet pour d’ailleurs le nier c’est que puisse apparaître dans une machine dotée articiellement d’intelligence un désir, une volonté de nuire. Cette éventualité implique l’apparition artificielle d’une conscience telle que tout le monde s’accorde à la définir et telle que les dictionnaires la définissent, une conscience qui serait liée nécessairement à une volonté et à une sensibilité. C’est cette éventualité que je nie avec Toulet. Point.

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