Je vais aller sur votre blog, mais pour mémoire, il serait
intéressant tout de même de poster votre réponse sur Avox en la scindant en
plusieurs parties. Au mieux, faites en un nouvel article, nous y discuterons à
nouveau.
1/ Facteur de charge éoliennes offshore
Vous
citez : « Of the 58 projects installed from 2004–2006,
25.9% had capacity factors greater than 40%.
On voit bien que pour 75% des projets, le facteur de charge
est inférieur à 40%. On se doute de plus que ces 58 projets sont installés dans
les meilleurs sites, dans le monde entier, ce qui paraît difficilement
généralisable à une exploitation du vent à hauteur de 100 GW (pour la France
uniquement !). Quelles puissances représentent ces projets ? Quel
type d’éolien ?
De plus ces « bons » projets ont l’inconvénient
d’être des projets neufs. Je ne serais pas étonné que leur facteur de charge
diminue avec le temps, le temps que la mer dégrade et encrasse toute la
mécanique.
>>« Pour les meilleurs sites mondiaux, le CF dépasse 50% (c’est le cas sur
l’une des îles de l’archipel canarien, mais aussi dans une région du Mexique
etc.) »
Il est très dangereux de généraliser ces cas particuliers à
un investissement de plusieurs centaines de milliards d’€. Ce risque, lié à la
très forte dépendance de l’éolien envers le site, doit être pris en compte avec
prudence, et cela d’autant plus que vous comparez avec le nucléaire, qui n’a que
peu de dépendance envers le site.
Cela n’enlève rien à l’intérêt éventuel de mettre des
éoliennes là où c’est utile. C’est
votre généralisation qui est dangereuse.
2/ & 3/
Je me rends à vos arguments sur le rendement des STEP et
leur coût. Je vérifierai vos hypothèses de génie civil plus tard, sauf si un courageux
veut s’y coller.
4/ Coûts unitaire éolien
Vous ne répondez pas à ma remarque concernant le fait que
l’éolien offshore constitue 50% de votre parc, et que son coût est
considérablement plus élevé que l’éolien onshore. Votre modèle doit
nécessairement le prendre en compte, car le coût des éoliennes est le plus gros
poste d’investissement de votre plan.
J’ai par ailleurs trouvé dans “Dossier pour la Science”
d’Octobre 2010 un article de Marc Rapin et de Philippe DEGOBERT, que l’on
pourra qualifier de chercheurs enthousiastes sur l’éolien (et c’est tant mieux
si leur boulot les passionne), qui chiffrent l’éolien onshore à « moins de
1,5 €/W » et l’éolien offshore à « entre 2,4 et 4,0 €/W ».
Dernier point : je doute qu’il soit possible
d’installer 20.000 éoliennes de 170 m de haut en onshore. Ca commence à râler
pas mal en France avec 6 GW, l’Allemagne sature à 27 GW. Cela augmente d’autant
plus la proportion d’offshore et donc du coût
Votre plan n’a aucune crédibilité si vous ne prenez pas en
compte des coûts d’investissement supérieurs.
Effectivement mes hypothèses sur le nucléaire sont
pessimistes, mais je considère pour ma part que lorsque l’on veut convaincre,
mieux vaut utiliser un raisonnement conservatif : toute remarque devient
alors une excellente nouvelle .
D’autant plus quand là je ne prenais pas trop de risque. Les
hypothèses étaient tirées vers le bas pour l’éolien et tirées vers le haut pour
le nucléaire.
J’ai par ailleurs trouvé dans “Dossier pour la Science” d’Octobre
2010 un article de Marc Rapin et de Philippe DEGOBERT, que l’on pourra
qualifier de chercheurs enthousiastes sur l’éolien (et c’est tant mieux si leur
boulot les passionne), qui chiffrent l’éolien onshore à « moins de 1,5
€/W » et l’éolien offshore à « entre 2,4 et 4,0 €/W ». Je n’ose
même pas quantifier le coût de tout cela.
Cela, dans ce même article, il est dit que les éoliennes
danoises installées entre 1980 et 1990 aux US tournent encore aujourd’hui. Mais
ces éoliennes sont qualifiées de « simples et robustes ». J’imagine
que tel n’en est plus cas
J’imagine que vous êtes le Oliver Danielo de la présentation. Je tiens à dire pour commencer que la qualité de l’article ne reflète pas la qualité de votre présentation, et c’est bien dommage.
Bref : voici mon analyse de votre plan.
Plan A :
1/ La disponibilité de 40% que vous envisagez pour l’éolien
offshore me semble excessif. Une valeur de 30% (2500 h) induirait une
augmentation de la puissance installée de +40 GW soit 240 GW.
2/ Vous négligez le rendement des STEP dans le bilan économique ;
par ailleurs ce rendement de 81% paraît vraiment élevé (avez-vous une source
technique ?). Vous devez le prendre en compte par une augmentation de la
puissance éolienne installée (à 290 GW). De même vous devez prévoir “9 GW de
stockage” supplémentaires pour provisionner les pertes, soit un surcoût de
+9G€.
3/ Coût des STEP. Le coût des STEP en €/W me semble mal
adapté ; le coût en €/W ne concernerait-il que le coût des turbines
réversibles ? Quel est le coût du bassin de rétention, en €/Wh stocké ?
Pourriez-vous détailler ?
