Vous avez raison de noter que la méthode étatique est brutale et pas éclectique. Vous avez raison de noter que le libéralisme permet d’élargir cet écletisme par la recherche du profit. Le premier a quand même un avantage : la « brutalité » permet potentiellement de franchir des effets de seuils, qui ne seront jamais recherché par les agents économiques : trop coûteux et trop de risque. L’énergie est typiquement, aujourd’hui, dans cette situation-là. Et là où je vous rejoins, quand les citoyens et les politiciens ne sont pas éclairés sur les sujets énergétiques, la « brutalité » entraîne tout le monde dans le mauvais sens, fait rater la porte de sortie, et quand l’on s’en rend compte c’est trop tard.
Vous savez autant que moi que, politiciens ou chefs d’entreprise, sont le même type de personne : l’oeil fixé sur les indicateurs du département marketing, prêt à flatter et à faire du plaisir à leurs clients, mais surtout pas à les grandir en leur montrer ce qu’il y a, un peu plus loin que ses pieds. Le cuisinier et le médecin du dialogue de Socrate, en somme. Nous sommes aujourd’hui dans une société de cuisiniers, (je veux l’I-Phone plutôt qu’une solution énergétique) et cela n’a pas grand’chose à voir avec la dose d’interventionnisme de l’état, puisque c’est le même syndrome dans tous les pays occidentaux, du plus « libéral » au plus « socialiste ».
Le problème des énergies renouvelables est effectivement qu’elles sont intermittentes, mais on peut compenser cette intermittence par le foisonnement. Il ya un document de RTE (Réseau de Transport de l’Electricité), le bilan prévisionnel de l’électricité de je ne sais plus quelle année, qui explique très bien cela.
Ah le mieux c’est que vous me l’expliquez vous-même ! Le foisonnement, Mijo, est très contreversé : * quand il fait nuit, il fait nuit partout. le foisonnement n’y changera rien. * il en est de même pour le vent. le vent souffle de manière homogène sur de très grands territoires. Vous devrez donc être capable de commuter des réseaux distants de plusieurs centaines voir milliers de kilomètres. Vous devrez donc transformer vos faibles puissances unitaires en très forte tension pour transporter l’électricité sur de si longues distances. Combien de transformateur faudra-t-il construire ? Les commutations peuvent être burtales, ce qui peut conduire à la surchauffe et à la destruction potentielles de tous les réseaux électriques connectés. L’exemple du black-out allemand en est une très bonne illustration. * les sites intéressants pour les éoliennes ne sont pas si fréquents. Ils sont déjà exploités. Actuellement c’est la « chasse aux bons sites ». les éoliennes supplémentaires que vous rajouterez seront beaucoup moins efficaces que les autres. Et chacune que vous rajouterez aura le même problème, et ainsi de suite. Rapidement, il y aura plus d’énergie stockée dans le métal des éoliennes que ce qu’elles produiront toute leur vie.
Imaginons que je ces « énergies alternatives » m’agacent parce que je trouve que ca fait beaucoup de bruit pour des solutions très locales. Je suis d’accord qu’on en fasse, selon les situations favorables et avec discernement, mais que le fait de le proposer comme solution globale ne me semble pas avoir beaucoup de sens.
Grossièrement, j’ai envie de continuer à la « veille manière » : 430 TWh/an de nucléaire et 56 TWh/an d’hydroéléctrique. Je vais acheter mon coupon « 100% old school ». Mon kWh nucléaire ne sera pas cher, car il n’est pas cher et qu’en plus vous n’en voulez pas. Par contre, votre coupon « 100% renouvelable », lui, puisqu’il a désespérément besoin de l’hydroélectrique pour ne pas faire tourner des centrales au charbon pendant que les éoliennes sont en panne (75% du temps), va vouloir donc faire monter le prix du marché de l’hydroélectrique. Augmentant votre facture et la mienne. Augmentant les prix et encore les prix, faisant grossir la bulle jusqu’à ce qu’on se rende bien compte que finalement, il y a plus de valeur dans ces coupons (au grand bénéfice de leurs émetteurs) quand dans l’énergie qu’ils « transportent ». On fera encore des bulles économiques sur du papier, franchement, on trouvera ca stupide, et on partagera notre électricité comme avant.
