Je suis assez d’accord sur le constat. Les gouvernements font le pari audacieux : - que les marchés s’en tiendront là et que les banques prêteront à la Grèce à des taux raisonnables. - qu’ils feront la même chose pour le Portugal, l’Espagne puis l’Italie
En revanche pour l’explosion de la zone euro la messe n’est pas encore dite. Un sursaut des européens reste encore possible pour la sauver. La question est de savoir s’ils en ont la volonté.
Toute la stratégie de Bayrou pour 2012 reposait sur l’effondrement du PS et l’ouverture d’un espace au centre gauche, - l’effondrement n’a pas eu lieu bien au contraire après deux années difficiles le PS sort de sa convalescence - l’espace restant au centre gauche a été préempté par Europe Ecologie - le MODEM sort totalement affaibli avec à peine une vingtaine d’élus au plan national en quatre élections (le FN en a dix fois plus)
C’est un échec stratégique pour Bayrou. Il fera peut-être 6-7% maximum en 2012 mais il sera en quatrième position derrière le candidat du FN.
Sarkozy aussi essuie un triple échec : - stratégie d’union de l’UMP au premier tour invalidée - retour de l’électorat du FN au bercail - hyper présidentialisme rejeté par les français Deux ans ne lui suffiront pas pour mettre en œuvre une nouvelle stratégie et de toute façon dans deux ans la crise sera encore là.
Je ne vois dés lors pas pourquoi les États bénéficieraient de
traitements privilégiés par rapport aux citoyens.
Et moi, je ne vois pas pourquoi les banques bénéficient d’un traitement privilégié par rapport aux États qui est : - de pouvoir emprunter auprès des banques centrales à des taux inférieurs - de pouvoir ensuite créer de la monnaie scripturale grâce à l’effet de levier des réserves fractionnaires - enfin de prêter à des taux supérieurs cette monnaie qui ne leur a rien coûté.
La règle ça devrait être que les États empruntent au taux de la banque centrale, ni plus ni moins : - et ça ne créerait que le taux d’inflation visé par la banque centrale grâce au taux qu’elle fixe. - ça diminuerait le service de la dette et donc les déficits (pour la France c’est un gain de 20 milliards d’euro par an).
C’est le tournant du quinquennat de Sarkozy et le début de la fin pour lui, d’où l’apparition de prétendants officiels (Villepin, Morin) et officieux (Fillon, Copé) dans son propre camp. Ca rappelle étrangement la situation de la gauche en 2002 : la machine à perdre est donc bel et bien lancée à droite.
On ne voit pas encore très bien ce que Sébastien vient faire dans
galère, mais c’est quelqu’un d’intelligent et de populaire qui peut
faire 4-5%. N’oublions pas que c’est un chiraquien à la base donc qu’il
va prendre plus de voix à droite qu’à gauche.
A gauche, la situation tourne pour le moment clairement à l’avantage du PS : - le MODEM est quasiment liquidé donc Bayrou est tout nu et Europe Ecologie ramasse les débris sans pour autant être trop fort face au PS - le Front de Gauche fait barrage à l’extrême gauche en lui piquant une partie du vote protestataire et fera l’appoint au PS au second tour Avec les rapports de forces actuels, c’est la combinaison gagnante mais ça peut évoluer d’ici deux ans.
Et comme d’habitude dans une élection présidentielle, l’abstention ne dépassera pas 20%. Ca me plaît beaucoup, pourvu que ça dure.
C’est surtout la machinerie UMP qui va ramer : un second tour FN-PS à la présidentielle est rentré dans le monde des possibles, et si ça arrive le score ne sera pas 20-80 mais plus près 35-65.