4/ Coût unitaire éolien. Vous avancez un coût unitaire à
1,00 €/W qui est votre valeur de l’éolien onshore. Pour l’éolien offshore je
trouve des valeurs de l’ordre de 1,60 €/W ce qui conduit à une moyenne (50%
onshore, 50% offshore) de 1,30 €/W (vraiment optimiste) ! Cela augmente le coût d’investissement de
votre “plan A” ajusté (290 GW) de +177 G€.
5/ Coût des centrales au biogaz. Vous proposez un coût
d’investissement à 0,80 €/W, ce qui me semble faible : on aimerait une
source. Je trouve de mon côté >2 $/W (d’après le Congrès américain),
tranchons à 1€/W, ce qui semble optimiste, soit donc un coût supplémentaire de
+18G€.
6/ Coût de fonctionnement des centrales au biogaz. Vous
négligez totalement le coût du combustible. Il paraît peu crédible que le coût
d’investissement pour la production du biogaz soit nul. Nous allons l’estimer : vous auriez besoin de 60 GW en
moyenne pendant 35 jours, ce qui représente 50 TWh, soit 2e17 J. Pour un biogaz
à 100% de méthane, cela correspond à 7,6 Gm3 de biogaz, soit près de 2000 fois
la production annuelle du CVO de Sequedin. A 75 M€/pièce de coût
d’investissement, votre “plan A” passe à +143 G€.
8/ Enfin, vous mettez de côté une donnée essentielle, qui
est la durée de vie des moyens de production d’énergie. Les éoliennes sont
dimensionnées pour fonctionner 20 ans, les EPR pour 60 ans. Mettons que les
éoliennes soient changées tous les 25 ans, les EPR tous les 50 ans, soit un
facteur 2, nous avons donc un surcoût de l’équipement éolien égal à son coût
initial soit +377 G€.
Total : 1086 G€.
Plan B :
10/ Coût d’investissement de l’énergie nucléaire historique
française. J’imagine que le chiffre que vous avancez est l’investissement
actualisé en €2011. Pourriez-vous, tout comme vous le faites pour les autres
chiffres que vous donnez, fournir une source pour ce coût à 178G€, pour la
replacer dans son contexte ?
11/ Coût du démantèlement. Bien sûr vous estimez le coût du
démantèlement en €2011 vis-à-vis d’une électricité vendue il y a longtemps en
€xxx ou en Fxxx ; laquelle vente a permis de dégager des provisions long
terme avec taux d’actualisation net d’inflation de 2 ou 3%. Votre prise en
compte brutale et forfaitaire du coût du démantèlement est-elle bien
crédible ?
12/ Je ne prends en compte aucun coût de démantèlement pour le nucléaire, puisque vous n’en envisagez aucun pour le démantèlement des dizaines de millions de tonnes de vos éoliennes.
12/ Un EPR c’est 1,6 GW, et, admettons que son coût de série
(une série de 60 GW) soit bel et bien celui du prototype à 6G€, nous trouvons
alors un coût d’investissement de 3,75€/W soit 225 G€, soit toujours 51 G€ de
moins que dans votre présentation.
13/ On prend les 30 GW d’appoint au gaz à 1€/W.
14/ On néglige (à votre avantage) le fait que les
investissements industriels lourds (usines) sont déjà construits pour le
nucléaire (et qu’il faudrait alors fermer), et que ces mêmes investissement
lourds seraient alors à faire pour l’éolien. Sauf à aggraver dramatiquement
notre déficit commercial.
Total : 329 G€.
Votre “plan A” représente un surcoût de 831 G€ par rapport
au “plan B”, soit, pendant 50 ans, pour un foyer de deux enfants, la coquette
somme de +1073€/an à débourser en électricité (un SMIC en moins par an par
foyer).
Enfin, la perte de productivité pour notre économie serait
de 0,9% du PIB, soit notablement plus que sa croissance actuelle.
Grossièrement, cela plongera notre pays dans la récession.
Et pour finir, pour le plaisir :
Un stock stratégique de 2e17 J de méthane, c’est
l’équivalent énergétique de plus de 3000 bombes d’Hiroshima, sous forme d’un
gaz explosif. Si votre opinion est que les ingénieurs peuvent faire un bon
boulot vis-à-vis de la sûreté de ce stock, alors vous devriez pouvoir porter
une certaine foi dans la sûreté nucléaire.
Dès que j’ai entendu cette histoire de Pu je suis allé voir sur le site de TEPCO
comme il y a cette terrible opacité du nucléaire que l’on connaît ( ), j’ai pu accéder librement à ces relevés de mesure.
Je veux être sûr de bien comprendre le tableau
Il a été mesuré : Pu238 : Site field : 0,54 Bq/kg (masse sèche) comparé à une moyenne de 0,15 Bq/kg Solid waste storage : 0,15 Bq/kg comparé à une moyenne de 0,15 Bq/kg
Pu239, Pu240 : site field : 2,7 Bq/kg comparé à une moyenne de 4,5 Bq/kg
Si c’est le cas, je ne comprend pas vraiment comment on pourrait avoir un « déficit » de Pu239, Pu240 par rapport à la moyenne, ou alors cela signifie que l’incertitude sur la moyenne Pu239 est d’au moins 2 Bq/kg ?
Si j’ai le temps je vais regarder la base MEXT, mais comme je ne connais pas, si vous aviez des billes ?
Dommage qu’ils ne donnent pas l’incertitude sur la valeur Pu238 / (Pu238 + Pu240) = 0,026, que l’on puisse juger de la validité de leur « could possibly ».