On jettera ces banquiers de l’énergie par la fenêtre et on leur fera comprendre que l’énergie, plus que se vendre, se produit (et que là est le problème).
Cela signifie que, lorsque vous utilisez cet hydraulique « avec priorité sur le nucléaire », énergie hydraulique dont la puissance disponible en France est limitée et est à saturation, vous me « volez » un peu de mon énergie hydraulique. C’est un peu injuste ca : l’hydraulique est une fantastique énergie, et constater que la france nucléarisée a en même temps fabriqué des barrages me rendait très fier.
Mais vu que vous me le volez...
J’imagine que vous me laissez par contre la charge de CO2 des centrales thermiques qui doivent prendre le relai de l’éolien et du solaire pour suivre les variations des sources intermittentes.
Mijo, excusez mon ton ironique, mais ces coupons, ca ne sert pas à grand chose. Si vous avez le privilège d’exploiter les (rares) sources hydrauliques et que vous ne le partagez pas avec les autres, c’est une attitude terriblement égoïste et capitaliste.
Quand à la somme des questions que vous me posez, j’ai trouvé à peu près toutes les réponses concernant les filières photovoltaïques sur internet, et je les ai mis dans d’autres réactions sur ce site.
Je suis un peu déçu que vous ne répondiez pas directement à mes questions et me laissez fouiller sur le net. Ca enlève un peu l’intérêt d’un forum... Bref, le mieux est que vous regroupiez toutes vos informations et en fassiez un bon article sur le solaire.
Mais hélas je n’ai pas trouvé sur internet les chiffres correspondants pour la filière nucléaire : comme vous avez l’air de les connaitre, ce serait bien de les indiquer en citant vos sources.
Vous avez l’impression que je suis injuste de vous poser toutes ces questions, mais en fait, là, nous touchons une notion fondamentale. Il y a deux types de sources d’énergie : * celles qui se basent sur un stock : les énergies fossiles, comme les hydrocarbures, le nucléaire, le géothermique ou le marémoteur. Pour celles-ci, on n’évoque pas de rendement global de la filière mais on évoque plutôt la durée de vie du stock d’énergie. On peut « ouvrir plus ou moins le robinet », la constante est la quantité du stock. l’optimisation du rendement de la filière permettra d’augmenter la durée de vie du stock. * celles qui se basent sur un flux : les énergies renouvelables, comme le solaire ou l’éolien. Ici, on extrait l’énergie d’un flux défini d’énergie, on ne peut pas « ouvrir plus ou moins le robinet » car ce flux est la constante. Le rendement global est ici nécessaire, car il quantifie le coût énergétique de captation, de transformation et de transport de l’énergie et détermine si la filière apporte plus d’énergie qu’elle en coûte. Si la filière coûte plus d’énergie qu’elle n’en rapporte, les efforts faits ne servent strictement à rien et aggravent le problème.
C’est cela le boulot du lobby « pro-renouvelable » : il faut démontrer que les filières proposées permettent effectivement de produire une énergie nette positive et suffisante.
Pour répondre à l’ensemble de vos questions concernant le rendement du nucléaire, j’ai répondu en vous proposant en-dessous une évaluation de sa durée de vie.
Pour ce qui est du solaire, je trouve vraiment dommage qu’on se contente de bidouiller des machins pour les poser sur terre alors que les envoyer dans l’espace, à 10 million de kilomètres du soleil où le flux sera plus de 200 fois supérieur, permettrait effectivement de couvrir pour longtemps les besoins et les besoins futurs de l’humanité.
Pour ce qui est de coopérer dans tous ces calculs, nous devrions pouvoir entrer en contact en demandant à Avox d’échanger nos e-mails. Avec mes propres moyens et disponibilités (variables ) ce genre de démarche m’intéresse beaucoup !