Je ne comprends pas pourquoi les Palestiniens s’entêtent à revendiquer un Etat.
Il est clair que les Israéliens, et pas seulement Netanyhaou, n’en veulent pas. D’autre part le soutien international en faveur de cet Etat n’existe qu’en paroles et encore...
Par conséquent cette perspective risque d’être sans cesse repoussée aux calendes grecques et, si jamais cet Etat était créé un jour, il ne serait probablement qu’une pure fiction, un Etat de carton pâte dépourvu de tous les attributs de la souveraineté.
Il serait plus réaliste de partir de ce constat que l’Etat isarélien a de facto annexé les territoires occupés et d’en tirer les conséquences : placés sous la souveraineté israélienne les palestiniens doivent se voir reconnaitre le statut de citoyens israéliens avec tout ce qui en découle, y compris le droit de vote, le droit de s’établir où ils veulent dans leur pays etc...
Est-ce que les noirs d’Afrique du Sud revendiquaient la création d’un Etat noir à coté de l’Etat blanc ?
En vertu de quoi le législateur pourrait-il interdire à des individus libres et maitres de leur personne et de leur corps de se vêtir conformément à leur volonté, ou à ce qu’ils (elles) estiment être leur devoir ? La loi ne peut pas tout et une pareille loi serait probablement censurée par le Conseil Constitutionnel.
De surcroît comment les députés qui ont signé ce projet de loi envisagent-ils de sanctionner les infractions ?
Le port de la niqab sera-t-il sanctionné par la prison au nom de la liberté des femmes ?
Les femmes voilées se verront-elles interdire de paraître sur la voie publique au nom de la même liberté ?
Le voile pourra-t-il être arraché séance tenante par les pandores ?
Une chose est d’avoir un avis sur le port de tel ou tel accoutrement traditionnel ou religieux, et chacun est libre naturellement d’avoir un avis, autre chose est d’imposer cet avis à autrui.
Avant de vouloir « nommer » et « incriminer » l’inceste, il faudrait peut-être commencer par le définir.
Cela aurait un double intérêt
D’une part votre législateur ne parait en avoir qu’une trés vague notion
D’autre part cela permettrait de voir ce que vous avez vraiment derrière la tête au sujet de l’acte « commis par ceux qui ont le même sang »
(@plancherdesvaches : le projet de loi peut être consulté sur le site de l’assemblée nationale et sur celui du sénat, mais je ne sais pas comment on fait un lien)
« coté victime, à trop les stigmatiser, on peut franchir les bornes... »
Nycolas vous a répondu trop gentiment.
Si vous aviez bien lu son article vous auriez compris qu’il n’y a pas de victime en ce sens que l’état de « victime » n’existe pas. Nous sommes tour à tour victime et coupable et, le plus souvent, ni l’un ni l’autre. Victime ou coupable, ce n’est pas un état qui pourrait nous définir et il n’y a donc pas de stigmatisation possible.
D’ailleurs une part notable des individus poursuivis aux assises pour ces crimes que vous abominez expliquent qu’ils ont eux mêmes été victimes de viol, ou de maltraitance grave, durant leur enfance et, en général, ils ne mentent pas. Le crime est commis d’autant plus facilement qu’il a d’abord été subi. Et le criminel est alors lié à la victime par un lien qu’aucun clinicien ne saura dénouer.
Mais c’est difficile de le comprendre pour ceux qui participent à une pétition dont les signataires se définissent systématiquement comme « victime de l’inceste », « victime de l’inceste et de la prescription » (sic), « proche d’une victime de l’inceste », comme si c’était devenu une profession... ou un état de grace excluant les heureux élus de la sordide destinée du commun des mortels qui doit, lui, se débattre avec ses désirs.
Il semble que les partisans de ce nouveau type de syndicat estiment que, du moment que l’on a été victime d’un crime sexuel durant notre jeunesse, ceci constitue définitivement notre être, et la victime reste toujours figée dans cet état .. de grace (qui comporte de grands avantages come l’explique Nycolas).
D’où évidemment la crainte que l’on puisse stigmatiser les victimes, comme si les personnes qui ont subi un crime constituaient une catégorie anthropologique ou socio-professionnelle susceptible d’être stigmatisée en tant que telle, au même titre que, par exemple, les musulmans, les fonctionnaires ou ... les avocats.
Tout ceci serait risible si cette nouvelle noblesse de la souffrance n’avait pas la prétention de refaire les lois selon ses caprices.
Et l’on envoie des pétitions au législateur en lui rappelant « malicieusement » que l’on pourrait prévenir l’opinion que, je cite, « si les législateurs successifs, en majorité des males, ne voulaient pas pénaliser l’inceste c’est bien parce qu’ils n’ignoraient pas que cela risquait d’envoyer en prison nombre de leurs collègues », de sorte que si vous ne voulez pas que l’on vous refasse le coup de l’affaire Allegre (vous vous souvenez : vrai ou faux, peu importe il suffit que cela soit dit) vous avez tout intérêt à faire ce que l’on vous demande et merci pour la démocratie.
Et l’on réclame que l’inceste soit à nouveau criminalisé, comme au bon vieux temps de l’Ancien Régime ... qui était si bénéfique pour les enfants.
Et en plus ce crime doit être imprescriptible, car c’est les insulter que de ne pas leur offrir le même statut qu’aux victimes d’Auschwitz n’est ce pas ? Sauf que l’imprescriptibilité du crime contre l’humanité n’a jamais été conçue pour conférer un droit particulier aux victimes juives du nazisme qui ne l’ont pas demandé et qui, de toute façon, n’étaient plus là pour en bénéficier.
Vous verrez qu’un de ces quatre matins faire les lois ne leur suffira pas. Ils réclameront en plus qu’on les nomme juges. Car ils ont beau détester les juristes, ils adorent les tribunaux et les procès, à l’exclusion des avocats qui sont des menteurs.