Je rappelle que si la SG n’avait pas porté plainte il n’y aurait pas de procès, et en principe ce n’est pas le plaignant qui est jugé et condamné. A moins qu’une nouvelle conception de la justice vient de sortir.
Cet article est hors sujet : l’affaire Karviel n’est pas une problématique d’obéissance à des ordres illégaux mais une problématique de surveillance des opérations pour empêcher les fraudes.
Et également un problème de recrutement interne : Kerviel était à la surveillance des opérations avant de passer trader, faut pas s’étonner ensuite qu’il sache facilement contourner les contrôles sans se faire prendre, il n’y a aucun génie là-dedans mais beaucoup de malice.
Mais le fraudeur c’est Kerviel, pas la banque ni ses dirigeants.
On ne peut pas mettre sur le même plan les personnes qui sont responsables d’un défaut de surveillance avec celui qui déjoué cette surveillance en fraudant.
Kerviel ne prétend pas avoir reçu l’ordre de faire ce qu’il a fait, il dit seulement que ses chefs ont fermé les yeux sur ce qu’il faisait ce qui est facile à dire mais beaucoup plus difficile à prouver. Si ce qu’il dit est vrai, alors pourquoi ne prenait-ils pas de vacances y compris quand ses chefs le lui demandaient : parce qu’il devait être toujours sur le pont pour empêcher que sa fraude n’apparaisse, ce qui est arrivé quand il a été mis en congé d’office à Noël et Nouvel an de fin 2007.
Et puis les responsables ont été virés de la SG pour faute professionnelle.
Enfin la comparaison avec Hitler et Pétain est totalement hors de propos et injurieuse : où sont les morts et les déportés de l’affaire Kerviel ?
Il n’en reste pas moins qu’une condamnation d’un particulier sans le sou à 4,9 milliards de dommages et intérêts est complètement débile (désolé pour le juge), aussi débile que le système américain qui condamne Madoff à 150 ans de prison alors qu’il lui reste 20 ans maximum à vivre (pourquoi pas une double condamnation à mort tant qu’on y est : on sortirait le cadavre au bout de six mois).
Heureusement que la SG à réduit immédiatement sa demande en se contentant de préempter les gains que pourrait faire Kerviel en exploitant médiatiquement l’affaire ce qui a un sens.
Les sommes engagées ne sont pas réelles tout simplement a cause de l’effet de levier qui peut aller jusqu’à 1000 dans le cas d’options, ce qui ramène la somme nécessaire réelle à quelques dizaines de millions qu’il a pu accumuler progressivement.
Une méthode pour alimenter la cagnote est de reprendre des contrats d’émission d’options ou de garanties venant d’un autre organisme financier qui se traduit par une rentrée d’argent (une partie de primes payées par les acheteurs finaux) et en contrepartie l’engagement à rembourser les acheteurs en cas de problèmes avec l’effet de levier correspondant.