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  • daryn daryn 10 février 2012 18:44

    @zabelle,

    le problème des idéologies politiques c’est qu’elles ont tendance à désigner un méchant profiteur (le rentier, l’étranger, le patron, le collectiviste, le chômeur (!), le financier ...) et structurer leurs discours et actes de manière simplificatrice et parfois infantilisante autour de la punition à infliger à ce sal..d. Je préfère m’intéresser aux réglages nécessaires à la coexistence fructueuse de gens et organisations différents dans leurs actions et aspirations. Je ne cherche à niquer personne. Une bonne négociation est celle d’où tous les acteurs sortent satisfaits.

    En tant que moteur je préfère la compétition au conflit. En tant que pratique je préfère l’unité au clivage.

    Cela ne signifie pas que je sois inculte. Il y a du beau monde dans ma bibliothèque, de Socrate à Aron en passant par Locke, Montaigne, Marx, Montesquieu, Rawls, Proudhon, et j’en passe et des meilleur(e)s. C’est vous qui avez besoin de béquilles pour vous définir, pas moi.



  • daryn daryn 9 février 2012 23:08

    @arobase

    j’ai relu mes derniers commentaires, je ne crois pas avoir passé mon temps à cracher sur Hollande. J’ai effectivement commis en réponse à une question de boug14 une comparaison peu flatteuse pour lui de son parcours politique comparé à celui de Bayrou — je remarque en passant qu’on ne m’a pas contredit. Et je maintiens que je ne crois pas une seconde qu’il réalisera un programme dont on sait déjà qu’il n’est pas financé.

    Quand je dis que c’est Hollande qui ferme la porte à Bayrou, c’est la stricte vérité. Le ’ni de gauche, ni de gauche’ des socialistes est à mon avis imbécile, mais ce n’est pas moi qui le leur ai soufflé.

    Je ne sais pas si vous vous êtes intéressé à Bayrou et son programme d’aussi près que je l’ai fait pour ma part pour Hollande et le sien : j’ai regardé ses interventions, lu le projet. Avant cela j’avais également suivi de près le congrès de Reims et les primaires socialistes (sans pour autant m’y exprimer). Après près de 5 ans de participation au Mouvement Démocrate, aux commissions de projet et de programme, aux universités et congrès je sais exactement pourquoi je veux voter Bayrou aux deux tours. Je sais aussi ce qui ne me plaît pas chez Hollande et les socialistes.

    Accordez moi s’il vous plaît la grâce de penser que je puisse faire un choix réfléchi de second tour si mon plan A tombait à l’eau.



  • daryn daryn 9 février 2012 22:43

    @orion

    plusieurs points. Tout d’abord la ré-industrialisation de la France est le seul moyen de rééquilibrer nos échanges commerciaux internationaux. Parce que le rêve de certains illuminés d’une répartition ricardienne du travail entre d’une part les vieux pays, devenus sans usines, qui effectueraient les tâches nobles de conception et de création, tandis que les pays émergents se contenteraient de la production, cette idée a fait long feu. Les pays émergents non seulement produisent mais conçoivent et créent... Et c’est très bien, c’est un effet positif de la mondialisation, et à terme on verra sans doute une uniformisation des niveaux de vie dans le monde entier. Mais en attendant on ne peut pas se permettre d’accumuler du retard parce que le déficit commercial, que les consommateurs n’accepteront jamais de limiter en s’interdisant l’achat de produits importés, se traduit soit par un endettement sans cesse croissant soit une fuite continue de notre patrimoine vers l’extérieur.

    Le manque de compétitivité est réel et patent et de nombreux indicateurs sont très inquiétants (taux de marge des entreprises, investissement, recherche, etc). Je ne suis pas d’accord avec vous sur la nature des recettes utilisées mais ça nous prendrait trop de temps.

    Cela vous surprendra peut-être mais je considère que les 35 heures sont un progrès de civilisation, au moins vis-a-vis du travail subi. Je ne suis pas non plus innocent quant aux implications du caractère fini des ressources naturelles.

    Toute la difficulté consiste à être suffisamment puissant et autonome pour être à même de mener une politique intelligente en terme d’activité, de croissance et de durable. Or on est très loin de la puissance et de l’autonomie nécessaire. Dans un monde ouvert, et je souhaite qu’il le reste, il faut être fort — pas nécessairement dominant — pour prétendre choisir son destin et peut-être montrer l’exemple. Mais pour la France, ça commence selon moi par sortir de la spirale de l’endettement, qui obère notre futur, et effectivement se redonner les moyens de créer de la valeur.



  • daryn daryn 9 février 2012 20:08

    @jpm

    je m’interroge sur la ’moitie d´un peuple qui n´a pas les moyens de faire des efforts... car il n´y a plus de travail pour elle"

    il y a plusieurs manières d’interpréter cette phrase. Fait elle référence au fait que les emplois industriels sont de plus en plus qualifiés, laissant de côté toute une population qui par manque de goût ou de capacité se voir exclue de ce secteur d’activité ? SI c’est le cas ce n’est pas forcément dramatique car un emploi industriel génère typiquement entre 1,5 et 3 emplois de services très variés (de la logistique à la sécurité en passant par le nettoyage et la restauration). C’est une des raisons pour lesquelles F. Bayrou fait de la ré-industrialisation de la France une impérieuse nécessité notamment pour lutter contre le chômage.

    Pour ceux qui restent désespérément exclus des emplois traditionnels, dans l’agriculture, l’industrie ou les services, l’économie sociale et solidaire est une alternative étudiée très sérieusement au Mouvement Démocrate, où on est absolument convaincus qu’une activité rémunérée est une composante essentielle de la dignité de chacun.

    Personne ne doit être laissé sur le carreau et la redistribution est évidemment essentielle. Il n’y a cependant pas de redistribution sans richesses à redistribuer, et le problème premier dans un monde ouvert est alors la création de valeur marchande exportable. Or cette valeur marchande exportable est produite à plus de 80% par l’industrie. Créer un environnement favorable aux entreprises, en particulier industrielles, devient naturellement une priorité, en distinguant les problématiques et atouts propres aux TPE, PME, ETI et grands groupes. Cela signifie être respectueux des rôles respectifs du capital, des entrepreneurs et des salariés. On ne crée pas d’activité sans financement, et ce financement doit être rémunéré. Taper en permanence sur les investisseurs et les patrons, comme le fait une partie de la gauche au profit des bien-souffrants pour lesquels ils prétendent définir un nouvel ordre moral est absurde et contre-productif.

    C’est l’activité qui crée plus d’activité et la possibilité de la redistribution.



  • daryn daryn 9 février 2012 19:26

    @JL1,

    le partage intégral du travail a été tenté. C’était la situation en Allemagne de l’est avant la chute du mur. J’en ai pas mal discuté avec des gens qui l’ont vécu, qui m’ont confirmé que tout le monde y avait une activité. Mais bizarrement quand le mur est tombé on n’a pas assisté à une ruée vers l’est...

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