Certes l’islam s’est endormi, ses réveils extérieurs revêtent une forme cauchemardesque, et donc inefficace, qu’il ne sert à rien de revendiquer des gloires scientifiques passées si cette science est désormais ailleurs. Mais il y a une multitude de versets qui appellent à la réflexion, donc l’oubli de cette réflexion (fikr-taffakur) est de la responsabilité des hommes, non de la révélation. Je distingue bien cette réflexion individuelle de ce qui est proprement supra individuel et qui est mentionné sous d’autres termes (aql-dhikr), que l’on peut très bien traduire par « méditation » ou « rappel » au sens platonicien. Simplement la reflexion que ce soit au sens philosophique ou au sens scientifique moderne est inscrite dans le texte coranique sous la forme d"une incitation, incitation à la recherche de la sagesse pour l’aspect philosophique, incitation à la recherche scientifique pour tout ce qui concerne le cosmos, après ce sont les hommes qui sont responsables de figer les textes d’une manière monolithique.
@Decouz erreur : voir et non voire, Corbin, Jambet etc et contrairement à ce que dit Renan et qui est repris généralement, ce n’est pas par ignorance du développement philosophique européen, qui était connu, Grecs>idéalisme>Hegel etc, mais par un choix délibéré. Maintenant selon Guénon, c’est ce développement philosophique qui a entrainé entre autres facteurs le monde moderne que vous semblez combattre. La conclusion était terrible pour l’Occident, mais aussi pour le monde entier : la modernité entrainerait un désordre croissant, l’occidentalisation par la force et la colonisation cherchant sans fin à s’étendre entrainant en fin de compte une réaction « orientale » qui « de gré ou de force » (selon Michel Vâlsan) chercherait à mettre fin au désordre, ce qui serait (selon Guénon) très pénible pour l’Occident et nécessiterait des « révolutions ethniques », mais toujours préférable à une auto destruction. Heureusement, ou malheureusement selon les points de vue, l’occidentalisation a atteint, du moins extérieurement, toute la planète, que ce soit l’Inde ou la Chine, donc si aide orientale il y a, pour le sauvetage général, il vaut mieux entendre « Orient » dans un sens purement spirituel, éventuellement eschatologique.
@Franck ABED C’est ce que je voulais dire, si le prestige est lié à l’arabe, il y avait des intellectuels de toutes confessions écrivant en arabe, si le prestige est lié à la philosophie ou/et à l’islam, il y a une philosophie autonome islamique en langue persane, ou en langue arabe ou même en langue urdu, (intégrant Aristote mais intégrant également la révélation islamique, voire Corbin, Jambet, Ben Makhlouf).
« Aristote au Mont St Michel » a quand même été contesté par un certain nombre d"historiens. Sans doute il y eut plusieurs voies de transmission, mais par exemple de nombreux écrits d’Aristote traduits en arabe ne l’ont pas été en latin, ce qui montre que les sources européennes étaient moins complètes. Il est vrai que l’arabe était une langue pratiquée non seulement par les musulmans, mais par tout intellectuel habitant les pays de l’islam, Maïmonide a écrit en arabe, inversement il y a une autre langue très importante le persan, qui a son génie propre, et d’origine hindo européenne, les Iraniens ont écrit aussi bien en persan qu’en arabe.
@roman_garev On ne peut développer que ce qui existe en germe, je n’entendais pas « inventer », à la limite « néo » eurasisme, wikipedia ne précise pas trop dans quelle mesure il y a permanence identitaire, attribuant l’idée à des émigrés russes.