« En effet, comment concevoir qu’un crime qui laisse des séquelles à vie sur la victime, demeure impuni parce que la plainte survient au-delà du délai de prescription ? »
Avec ce genre d’argument il me semble qu’on doit conclure que la notion même de prescription doit être purement et simplement supprimée du Code pénal.
Pourquoi donc faire une faveur particulière aux victimes d’« inceste », lequel n’est d’ailleurs pas un crime à ce jour, et non pas aux estropiés qui conserveront « des séquelles à vie » de leur accident de voiture ?
Je signale que la ville de Béziers commémore, à partir du 22 mai prochain, le 800 ème anniversaire du massacre de 1209.
Mais d’aprés les programmes diffusés par la Mairie il s’agira uniquement de spectacles et animations folkloriques
Il est vrai que la ville de Béziers est, parait-il, envahie par les « Maures » et que ce n’est pas le moment de rappeler que le vrai malheur, ici, est toujours venu du nord.
Je m’incline devant votre érudition mais je crois que l’article 227-8 actuel n’a guère de rapport avec ce qui était reproché à Gabrielle Russier. Je vous rappelle qu’il est classé parmi les « atteintes à l’autorité parentale ».
Je maintiens que la première nouveauté de ce projet de loi c’est que le mineur, quel que soit son âge, sera réputé non consentant dans une relation sexuelle avec un majeur exerçant en droit ou en fait une autorité, ce qui sera parfois contraire à l’évidence. J’ai cité l’affaire Russier à titre d’exemple, en soulignant que dorénavant ce sera la Cour d’assises.
Enfin et surtout ce projet réintroduit l’inceste dans la loi pénale française qui l’ignorait depuis plus de deux siècles. Ceci est proprement révolutionnaire, ou plutôt contre-révolutionnaire et je suis étonné que personne ne s’en soucie.
Avez-vous fait trois ans de prison vous-même ? Vous me répondez comme un pilier du Café du Commerce qui estime que seules les victimes peuvent parler de justice.
D’ailleurs votre article et la plupart des commentaires sont empreints de ce même populisme qui, réclamant sans cesse plus de répression, s’en prend habituellement aux juges parce qu’ils seraient trop cléments avec les criminels et qui trouve dans l’affaire Outreau une occasion unique pour brandir le drapeau de la liberté.
Mon propos n’était pas de défendre l’instruction menée par le juge Burgaud.
Je voulais seulement souligner que l’affaire d’Outreau s’explique avant tout par l’invraisemblable pression qui s’exerce de toutes parts sur la Justice dés qu’un crime grave est commis dans ce pays
Il est trés facile, aujourd’hui, de dénoncer le juge Burgaud. Mais auriez-vous écrit cet article quand la Voix du Nord présentait chaque jour les inculpés d’Outreau comme des monstres ?
Comment s’étonner qu’un juge y regarde à deux fois avant de mettre en liberté des personnes accusées de pédophilie lorsque le président de la république, les ministres, les syndicats de policiers, les associations de victimes, les médias etc.. mettent systématiquement en cause la personne du magistrat dés qu’un individu relaché par la justice commet un méfait ?
Nous en sommes arrivés au point qu’aujourd’hui, en France où la sacro-sainte sécurité est devenue la valeur suprême, il est plus grave de relacher un coupable que d’enfermer un innocent.
Etonnez-vous aprés que les juges, qui ne vivent pas hors du monde, agissent en conséquence...