Les électeurs de Bayrou ne votent pas sur commande. Je sais, c’est difficile à comprendre, mais c’est une réalité documentée.
Si je vous suis bien je note que le désendettement n’est pas une idée de gauche. Que la co-responsabilité n’est pas une idée de gauche. Que l’exigence que les élèves sachent lire et écrire à l’entrée au collège n’est pas une idée de gauche. Que créer un milieu favorable aux entreprises et à la production n’est pas une idée de gauche.
Je note que c’est Hollande qui ferme la porte à Bayrou, et qui remplace les clivages Sakozystes par les siens propres.
Dans ces conditions, il est possible que je ne sois pas de gauche. Et comme je m’oppose à l’oligarchie népotique du pouvoir actuel, il est possible également que je ne sois pas de droite. Comme les deux étiquettes m’indiffèrent ça ne m’empêche pas de dormir. Et on est nombreux dans ce cas là.
J’espère fermement pouvoir voter Bayrou au second tour, quel que soit son adversaire. Si ce n’est pas possible, j’aviserai à ce moment là.
Par ailleurs en ce qui concerne une rupture franche et nette avec la mandature Sarkozy (et les précédentes) il me semble que c’est bien son projet qui en donne la meilleure perspective
sur la dette et le déficit public c’est le seul à présenter une stratégie claire de sortie de la spirale infernale de l’endettement, via un effort tolérable, partagé par tous, selon un calendrier acceptable et basé sur des prévisions de croissance réalistes
il fait de la relance industrielle et de la production en France une priorité absolue, sans pour autant obéir aux oukazes du MEDEF de réduction des charges patronales ; pour lui le problème ne se réduit pas à la compétitivité-prix, mais passe par la mise en place d’un environnement favorable aux entreprises (pas aux patrons, mais bien aux entreprises), considérées comme point de rencontre du capital, des entrepreneurs, des salariés et des territoires, et vis-a-vis desquelles les consommateurs ont un rôle clé
malgré l’effort national de désendettement il sanctuarise les moyens de l’éducation nationale et concentre des efforts sur des objectifs structurants (par exemple savoir lire — et comprendre ce qu’on lit — écrire et compter à l’entrée au collège) dont la réalisation fera disparaître nombre de difficultés actuelles
il pousse à repenser la pratique du dialogue social et du dialogue démocratique ; les propositions en ce sens seront détaillées à l’issue des deux forums programmatiques du 11 et 25 février prochains, mais les lecteurs de abus de pouvoir et 2012 état d’urgence en connaissent déjà certaines, sans compter sa proposition de faire siéger avec droit de vote un représentant du personnel dans le conseil d’administration des entreprises de plus de 500 salariés...
La rupture proposée par François Bayrou est au moins double : sortir de la dépense inconsidérée d’une part, sortir des clivages d’autre part. François Hollande réduit à peine la dépense, et a choisi le clivage : il est en pleine continuité de la mandature Sarkozy.
non vous ne comprenez pas bien. Le concept de provocation, et de son utilisation pour dévoyer le débat, vous échappe apparemment totalement (si tout au moins vous êtes sincère). Voir mon commentaire ci-dessus de 16:38.
Si Bayrou pissait comme vous dites dans le sens du vent, l’UDF existerait encore et serait au gouvernement, et lui ministre. C’est bien parce qu’il a fait preuve depuis 2002 et particulièrement 2006 de cohérence et de courage politique qu’il est à même aujourd’hui de présenter une alternative crédible.
ce que vous ne semblez pas réaliser c’est à quel point le fait de surréagir sur ce type de provocation est nuisible au débat politique de fond. L’espace médiatique est limité, la quantité d’informations que chacun peut absorber quotidiennement aussi. On peut bien sûr s’empoigner, à juste titre, sur ce type de sujet. Il se trouve simplement que ce n’est pas d’actualité, et qu’il est désastreux de leur donner ainsi la priorité. Comme dit Sylvain, nos libertés ne sont pas menacées. Ce type de provocation n’a qu’un seul intérêt : occuper le terrain médiatique, et conforter une radicalisation des positionnements électoraux (à l’issue de cet échange, les gens de gauche se sentent légitimement plus de gauche, ceux d’extrême droite plus d’extrême droite) mais surtout sans parler des sujets importants d’actualité (dette et déficit, production, éducation, europe...).
Sur 6 minutes 9 secondes d’intervention de François Bayrou, ce sujet grotesque occupe 1 minute 30 secondes, soit un quart de l’intervention totale. Je suis certain qu’il aurait préféré développer d’autres sujets.